Les familles des Français détenus en Iran dénoncent des «conditions inhumaines»

Les deux Français ont été arrêtés en mai à un moment où l'Iran était le théâtre de manifestations d'enseignants (Photo, AFP).
Les deux Français ont été arrêtés en mai à un moment où l'Iran était le théâtre de manifestations d'enseignants (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 08 octobre 2022

Les familles des Français détenus en Iran dénoncent des «conditions inhumaines»

  • Signe d'inquiétude à Paris, le Quai d'Orsay a recommandé vendredi aux visiteurs français de quitter le pays au plus vite
  • «La France dément catégoriquement ces accusations mensongères. Elle exige la libération immédiate de nos compatriotes détenus arbitrairement»

STRASBOURG: Au lendemain de la diffusion d'une vidéo "d'aveux" dénoncée par Paris, les familles du couple de Français retenus en Iran depuis cinq mois ont alerté vendredi sur leurs "conditions inhumaines de détention" pour "des motifs fallacieux", avec une "pression psychologique inimaginable".

Signe d'inquiétude à Paris, le Quai d'Orsay a recommandé vendredi aux visiteurs français de quitter le pays au plus vite, y compris les binationaux, qui s’exposent, selon Paris, "à un risque élevé d’arrestation, de détention arbitraire et de jugement inéquitable", sur fond de manifestations après la mort d'une jeune femme arrêtée par la police des moeurs.

"Nous sommes dévastés, épuisés et terrifiés", écrivent dans un communiqué transmis à l'AFP les familles de Jacques Paris et Cécile Kohler, affirmant être "sans aucune nouvelle" de leurs proches, redoutant qu'ils ne soient "maintenus à l'isolement avec comme seul contact humain celui de leurs geôliers et interrogateurs".

Le couple est "privé d'avocats et l'accès consulaire leur est sans cesse refusé", indique également le communiqué.

Les deux Français ont été arrêtés en mai à un moment où l'Iran était le théâtre de manifestations d'enseignants qui réclamaient des réformes pour une revalorisation de leurs salaires et appelaient à la libération de collègues interpellés lors de précédentes mobilisations.

«Montage grossier«

Jeudi, le site de la chaîne arabophone al-Alam de la télévision officielle a diffusé une vidéo dans laquelle Cécile Kohler dit être agente de renseignement opérationnel à la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), les services de renseignement français.

"Des 'aveux' extorqués sous la contrainte", "absurdes" et "contraires aux valeurs" du couple, d'après leurs proches.

Dénonçant une "vidéo au montage grossier", les familles Paris et Kohler s'inquiètent de voir leurs proches "amaigris et épuisés", jugeant ces images "insupportables".

Le ministère français des Affaires étrangères a de son côté de nouveau dénoncé vendredi une "vidéo révoltante", qui "met en scène de faux aveux, extorqués sous la contrainte".

"La France dément catégoriquement ces accusations mensongères. Elle exige la libération immédiate de nos compatriotes détenus arbitrairement", ajoute le ministère.

Interrogée par l'AFP, la DGSE, le service de renseignement extérieur français, n'a fait aucun commentaire.

"Jacques et Cécile ne sont pas des agents de la DGSE", reprennent également leurs familles. "Cécile est professeure de français. Jacques est retraité de l'Education nationale", précise encore le communiqué des familles, selon qui le couple s'était rendu en Iran comme "touristes".

«Accusations absurdes»

Le syndicat FO, dont est membre Cécile Kohler, a également dénoncé dans un communiqué vendredi "une manipulation honteuse et horrible, qui ne trompe personne".

La centrale syndicale a "fait part de sa totale indignation devant les accusations insensées et absurdes des autorités iraniennes".

Le secrétaire général de FO, Frédéric Souillot, fustige dans le communiqué "le traitement cruel dont ils font l'objet, aucun contact, aucune communication n'ayant encore pu avoir lieu depuis leur arrestation, et appelle à leur libération immédiate et à leur retour en France auprès de leurs familles et proches".

La diffusion de la vidéo est survenue sur fond de manifestations déclenchées le 16 septembre par la mort d'une jeune femme, Mahsa Amini, après son arrestation par la police des mœurs.

L'Iran a accusé à plusieurs reprises des forces extérieures d'attiser les protestations et fait savoir la semaine dernière que neuf ressortissants étrangers, notamment de France, d'Allemagne, d'Italie, de Pologne et des Pays-Bas, avaient été arrêtés.

Souhaitant pouvoir "entrer en contact avec eux afin de "leur redonner un peu de force", les familles espèrent que Cécile Kohler et Jacques Paris seront "rapatriés le plus vite possible".

Outre Mme Kohler et M. Paris, deux autres Français sont retenus en Iran, pays accusé par certains occidentaux de pratiquer une diplomatie des otages pour négocier à son avantage sur la scène internationale.


Nouvel embrasement au Liban: quatre soldats israéliens tués, « tout le Liban doit brûler» estime Ben Gvir 

Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats. (AFP)
Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats. (AFP)
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  • "Les frappes aériennes israéliennes intensives menées à partir de minuit et jusqu'à ce matin ont empêché l'évacuation des martyrs et des blessés, et ont fait 18 morts et 33 blessés, selon un bilan provisoire", a indiqué le ministère libanais de la Santé
  • Elles ont touché au moins 10 localités, à proximité de la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban, dont celle de Harouf, où huit personnes sont mortes, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI)

BEYROUTH: Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

Il s'agit des bombardements les plus massifs et du bilan le plus lourd depuis l'annonce lundi d'un protocole irano-américain, qui prévoit une cessation des hostilités, y compris au Liban, où s'affrontent Israël et le mouvement islamiste Hezbollah, allié de Téhéran.

"Les frappes aériennes israéliennes intensives menées à partir de minuit et jusqu'à ce matin ont empêché l'évacuation des martyrs et des blessés, et ont fait 18 morts et 33 blessés, selon un bilan provisoire", a indiqué le ministère libanais de la Santé dans un communiqué.

Elles ont touché au moins 10 localités, à proximité de la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban, dont celle de Harouf, où huit personnes sont mortes, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI).

D'autres frappes israéliennes ont visé la région de Baalbek dans l'est du pays, relativement épargnée depuis le début du conflit le 2 mars.

De nombreux habitants ont fui le sud après ces raids, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI). Des voitures bondées, avec matelas et effets personnels, ont envahi les routes, quittant la région de Tyr, a constaté un correspondant de l'AFP.

"Tout le Liban doit brûler" 

L'armée israélienne a affirmé de son côté avoir frappé des infrastructures du Hezbollah en riposte à la mort de ces soldats, dont le char a été touché peu après minuit dans la zone de Kfar Tebnit, près de Nabatiyé.

Les correspondants militaires des médias israéliens évoquent l'impact d'"un missile ou d'un drone".

"Le lieutenant-colonel Dor Gedalia Ben Simhon est tombé au combat" dans le sud du Liban avec "trois autres soldats" dont les noms seront publiés ultérieurement, a précisé l'armée. Elle dénonce les "violations répétées du cessez-le-feu par le Hezbollah", qui "continue de préparer et mener des attaques terroristes contre des soldats israéliens".

"Tout le Liban doit brûler", a réagi de son côté le ministre de la Sécurité nationale israélien Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite et allié politique clef du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

"Ça suffit le ping-pong. Au Proche-Orient, on ne gagne pas avec des réactions mesurées et de la retenue", a-t-il ajouté. "Il faut être fou, éradiquer. Et vaincre le terrorisme".

"Il faut faire parler le feu (...) Ouvrir les portes de l'enfer", a déclaré sur X son collègue et rival d'extrême droite Bezalel Smotrich, ministre des Finances, sans mentionner explicitement le Liban mais en faisant allusion à la mort des soldats.

Dans une déclaration publiée au petit matin, le groupe pro-iranien a annoncé que ses combattants avaient ciblé les forces israéliennes près des collines d'Ali Taher, qui surplombent la ville de Nabatiyé, par des tirs "de roquettes et d'obus de mortier".

Il avait affirmé dans la nuit avoir détruit trois chars israéliens lors d'affrontements entre ses combattants et une unité de l'armée israélienne dans le sud du Liban.


Netanyahu : l'armée israélienne restera dans le sud du Liban « aussi longtemps que nécessaire»

Une photo prise depuis la région de Marjayoun, au sud du Liban, montre de la fumée s'élevant à la suite d'une frappe aérienne israélienne sur le village de Nabatieh al-Fawqa, le 19 juin 2026. (AFP)
Une photo prise depuis la région de Marjayoun, au sud du Liban, montre de la fumée s'élevant à la suite d'une frappe aérienne israélienne sur le village de Nabatieh al-Fawqa, le 19 juin 2026. (AFP)
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  • L'armée israélienne "restera dans la zone de sécurité dans le sud du Liban aussi longtemps que nécessaire pour pour protéger les localités du nord" d'Israël, déclare M. Netanyahu dans un communiqué
  • Le ministre de la Défense Israël Katz a de son côté prévenu d'une riposte israélienne "avec une force considérable" à toute attaque du Hezbollah, allié de l'Iran

JERUSALEM: Israël restera au Liban "aussi longtemps que nécessaire" a affirmé vendredi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ajoutant que son pays ferait "payer un prix très lourd" au mouvement islamiste Hezbollah, après l'annonce de la mort de quatre soldats en opération.

L'armée israélienne "restera dans la zone de sécurité dans le sud du Liban aussi longtemps que nécessaire pour pour protéger les localités du nord" d'Israël, déclare M. Netanyahu dans un communiqué. "Israël n'acceptera aucune attaque contre nos soldats ou notre territoire", ajoute-t-il.

Le ministre de la Défense Israël Katz a de son côté prévenu d'une riposte israélienne "avec une force considérable" à toute attaque du Hezbollah, allié de l'Iran.

 

 

 


Israël continuera à opérer dans le sud du Liban 

 L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
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  • Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban
  • Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais.

L'armée a publié une carte de ce qu'elle déclare être son "espace de sécurité", s'étendant sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur du territoire libanais.

Elle indique que des troupes continueront d'y être déployées "afin d'éliminer les menaces et d'améliorer la défense des habitants du nord d'Israël".

Un responsable militaire israélien a précisé que l'armée pourrait également agir pour "neutraliser" les risques identifiés au-delà de la zone de sécurité, et appelé les civils libanais à ne pas y pénétrer.

Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban et le Hezbollah pro-iranien n'a plus revendiqué d'attaques contre Israël.

Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais.

L'armée israélienne a pour sa part annoncé la mort de l'un de ses soldats dans la nuit de mercredi à jeudi, lors d'un incident survenu dans le sud du Liban. Sept soldats ont également été blessés.

Le groupe armé Hezbollah soutenu par l'Iran a entraîné le Liban dans la guerre début mars en attaquant Israël pour venger l'assassinat du guide suprême de la République islamique au début de la campagne américano-israélienne.

Israël a riposté par de vastes frappes à travers le Liban et par le lancement d'une invasion terrestre dans le sud, région frontalière d'Israël et de longue date sous l'influence du Hezbollah.

Le Liban et Israël mènent depuis avril des pourparlers directs à Washington afin de tenter de mettre fin aux hostilités et de dissocier leur conflit de la guerre régionale.

"D'autres étapes sont en cours de discussion" dans le cadre de ces pourparlers, a déclaré jeudi la même source militaire, ajoutant que "les représentants se rencontreront à nouveau la semaine prochaine".