Jordanie: des législatives en pleine crise économique, sociale et sanitaire

Les pancartes à l’effigie des candidats sont légion à Amman, capitale de la Jordanie (Photo, Khalil MAZRAAWI/AFP).
Les pancartes à l’effigie des candidats sont légion à Amman, capitale de la Jordanie (Photo, Khalil MAZRAAWI/AFP).
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Publié le Dimanche 08 novembre 2020

Jordanie: des législatives en pleine crise économique, sociale et sanitaire

  • Ce petit pays de 10 millions d'habitants, durement touché par l'afflux de réfugiés syriens, croule sous une dette publique dépassant 100% du PIB
  • Dans un contexte de crise et de tensions sociales, quelque 4,5 millions d'électeurs sont appelés à choisir les 130 députés de la Chambre dont 15 sièges réservés aux femmes

AMMAN: Les électeurs jordaniens votent mardi aux législatives disputées par des candidats ayant fait campagne sur des promesses d'une vie meilleure pour les citoyens plutôt qu'un programme politique, dans un pays qui s'enfonce dans une crise économique aggravée par la pandémie de nouveau coronavirus.

Dépourvu de ressources naturelles et très dépendant d'aides étrangères, notamment du Fonds monétaire international (FMI), ce petit pays de 10 millions d'habitants, durement touché par l'afflux de réfugiés syriens, croule sous une dette publique dépassant 100% du PIB.

Il est confronté à une situation économique difficile, avec un taux de chômage de 23% au premier trimestre 2020, et à des manifestations pour réclamer notamment des hausses de salaires.

Dans un contexte de crise et de tensions sociales, quelque 4,5 millions d'électeurs sont appelés à choisir les 130 députés de la Chambre dont 15 sièges réservés aux femmes.

Le choix doit se faire parmi 1 674 candidats, dont 360 femmes, sur 294 listes électorales pour un scrutin sans enjeu majeur, le Parlement jouant un rôle limité dans la gouvernance du pays où le roi détient de larges pouvoirs.

Un nouveau gouvernement a prêté serment le 12 octobre, après la démission du précédent faisant suite à la dissolution du Parlement par le roi le 27 septembre, au bout de quatre ans de mandat comme le veut la Constitution. 

Des appels ont été lancés sur les réseaux sociaux pour reporter les élections en raison de la pandémie, mais le gouvernement a fait savoir que le scrutin serait maintenu.

La Jordanie a été frappée de plein de fouet par le nouveau coronavirus, notamment le secteur vital du tourisme, qui a perdu environ 2,5 milliards d'euros de revenus au cours des huit premiers mois de cette année, et des milliers d'emplois sont désormais menacés.

Parmi les candidats figurent des représentants des principaux clans tribaux, des indépendants et des figures de la gauche ainsi qu'un grand nombre de riches hommes d'affaires.

Première force de l'opposition, le Front de l'action islamique (FAI), branche politique du mouvement des Frères musulmans dissous en juillet, participe notamment à ce scrutin.

La formation disposait de 17 sièges, soit le plus grand nombre de députés, au Parlement sortant qui ne comptait aucun groupe majoritaire.  

Le FAI a promis aux Jordaniens de « continuer à œuvrer pour les causes nationales, la défense de leurs droits, leur dignité et leur gagne-pain, pour faire face à la corruption et protéger la patrie des dangers ».

Campagnes sans café ni repas

Le roi Abdallah II a appelé à des élections « transparentes » et des mesures pour « protéger la santé des citoyens ». Des dizaines de membres des forces de sécurité doivent être déployés dans les 1 880 bureaux de vote.

« Ce scrutin est particulier, dans un contexte encore plus angoissant pour la population en raison de l'épidémie », souligne l'analyste Oraib Rintawi, du Centre d'études politiques Al-Quds, alors que la Jordanie a enregistré plus de 104 000 cas de Covid-19 et 1181 décès. 

Il s'attend à peu d'affluence aux urnes, surtout que « la majorité des Jordaniens pensent que le Parlement joue un rôle marginal dans le système politique », le gouvernement n'étant pas issu des élections.

« Les gens iront voter pour des raisons tribales, pour un candidat de leur clan ou pour des représentants qui leur fournissent des services », non pas pour des motifs politiques, explique-t-il.

Le désintérêt pour le scrutin est dû aussi à une « crise de confiance entre électeurs et candidats, qui font campagne sur des slogans plutôt que pour défendre un programme clair », souligne le politiste Adel Mahmoud.

En pleine pandémie, la campagne électorale a elle aussi été particulière.

Les rassemblements de plus de 20 personnes ne sont pas autorisés, et les habituelles tentes blanches dans lesquelles des partisans des candidats servaient du café, du « mansaf » et du « kunafa » ont disparu du paysage électoral cette année.

Nombre de candidats ont fait de l'économie leur priorité, dans un pays où le taux de pauvreté s'élève à 15,7% de la population, selon la Banque mondiale.


Reprise des frappes iraniennes contre les Emirats

Une vue d'ensemble de la 5e édition du salon « Make it in the Emirates » à Abu Dhabi, le 4 mai 2026. (Photo : FADEL SENNA / AFP)
Une vue d'ensemble de la 5e édition du salon « Make it in the Emirates » à Abu Dhabi, le 4 mai 2026. (Photo : FADEL SENNA / AFP)
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  • Une attaque de drone a provoqué un incendie sur le site pétrolier de Fujaïrah, près du détroit d'Ormuz sous blocus
  • Le ministère de la Défense a ensuite indiqué que des missiles de croisière avaient été tirés vers "différentes zones du pays"

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont annoncé avoir été visés lundi par une attaque de drones iraniens et avoir intercepté des missiles de croisière, dans les premières frappes de Téhéran en plus d'un mois, qui fragilisent la trêve dans la guerre au Moyen-Orient.

Une attaque de drone a provoqué un incendie sur le site pétrolier de Fujaïrah, près du détroit d'Ormuz sous blocus, voie maritime stratégique au coeur des tensions entre les Etats-Unis et l'Iran. Trois personnes ont été blessées dans cette attaque, selon les autorités locales.

Le ministère de la Défense a ensuite indiqué que des missiles de croisière avaient été tirés vers "différentes zones du pays". "Trois ont été interceptés au-dessus des eaux territoriales, tandis qu'un est tombé en mer", a-t-il poursuivi dans un message sur ses réseaux sociaux.

"Ces attaques représentent une escalade dangereuse et une transgression inacceptable", a réagi le ministère émirati des Affaires étrangères, ajoutant que le pays "se réservait pleinement le droit légitime de répondre à ces attaques".

Les autorités émiraties ont diffusé plusieurs alertes sur téléphones portables, une première depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu irano-américain le 8 avril, qui avait stoppé les attaques iraniennes menées dans le Golfe, en représailles à l'attaque israélo-américaine du 28 février contre Téhéran.

Deux personnes ont par ailleurs été blessées dans l'attaque d'un immeuble résidentiel dans la ville côtière de Bukha, à Oman, sur le détroit d'Ormuz, a rapporté un média d'Etat, sans préciser l'origine ou la forme de l'attaque.

Alliés de Washington aux portes de l'Iran, les Emirats ont été ciblés par plus de 2.800 missiles et drones depuis le début du conflit, essuyant l'essentiel des salves iraniennes.

A Fujaïrah, qui abrite un important port, un oléoduc et d'autres installations permettant de contourner le détroit d'Ormuz, les équipes de secours s'employaient en début de soirée à maîtriser l'incendie, selon le bureau des médias de l'émirat.

Trois travailleurs indiens ont été hospitalisés pour des blessures modérées, a-t-il précisé.

Ces attaques surviennent au lendemain de l'annonce par Donald Trump du lancement d'une opération américaine visant à permettre une reprise de la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Elles interviennet aussi alors que les Emirats accueillent à Abou Dhabi une importante conférence consacrée à l'industrie nationale et à la résilience économique.

Signe de l'impact du conflit sur l'économie, les autorités ont indiqué que le trafic de passagers à l'aéroport de Dubaï, grand hub international, avait chuté des deux tiers en mars sur un an.

Un pétrolier émirati a par ailleurs été touché par des drones dans le détroit d'Ormuz tard dimanche, suscitant une vive condamnation du ministère des Affaires étrangères.


Oman: deux blessés dans l'attaque d'un immeuble résidentiel 

Deux personnes ont été blessées dans l'attaque d'un immeuble résidentiel dans la ville côtière de Bukha, à Oman, sur le détroit d'Ormuz, a rapporté un média d'Etat. (AFP)
Deux personnes ont été blessées dans l'attaque d'un immeuble résidentiel dans la ville côtière de Bukha, à Oman, sur le détroit d'Ormuz, a rapporté un média d'Etat. (AFP)
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  • "Selon une source sécuritaire, un immeuble abritant les employés d'une entreprise dans le quartier de Tibat à Bukha a été visé"
  • "Deux expatriés ont été légèrement blessés, quatre véhicules ont été endommagés et les vitres d'une maison voisine ont été brisées"

MASCATE: Deux personnes ont été blessées dans l'attaque d'un immeuble résidentiel dans la ville côtière de Bukha, à Oman, sur le détroit d'Ormuz, a rapporté un média d'Etat.

"Selon une source sécuritaire, un immeuble abritant les employés d'une entreprise dans le quartier de Tibat à Bukha a été visé", a annoncé l'agence de presse omanaise, sans préciser l'origine ou la forme de l'attaque.

"Deux expatriés ont été légèrement blessés, quatre véhicules ont été endommagés et les vitres d'une maison voisine ont été brisées", a-t-elle précisé.


L'Arabie saoudite condamne les nouvelles attaques contre les Émirats arabes unis et appelle à la reprise des négociations

Les Émirats arabes unis ont déclaré lundi que leurs systèmes de défense aérienne avaient répondu à quatre missiles tirés depuis l'Iran. (AFP/File Photo)
Les Émirats arabes unis ont déclaré lundi que leurs systèmes de défense aérienne avaient répondu à quatre missiles tirés depuis l'Iran. (AFP/File Photo)
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  • Les Émirats arabes unis interceptent des missiles et des drones en provenance d'Iran et expriment leur "droit de réponse".
  • Un incendie se déclare dans une installation pétrolière de Fujairah, trois résidents indiens sont blessés

RIYAD: Le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed bin Salman a condamné les attaques de lundi aux Émirats arabes unis lors d'un appel avec le président des Émirats arabes unis, Cheikh Mohamed bin Zayed.

Le prince Mohammed bin Salman a réaffirmé le soutien de son pays à la sécurité et à la stabilité des EAU, a rapporté l'agence de presse saoudienne.

Cet appel a été lancé après que le ministère de la Défense des Émirats arabes unis a intercepté 12 missiles balistiques, trois missiles de croisière et quatre drones lancés depuis l'Iran lundi, faisant trois blessés parmi les mineurs.

Les Émirats arabes unis affirment que l'arsenal de munitions a été tiré par l'Iran, ce que la République islamique a démenti depuis.

Les attaques ont été marquées par l'apparition de messages d'alerte sur les téléphones portables des émirats. C'est la première fois depuis le début du cessez-le-feu que ces alertes ont été vues ou entendues.

Ces messages invitaient les habitants à "se mettre immédiatement à l'abri dans le bâtiment sécurisé le plus proche".

Une installation pétrolière de Fujairah prise pour cible : trois blessés

L'émirat de Fujairah, dans l'est des Émirats arabes unis, a également déclaré qu'un drone iranien avait déclenché un incendie dans une installation pétrolière. Fujairah est le terminus d'un oléoduc que les Émirats arabes unis ont utilisé pour éviter d'expédier du pétrole par le détroit d'Ormuz dans le cadre de la guerre contre l'Iran.

Les autorités de l'émirat ont déclaré que trois résidents indiens avaient été blessés lors de la frappe.

Le ministère des affaires étrangères des Émirats arabes unis a déclaré dans un communiqué que les attaques iraniennes constituaient une "grave escalade" et une "menace directe pour la sécurité du pays". Il a ajouté qu'il se réservait le "droit total et légitime de répondre" aux attaques.

Démenti iranien

La télévision d'État iranienne a déclaré que Téhéran n'avait "pas l'intention de prendre les Émirats arabes unis pour cible".

Un cargo a également pris feu au large des côtes des Émirats arabes unis lundi. Le centre d'opérations commerciales maritimes de l'armée britannique a annoncé que le navire avait pris feu, ajoutant qu'il s'agissait de la salle des machines du navire.

Il a confirmé que tous les membres de l'équipage du navire avaient été retrouvés.

Après l'interception des missiles, un communiqué du ministère de la défense a ajouté : "Les bruits entendus dans des zones éparses du pays sont le résultat de l'interception réussie des menaces aériennes".

L'Iran a lancé plus de 2 800 attaques de drones et de missiles contre les Émirats arabes unis depuis le 28 février, premier jour de la guerre entre les États-Unis et l'Iran, ce qui en fait le pays le plus visé par la campagne de Téhéran contre les pays du Golfe.

Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, a condamné les attaques iraniennes contre les Émirats arabes unis, les qualifiant d'"acte d'agression grave et d'escalade flagrante".

L'Arabie saoudite s'est déclarée préoccupée par l'escalade militaire dans la région et a appelé à une désescalade, a déclaré lundi le ministère des affaires étrangères.

Le royaume a également appelé les nations à soutenir les efforts diplomatiques pakistanais pour parvenir à une solution politique.