Yémen: Le gouvernement a «pleinement» respecté la trêve et a fait des concessions «majeures»

Le ministre yéménite des Affaires étrangères, Ahmed Awad ben Moubarak, donne une conférence de presse dans la capitale marocaine Rabat, le 5 octobre 2022 (Photo, AFP).
Le ministre yéménite des Affaires étrangères, Ahmed Awad ben Moubarak, donne une conférence de presse dans la capitale marocaine Rabat, le 5 octobre 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 06 octobre 2022

Yémen: Le gouvernement a «pleinement» respecté la trêve et a fait des concessions «majeures»

  • «Le groupe Houthi a imposé la guerre afin de satisfaire l'agenda expansionniste de Téhéran dans la région», a déclaré ben Moubarak
  • Au cours des six derniers mois, le pays a connu la plus longue cessation des hostilités et des violences en huit ans, ce qui a entraîné une baisse significative du nombre de décès de civils

AL-MUKALLÂ: Le gouvernement internationalement reconnu du Yémen a rempli toutes ses obligations dans le cadre de la trêve négociée par l'ONU et a fait des concessions «majeures» pour ouvrir la voie à son renouvellement et à la fin de la guerre, a déclaré mercredi le ministre yéménite des Affaires étrangères.

Ahmed Awad ben Moubarak a indiqué aux journalistes dans la capitale marocaine Rabat que les Houthis ont imposé de nombreuses restrictions et conditions pour contrecarrer les tentatives de prolonger la trêve.

Il a ajouté que la milice soutenue par l'Iran a refusé de payer les employés de la fonction publique dans les zones qu'elle contrôle, bien qu'elle ait gagné des millions de dollars grâce à la vente de cargaisons de pétrole qui sont entrées dans le port d’Al-Hodeïda pendant la trêve.

«Nous avons exécuté tout ce qui était prévu dans l'accord d'armistice et fait des concessions majeures. Les Houthis ont placé de nouveaux barrages routiers à chaque étape des pourparlers», a signalé le ministre yéménite, soulignant que l'artillerie, les drones chargés d'explosifs, les tireurs d'élite et les mines terrestres des Houthis avaient tué ou blessé 1 400 soldats et officiers gouvernementaux, ainsi que 94 civils pendant la trêve.

Le ministre a affirmé que le gouvernement ne paierait les employés publics dans les zones houthies que si la milice déposait les recettes du port d’Al-Hodeïda à la banque centrale, conformément à l'accord de Stockholm négocié par l'ONU en 2018.

«Les Houthis ont pillé plus de 18 millions d’euros avant l'armistice et n'en ont pas versé un seul comme salaire aux employés de la fonction publique depuis la signature de l'accord de Stockholm.»

Il a accusé l'Iran d'utiliser les Houthis pour servir ses objectifs expansionnistes et a promis de s'opposer aux tentatives de Téhéran de prendre le contrôle des ressources du pays, notamment du pétrole.

«Le groupe Houthi a imposé la guerre afin de réaliser l'agenda expansionniste de Téhéran dans la région», a-t-il déclaré. «Nous utiliserons notre droit constitutionnel afin de défendre notre nation et notre peuple, et nous ne laisserons pas l'Iran prendre le contrôle des richesses pétrolières du Yémen.»

Les efforts déployés par la communauté internationale pour mettre fin à la guerre au Yémen ont pris un sérieux coup cette semaine lorsque les Houthis, soutenus par l'Iran, ont refusé de renouveler la trêve et menacé de prendre pour cible les navires transportant les exportations de pétrole du pays depuis les zones contrôlées par le gouvernement.

Les Houthis ont refusé une proposition visant à alléger partiellement leur siège de Taïz en ouvrant au moins une route principale pour rentrer et sortir de la ville, et ils ont déclaré à l'envoyé des Nations unies pour le Yémen, Hans Grundberg, qu'ils n'accepteraient de renouveler la trêve que si le gouvernement yéménite payait les fonctionnaires dans les zones qu'ils contrôlent.

Au cours des six derniers mois, le pays a connu la plus longue cessation des hostilités et des violences en huit ans, ce qui a entraîné une baisse significative du nombre de décès de civils.

Grâce à la trêve entrée en vigueur le 2 avril et renouvelée deux fois, des milliers de passagers ont pu prendre l'avion à l'aéroport de Sanaa et plus de 50 navires de ravitaillement sont entrés dans le port d’Al-Hodeïda, mettant fin aux graves pénuries de carburant dans les zones contrôlées par les Houthis.

De même, la mission de l'UE au Yémen a accusé les Houthis de saper les efforts internationaux visant à renouveler la trêve par leurs «exigences maximalistes» et a exhorté les factions belligérantes, notamment les Houthis, à coopérer avec l'émissaire des Nations unies pour le Yémen et à désamorcer la situation.

«Nous exhortons en particulier les Houthis à modérer leurs exigences et à s'engager de manière constructive avec l'envoyé spécial des Nations unies, Hans Grundberg, afin que la trêve puisse se poursuivre et se transformer en un cessez-le-feu réel, ouvrant la voie à un processus global menant à la paix au Yémen», a soutenu la mission de l'UE dans un communiqué.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Une frappe vise la banlieue sud de Beyrouth après un avertissement israélien

Des personnes déplacées sont assises devant leurs tentes dans un campement informel installé le long du front de mer de Beyrouth, le 6 avril 2026. (AFP)
Des personnes déplacées sont assises devant leurs tentes dans un campement informel installé le long du front de mer de Beyrouth, le 6 avril 2026. (AFP)
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  • Plusieurs immeubles visés par de récentes frappes sont totalement détruits
  • Des employés municipaux balayent les débris de verre sur les trottoirs et d'autres fragments jonchent certaines rues

BEYROUTH: Israël a visé lundi la banlieue sud de Beyrouth, au lendemain de raids meurtriers sur la capitale et ses environs, alors que le bilan humain de la guerre avec le Hezbollah approche des 1.500 morts.

Un épais panache de fumée s'est élevé de la banlieue sud, sous contrôle du Hezbollah et vidée de la quasi-totalité de ses habitants depuis le 2 mars.

L'armée israélienne a affirmé avoir visé "des cibles terroristes du Hezbollah à Beyrouth".

Dans la banlieue sud, seuls quelques commerces restent ouverts, selon une journaliste de l'AFP sur place.

Plusieurs immeubles visés par de récentes frappes sont totalement détruits. Des employés municipaux balayent les débris de verre sur les trottoirs et d'autres fragments jonchent certaines rues.

Une station-service de la compagnie al-Amana, accusée par Israël d'être contrôlée par le Hezbollah, est calcinée.

Des portraits de l'ayatollah Ali Khamenei, tué au début de la guerre dans une frappe américano-israélienne en Iran et présenté comme le "martyr de la nation", ornent les principales artères.

Le long de la route menant à la banlieue sud, des habitants ont installé des tentes où ils dorment, allant inspecter leurs maisons entre deux avertissements israéliens.

Dimanche, Israël avait intensifié ses bombardements sur la banlieue sud et la capitale elle-même. Une frappe en face du principal hôpital public du Liban avait fait cinq morts, selon le ministère de la Santé.

"Force al-Qods" 

Une autre frappe sur un appartement dans une zone à l'est de la capitale, jusque-là épargnée par les violences, a tué trois personnes, dont un responsable local des Forces libanaises (FL), un parti chrétien opposé au Hezbollah, et sa femme.

Le chef des FL Samir Geagea a affirmé que "les Israéliens visaient un membre de la force al-Qods", chargée des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution iraniens, qui semble avoir échappé à la frappe.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam avait déclaré que les Gardiens de la Révolution dirigeaient les opérations du Hezbollah dans sa guerre contre Israël.

L'armée israélienne a affirmé lundi qu'elle avait frappé une "cible terroriste" à l'est de Beyrouth et ajouté qu'elle examinait l'incident "après des informations sur des victimes parmi des civils libanais non impliqués dans les combats".

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël en représailles à la mort d'Ali Khamenei.

Depuis, Israël mène des frappes massives sur le pays ayant fait 1.497 morts et plus de 4.600 blessées, selon les autorités, et déplacé plus d'un million de personnes.

"Maisons inhabitables" 

Des frappes israéliennes ont également visé le sud et l'est du Liban. Dans le sud, quatre personnes ont été tuées dans un raid sur une voiture à Kfar Roummane, près de Nabatiyeh, a indiqué le ministère de la Santé.

Dans la localité de Bourj Rahal, près de Tyr, un correspondant de l'AFP a vu des immeubles détruits et des débris jonchant les rues.

"Le premier bilan est de 15 maisons endommagées, qui ne sont plus habitables", a dit à l'AFP le maire de la ville Daoud Ezzedine.

"Les habitants veulent revenir chez eux, mais ils ne pourront pas malheureusement", a-t-il ajouté.

Le ministère de la Santé a aussi annoncé que deux secouristes du Comité islamique de la santé, affilié au Hezbollah, avaient été tués par une frappe israélienne dimanche, portant à 57 le nombre de secouristes tués depuis le début de la guerre.

Le chef de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a affirmé sur X que l'OMS avait enregistré "92 attaques contre des établissements de santé, des véhicules médicaux, du personnel soignant et des entrepôts" depuis le début de la guerre.

Par ailleurs, le principal poste-frontière reliant le Liban à la Syrie, point de passage vital entre les deux pays, était toujours fermé lundi, après des menaces israéliennes de le viser samedi soir.

Ce passage "restera fermé, jusqu'à ce qu'on reçoive des garanties qu'il ne sera pas visé", a dit à l'AFP un responsable du ministère libanais des Transports, Ahmad Tamer.

 


Frappes israéliennes sur le plus grand complexe pétrochimique iranien

Israël a dit avoir mené lundi des frappes sur le plus grand complexe pétrochimique dans le sud de l'Iran et s'est félicité de porter "un coup sévère au régime", Téhéran affirmant de son côté que la situation était "sous contrôle" mais que l'étendue des dégâts restait à évaluer. (AFP)
Israël a dit avoir mené lundi des frappes sur le plus grand complexe pétrochimique dans le sud de l'Iran et s'est félicité de porter "un coup sévère au régime", Téhéran affirmant de son côté que la situation était "sous contrôle" mais que l'étendue des dégâts restait à évaluer. (AFP)
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  • Le complexe gazier d'Assalouyeh, dans le sud de l'Iran, se situe en bordure de l'immense champ gazier de South Pars, partagé par l'Iran avec le Qatar
  • Les frappes lundi sur Assalouyeh font suite à des bombardements israélo-américains samedi sur un site pétrochimique dans le sud-ouest de l'Iran, dans la province de Khouzestan

JERUSALEM: Israël a dit avoir mené lundi des frappes sur le plus grand complexe pétrochimique dans le sud de l'Iran et s'est félicité de porter "un coup sévère au régime", Téhéran affirmant de son côté que la situation était "sous contrôle" mais que l'étendue des dégâts restait à évaluer.

L'agence iranienne Fars a par ailleurs affirmé qu'un autre complexe pétrochimique, cette fois près de Chiraz (centre-sud) avait été visé par des frappes, évoquant des "dégâts mineurs".

Israël n'a pas évoqué cette opération à ce stade. Mais le ministre de la Défense Israël Katz a déclaré que l'armée avait lundi "frappé avec force le plus grand complexe pétrochimique en Iran, situé à Assalouyeh, une cible clé qui assure environ la moitié de la production pétrochimique du pays".

Juste avant, Téhéran avait rapporté une série d'explosions sur le site, déjà frappé le 18 mars par Israël.

Le complexe gazier d'Assalouyeh, dans le sud de l'Iran, se situe en bordure de l'immense champ gazier de South Pars, partagé par l'Iran avec le Qatar.

Les frappes lundi sur Assalouyeh font suite à des bombardements israélo-américains samedi sur un site pétrochimique dans le sud-ouest de l'Iran, dans la province de Khouzestan.

"Les deux sites, représentant 85% des exportations pétrochimiques iraniennes, sont désormais hors service", a déclaré Israël Katz. "Cela représente un coup sévère se montant à des dizaines de milliards de dollars pour le régime iranien", a-t-il ajouté.

Quelques heures plus tard, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'est également félicité des frappes.

"Aujourd'hui nous avons détruit la plus grande usine pétrochimique en Iran. Ce qui veut dire que nous éliminons systématiquement la machine à financer des Gardiens de la Révolution", l'armée idéologique de la République islamique, a-t-il déclaré dans une vidéo.

"Sous contrôle" 

Les médias officiels iraniens ont affirmé que la situation à Assalouyeh était "sous contrôle".

"L'incendie a été maîtrisé. La situation est actuellement sous contrôle et les aspects techniques ainsi que l'étendue des dégâts font l'objet d'une enquête", a indiqué l'agence Irna, citant un communiqué de la compagnie pétrochimique iranienne, ajoutant qu'aucun blessé n'était à déplorer.

Le champ offshore de South Pars, essentiel pour le secteur énergétique iranien, sert pour l'exploitation commune avec le Qatar du plus grand gisement de gaz naturel au monde.

Ehsan Jahanian, gouverneur adjoint de la province iranienne de Bouchehr (sud-ouest), a indiqué que "deux infrastructures dans le secteur de Pars avaient été touchées par un raid aérien ennemi".

L'agence Tasnim a elle indiqué que "les entreprises Mobin et Damavand, qui fournissent de l'électricité, de l'eau et de l'oxygène" à Assalouyeh "ont été visées".

Il n'y a pas eu de dégâts du côté de l'entreprise pétrochimiques de Pars, selon cette source.

En mars, le président Donald Trump avait demandé à Israël de ne plus attaquer les infrastructures énergétiques iraniennes après les premières frappes contre le champ de South Pars.

Mais le président américain avait aussi menacé de détruire "massivement l'intégralité du gisement" si Téhéran continuait ses attaques dans la région.

 


Iran: le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution tué dans une frappe 

Le commandant général Majid Khademi. (AFP)
Le commandant général Majid Khademi. (AFP)
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  • "Le commandant général Majid Khademi, le puissant et instruit chef de l'Organisation du renseignement du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, est devenu un martyr dans l'attaque terroriste criminelle de l'ennemi américano-sioniste à l'aube"
  • Des frappes américano-israéliennes ont tué lundi le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution, a annoncé l'armée idéologique de l'Iran

TEHERAN: Des frappes américano-israéliennes ont tué lundi le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution, a annoncé l'armée idéologique de l'Iran.

"Le commandant général Majid Khademi, le puissant et instruit chef de l'Organisation du renseignement du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, est devenu un martyr dans l'attaque terroriste criminelle de l'ennemi américano-sioniste (...) à l'aube aujourd'hui", ont déclaré les Gardiens dans une publication sur leur chaîne Telegram.