A l'Assemblée, une bien relative majorité

Vue de l’hémicycle du Palais Bourbon : une partie des alliés de la majorité n'hésite plus à voter contre l'avis du gouvernement (photo, AFP)
Vue de l’hémicycle du Palais Bourbon : une partie des alliés de la majorité n'hésite plus à voter contre l'avis du gouvernement (photo, AFP)
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Publié le Dimanche 16 octobre 2022

A l'Assemblée, une bien relative majorité

  • Comme attendu, la majorité présidentielle relative a subi plusieurs revers en cette première semaine de séance budgétaire
  • La perspective du 49.3 pour forcer l'adoption du projet de budget pourrait expliquer en partie ces votes dissidents

PARIS : Régulièrement battu par les oppositions à l'Assemblée, le gouvernement peut également être contrarié par ses propres troupes, des exigeants alliés du MoDem et d'Horizons jusqu'au sein du groupe Renaissance dont une partie n'hésite plus à voter contre l'avis du gouvernement.

Modem, suite du feuilleton

Comme attendu, la majorité présidentielle relative a subi plusieurs revers en cette première semaine de séance budgétaire. Mais pas uniquement à l'initiative des oppositions. «On a des groupes qui ont bien compris qu’ils avaient un nouveau poids. Tout a changé. Tout a un prix», résume un connaisseur des échanges.

En témoigne cet amendement du patron des députés MoDem Jean-Paul Mattei sur les «super-dividendes», largement adopté mercredi soir avec les voix de la gauche et du Rassemblement national. Les députés Horizons se sont abstenus, et le groupe Renaissance s'est quelque peu divisé: 74 contre, 5 abstentions et 19 votes favorables dont celui du suppléant de la Première ministre, Freddy Sertin.

«Pas un coup politique» mais «un coup parlementaire» sur «un sujet de fond», a expliqué M. Mattei. Mais également une nouvelle preuve d'indépendance du parti de François Bayrou, qui avait déjà animé la rentrée en s'opposant à un «passage en force» sur les retraites. Et pas sur un sujet anodin: la taxation de bénéfices et revenus exceptionnels, qui poursuit l'exécutif depuis plusieurs mois.

Un élu d'opposition voit ainsi au travers de ce nouvel épisode «un affrontement Macron-Bayrou». «Car Mattei, c’est Bayrou en direct», assure ce vieux routier.

Comme de coutume, la majorité s'efforce de relativiser. «Ca n'a pas généré beaucoup d'émoi. C'est une connerie de la part de Mattei de matérialiser les différences d'appréciation, en plus avec les oppositions, via cet amendement qui en plus ne passera pas, puisqu'il y aura un 49.3 et qu'il sera évidemment retoqué», pronostique un député Renaissance.

2027 a l'horizon

Le cas de l'ancien Premier ministre Edouard Philippe et de ses troupes semble plus épineux pour Renaissance où l'on distingue volontiers «l'allié historique» MoDem et le parti créé fin 2021 par le maire du Havre, dont nul ne doute de la stratégie présidentielle en vue de 2027.

«J’ai compris qu’en 2024, Renaissance choisirait la façon de déterminer son candidat. Le moment venu, Horizons aussi, et je pense que chez nous, il n’y aura pas de primaire», a d'ailleurs glissé Édouard Philippe au Parisien.

Contrairement à François Bayrou, M. Philippe avait affiché son soutien à Élisabeth Borne quel que soit le calendrier retenu sur la réforme des retraites. Mais ses récentes déclarations --âge de départ à «65, 66, 67 ans», critiques sur la trajectoire française en matière de déficit--, si elles ne sont pas nouvelles, ont été mal reçues au sein du parti Renaissance et du groupe majoritaire, alors que s'engageait la bataille budgétaire.

Et au Palais Bourbon, après le vote par les députés Horizons d'un amendement cet été sur les collectivités contre l'avis du gouvernement, d'autres «cartes postales» sont redoutées.

«L’existence d’Horizons dérange beaucoup de gens», balaye un cadre philippiste pour qui les contempteurs chez Renaissance sont «mal placés, surtout au moment où ils ont 19 personnes qui ont voté l’amendement Mattei».

Renaissance et émancipation

Dans le parti présidentiel, tous l'affirment: il n'y a «pas de frondeurs», cette référence au quinquennat de François Hollande, anti-modèle absolu pour Emmanuel Macron.

Frondeuse ? «Jamais. Non. Mais je ne lâche rien sur les sujets sociaux et écolos», explique la députée de l'aile gauche Stella Dupont, qui a notamment voté l'amendement MoDem sur les «superdividendes» ou encore celui en faveur d'un crédit d'impôt pour le reste à charge de tous les résidents en Ehpad, là aussi sans l'aval du gouvernement.

La perspective du 49.3 pour forcer l'adoption du projet de budget pourrait expliquer en partie ces votes dissidents. «C’est un exercice compliqué pour tout le monde, y compris pour la majorité» car «on perd la main», explique la députée.

«Le Parlement est assez divisé comme ça pour qu’on ne se divise pas entre nous», se lamente-t-on chez Renaissance. Le président de la Commission des Finances, l'Insoumis Éric Coquerel, se frotte lui les mains: «Ce gouvernement, il est de plus en plus minoritaire».


Paris salue le vote «historique et courageux» de l'abolition de la peine de mort au Liban

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Ce vote "montre que le Liban, malgré les épreuves qu'il subit, conserve une voix singulière dans la région, et qu'il demeure un exemple par sa capacité à faire vivre les valeurs démocratiques et les libertés qui sont au fondement de son existence"
  • Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais

PARIS: Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient.

Ce vote "montre que le Liban, malgré les épreuves qu'il subit, conserve une voix singulière dans la région, et qu'il demeure un exemple par sa capacité à faire vivre les valeurs démocratiques et les libertés qui sont au fondement de son existence", a écrit sur X le ministre, soulignant que le Liban honore ainsi un "engagement pris à Paris il y a un mois lors du 9e Congrès mondial contre la peine de mort".


Chômage des jeunes: "Beaucoup d'outils" disponibles, comme la voie professionnelle, selon Roubache

Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’adresse à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, lors d’un débat sur un projet de loi relatif à l’assurance chômage, à Paris, le 26 mai 2026. (Photo : AFP)
Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’adresse à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, lors d’un débat sur un projet de loi relatif à l’assurance chômage, à Paris, le 26 mai 2026. (Photo : AFP)
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  • Le chômage des jeunes de 15-24 ans atteint 21,6 % au deuxième trimestre, en hausse de 2,5 points sur un an
  • Le gouvernement mise sur la voie professionnelle et l’apprentissage, dont les crédits sont maintenus, pour favoriser l’insertion rapide des jeunes

PARIS: Face à la remontée du chômage des jeunes, le gouvernement dispose de "beaucoup d'outils", notamment la voie professionnelle, a déclaré mardi la ministre déléguée chargée de l'Enseignement, de la Formation professionnelle et de l'Apprentissage.

"Vous l'avez dit, le chômage des jeunes remonte. Mais nous avons beaucoup d'outils, notamment la voie professionnelle, l'une de ces voies qui permet à nos jeunes d'être insérés très rapidement. Vous avez la partie scolaire, et la partie en apprentissage, qui est un vrai succès", a déclaré Sabrina Roubache sur Europe 1.

Le taux de chômage des jeunes actifs de 15-24 ans a rebondi au deuxième trimestre à 21,6%, en hausse de 0,4 point sur un trimestre et de 2,5 points sur un an, selon des données publiées vendredi par l'Insee. Quant aux 16-29 ans sans emploi, formation ou études, leur part, stable sur le trimestre à 13,3%, a progressé sur un an.

Sabrina Roubache a aussi défendu le bilan sur l'emploi des jeunes sous la présidence d'Emmanuel Macron, vantant "500.000 jeunes en emploi depuis 2017, plus haut niveau depuis les années 1990 sur les 15-24 ans".

Comme on lui rappelait que le nombre d'apprentis avait baissé en 2025, elle a invoqué "la conjoncture" mais assuré que "les crédits pour l'apprentissage ont été sanctuarisés", car "on ne casse pas une politique publique qui marche".

Sur le nombre de jeunes en voie professionnelle cherchant encore, à trois semaines de la rentrée, une entreprise pour leur apprentissage, la ministre déléguée a répondu qu'"on n'est pas tout à fait capables de le dire" mais a souligné que "vous avez trois mois à partir du démarrage de votre formation en septembre pour trouver une entreprise".

"Mon cabinet et moi-même, nous répondons à toutes les sollicitations", a-t-elle ajouté, avant de lancer "un appel à toutes les entreprises: n'hésitez pas à recruter des jeunes en apprentissage, ce sont les compétences d'aujourd'hui que vous formez pour vos besoins de demain".

Alors que le chômage revient dans le débat politique à huit mois de l'élection présidentielle, le Premier ministre Sébastien Lecornu a défendu lundi le bilan des politiques menées depuis 10 ans, réfutant tout "déni" face à une nouvelle hausse mais appelant à ne pas tomber dans la "caricature".

Avec un taux à 8,3%, au plus haut niveau depuis l'automne 2020, en plein Covid, et depuis l'automne 2019 auparavant, l'objectif d'Emmanuel Macron d'un taux de chômage à 5% de la population active s'est encore éloigné au deuxième trimestre.


Canicule: des températures nettement à la hausse mardi 

Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne. Un tournesol desséché en Italie, photo d'illustration. (AFP)
Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne. Un tournesol desséché en Italie, photo d'illustration. (AFP)
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  • Mardi à 05H00, Météo-France relevait déjà 27°C au Luc, dans le Var, à Nice et à l'Ile-Rousse (Corse), mais aussi 26°C à Montpellier et 25°C à Clermont-Ferrand et à Orange (Vaucluse)
  • "Les maximales sont en hausse sur l'ensemble du pays et atteignent 35°C à 37°C sur les départements placés en vigilance orange", indique le service météorologique dans son bulletin de 06H00

PARIS: Avec des températures à la hausse, le cinquième épisode caniculaire de l'année s'étend à l'ouest de la France et 43 départements vont être placés mardi à partir de midi en vigilance orange par Météo-France.

Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne.

Mardi à 05H00, Météo-France relevait déjà 27°C au Luc, dans le Var, à Nice et à l'Ile-Rousse (Corse), mais aussi 26°C à Montpellier et 25°C à Clermont-Ferrand et à Orange (Vaucluse).

"Les maximales sont en hausse sur l'ensemble du pays et atteignent 35°C à 37°C sur les départements placés en vigilance orange", indique le service météorologique dans son bulletin de 06H00.

Météo-France prévoit de placer 67 départements, dont Paris et sa petite couronne, en vigilance orange canicule dans la journée de mercredi.

Météo-France table sur un "pic probable de l'épisode vers le milieu de semaine".