Largement élu, Jordan Bardella succède à Marine Le Pen à la tête du RN

Jordan Bardella s'est imposé avec près de 85% des suffrages contre Louis Aliot, maire de Perpignan (Photo, AP).
Jordan Bardella s'est imposé avec près de 85% des suffrages contre Louis Aliot, maire de Perpignan (Photo, AP).
Short Url
Publié le Dimanche 06 novembre 2022

Largement élu, Jordan Bardella succède à Marine Le Pen à la tête du RN

  • La triple candidate malheureuse à la présidentielle a passé la main à Jordan Bardella lors d'un congrès du parti, à Paris
  • Marine Le Pen, qui a réalisé un score record de 41,5% au second tour face à Emmanuel Macron en avril, se met en retrait après onze ans à la tête du parti, tout en disant vouloir poursuivre son «travail» et son combat politique

PARIS: Elu samedi numéro un du Rassemblement national, Jordan Bardella, 27 ans, a dit sa fierté de travailler "pour" Marine Le Pen, manière d'acter les ambitions élyséennes intactes de celle à qui il succède, dont il a assuré vouloir suivre la ligne politique.

M. Bardella , qui devient le troisième président du parti d'extrême droite en cinquante ans d'existence et le premier à ne pas porter le patronyme Le Pen, s'est imposé avec près de 85% des suffrages contre Louis Aliot, maire de Perpignan.

Promis grandiose, le sacre du nouveau président a été percuté par l'exclusion pour 15 jours du député RN Grégoire de Fournas de l'Assemblée nationale. Celui-ci avait lancé jeudi dans l'hémicycle "Qu'il retourne en Afrique!" lors d'une intervention de l'élu LFI Carlos Martens Bilongo, qui s'exprimait sur le "drame de l'immigration clandestine".

Si Marine Le Pen n'a pas expressément évoqué l'embarrassante affaire - elle a seulement exhorté à "davantage faire face et combattre l'adversité que la commenter", dans son discours d'adieu -, son successeur a apporté un soutien appuyé au député incriminé, défendant son "propos qui évoquait le retour logique des bateaux de clandestins dans les ports d'origine".

L'épisode a, quoi qu'il en soit, mis à mal la volonté de "dédiabolisation" initiée par la candidate malheureuse à la présidentielle, stratégie que son successeur à la tête du parti a indiqué vouloir poursuivre.

"Je dois" à Marine Le Pen "ce que je suis", a-t-il d'ailleurs lancé lors de son discours d'intronisation devant des centaines de militants, ne cachant pas son émotion alors que la salle la salle l'applaudit à tout rompre.

"Elle m'a donné le goût de l'engagement", a-t-il poursuivi affirmant sa "reconnaissance, mais aussi de (sa) fierté de travailler avec elle, mais surtout pour elle et à ses côtés", manière de répondre aux procès en excès d'ambitions que ses détracteurs lui instruisent, autant que de supposées divergences avec la ligne "mariniste".

M. Bardella a pourtant adressé un clin d'œil à sa frange droite en fustigeant "une France qui voudrait faire de l'identité un gros mot", alors que ses accointances avec les "identitaires", notamment proches d'Eric Zemmour, est régulièrement dénoncée en interne par ses opposants.

Mais, en développant les thèmes fétiches du parti d'extrême droite, lutte contre l'immigration en tête, il a assuré vouloir continuer "à marcher sur nos deux pieds en occupant tout le spectre politique, en nous préoccupant de l'inquiétude sociale de la fin du mois comme de l'urgence vitale de la fin de la France".

RN: Bardella dit vouloir travailler «pour» Marine Le Pen

Jordan Bardella a exprimé samedi sa "reconnaissance" et sa "fierté de travailler avec" Marine Le Pen, "mais surtout pour elle et à ses côtés", lors de son premier discours de président élu du RN, poste auquel il a succédé à la triple candidate à la présidentielle.

En clôture d'un congrès tenu à Paris, le nouveau numéro un a rendu hommage à sa mère, italienne naturalisée française, mais surtout à Marine Le Pen, "à qui je dois ce que je suis" et qui lui "a fait découvrir la politique".

Déjà une fronde 

Jordan Bardella peut désormais se prévaloir d'une forte légitimité interne, avec un score au-delà de ses espérances - il pensait au mieux recueillir trois quarts des suffrages, alors que plus de 25 000 adhérents ont pris part au vote - et, grand seigneur, a nommé son adversaire, Louis Aliot, premier vice-président du parti.

Mais il doit pourtant déjà faire face à une fronde: Steeve Briois, figure du mouvement évincée de la nouvelle instance exécutive, a dénoncé dès l'annonce des résultats "un rabougrissement" du parti", désormais sensible selon lui à "des positions droitardes". Sans lui répondre directement, Jordan Bardella a appelé à une "attitude respectueuse et amicale" de tous.

Est-ce le début des difficultés pour le président Bardella? Il va devoir quoi qu'il en soit trouver sa place, tant Marine Le Pen entend demeurer au cœur du pouvoir en dirigeant un groupe de 89 députés, une machine bien plus puissante que la seule structure partisane.

Or, le parti a souvent réservé un sort cruel à ses numéros deux, ce qu'il demeure de fait - "le destin de dauphin est parfois de s'échouer", avait résumé en son temps Jean-Marie Le Pen. Fait notable: Marie-Caroline Le Pen, sœur de la présidente sortante, a fait samedi son entrée au "parlement du parti", manière de conserver une empreinte familiale.

Malgré des ambitions réputées immenses, il a juré qu'il serait le premier supporter d'une quatrième candidature de Marine Le Pen à la présidentielle de 2027.

Libérée des tâches internes parfois ingrates, la députée du Pas-de-Calais va désormais pouvoir plus que jamais consolider depuis le Palais Bourbon son assise médiatique et politique.


Liban: Macron condamne une "attaque inacceptable" contre une position de l'ONU

Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
Short Url
  • Le président français Emmanuel Macron condamne une attaque contre une position de la Finul au sud du Liban et réaffirme le rôle stabilisateur de la force onusienne
  • Il exprime le soutien de la France à la souveraineté et à la sécurité de la Syrie, du Liban et de l’Irak, tout en appelant à éviter que le conflit régional ne s’étende

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a condamné vendredi une "attaque inacceptable" contre une position de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dans le sud du pays, après s'être entretenu avec ses homologues libanais Joseph Aoun et syrien Ahmad Al-Chareh.

"La France œuvre avec ses partenaires à éviter que le conflit ne se propage davantage dans la région", a affirmé sur le réseau social X le chef de l'Etat, soulignant le "rôle clé de stabilisation au sud du Liban" joué par la Finul.

Emmanuel Macron a assuré que son pays resterait "engagé" dans cette force qui compte quelque 700 Français et assuré que "la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie et du Liban, comme de chaque pays dans la région, devait être respectée".

Une position de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) a été ciblée vendredi dans le sud du pays, faisant des blessés parmi les Casques bleus ghanéens, selon l'Agence nationale d'information (Ani) libanaise, alors que la guerre déclenchée le week-end dernier par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran s'est étendue au Liban.

Israël a répliqué à des tirs du Hezbollah pro-iranien par des bombardements au Liban, notamment dans son fief de la partie sud de Beyrouth.

Le chef de l'Etat français a discuté auparavant avec le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani, à qui il a exprimé la "pleine solidarité" de la France, après l'attaque par des drones de l'aéroport de Bassora et de deux installations pétrolières dans le sud de l'Irak.

"J'ai renouvelé mon appui à son action résolue pour que l'Irak ne soit pas entraîné dans le conflit", a-t-il ajouté, estimant que la stabilité de ce pays "est essentielle pour toute la région".

"La France soutient le plein respect de la souveraineté, de la sécurité, et de l’intégrité territoriale de l’Irak", a-t-il également assuré.

Le gouvernement irakien et le gouvernement de la région autonome du Kurdistan ont affirmé que l'Irak ne devait pas servir de base pour lancer des attaques contre des pays voisins, alors que des informations font état de la possibilité que des combattants kurdes traversent la frontière avec l'Iran.

L'Iran a menacé, pour sa part, de prendre pour cible "toutes les installations" de la région du Kurdistan en Irak si des combattants kurdes parvenaient à entrer sur le territoire de la République islamique.


Guerre au Moyen-Orient : le porte-avions français Charles de Gaulle est arrivé en Méditerranée

Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
Short Url
  • Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive"
  • Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases"

TARIFA: Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le bâtiment, qui a encore plusieurs jours de trajet devant lui avant d'être sur zone, était déployé dans le nord de l'Europe dans le cadre d'une mission de l'Otan quand le président français Emmanuel Macron a annoncé son envoi au Moyen-Orient.

Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive".

Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases ainsi que celle de ses alliés dans la région".

La France est notamment liée par des accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les Emirats.

 


La France "ne fait pas la guerre" au Moyen-Orient, assure le président Macron

Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
Short Url
  • Le président Emmanuel Macron affirme que la France ne participe pas à la guerre au Moyen-Orient et n’a pas l’intention de s’y engager militairement
  • Paris renforce toutefois sa présence militaire pour protéger ses ressortissants, ses alliés et sécuriser les voies maritimes, tout en cherchant à jouer un rôle de médiateur entre Israël, les États-Unis et le Liban

PARIS: "On n'est pas au combat": le président français Emmanuel Macron a assuré jeudi soir sur Instagram que la France ne faisait "pas la guerre" au Moyen-Orient et qu'elle n'allait pas s'y "engager".

"Je comprends très bien et j'entends votre inquiétude mais je voulais être très clair", a-t-il dit en réponse à une internaute qui s'inquiétait des répercussions de l'offensive israélo-américaine en Iran.

"La France ne fait pas partie de cette guerre. Nous on n'est pas au combat et on ne va pas s’engager dans cette guerre", a déclaré le chef de l'Etat.

"La France ne fait pas la guerre dans cette région. Elle protège les Françaises et les Français, les alliés et elle est aux côtés du Liban", a-t-il ajouté.

La France, ex-puissance mandataire au Liban, garde un attachement fort avec ce pays, où elle dispose encore de leviers d'action et ambitionne de continuer à jouer un rôle. Le Liban constitue de fait un de ses derniers relais d'influence historiques dans la région.

Le pays a envoyé des renforts militaires au Proche et Moyen-Orient - dont le porte-avions Charles de Gaulle - pour protéger ses ressortissants, ses alliés touchés en représailles par l'Iran, les aider "à intercepter les drones, les missiles", a expliqué Emmanuel Macron.

"De manière tout à fait pacifique on est en train de se mobiliser pour essayer de sécuriser le trafic maritime", a-t-il poursuivi.

Le président a annoncé mardi qu'il cherchait à bâtir une coalition afin de sécuriser les "voies maritimes essentielles à l'économie mondiale" dans la région.

"On essaiera d'être les plus raisonnables et les plus pacifiques possible parce que c’est le rôle de la France", a-t-il ajouté.

Comme lors de la dernière campagne de frappes israéliennes visant à détruire les capacités du Hezbollah en 2024, Emmanuel Macron tente de nouveau de faire office de médiateur entre Israël, les Etats-Unis et le Liban.

Après des échanges mercredi avec Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, puis de nouveau jeudi avec les principaux acteurs libanais, il a annoncé vouloir "établir un plan en vue de mettre un terme aux opérations militaires" du Hezbollah et Israël.