8 milliards d'humains sur une planète aux ressources pas élastiques

Cette photo prise le 22 octobre 2022 montre des personnes marchant dans un marché à Allahabad, en Inde. (AFP)
Cette photo prise le 22 octobre 2022 montre des personnes marchant dans un marché à Allahabad, en Inde. (AFP)
Des nouveau-nés attendent d'être réunis à leur mère à la maternité d'un hôpital de Peshawar, au Pakistan. (AFP)
Des nouveau-nés attendent d'être réunis à leur mère à la maternité d'un hôpital de Peshawar, au Pakistan. (AFP)
Cette photo prise le 19 septembre 2022 montre des nouveau-nés dans une salle de la maternité Tambak à Jakarta, en Indonésie. (AFP)
Cette photo prise le 19 septembre 2022 montre des nouveau-nés dans une salle de la maternité Tambak à Jakarta, en Indonésie. (AFP)
Cette photo prise le 14 octobre 2022 montre des banlieusards attendant l'arrivée des bus dans une gare de Mandaluyong, aux Philippines. (AFP)
Cette photo prise le 14 octobre 2022 montre des banlieusards attendant l'arrivée des bus dans une gare de Mandaluyong, aux Philippines. (AFP)
Des nouveau-nés sont photographiés dans une salle de maternité de la clinique Versalles à Cali, en Colombie, le 21 octobre 2022. (AFP)
Des nouveau-nés sont photographiés dans une salle de maternité de la clinique Versalles à Cali, en Colombie, le 21 octobre 2022. (AFP)
Des nouveau-nés dorment dans des berceaux à la maternité de Lagos Island à Lagos, au Nigeria, le 14 octobre 2022. (AFP)
Des nouveau-nés dorment dans des berceaux à la maternité de Lagos Island à Lagos, au Nigeria, le 14 octobre 2022. (AFP)
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Publié le Lundi 07 novembre 2022

8 milliards d'humains sur une planète aux ressources pas élastiques

  • «Huit milliards, c'est un jalon capital pour l'humanité», note la patronne du Fonds des Nations unies pour la population Natalia Kanem, se réjouissant de l'augmentation de l'espérance de vie et de la baisse de la mortalité infantile et maternelle
  • Côté ressources, il faudrait 1,75 Terre pour subvenir aux besoins de la population de façon durable, selon les ONG Global Footprint Network et WWF

NATIONS UNIES : Nous serons officiellement 8 milliards d'habitants sur Terre le 15 novembre, est-ce trop? Pas forcément, répondent les experts, qui alertent plutôt sur la surconsommation des ressources de la planète par la partie la plus riche de l'humanité.

"Huit milliards, c'est un jalon capital pour l'humanité", note la patronne du Fonds des Nations unies pour la population Natalia Kanem, se réjouissant de l'augmentation de l'espérance de vie et de la baisse de la mortalité infantile et maternelle.

"Cependant, je me rends compte que ce n'est pas un moment nécessairement célébré par tous. Certains s'inquiètent d'un monde surpeuplé, avec bien trop d'habitants et des ressources insuffisantes pour vivre", ajoute-t-elle, appelant à ne pas avoir "peur" d'un nombre.

Alors, sommes-nous trop nombreux sur cette Terre? Ce n'est pas la bonne question, selon de nombreux experts.

"Trop pour qui? Trop pour quoi? Si vous me demandez si je suis de trop, je ne pense pas", répond ainsi à l'AFP Joel Cohen, de l'université Rockefeller à New York.

"Je considère la question du nombre de personnes que la Terre peut supporter comme une question à deux facettes: les contraintes ou limites naturelles, et les choix faits par les humains".

«Des goinfres»

Des choix qui font que nous consommons bien plus de ressources biologiques (forêts, poissons, terres...) que ce que la Terre peut régénérer chaque année et que cette surconsommation, notamment d'énergies fossiles, entraîne toujours plus d'émissions de CO2 responsables du réchauffement.

Côté ressources, il faudrait ainsi 1,75 Terre pour subvenir aux besoins de la population de façon durable, selon les ONG Global Footprint Network et WWF.

Côté climat, le dernier rapport des experts climat de l'ONU (Giec) notait que la croissance de la population est bien un des moteurs majeurs de la hausse des émissions de gaz à effet de serre, mais moins que la croissance économique.

"Souvent, nous sommes stupides. Nous avons manqué de vision. Nous sommes des goinfres. C'est là que résident le problème et les choix", insiste Joel Cohen, appelant malgré tout à ne pas considérer l'humanité comme une "plaie".

"Notre impact sur la planète est déterminé bien plus par nos comportements que par notre nombre", renchérit Jennifer Sciubba, chercheuse en résidence au centre de réflexion Wilson Center.

"C'est paresseux et préjudiciable de continuer à mettre en avant la surpopulation", poursuit-elle, soulignant le risque que les pays riches, au lieu de changer leur propre comportement, rejettent le problème vers les pays en développement qui tirent la croissance démographique.

Alors que si tout le monde vivait comme un habitant de l'Inde, l'humanité n'aurait besoin que de 0,8 planète chaque année, contre plus de 5 planètes pour un habitant des Etats-Unis, selon le Global Footprint Network et WWF.

Trop nombreux ou non, ces 8 milliards d'humains sont déjà là, et la population va continuer à grossir, avec 9,7 milliards projetés en 2050 par l'ONU, qui note qu'en raison du nombre important de jeunes, une très large part de cette croissance aura lieu même si les pays à la fécondité la plus élevée tombaient dès aujourd'hui à deux enfants par femme.

Droits des femmes

Une question de fécondité directement liée aux droits des femmes, qui provoque des réactions immédiates de défense même de ceux qui pencheraient vers un "oui" à la question "sommes-nous trop nombreux sur cette Terre".

L'ONG Population Matters plaide ainsi pour une baisse de la population mondiale, mais "uniquement par des moyens positifs, volontaires et respectant les droits", explique à l'AFP son directeur Robin Maynard, s'opposant à toute "politique de contrôle" des naissances imposée par l'Etat.

Le Projet Drawdown fait, lui, de l'éducation et du planning familial l'une de ses quelque 100 solutions pour freiner le réchauffement: "Au niveau mondial, une population plus réduite avec des niveaux de consommation durables permettrait de réduire la demande d'énergie, de transports, de matériaux, de nourriture et de ressources naturelles".

Parce que "chaque personne née sur cette Terre ajoute un stress supplémentaire sur la planète", estime de son côté Vanessa Perez, analyste au World Resources Institute.

"On était déjà trop nombreux il y a des années", mais "c'est une question très épineuse", reconnaît-elle auprès de l'AFP, refusant que "les élites s'emparent de ce narratif pour demander de plafonner la croissance démographique dans les pays du Sud".

Un narratif qu'elle préfère centrer autour de l'"équité" et de la "distribution" des ressources, notamment l'accès à la nourriture.

Tout comme Joel Cohen. Même s'il y a mathématiquement assez de nourriture produite pour 8 milliards d'habitants, "800 millions de personnes, une personne sur 10 sur la planète, sont chroniquement mal-nourris", insiste-t-il.

"Le concept du 'trop nombreux' est une distraction des vrais problèmes liés au bien-être de l'espèce humaine et des espèces avec lesquelles nous partageons la planète".


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Attaques de drones sur des infrastructures pétrolières en Russie, une raffinerie en feu

Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
  • Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes
  • Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine

MOSCOU: Des attaques de drones ont visé plusieurs infrastructures pétrolières dans le sud de la Russie vendredi, déclenchant un incendie dans une raffinerie de la région de Krasnodar, ont indiqué les autorités, faisant état de la destruction de 376 drones ukrainiens dans la nuit.

"A la suite de la chute de débris de drones, un incendie s’est déclaré à la raffinerie d'Ilskiï", a indiqué le quartier général opérationnel de la région de Krasnodar sur Telegram, précisant qu'il n'y a pas eu de victimes.

Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes.

Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine.

Entre 20H00 locales jeudi et vendredi 7H00, les forces russes ont détruit 376 drones ukrainiens, a précisé le ministère russe de la Défense sur la messagerie Max.

La Russie continue de frapper presque quotidiennement l'Ukraine, plus de quatre ans après le début de la guerre, pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à présent sans issue diplomatique.

L'Ukraine a également intensifié ses frappes sur le territoire russe, parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.