Israël: victoire de Netanyahu, majoritaire avec ses alliés

L'ancien Premier ministre israélien et chef du parti Likud Benjamin Netanyahu s'adresse aux partisans au siège de la campagne à Jérusalem, le 2 novembre 2022. (Photo, AFP)
L'ancien Premier ministre israélien et chef du parti Likud Benjamin Netanyahu s'adresse aux partisans au siège de la campagne à Jérusalem, le 2 novembre 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 03 novembre 2022

Israël: victoire de Netanyahu, majoritaire avec ses alliés

L'ancien Premier ministre israélien et chef du parti Likud Benjamin Netanyahu s'adresse aux partisans au siège de la campagne à Jérusalem, le 2 novembre 2022. (Photo, AFP)
  • Malgré son procès pour corruption, M. Netanyahu et ses alliés des partis ultra-orthodoxes et de la liste d'extrême droite «Sionisme religieux» remportent 64 mandats sur les 120 de la Knesset (Parlement)
  • Le Premier ministre indien Narendra Modi et la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni ont félicité M. Netanyahu dans des messages sur leur compte Twitter

JÉRUSALEM: Le suspense est terminé! L'ex-Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réussi son objectif tant souhaité d'obtenir une majorité avec ses alliés religieux et d'extrême droite pour fouler à nouveau les plus hautes marches du pouvoir. 

Malgré son procès pour corruption, M. Netanyahu et ses alliés des partis ultra-orthodoxes et de la liste d'extrême droite "Sionisme religieux" remportent 64 mandats sur les 120 de la Knesset (Parlement), soit trois de plus que le seuil de la majorité, a annoncé jeudi soir la commission électorale. 

Peu avant, le Premier ministre sortant Yaïr Lapid, qui avait chassé du pouvoir M. Netanyahu l'an dernier en mettant sur pied une coalition hétéroclite (droite, centre, gauche, arabe) qui a depuis implosé, a contacté son rival pour le féliciter de cette victoire, à l'issue des législatives de mardi. 

"Le Premier ministre Lapid a félicité M. Netanyahu pour sa victoire aux élections et a informé le chef de l'opposition qu'il avait donné les instructions pour préparer une transition ordonnée", a indiqué son porte-parole dans un communiqué. 

"L'Etat d'Israël est au dessus de toute considération politique. Je souhaite à Netanyahu la réussite, pour le bien du peuple d'Israël et l'Etat d'Israël", a déclaré de son côté M. Lapid. 

Selon la commission électorale, le "bloc de droite" de M. Netanyahu obtient 64 élus - 32 pour son parti le Likoud, 18 pour les deux partis orthodoxes et un record de 14 pour l'extrême droite- dans ce qui pourrait être, selon des analystes, le gouvernement le plus à droite de l'histoire du pays. 

La formation Yesh Atid ("Il y a un futur") du centriste Lapid a récolté 24 élus, son allié de centre-droit Benny Gantz 12 députés, suivi de 10 élus pour deux autres formations et de cinq pour le parti arabe Raam qui avait aussi soutenu sa coalition, pour un total de 51 députés. 

Le parti arabe Hadash-Taal a lui obtenu 5 députés. 

Par 4 000 voix ?  

Dans le système proportionnel israélien, les partis doivent obtenir 3,25% des voix pour faire leur entrée au Parlement, un taux minimal leur conférant de facto quatre députés. 

Or deux petits partis hostiles au camp de M. Netanyahu, la formation de gauche Meretz et le parti arabe Balad, ont moissonné respectivement 3,16% et 2,90% d'appuis. 

Pour Meretz, qui faisait partie de la coalition de M. Lapid et dont les quatre élus auraient pu permettre de priver M. Netanyahu d'une majorité, le sort est d'autant plus cruel que la formation a raté la cible des 3,25% par près de 4 000 votes. 

"Les résultats des élections sont une catastrophe pour Meretz, pour le pays et à titre personnel", a reconnu la cheffe du parti, Zehava Galon. 

Afin d'éviter ce scénario, Meretz avait demandé avant les élections au parti travailliste (gauche) de former une alliance afin de s'assurer de franchir ensemble le seuil. En vain. 

Idem pour deux partis arabes - Hadash/Taal et Balad - qui ont décidé à la dernière minute de ne pas se présenter sur une même liste électorale, privant au total le camp anti-Netanyahu de nombreux sièges. 

Sécurité et négociations 

Surnommé "Bibi", M. Netanyahu n'avait pas quitté la vie politique comme le souhaitaient ses opposants mais s'était accroché au poste de chef de l'opposition avec l'objectif de revenir aux affaires pour éventuellement faire voter une immunité par les députés et annuler son procès pour corruption. 

Au cours des prochains jours, le président israélien Isaac Herzog, dont la fonction est essentiellement symbolique, devra mandater officiellement M. Netanyahu pour former un gouvernement. Ce dernier aura alors 42 jours pour le faire. 

Selon la presse israélienne, l'ex-Premier ministre a d'ores et déjà mandaté Yariv Levin, un de ses proches, pour entamer des pourparlers qui pourraient s'annoncer compliqués, avec la formation "Sionisme religieux" notamment. 

Le chef de ce parti, Bezalel Smotrich, a indiqué vouloir le ministère de la Défense, et le n.2 Itamar Ben Gvir, celui de la Sécurité publique, deux postes clés à l'avant-scène du conflit israélo-palestinien qui connait ses violences les plus importantes en sept ans. 

"Il est temps de ramener la sécurité dans les rues, de rétablir l'ordre, de montrer qui est le maître, il est temps de tuer un terroriste qui mène une attaque", a affirmé le ténor de l'extrême droite Itamar Ben Gvir. 

Sans vouloir "spéculer sur un gouvernement", Washington a dit espérer que "tous les responsables israéliens continueront de partager les valeurs d'une société ouverte, démocratique et porteuse de tolérance et de respect pour toute la société civile, en particulier les groupes minoritaires". 

Plusieurs dirigeants étrangers ont félicité M. Netanyahu pour sa victoire, notamment le président ukrainien Volodymyr Zelensky qui a affirmé sur Twitter souhaiter "l'ouverture d'une nouvelle page dans la coopération avec le nouveau gouvernement israélien". 

Le Premier ministre indien Narendra Modi et la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni ont également félicité M. Netanyahu dans des messages sur leur compte Twitter. 

"Quelle belle victoire pour Benjamin Netanyahu en Israël!", a tweeté pour sa part le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, décrivant M. Netanyahu comme "l'ami de la Hongrie". 

M. Netanyahu s'est entretenu au téléphone avec les dirigeants de Hongrie, Roumanie et d'Autriche, selon son bureau. 


Inflation: Les populations du Maghreb et du Moyen-Orient particulièrement affectées

La livre libanaise a perdu environ 95% de sa valeur depuis 2019 (Photo, LTA).
La livre libanaise a perdu environ 95% de sa valeur depuis 2019 (Photo, LTA).
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  • Les classes moyennes des pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord ressentent aujourd'hui l'impact de la flambée des prix
  • Elles ont subi le triple choc de la pandémie, de la hausse des prix des denrées alimentaires et des carburants, et de l'invasion de l'Ukraine par la Russie

DUBAÏ: Face à des économies en crise, des monnaies en difficulté et une inflation qui sape le pouvoir d'achat, il est clair que les pauvres de la région arabe sont en difficulté. Alors que même les classes moyennes de certains pays commencent à être touchées, de plus en plus de familles ont du mal à se nourrir.
«C'est comme si nous avions été frappés par un tremblement de terre. Tout à coup, vous devez tout laisser tomber», a déclaré Manar, une Égyptienne de 38 ans, mère de deux enfants, à l'Agence France-Presse (AFP).
«Désormais, la vie semi-humaine que les gens avaient se réduit à penser au prix du pain et des œufs.»

Le prix du pain a augmenté dans certains pays arabes en raison de la guerre en Ukraine (Photo, AFP).

La livre égyptienne a perdu la moitié de sa valeur par rapport au dollar depuis mars dernier après une dévaluation exigée par le Fonds monétaire international dans le cadre d'un accord de prêt de 3 milliards de dollars. L'inflation globale annuelle officielle dans le pays a atteint 21,9% en décembre et les prix des denrées alimentaires ont grimpé de 37,9%.
L'économie égyptienne s'était difficilement remise de la pandémie de Covid-19. C'est toutefois l'invasion de l'Ukraine par la Russie qui a déclenché la dernière crise, car ces deux pays sont de gros exportateurs de blé vers l'Égypte et des sources de tourisme de masse.
Selon la Banque mondiale, près d'un tiers de la population égyptienne, soit 104 millions de personnes, vit actuellement sous le seuil de pauvreté, et presque autant sont «vulnérables à la pauvreté».
Par ailleurs, des prévisions économiques inquiétantes pèsent déjà sur l'année 2023. Les économistes prédisent une aggravation de la récession mondiale qui entraînera une nouvelle dépréciation des monnaies, une flambée des prix et une augmentation des taux de chômage et de pauvreté.
L'année dernière, l'économie mondiale a connu de multiples revers. Les pays et les entreprises qui commençaient tout juste à se remettre des confinements, des restrictions et des autres conséquences de la pandémie de Covid-19 ont subi un nouveau coup dur avec le début de la guerre en Ukraine il y a presque un an.
Le conflit a perturbé les chaînes d'approvisionnement mondiales, entraînant une forte hausse des prix des denrées alimentaires et du carburant, aggravant ainsi les pressions inflationnistes. Cette situation a exercé une pression supplémentaire sur les monnaies nationales et la confiance des entreprises, menaçant l'emploi et freinant la croissance.
La dépréciation des monnaies arabes contre le dollar est particulièrement préoccupante pour les pays les plus vulnérables, car les ménages qui avaient constitué une épargne avant la récession ont vu la valeur de leurs économies s'effondrer et les filets de sécurité se dérober sous leurs pieds.

Un activiste libanais brandit des billets de banque factices appelés «Lollars» au cours d'une manifestation visant à dénoncer la corruption qui ravage le pays, à Beyrouth, le 13 mai 2022 (Photo, AFP).

La livre libanaise a récemment atteint son record le plus bas jamais enregistré et a désormais perdu environ 95% de sa valeur depuis le début de la crise financière dans le pays, fin 2019.
La Jordanie, la Syrie et l'Irak connaissent de même des hausses massives du coût des denrées alimentaires, du carburant et d'autres produits de première nécessité. Le pouvoir d'achat des populations continue de baisser, ce qui entraîne des protestations et des vagues occasionnelles de violence.
La vie d'environ 130 millions de personnes dans la région est désormais rongée par la pauvreté, selon l'enquête sur les développements économiques et sociaux dans la région arabe, publiée en décembre par la Commission économique et sociale des Nations unies pour l'Asie occidentale (Cesao).
 


Au Yémen, une unité militaire créée dans le cadre de la stratégie de reconstruction

Le président du Conseil présidentiel du Yémen, Rashad al-Alimi, rencontre l'envoyé spécial des Nations Unies pour le Yémen, Hans Grundberg, à Aden, au Yémen, le 10 mai 2022 (Photo, Reuters).
Le président du Conseil présidentiel du Yémen, Rashad al-Alimi, rencontre l'envoyé spécial des Nations Unies pour le Yémen, Hans Grundberg, à Aden, au Yémen, le 10 mai 2022 (Photo, Reuters).
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  • Rashad al-Alimi a émis un ordre établissant la Force du Bouclier de la nation comme réserve sous son commandement
  • La Commission de consultation et de réconciliation met en garde contre la légitimation de la prise de pouvoir des Houthis dans les pourparlers

AL-MUKALLA: Un nouveau groupe militaire au Yémen, la Force du bouclier de la nation, a été créé par le président du Conseil présidentiel, Rashad al-Alimi, dans le but d'unifier les groupes armés et les unités dispersées dans les territoires contrôlés par le gouvernement.
L'agence de presse officielle SABA a rapporté dimanche soir qu'Al-Alimi a émis un ordre présidentiel établissant la Force du bouclier de la nation comme troupe de réserve sous son commandement et nommant à sa tête un officier militaire peu connu, le brigadier Basher Saif Qaid Ghobair al-Subaihi.
SABA a indiqué que le dirigeant yéménite publiera un autre décret précisant le nombre, l'objectif et le lieu de déploiement des forces.
Al-Subaihi a fait partie des milliers de Yéménites qui ont combattu les Houthis soutenus par l'Iran lorsque la milice a conquis en 2015 la ville portuaire d'Aden, dans le sud du pays.
Des responsables et des experts au Yémen ont déclaré que les combattants de la résistance ainsi que les forces militaires et de sécurité qui ont combattu les Houthis seraient recrutés et recevraient une formation militaire officielle, ainsi que des grades dans la nouvelle unité.
Le général de brigade Mohammed al-Kumaim, un analyste militaire yéménite, a indiqué à Arab News que la nouvelle unité comprendra des forces militaires et de sécurité actives sur le terrain, ainsi que des unités provenant de zones militaires. Cette procédure fait, selon lui, partie d'une stratégie visant à légitimer les unités actives sur le terrain et à les unir sous la direction des institutions du pays.
«Ces forces ne sont pas nouvelles et sont déjà présentes sur le champ de bataille. Ceci s'inscrit dans le cadre de la réorganisation et du repositionnement du ministère yéménite de la Défense, et de la réorganisation de ses forces militaires», a déclaré Al-Kumaim, ajoutant que les troupes de la nouvelle unité participeront aux opérations militaires contre les Houthis dans tout le Yémen.
Ce dernier a rejeté les critiques des opposants qui accusent le leader yéménite de créer une force sous son commandement pour concurrencer les armées privées des autres membres du conseil.
«En tant que commandant en chef des forces armées, il commande toutes les forces sur le terrain et a le pouvoir de former toute nouvelle force. Il n'y a pas de concurrence», a assuré Al-Kumaim.
Dans une interview accordée à la chaîne de télévision Al Arabiya le mois dernier, Al-Alimi a souligné que la priorité du conseil était de rassembler divers groupes militaires sous un seul centre de commandement. Il a par ailleurs reconnu que la fusion des forces sous l'égide du ministère de la Défense pourrait ne pas avoir lieu dans un avenir proche.
En avril dernier, l'ancien président Abed Rabbo Mansour Hadi a transféré son autorité au Conseil présidentiel de direction, composé de huit membres et dirigé par Al-Alimi. Ce conseil comprend des responsables militaires et politiques ainsi que de nombreux gouverneurs de province tels que Aidarous al-Zubaidi, le président du Conseil de transition du Sud pro-indépendance, Tareq Mohammed Abdullah Saleh, le commandant des forces de la Garde républicaine et Abdul Rahman al-Muharami, le commandant de la Brigade des géants.
Par ailleurs, la Commission de consultation et de réconciliation, organe consultatif du Conseil présidentiel, a conseillé au gouvernement yéménite d'œuvrer à l'instauration de la paix au Yémen et de s'attaquer aux difficultés économiques du pays. Elle l’a toutefois mis en garde contre la légitimation de la prise de pouvoir militaire des Houthis dans le cadre de toute négociation directe avec la milice.
«Nous avons souligné la nécessité d'un dialogue politique approfondi et direct entre la légitimité dirigée par le Conseil présidentiel de direction et la milice houthie sur la base de la légitimité et du coup d'État», a déclaré Mohammed al-Ghaithi, le chef de la commission, sur Twitter après une réunion virtuelle avec d'autres membres dimanche.
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Tunisie: Le président limoge deux ministres

Le président tunisien Kais Saied (Photo, AFP).
Le président tunisien Kais Saied (Photo, AFP).
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  • Début janvier, le président avait déjà limogé la ministre du Commerce
  • Les deux nouveaux limogeages interviennent dans un contexte de tensions politiques

TUNIS: La présidence tunisienne a annoncé lundi soir le limogeage des ministres de l'Agriculture et de l'Éducation, sans donner d'explications, dans un contexte de pénuries de produits de base, dont le lait, et de grèves sporadiques dans l'enseignement. 

Le président Kais Saied a décidé "un remaniement partiel en nommant Mohamed Ali Boughdiri comme ministre de l'Éducation" en remplacement de Fethi Sellaouti, a annoncé un communiqué de la présidence. Le ministre de l'Agriculture Elyes Hamza a été remplacé par Abdelmomen Belati, a ajouté la présidence.

Début janvier, le président avait déjà limogé la ministre du Commerce Fadhila Rebhi Ben Hamza et Fakher Fakhfakh, le gouverneur de Sfax, deuxième ville du pays, engluée depuis des mois dans une crise autour de la gestion de ses déchets.

La ministre du Commerce avait été le premier membre du gouvernement de Najla Bouden, formé en novembre 2021, à être limogé par le président Saied.

Les deux nouveaux limogeages interviennent dans un contexte de tensions politiques, le pays étant en proie à de profondes divisions depuis le coup de force du président Saied qui s'est arrogé tous les pouvoirs en juillet 2021.