Réclamé par la France, l'imam Iquioussen remporte une première manche devant la justice belge

Des policiers se tiennent dans une rue où se trouve une maison appartenant à la famille d'Iman Hassan Iquioussen, à Lourches, dans le nord de la France, le 30 août 2022 (PHOTO, AFP)
Des policiers se tiennent dans une rue où se trouve une maison appartenant à la famille d'Iman Hassan Iquioussen, à Lourches, dans le nord de la France, le 30 août 2022 (PHOTO, AFP)
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Publié le Vendredi 21 octobre 2022

Réclamé par la France, l'imam Iquioussen remporte une première manche devant la justice belge

  • Hassan Iquioussen, arrêté le 30 septembre en Belgique francophone, s'est retrouvé cet été au coeur d'un feuilleton politico-juridique en France
  • L'avocate a contesté la validité du mandat d'arrêt émis par un juge de Valenciennes (nord de la France)

BRUXELLES: L'imam marocain Hassan Iquioussen, réclamé par la justice française pour s'être soustrait à un arrêté d'expulsion cet été, a remporté vendredi une première manche devant un tribunal de Belgique, pays où il s'est exilé.

Après avoir auditionné à huis clos l'imam de 58 ans, qui conteste son extradition, la chambre du conseil du tribunal de Tournai (ouest) "a refusé la remise à la France", a annoncé à l'AFP son avocat belge Nicolas Cohen.

La décision, dont les motivations n'étaient pas immédiatement disponibles, a été confirmée par le parquet de Tournai, qui a annoncé avoir interjeté appel.

Dans ses réquisitions, le ministère public s'était montré favorable à l'exécution du mandat d'arrêt européen (MAE) ciblant M. Iquioussen, a expliqué Frédéric Bariseau, porte-parole du parquet joint par l'AFP.

Il n'a pas été suivi et par conséquent "appel a été fait, et le dossier reviendra dans un délai de quinze jours devant la chambre des mises en accusation de la cour d'appel", a poursuivi le magistrat.

De leur côté les défenseurs de l'imam se sont réjouis d'avoir convaincu la chambre du conseil.

"Ni le droit, ni les autorités de poursuite ne peuvent être instrumentalisés à des fins politiques, il fallait peut-être la Belgique pour le rappeler", a réagi dans un tweet l'avocate française Lucie Simon, fustigeant à nouveau "l'illégalité" du MAE.

Hassan Iquioussen, arrêté le 30 septembre en Belgique francophone, s'est retrouvé cet été au coeur d'un feuilleton politico-juridique en France.

Fin juillet, le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin avait annoncé l'expulsion de ce prédicateur du Nord, fiché S (pour sûreté de l'Etat) par les services de renseignement "depuis dix-huit mois", selon lui.

 

Les avocats de l'imam Iquioussen saisisse la justice pour diffamation de Gérald Darmanin à l'encontre de leur client

Les avocats de l'imam marocain Hassan Iquioussen, réclamé par la justice française pour s'être soustrait à un arrêté d'expulsion, ont saisi la justice pour diffamation publique à l'encontre de leur client par Gérald Darmanin, a-t-on appris vendredi de source judiciaire.

Les avocats de l'imam, âgé de 58 ans, ont utilisé une procédure de citation directe pour saisir le tribunal.

Dans cette citation directe les avocats reprochent au ministre de l'Intérieur des propos qu'ils jugent diffamatoires à l'égard de M. Iquioussen.

Ils contestent notamment des déclarations de M. Darmanin sur BFMTV le 2 septembre dernier, dans lesquelles il présentait l'imam comme "un délinquant, un fuyard et un séparatiste" ou affirmait que "M. Iquioussen, qui a des choses à se reprocher, s'est soustrait à la décision de justice".

Hassan Iquioussen a déjà remporté vendredi une première manche devant un tribunal de Belgique, où il s'est exilé.

Après avoir auditionné à huis clos l'imam, qui conteste son extradition, la chambre du conseil du tribunal de Tournai (ouest de la Belgique) "a refusé la remise à la France", a annoncé à l'AFP son avocat belge Nicolas Cohen.

Le parquet de Tournai a annoncé avoir interjeté appel.

Hassan Iquioussen, arrêté le 30 septembre en Belgique francophone, est sous le coup d'un arrêté d'expulsion.

«Pas une infraction en Belgique»

Surprise pour les autorités françaises: M. Iquioussen était introuvable au moment où cet arrêté, qu'il avait contesté devant la justice, avait été définitivement validé par le Conseil d'Etat le 31 août.

Me Lucie Simon a expliqué plus tard qu'il avait "respecté purement et simplement la loi française en quittant l'Hexagone pour la Wallonie".

L'avocate a contesté la validité du mandat d'arrêt émis par un juge de Valenciennes (nord de la France), estimant qu'il se fonde "sur une infraction pas constituée". "Pourquoi le rechercher? Pourquoi vouloir le faire revenir?", s'était-elle interrogée début septembre.

L'argument a été martelé vendredi à Tournai par Mes Simon et Cohen lors de leur plaidoirie.

La "soustraction à l'exécution d'une mesure d'éloignement" reprochée à l'imam "n'est pas une infraction en droit belge", a affirmé Nicolas Cohen.

Or une des conditions de l'extradition est que "les deux pays incriminent le même comportement", a-t-il soutenu.

Les faits résumés dans le mandat d'arrêt européen émis en France "ne revêtent pas de qualification pénale en Belgique", a insisté Lucie Simon auprès de l'AFP.

Trois jours après l'arrestation de l'imam dans la région de Mons, elle avait dénoncé les "pressions" de l'exécutif français soulignant que son client faisait "confiance en la justice belge pour ne pas (y) céder".

Vendredi soir, le parquet de Tournai a précisé que Hassan Iquioussen "rest(ait) en détention" dans l'attente de l'audience devant la cour d'appel.

Né en France, M. Iquioussen avait décidé à sa majorité de ne pas opter pour la nationalité française. Lui affirme y avoir renoncé à 17 ans sous l'influence de son père, et avoir ensuite tenté en vain de la recouvrer. Ses cinq enfants et ses 15 petits-enfants sont eux Français et implantés dans le Nord de la France : un fils est imam à Raismes, un autre ex-élu PS à Lourches.


Le budget de l'Etat pour 2026 promulgué au Journal officiel

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu (C) fait un geste en s’exprimant lors d’un débat sur les motions de censure contre le projet de loi de finances 2026, adopté sans vote après que le gouvernement a déclenché l’article 49.3 de la Constitution, à l’Assemblée nationale à Paris, le 2 février 2026. (AFP)
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu (C) fait un geste en s’exprimant lors d’un débat sur les motions de censure contre le projet de loi de finances 2026, adopté sans vote après que le gouvernement a déclenché l’article 49.3 de la Constitution, à l’Assemblée nationale à Paris, le 2 février 2026. (AFP)
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  • Le budget 2026 de l’État a été promulgué après validation quasi totale par le Conseil constitutionnel, mettant fin à plus de quatre mois de tensions parlementaires et à la loi spéciale reconduisant provisoirement le budget 2025
  • Adopté après trois recours au 49.3 par le gouvernement de Sébastien Lecornu, il prévoit un déficit public ramené à 5% du PIB, une hausse de 6,5 milliards d’euros pour la défense et des ajustements fiscaux pour les entreprises

PARIS: Le budget de l'Etat pour 2026, dont la quasi-totalité a été validée jeudi par le Conseil constitutionnel, a été promulgué vendredi au Journal officiel, marquant le point final de plus de quatre mois de feuilleton parlementaire et de débats houleux.

Le texte avait été adopté définitivement par le Parlement le 2 février après le rejet des motions de censure consécutives à un ultime 49.3 utilisé par le gouvernement.

Cette promulgation met fin à la loi spéciale qui reconduisait temporairement le budget 2025 et avait été votée fin décembre faute d'accord parlementaire pour assurer la continuité de l’État.

C'est le deuxième budget de l'État consécutif adopté à la suite d'un difficile compromis, dans un paysage politique très fracturé depuis la dissolution de l'Assemblée nationale décidée par le président Emmanuel Macron en 2024.

Pour y parvenir, le Premier ministre Sébastien Lecornu a dû accepter d'importantes concessions en direction de la gauche et renier sa promesse de ne pas passer en force en engageant la responsabilité du gouvernement. Il aura finalement dégainé trois 49.3.

Ce budget adopté prévoit de réduire le déficit public à 5% du PIB en 2026, contre 5,4% en 2025. Il visait 4,7% dans sa copie initiale.

Côté impôts, le gouvernement a plaidé la stabilité du cadre fiscal, même si les entreprises peuvent regretter plusieurs hausses d'impôts par rapport à la version initiale.

Le budget entérine aussi des coupes sélectives dans les dépenses. Les crédits de la défense augmentent de 6,5 milliards, quand d'autres missions voient leur budget stagner voire diminuer, hors ministères régaliens.


Mort de Quentin: vers la fin des gardes à vue, appels au calme

Des personnes participent à une cérémonie d’hommage lors d’un rassemblement de soutien au militant d’extrême droite Quentin Deranque, à Nantes (ouest de la France), le 18 février 2026. (AFP)
Des personnes participent à une cérémonie d’hommage lors d’un rassemblement de soutien au militant d’extrême droite Quentin Deranque, à Nantes (ouest de la France), le 18 février 2026. (AFP)
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  • À Lyon, onze suspects liés à des mouvances d’ultragauche ont été placés en garde à vue dans l’enquête pour homicide volontaire après la mort de Quentin Deranque, 23 ans, frappé en marge d’une conférence de Rima Hassan
  • Le président Emmanuel Macron et les parents de la victime appellent au calme pour éviter un engrenage de violences

LYON: Des premières mises en examen sont attendues jeudi dans l'enquête sur la mort du jeune militant nationaliste Quentin Deranque, dont les parents, comme Emmanuel Macron, ont appelé au calme souhaitant éviter une "engrenage de la violence".

Le président "se préoccupe de la situation". Une "vive inquiétude" partagée par le maire écologiste de Lyon Grégory Doucet qui a demandé à la préfecture d'interdire une marche, prévue samedi, réclamant "Justice pour Quentin, tué par les antifas".

Le procureur de Lyon tiendra à 17H00 une conférence de presse au moment où se termineront les gardes à vue de onze suspects interpellés mardi soir et mercredi matin dans le cadre d'une enquête ouverte notamment pour "homicide volontaire".

Sept sont soupçonnés d'avoir joué un rôle direct dans les violences survenues il y a une semaine, les quatre autres le sont pour avoir tenté de les aider à se soustraire aux recherches.

La plupart sont liés à des mouvements d'ultragauche, selon une source proche de l'enquête. Figurent parmi eux deux collaborateurs parlementaires et un ancien stagiaire du député LFI Raphaël Arnault, fondateur du groupuscule La Jeune Garde Antifaciste, dissoute par décret en juin 2025 notamment pour des "violences".

Alors que la pression monte sur La France insoumise, notamment à droite et à l'extrême droite, le coordinateur du mouvement Manuel Bompard a martelé jeudi matin sur FranceInfo qu'il n'était "pas question" de suspendre ou d'exclure Raphaël Arnault du groupe LFI à l'Assemblée nationale, au motif notamment qu'il ne saurait être "tenu responsable des actes de ses salariés".

- "Conclusions" -

Quentin Deranque, 23 ans a été frappé le 12 février par plusieurs personnes encagoulées, en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Il était venu assurer la sécurité de militantes du collectif identitaire Némésis qui manifestait contre la venue de l'élue. Souffrant d'un grave traumatisme crânien, il est décédé samedi.

Devant les enquêteurs, Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire de Raphaël Arnault, "a reconnu (...) la commission de violences et sa présence sur les lieux" mais "a indiqué qu’il n’était pas l’auteur des coups qui ont provoqué le décès de M. Deranque", a dit à la presse son avocat, Me Bertrand Sayn.

La présidente de l'Assemblée Yaël Braun-Pivet a suspendu ses accès aux locaux du Palais Bourbon, tout comme un deuxième collaborateur de M. Arnault en garde à vue, Robin C. connu à l'assemblée sous le nom de Robin Michel, et qui est lui soupçonné d'avoir aidé un des auteurs principaux à se cacher.

Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a appelé jeudi Raphaël Arnault à "tirer les conclusions (...) si jamais la justice trouve des indices graves et concordants qui touchent lui-même (ou) ses collaborateurs qu'il a embauchés". Et le patron de LR Bruno Retailleau a exigé sa démission de l'Assemblée nationale.

La veille, le président du RN Jordan Bardella a également réclamé sa démission et mené l'offensive contre le parti d'extrême gauche en visant tout particulièrement son leader Jean-Luc Mélenchon. Il a aussi prôné un "front commun", un "cordon sanitaire" pour un "tout sauf LFI" aux élections municipales de mars et la présidentielle de 2027.

- "Dans la retenue" -

Jeudi matin, l'entourage d'Emmanuel Macron en visite en Inde a assuré que le président "se préoccupait de la situation" et appelait à éviter "tout engrenage de la violence".

Sur RTL, leur avocat a assuré que les parents de Quentin appelaient "au calme et à la retenue" et dénonçaient "toute forme d'appel à la violence, toute forme de violence politique".

Ils ne participeront pas, si elle a lieu, à une marche en hommage à Quentin samedi à Lyon et "souhaitent que si des personnes veulent s'agréger à cette initiative, qu'elles le fassent dans le calme, dans la retenue et sans expression politique", a expliqué l'avocat.

Cette marche, à l'appel d'une amie de Quentin et d'une ex-porte-parole du mouvement anti-avortement Marche pour la vie, n'a pour l'heure été ni autorisée ni interdite par la préfecture, dont les services continuent d'"évaluer" les risques qu'elle pourrait poser "pour la sécurité des participants comme des habitants".

Les autorités s'intéressent notamment aux nombreux appels sur les réseaux sociaux de groupes qui pourraient se greffer ou même se "désolidariser" de la marche, a indiqué la préfecture à l'AFP. Ces appels proviennent de groupes d'ultradroite comme d'ultragauche, y compris de l'étranger.

Mais jeudi matin, le maire Grégory Doucet, a demandé de l'interdire "face au risque réel de débordements violents".


Anne-Claire Legendre: Une diplomate chevronnée à l’élégance maîtrisée à la présidence de l’IMA

À la croisée de la politique, de la culture et du dialogue des peuples, Anne-Claire Legendre semble avoir trouvé son lieu naturel — et l’Institut du monde arabe, peut-être, sa présidente idéale. (AFP)
À la croisée de la politique, de la culture et du dialogue des peuples, Anne-Claire Legendre semble avoir trouvé son lieu naturel — et l’Institut du monde arabe, peut-être, sa présidente idéale. (AFP)
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  • C’est elle, Anne-Claire Legendre, qui devient à 46 ans la première femme à diriger l’Institut du monde arabe (IMA), tête de pont reliant la France et les sociétés arabes contemporaines
  • Sa nomination n’est pas simplement un passage de relais institutionnel : elle marque un moment de bascule, presque un changement d’époque

PARIS: Silhouette longiligne rehaussée par des talons aiguilles, regard clair, élégance sobre et intelligence affûtée : en plus d’être une diplomate chevronnée, exigeante, cultivée et résolument tournée vers le dialogue.

C’est elle, Anne-Claire Legendre, qui devient à 46 ans la première femme à diriger l’Institut du monde arabe (IMA), tête de pont reliant la France et les sociétés arabes contemporaines. Sa nomination n’est pas simplement un passage de relais institutionnel : elle marque un moment de bascule, presque un changement d’époque.

Elle succède à Jack Lang, figure flamboyante de la vie culturelle française, qui aura présidé l’institution pendant près de treize ans. Avec Legendre, le style change, laissant percevoir moins d’éclat médiatique, davantage de rigueur stratégique et plus de méthode.

Le monde arabe, Legendre ne l’a pas étudié à distance : elle l’a vécu, arpenté, observé, analysé dans ses tensions comme dans ses espérances. Sa carrière commence à l’ambassade de France au Yémen, immersion fondatrice dans une région dont elle deviendra l’une des meilleures spécialistes françaises. Très vite, elle se distingue par une compréhension fine des équilibres politiques et humains. À la mission permanente de la France auprès de l’ONU à New York, elle travaille sur les dossiers les plus sensibles du Moyen-Orient au Conseil de sécurité.

Première femme consule générale de France à New York, ambassadrice au Koweït, puis porte-parole du Quai d’Orsay, elle devient finalement l’une des conseillères les plus influentes du président Emmanuel Macron pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient.

Dans les cercles diplomatiques, on la décrit comme celle qu’on envoie quand la situation se complique : les dossiers brûlants ne la rebutent pas, ils la stimulent, et elle les travaille avec passion et acharnement. Elle tente ainsi de réchauffer les relations franco-algériennes lors d’une mission auprès du président Abdelmadjid Tebboune ; elle œuvre pour la désescalade au Liban et suit avec une attention minutieuse les évolutions du dossier israélo-palestinien. Certains diplomates lui attribuent même un rôle déterminant dans la décision française de reconnaître l’État palestinien en 2025, qui a constitué un tournant diplomatique majeur.

Ce qui frappe chez elle n’est pas seulement la compétence, mais la persévérance : elle travaille dans la durée, patiemment, presque obstinément. Sa désignation à la tête de l’Institut du monde arabe intervient à un moment charnière, puisque l’institution approche de son quarantième anniversaire et doit se réinventer pour continuer à peser dans le paysage culturel et diplomatique.

Une ambitieuse feuille de route

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a fixé une feuille de route ambitieuse : moderniser la gouvernance de l’IMA, restaurer l’équilibre financier, renforcer les règles de déontologie et surtout faire rayonner l’institut bien au-delà de ses murs. Une mission immense, mais qui semble taillée pour le tempérament de Legendre, qui a fait ses preuves dans l’art de structurer, clarifier, stabiliser, puis projeter.

Son élection a d’ailleurs fait l’unanimité au sein du conseil d’administration, où siègent représentants français et ambassadeurs des pays de la Ligue arabe, ainsi que des personnalités économiques. Rarement une nomination aura suscité un tel consensus. Cependant, réduire Legendre à une technicienne de la diplomatie serait une erreur, car sa formation intellectuelle dit autre chose.

Diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris, arabisante formée à l’INALCO, également diplômée en lettres modernes de l’Université Sorbonne-Nouvelle, elle appartient à cette tradition française où la culture nourrit l’action publique.

Et puis, il y a cette facette plus intime, presque secrète, dévoilée par un texte publié par la radio France Culture, qui révèle une plume sensible, habitée par la mémoire et la réparation des blessures collectives. Dans ce poème, Legendre évoque les morts qu’il faut nommer, les fractures qu’il faut recoudre, la lumière qu’il faut rallumer dans les zones sombres de l’histoire : un thème poignant au cœur de l’actualité du monde.

Sa présidence s’ouvre pour trois ans, soit une période décisive pour transformer l’Institut du monde arabe en un acteur encore plus central du dialogue entre la France, l’Europe et les sociétés arabes. Elle devra moderniser, réorganiser, assainir. Mais surtout, elle devra incarner. Car l’atout majeur de Legendre réside peut-être là : une autorité sans dureté, une rigueur sans rigidité, une élégance qui n’est jamais superficielle.

À la croisée de la politique, de la culture et du dialogue des peuples, elle semble avoir trouvé son lieu naturel — et l’Institut du monde arabe, peut-être, sa présidente idéale.