En Chine, l'habitude d'être «surveillé tout le temps»

Sur cette photo d'archive prise le 25 avril 2019, un ouvrier installe une caméra de télévision en circuit fermé (CCTV) dans une rue de Pékin. (AFP)
Sur cette photo d'archive prise le 25 avril 2019, un ouvrier installe une caméra de télévision en circuit fermé (CCTV) dans une rue de Pékin. (AFP)
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Publié le Jeudi 06 octobre 2022

En Chine, l'habitude d'être «surveillé tout le temps»

  • Le contrôle social a longtemps fait partie de l'ADN des autorités chinoises, mais dans les années précédant l'arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2012, une certaine détente régnait
  • Depuis son ascension, il a combiné technologie, législation et idéologie pour traquer toute menace à l'ordre social

PEKIN: En juin, Chen, un homme de la province chinoise du Henan, s'est plaint en ligne après avoir reçu une contravention: mal lui en a pris, car la surveillance dans la rue et en ligne a atteint un niveau inédit en Chine.

Sur sa page personnelle du réseau social WeChat puis sur une discussion de groupe en ligne, il a pesté contre les agents de la circulation, des "simples d'esprit" selon lui.

Quelques heures plus tard, la police est venue le chercher en l'accusant d'avoir "insulté la police". Chen a été placé en détention cinq jours pour "propos inappropriés", selon le journal local du Parti communiste.

Le contrôle social a longtemps fait partie de l'ADN des autorités chinoises, mais dans les années précédant l'arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2012, une certaine détente régnait: la société civile testait les limites et les forums sur internet se multipliaient, se riant de la censure.

Depuis son ascension, il a combiné technologie, législation et idéologie pour traquer toute menace à l'ordre social.

Et personne n'y échappe, qu'il s'agisse des criminels, des dissidents, mais aussi de simples citoyens ayant franchi la ligne jaune.

La surveillance commence dans la rue: les villes chinoises comptent en moyenne 370 caméras pour 1 000 habitants, selon l'institut de recherche Comparitech, ce qui les place en haut du podium, bien loin devant Singapour (18 pour 1 000) ou Londres (13) par exemple.

Baptisé "Skynet", le vaste réseau de caméras permet de reconnaître les visages, les habits et même l'âge des passants.

Plus facile avant 

La réglementation a quant à elle été renforcée, notamment dans les hôtels où les réceptionnistes doivent désormais scanner les visages de chaque client pour vérifier qu'il est bien le titulaire de la carte d'identité présentée.

Les achats en ligne et les locations de vélos partagés ou de voitures nécessitent également de fournir une photo d'une pièce d'identité afin de servir de garantie pour le vendeur ou l'entreprise.

Le documentariste et activiste Lu Yuyu a raconté à Amnesty International comment la police avait pu le suivre, lui et sa petite amie Li Tingyu, également militante, quand ils sont allés récupérer un colis d'une commande en ligne en 2016 dans la province du Yunnan (sud-ouest).

Malgré leurs efforts pour rester discrets, c'est ainsi qu'ils ont été arrêtés.

"On est surveillés tous le temps", s'inquiète un militant dans l'environnement s'exprimant sous couvert d'anonymat, une sensation qui s'est aggravée depuis deux ans avec le traçage quotidien des habitants comme mesure anti-Covid.

Certes, d'autres pays dans le monde ont mis en place des systèmes de surveillance, mais "la vraie différence en Chine est l'absence de médias indépendants et d'une société civile capables d'apporter une critique sérieuse de ces innovations", observe Jeremy Daum, du centre Paul Tsai China de la faculté de droit de Yale.

Il fut un temps où il était plus facile de déjouer la censure et "raconter des blagues sur internet sur (l'ex-président) Jiang Zemin était très populaire", se souvient Wang, dissident s'exprimant sous pseudonyme.

Génération Z 

Désormais, chaque espace en ligne est scruté scrupuleusement dans cet internet chinois cerné depuis les années 2000 par une "Grande muraille informatique" bloquant nombre de sites étrangers.

Wang a créé un compte Twitter où il recense depuis 2013 les milliers de cas de personnes arrêtées ou sanctionnées pour s'être exprimées, qu'il s'agisse d'"insultes envers les agents de circulation" ou de diffusion de rumeurs sur une maladie mystérieuse à Wuhan, qui s'avérera être la Covid-19.

Tout cela, grâce notamment à la coopération entre la police et les plateformes de réseaux sociaux, de plus en plus mis à contribution.

Weibo, le Twitter chinois, emploie des milliers de modérateurs de contenus et bloque automatiquement tout mot sensible politiquement, comme le nom de la star du tennis Peng Shuai, quand celle-ci a accusé un vétéran de la politique d'agression sexuelle l'hiver dernier.

Xi a remodelé la société de telle manière que "le Parti dicte ce que +le peuple+ doit savoir, ressentir, penser, dire et faire", explique à l'AFP Vivienne Shue, professeur émérite d'études sur la Chine contemporaine à Oxford.

Et cette police idéologique s'étend aussi à la mode, certaines chaînes de télévision censurant par exemple les tatouages et les boucles d'oreille sur les hommes.

"Ce qui me perturbe le plus n'est pas la censure elle-même mais comment elle façonne l'idéologie des gens, surtout la génération Z, qui a grandi avec cette censure stricte", note Wang.


L'armée américaine dit avoir avoir tiré sur un navire qui violait son blocus des ports iraniens

L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
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  • Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains
  • C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington.

Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains, précise le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, dans un communiqué publié sur X.

C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet. Depuis, les forces américaines affirment avoir redirigé 55 navires qui tentaient de passer.

Lors de la première mise en place du blocus, entre mi-avril et mi-juin, l'armée américaine avait tiré sur neuf navires et redirigé plus de 140 autres.


Trump assure que sa relation avec Netanyahu est "très bonne" en dépit des désaccords sur Gaza

Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que sa relation avec Benjamin Netanyahu reste « très bonne », malgré les désaccords sur la feuille de route américaine pour Gaza
  • Netanyahu refuse tout retrait israélien tant que le Hamas ne sera pas désarmé, tout en affirmant qu’Israël continuera à défendre ses propres positions face à Washington

WASHINGTON: Donald Trump a assuré lundi que sa relation avec Benjamin Netanyahu restait "très bonne", après que ce dernier a rejeté la dernière feuille de route américaine pour Gaza.

Le Premier ministre israélien avait déjà exprimé des réticences sur ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix.

L'armée israélienne "n'effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé", a déclaré Benjamin Netanyahu, qui tente de donner des gages à ses alliés d'extrême droite avant de délicates élections législatives en septembre.

Il a qualifié le président américain de "plus grand ami (d'Israël) à la Maison Blanche", tout en faisant comprendre qu'il était prêt à lui tenir tête: "Ils ont des idées, certaines nous conviennent et d'autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions."

Les relations entre les deux dirigeants ont connu des difficultés au printemps.

Donald Trump, en des termes très virulents, a reproché en avril à Benjamin Netanyahu de saper des négociations en vue d'un cessez-le-feu avec l'Iran.


Trump va réclamer lui aussi des "compensations" à l'Iran

Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que Washington réclamera à l’Iran des compensations pour les victimes et dégâts liés à ses attaques et conflits passés
  • Ces nouvelles exigences pourraient compliquer davantage les négociations sur le détroit d’Ormuz, alors que Téhéran réclame lui aussi des réparations et la levée des sanctions américaines

WASHINGTON: Donald Trump a déclaré lundi sur son réseau Truth Social que les Etats-Unis allaient réclamer des "compensations" pour des attaques menées par l'Iran depuis des décennies contre des adversaires à l'étranger ou contre des manifestants sur son sol.

Le président américain a assuré que cette demande serait faite "fermement" dans toute négociation, en réponse à une exigence de longue date des autorités iraniennes, qui conditionnent tout accord sur le détroit d'Ormuz au versement de réparations américaines.

L'Iran "demande des compensations pour les dommages qu'ils ont subis pendant les cinq mois de conflit militaire", a écrit Donald Trump, "bien que cela n'ait jamais été évoqué dans aucune de nos négociations ou réunions."

"Mais c'est une idée intéressante parce que, de la même manière, je demande moi aussi des compensations à l'Iran, pour tous les gens qu'ils ont tués et blessés" dans des attaques et "conflits", dont "les familles de ceux tués sur l'USS Cole", un navire de guerre américain frappé par un attentat meurtrier en 2000 au Yémen, a ajouté le milliardaire républicain.

Donald Trump a ajouté que "des compensations devraient être versées pour les familles des centaines de milliers de manifestants innocents que l'Iran a tués ces dernières cinquante années, sans même parler des 52.000 tués ces cinq derniers mois".

Un peu plus tard, dans une autre publication, le président octogénaire a jugé que l'Iran devait être tenu "responsable des dégâts et morts causés au Liban, en Syrie, au Yémen et à Gaza".

Ces nouvelles exigences de l'imprévisible dirigeant américain risquent de mettre hors de portée un accord rapide sur le détroit d'Ormuz, qui paraissait déjà bien improbable alors que l'Iran exige de son côté l'acceptation par Washington de "toutes" ses conditions.

Téhéran juge que les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Dimanche, Donald Trump a laissé entendre qu'il n'avait besoin d'engager ni une offensive militaire majeure ni un effort diplomatique particulier, en assurant qu'il lui suffisait d'"observer" les difficultés économiques de l'Iran.