Israël: vers le retour au pouvoir de Netanyahu?

Benjamin Netanyahu, ancien Premier ministre israélien et actuel chef du parti Likud, s'exprime devant des partisans lors d'un rassemblement électoral dans la ville septentrionale de Migdal HaEmek le 23 octobre 2022, avant les élections générales de novembre. (AFP)
Benjamin Netanyahu, ancien Premier ministre israélien et actuel chef du parti Likud, s'exprime devant des partisans lors d'un rassemblement électoral dans la ville septentrionale de Migdal HaEmek le 23 octobre 2022, avant les élections générales de novembre. (AFP)
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Publié le Mardi 25 octobre 2022

Israël: vers le retour au pouvoir de Netanyahu?

  • Dès les premières minutes de sa campagne, Benjamin Netanyahu affirme qu'il veut réunir les 61 sièges (seuil de la majorité) pour former un «gouvernement de droite»
  • «Le taux de participation s'apprête à décliner alors que cette élection est peut-être la plus critique car Netanyahu s'est associé à un parti raciste et cela pourrait être un désastre pour la démocratie israélienne», note Gayil Talshir

JERUSALEM: La campagne pour les législatives israéliennes le 1er novembre bat son plein avec en toile de fond une grande question: l'ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu, jugé pour corruption, peut-il revenir au pouvoir?

Retour à juin 2021. Après d'intenses tractations en coulisses, une coalition unique dans l'histoire d'Israël, réunissant une partie de la droite, du centre, de la gauche et pour la première fois un parti arabe, accouche d'un gouvernement censé mettre un terme à 15 ans de règne de Benjamin Netanyahu, qui a soufflé ses 73 bougies ce weekend.

Le plus pérenne des chefs de gouvernement de l'histoire du seul Etat majoritairement juif au monde est de surcroît en plein démêlés avec la justice pour des affaires présumées de corruption et de malversation. Son avenir politique semble compromis, mais "Bibi", son surnom, s'accroche au titre de chef de l'opposition.

Juin 2022. La coalition est tiraillée par des tensions internes qui font perdre au gouvernement sa majorité au Parlement et le pousse à annoncer de nouvelles élections, les cinquièmes en trois ans et demi en Israël, pays fortement divisé politiquement qui n'est pas arrivé ces dernières années à se doter d'un gouvernement stable.

Après les vacances d'été, les trois semaines de fêtes juives annuelles où le pays est en mode "pause", la campagne pour les législatives du 1er novembre commence véritablement à s'activer avec des partis qui tentent de secouer un électorat jusqu'à présent apathique face à ce nouveau scrutin, porteur de grands enjeux avec notamment la montée de l'extrême-droite sur fond de violences en Israël et dans les Territoires palestiniens.

Le «plus extrémiste»

Les derniers sondages créditent le Likoud (droite) de M. Netanyahu de la première place avec 31 sièges sur les 120 élus de la Knesset (Parlement), contre 24 pour Yesh Atid ("Il y a un futur") du Premier ministre centriste Yaïr Lapid, et 14 pour la liste "Sionisme religieux" (extrême-droite) d'Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich, une première. Suivent dans la foulée une dizaine de partis.

Dès les premières minutes de sa campagne, Benjamin Netanyahu affirme qu'il veut réunir les 61 sièges (seuil de la majorité) pour former un "gouvernement de droite" en regroupant les voix des formations ultra-orthodoxes et de l'extrême-droite. Ensemble, ces formations flirtent avec la majorité, selon les sondages.

Pour ce cinquième scrutin, "le taux de participation s'apprête à décliner alors que cette élection est peut-être la plus critique car Netanyahu s'est associé à un parti raciste et cela pourrait être un désastre pour la démocratie israélienne", note Gayil Talshir, professeure de sciences politiques à l'Université hébraïque de Jérusalem. "Cela pourrait donner lieu à l'émergence du gouvernement le plus extrémiste à droite qu'Israël n'a jamais eu."

Aux yeux de Benjamin Netanyahu, la coalition hétéroclite de M. Lapid est "une expérience dangereuse et catastrophique". "Il est maintenant temps de lui dire +khalas+ (ça suffit, en arabe). (...) C'est assez, khalas!", a-t-il lancé dimanche soir dans un meeting.

Lapid, «l'adulte responsable»

Si M. Netanyahu tente de revenir au pouvoir, M. Lapid tente quant à lui de s'y accrocher. Au cours des derniers mois, le leader centriste a vu son parti progresser dans les sondages et a multiplié les initiatives diplomatiques en se rendant à Berlin et surtout Paris pour y rencontrer son "ami" Emmanuel Macron et discuter du programme nucléaire iranien et d'un accord frontalier avec le Liban.

"Lapid a choisi d'observer les élections de haut, de son bureau de Premier ministre, laissant les autres (candidats) se précipiter, transpirer, se salir les mains et faire des erreurs alors que lui, joue le rôle d'adulte responsable", estime le journal le plus vendu en Israël, le Yediot Aharonot. "Cette retenue lui a permis de doper ses appuis dans les sondages, mais elle n'aide pas le bloc anti-Bibi."

Dans le système proportionnel israélien, les partis doivent obtenir un minimum de 3,25% des suffrages pour avoir des députés au Parlement, d'où le risque pour certains partis hostiles à Benjamin Netanyahu de ne pas franchir ce seuil comme c'est le cas pour les partis arabes, qui lui sont ouvertement opposés.

En 2019, ils s'étaient réunis sous une même bannière pour s'imposer comme la troisième force politique d'Israël, mais cette fois-ci ils se sont scindés en trois listes avec le risque pour chacun de ne pas faire élire de députés et donc de favoriser, indirectement, le retour au pouvoir de M. Netanyahu.


L'Arabie saoudite frappe une milice irakienne soutenue par l'Iran

L'Arabie saoudite a frappé des groupes alliés à l'Iran basés en Irak. (SPA/Archives)
L'Arabie saoudite a frappé des groupes alliés à l'Iran basés en Irak. (SPA/Archives)
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  • Le Royaume affirme ne pas rechercher l'escalade

RIYAD : Le ministère saoudien de la Défense a annoncé tôt mercredi avoir frappé des cibles appartenant à des groupes soutenus par l'Iran en Irak.

Dans une publication sur les réseaux sociaux, le ministère a indiqué que l'Arabie saoudite ne cherchait pas l'escalade, mais qu'elle répondrait à toute agression.

Selon le ministère, l'opération a été menée conjointement avec les forces américaines.

Plus tôt, le ministère avait annoncé avoir intercepté et détruit plusieurs drones mardi soir, qui tentaient de viser des installations pétrolières dans la Province orientale.

Le porte-parole officiel du ministère, le général de division Turki Al-Malki, a déclaré que ces attaques « terroristes » provenaient une nouvelle fois du territoire irakien et avaient été menées par des milices terroristes soutenues par l'Iran.

Il a réaffirmé le droit inhérent du Royaume à défendre son territoire et ses infrastructures, ainsi que son droit de répondre au moment et à l'endroit qu'il jugera appropriés.

Dans un communiqué, le ministère saoudien des Affaires étrangères a déclaré que cette « approche agressive adoptée par les milices terroristes affiliées à l'Iran en Irak intervenait alors même que le Royaume déployait des efforts pour contribuer à mettre fin à l'escalade dans la région, de manière à préserver sa sécurité et sa stabilité ».

« Cependant, ces milices terroristes affiliées à l'Iran ont choisi une voie d'escalade irresponsable, en violation du droit international et au mépris des exigences de la fraternité islamique, qui imposent le respect des principes du bon voisinage », poursuit le communiqué.

Des drones lancés depuis l'Irak, qui tentaient de viser des installations pétrolières dans la Province orientale du Royaume ainsi que Riyad, avaient déjà été interceptés lundi.

Une coalition d'anciens groupes paramilitaires pro-iraniens en Irak a déclaré mercredi que plusieurs personnes avaient été tuées et blessées lors de frappes américano-saoudiennes sur le territoire irakien.

« Ces attaques ont entraîné la mort de plusieurs membres de nos forces, fait plusieurs blessés, et causé des dégâts matériels à plusieurs bâtiments et propriétés », a indiqué dans un communiqué les Forces de mobilisation populaire (PMF), connues en arabe sous le nom de Hashed Al-Shaabi

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La Jordanie dit avoir intercepté un drone sur son territoire

L'armée jordanienne a dit mardi avoir détruit un drone qui survolait la partie orientale et désertique de son territoire, sans préciser sa provenance. (AFP)
L'armée jordanienne a dit mardi avoir détruit un drone qui survolait la partie orientale et désertique de son territoire, sans préciser sa provenance. (AFP)
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  • "Le drone a été abattu avec succès dans le désert oriental, sur le territoire du Royaume", a-t-il indiqué, sans préciser la provenance du drone
  • Mardi, l'armée israélienne a également annoncé avoir intercepté un drone près de la frontière avec la Jordanie, à l'ouest, avant qu'il ne pénètre dans l'espace aérien israélien, après en avoir intercepté deux autres lundi, dans le même contexte

AMMAN: L'armée jordanienne a dit mardi avoir détruit un drone qui survolait la partie orientale et désertique de son territoire, sans préciser sa provenance.

"L'armée de l'air royale jordanienne a neutralisé un drone qui avait violé l'espace aérien jordanien à l'aube mardi matin", a indiqué son porte-parole dans un communiqué.

"Le drone a été abattu avec succès dans le désert oriental, sur le territoire du Royaume", a-t-il indiqué, sans préciser la provenance du drone.

Mardi, l'armée israélienne a également annoncé avoir intercepté un drone près de la frontière avec la Jordanie, à l'ouest, avant qu'il ne pénètre dans l'espace aérien israélien, après en avoir intercepté deux autres lundi, dans le même contexte.

La Jordanie a été prise pour cible à plusieurs reprises lors de la reprise des frappes réciproques entre l'Iran et les États-Unis début juillet.


Washington confirme de nouvelles discussions entre le Liban et Israël à Rome

Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani. (Photo d'archives Reuters)
Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani. (Photo d'archives Reuters)
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  • Les États-Unis confirment des pourparlers Israël-Liban à Rome (4-6 août) sur les zones pilotes, la frontière et un accord de sécurité
  • L'armée libanaise affirme que les opérations israéliennes entravent son déploiement dans le sud, malgré l'accord de juin

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont confirmé lundi la tenue de nouveaux pourparlers entre Israël et le Liban, à Rome du 4 au 6 août, dans le cadre de la création de "zones pilotes" avec l'armée libanaise.

"À Rome, les groupes techniques s'attacheront à faire progresser la mise en œuvre intégrale de l'accord-cadre", a déclaré un responsable du département d'Etat sous couvert d'anonymat, citant l'extension du processus des "zones pilotes", le règlement de toutes les questions frontalières en suspens et l'élaboration d'un accord global de paix et de sécurité.

"L'expérience tirée des premières zones nous aidera à perfectionner la mise en œuvre des zones pilotes afin qu'elle puisse s'étendre de manière progressive", a-t-il ajouté.

L'armée libanaise a condamné dimanche la poursuite des opérations militaires d'Israël dans le sud du Liban, qui l'empêche selon elle de s'y déployer comme prévu par l'accord signé en juin entre les deux pays à Washington.

Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, avait annoncé il y a quelques jours la tenue de ces pourparlers.

L'accord conclu en juin prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël - qui occupe toujours une partie du sud du pays - sous réserve d'un désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Malgré l'accalmie dans les combats, l'armée israélienne continue de mener des frappes intermittentes dans le sud.