Le directeur d’une organisation caritative britannique qualifie les manifestantes iraniennes de «soldats de Satan»

La mort de Mahsa Amini alors qu’elle était détenue par la police des mœurs iranienne a déclenché plus de deux semaines de manifestations dans tout le pays (Photo, AFP).
La mort de Mahsa Amini alors qu’elle était détenue par la police des mœurs iranienne a déclenché plus de deux semaines de manifestations dans tout le pays (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 08 octobre 2022

Le directeur d’une organisation caritative britannique qualifie les manifestantes iraniennes de «soldats de Satan»

  • Le directeur du Centre islamique d’Angleterre a condamné les femmes qui ont enlevé leurs voiles
  • Il a accusé les femmes qui enlèvent leurs voiles de répandre du «poison»

LONDRES: Le directeur d’une organisation caritative britannique ayant des liens avec l’Iran a qualifié les femmes qui résistent au régime de «soldats de Satan», accusant les femmes qui enlèvent leurs voiles de répandre du «poison».

Mardi, le directeur du Centre islamique d’Angleterre, Seyed Moosavi, a déclaré dans un discours diffusé sur les réseaux sociaux: «Nous n’attendons rien de bon des soldats de Satan, mais nous sommes les adorateurs d’Allah. Nous essayons de protéger notre religion, de protéger la vérité.»

Le centre, qui est financé par les autorités gouvernementales de Téhéran, a diffusé le discours de M. Moosavi dans un contexte de manifestations contre le régime iranien déclenchées par la mort de Mahsa Amini, décédée dans des circonstances suspectes après avoir été arrêtée pour avoir porté le voile de manière «inappropriée».

Situé dans le quartier prospère de Maida Vale, au nord-ouest de Londres, le centre a été le théâtre de manifestations d’Iraniens hostiles au régime, alors que la lutte contre les ayatollahs s’étendait de l’Iran à la diaspora dans le monde entier.

M. Moosavi, qui est un représentant personnel du guide suprême iranien Ali Khamenei, estime que les lois renforcées sur le port obligatoire du voile sont bonnes et que les manifestants vont «à l’encontre des enseignements de l’islam».

Le quotidien britannique The Times rapporte que Kasra Aarabi, analyste de l’Iran au Tony Blair Institute for Global Change et qui a contribué à des articles d’Arab News, a exposé les sections controversées du discours dans un tweet: «Le gouvernement britannique doit prendre des mesures contre le Centre islamique d’Angleterre. Il est clair que les opinions propagées dans ce centre représentent une menace directe pour les valeurs et les citoyens britanniques. Le centre doit être fermé et les représentants de Khamenei doivent être expulsés.»

La mosquée fait partie d’un réseau de groupes qui, selon les analystes, sont étroitement liés au régime. En janvier 2020, l’organisme britannique de réglementation des organisations caritatives a enquêté sur le centre après qu’il a qualifié le général Qassem Soleimani, du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), de «martyr» lors d’une veillée après son assassinat par un drone américain.

The Times a contacté le Centre islamique d’Angleterre pour obtenir des commentaires.

La Charity Commission a précisé au journal britannique que le discours de M. Moosavi sur les réseaux sociaux serait inclus dans son examen de la production de l’organisation.

«Nous sommes au courant d’un discours prononcé par un administrateur du Centre islamique d’Angleterre. Nous avons ouvert un dossier de conformité réglementaire sur cette organisation caritative afin de vérifier si elle donne suite à un avertissement officiel émis précédemment. Nous allons évaluer le discours dans le cadre de cette affaire», indique une porte-parole.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.

 


Le président libanais en route pour Washington où il doit rencontrer Donald Trump

Le président libanais Joseph Aoun prononce une allocution télévisée à la nation depuis le palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth, le 17 avril 2026. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun prononce une allocution télévisée à la nation depuis le palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth, le 17 avril 2026. (AFP)
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  • Le président libanais Joseph Aoun est à Washington pour rencontrer le président américain Donald Trump et discuter du cessez-le-feu et du retrait israélien du sud du Liban
  • Les négociations entre le Liban et Israël se poursuivent sous médiation américaine, tandis que les tensions persistent avec de nouvelles frappes israéliennes dans le sud

BEYROUTH: Le président libanais a quitté Beyrouth samedi matin pour Washington, où il doit rencontrer Donald Trump, alors que son pays négocie avec Israël le retrait des zones du sud du Liban qu'il occupe depuis sa dernière guerre avec le Hezbollah pro-iranien.

Il s'agira de la première visite d'un chef d'Etat libanais aux Etats-Unis depuis 2009, lorsque Michel Sleiman avait été reçu par Barack Obama.

Outre le "sommet libano-américain" prévu à la Maison Blanche, Joseph Aoun doit s'entretenir "avec plusieurs responsables américains de la situation au Liban et des moyens de consolider le cessez-le-feu", notamment dans le sud, ainsi que du "retrait d'Israël des régions libanaises qu'il occupe", a précisé la présidence dans un communiqué.

Le Liban et Israël ont entamé en avril des négociations inédites depuis des décennies, sous l'égide des Etats-Unis, afin de mettre un terme à l'état de guerre entre eux.

Ils ont conclu un accord-cadre le 26 juin à Washington, qui prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah.

A l'issue d'une sixième session de négociations tenue à Rome, les deux pays sont parvenus "à un accord sur la structure et les lignes directrices" de ce processus, selon un responsable américain.

En parallèle, l'armée libanaise a commencé à renforcer ses patrouilles dans plusieurs villages jouxtant les zones occupées par les forces israéliennes dans le sud, avait indiqué une source militaire libanaise à l'AFP.

L'accord-cadre a été conclu après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu fragile dans la nouvelle guerre qui a éclaté entre le Hezbollah et l'armée israélienne.

Le mouvement chiite avait entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars en bombardant Israël en soutien à l'Iran, son allié.

L'armée israélienne poursuit toutefois des frappes limitées dans le sud et procède à des destructions dans les villages qu'elle occupe, selon les médias officiels libanais.

Samedi, l'Agence nationale d'information (Ani) a fait état de nouvelles frappes contre deux localités situées en bordure de la zone occupée, dans les régions de Tyr et de Nabatiyé.

Dans un contexte de tensions régionales, l'ambassade des Etats-Unis au Liban a conseillé vendredi à ses ressortissants de "ne pas voyager au Liban".


Bahreïn et le Koweït affirment avoir contré des attaques iraniennes

Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
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  • "L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes"
  • Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues

MANAMA: Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran.

"L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes".

Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues, a rapporté une journaliste de l'AFP.

L'état-major koweïtien a également indiqué dans la nuit avoir répondu à "des attaques hostiles de drones" iraniens. Il a précisé que les explosions entendues étaient le résultat d'interceptions aériennes.

Les forces iraniennes ont annoncé avoir visé "des systèmes de radar, un système de défense antiaérienne Patriot et des sites de stockage de carburant" sur la base aérienne Ali al-Salem  au Koweït, ainsi que des installations militaires américaines sur la base aérienne de Cheikh Isa à Bahreïn.

Téhéran mène des attaques quasi quotidiennes dans ces deux pays du Golfe depuis la reprise des hostilités le 7 juillet avec les Etats-Unis, en disant cibler des intérêts militaires américains.

Les autorités bahreïnie et koweïtienne accusent toutefois leur voisin de viser aussi des sites civils.

Dimanche, le Koweït a affirmé que trois postes-frontières et une plateforme pétrolière offshore avaient été ciblés, sans préciser leur origine.

La confrontation a repris après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent au Moyen-Orient depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


La Syrie dit avoir saisi des armes en provenance d'Irak destinées au Hezbollah

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
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  • Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad
  • Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak

DAMAS: La Syrie a annoncé jeudi avoir déjoué une tentative de faire passer des armes destinées au Hezbollah pro-iranien au Liban, dont des missiles, via sa frontière avec l'Irak.

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana.

"Les premières investigations ont établi que la cargaison était destinée à transiter par la Syrie au profit de la milice terroriste du Hezbollah", a ajouté cette source.

Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad.

Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump met la pression sur la Syrie pour qu'elle intervienne au Liban contre le Hezbollah.

Depuis qu'une coalition islamiste a pris le pouvoir en Syrie en 2024, les autorités ont affirmé avoir démantelé des cellules liées à la formation pro-iranienne qui préparaient des attentats en Syrie, mais le Hezbollah a toujours démenti.

Le groupe est affaibli par la nouvelle guerre qu'il a menée contre Israël depuis mars pour soutenir l'Iran.

Le président syrien Ahmad al-Chareh dit refuser d'intervenir militairement au Liban contre le Hezbollah, comme l'a suggéré à plusieurs reprises Donald Trump.