Comment l'Arabie saoudite concrétise ses ambitions climatiques

Le projet Green Riyadh est le plus grand projet de reboisement urbain au monde (Photo, archives AN).
Le projet Green Riyadh est le plus grand projet de reboisement urbain au monde (Photo, archives AN).
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Publié le Lundi 14 novembre 2022

Comment l'Arabie saoudite concrétise ses ambitions climatiques

  • Le prince héritier Mohammed ben Salmane a lancé l'Initiative verte saoudienne et l'Initiative verte du Moyen-Orient en 2021
  • Les projets comprennent la création de parcs et la plantation de millions d'arbres pour contribuer à rafraîchir les environnements urbains

DJEDDAH: En arrivant dans la capitale saoudienne Riyad, les visiteurs ne peuvent s'empêcher de remarquer la mosaïque d'espaces verts qui ont poussé dans la ville. Il y a moins de dix ans, la vue d'en haut aurait davantage ressemblé à la planète fictive de Tatooine dans la Guerre des étoiles.

Bien que son territoire soit en grande partie recouvert de désert, l'Arabie saoudite a travaillé dur ces dernières années pour protéger et restaurer sa biodiversité, et a opté pour un avenir plus durable en transformant des étendues de son paysage en havres de verdure.

L'année dernière, le prince héritier Mohammed ben Salmane a lancé la double Initiative verte saoudienne et l'Initiative verte du Moyen-Orient, qui présentent les plus grands projets de boisement au monde, dans le but de capter le carbone de l'air, d'améliorer la qualité des sols et de renforcer la qualité de vie.

La deuxième édition du Forum de l'Initiative verte saoudienne s'est tenu dans la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh du 11 au 12 novembre, en marge du sommet des Nations unies sur le climat, la COP27.

«En tant que principal producteur mondial de pétrole, nous sommes pleinement conscients de notre responsabilité dans la lutte contre la crise climatique et, tout comme nous avons joué un rôle de premier plan dans la stabilisation des marchés de l'énergie pendant l'ère du pétrole et du gaz, nous nous emploierons à guider l'ère verte à venir», a déclaré le prince héritier lors du lancement des initiatives.

Le réchauffement climatique fait déjà des ravages dans le Royaume et dans l'ensemble du Moyen-Orient: les précipitations sont moins abondantes pour irriguer les cultures et remplir les nappes phréatiques, la désertification et la dégradation des sols progressent, et les tempêtes de poussière prennent de l'ampleur et deviennent plus fréquentes.

Les deux initiatives sont conçues pour aider le Royaume et la région à s'adapter aux effets des variations climatiques et à les atténuer, ainsi qu'à adopter des technologies et des pratiques permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre et d'autres polluants environnementaux.

Des fermes circulaires comme celles-ci sont réparties dans plusieurs régions du Royaume (Photo, AFP).

Vers la fin de 2021, une soixantaine de projets communautaires et de collaborations avec le secteur privé avaient déjà été lancés dans le cadre des initiatives visant à améliorer la santé publique, à renforcer la qualité de vie et à promouvoir des modes de vie durables. C'est au cœur de tout cela que se trouve la ville de Riyad.

Cette métropole en pleine expansion devrait voir sa population plus que doubler au cours des prochaines décennies grâce à un projet de 800 milliards de dollars (1 dollar = 0,97 euro)  visant à la transformer en un centre économique, social et culturel pour la région. Une telle transformation s'accompagne naturellement de défis environnementaux.

En 2019, le projet Green Riyadh, le plus grand projet intégré de reforestation urbaine au monde, a annoncé son intention de planter 7,5 millions d'arbres à travers la capitale, de faire passer les espaces verts de 1,7 à 28 mètres carrés par habitant et de porter le total des espaces verts à 9 %.

Le projet vise à faire baisser la température ambiante de 8 à 15°C en moyenne dans les zones boisées de la ville, à améliorer la qualité de l'air de 3 à 6 % et à embellir le centre urbain dans son ensemble.

Compte tenu de sa situation géographique et de sa forte densité, Riyad nécessitera du temps, du travail et des investissements pour devenir une ville durable capable d'atteindre les objectifs fixés dans le programme de qualité de vie de la Vision 2030 du Royaume, a déclaré Abdallah Aldakheelallah, architecte et chercheur en urbanisme, à Arab News.

L'engagement communautaire est un objectif clé des efforts écologiques saoudiens (Photo, AN).

«Les zones urbaines ne doivent pas seulement intégrer des espaces verts. Elles doivent également fournir des équipements de base, des espaces de divertissement grâce à des pratiques écologiques, le boisement sur les routes et dans les quartiers, la construction de trottoirs et de voies piétonnes», a précisé  M. Aldakheelallah.

«Les projets du Royaume doivent s'adapter et s'ajuster à leur manière aux clés stratégiques du programme de qualité de vie afin de contribuer à l'amélioration des villes dans leur ensemble.»

«Les poches de verdure contribueront à nourrir une ville, elles peuvent promouvoir les activités récréatives de plein air, améliorer la santé des citoyens et permettre de réduire le phénomène d'îlot de chaleur urbain (ICU), où les surfaces absorbent la chaleur et la retiennent pendant de plus longues heures.»

OBJECTIFS DE L'INITIATIVE VERTE SAOUDIENNE :

Augmenter l'utilisation des énergies renouvelables à 50% d'ici 2030.  Contribuer à réduire les émissions mondiales de méthane de 30 % d'ici 2030.

Planter 10 milliards d'arbres et réhabiliter 40 millions d'hectares de terres.

Faire passer les zones protégées à plus de 30 % du territoire total.

Un autre avantage du projet de boisement urbain est qu'il permettra de limiter les effets des «surfaces non gérées», comme les terrains inhabités, les ronds-points et autres espaces vides qui ont tendance à retenir la chaleur plus longtemps, a déclaré M. Aldakheelallah.

«Les surfaces non gérées représentent environ 20 % de la superficie de Riyad. En ombrageant ces zones, l'objectif est de réduire l'exposition des surfaces non gérées au rayonnement solaire et de faire baisser les températures dans la ville pendant la journée. Des études prévoient qu'en procédant ainsi, on peut faire baisser les températures de 4 à 5 °C pendant la journée», a-t-il ajouté.

Outre l'augmentation de la couverture arborée, M. Aldakheelallah affirme que la conception et la modernisation des bâtiments peuvent également avoir un impact significatif sur les températures locales.

«Les toits jouent un rôle crucial dans l'équilibre énergétique des bâtiments et de l'environnement alentour», a-t-il déclaré. «Le rapport hauteur totale/surface au sol et la largeur du toit sont des facteurs déterminants pour réduire l'exposition aux rayonnements directs.

«Malheureusement, les méthodes modernes de construction des habitations ont donné lieu à une réduction de la taille et de la largeur des toits, ce qui a eu des répercussions négatives.»

Pour créer et entretenir ses nouveaux espaces verts, Riyad doit garantir une source d'eau douce abondante et durable - une ressource limitée dans un pays qui ne possède pas ses propres rivières et ne bénéficie que de très faibles précipitations.

Les aquifères souterrains profonds et les usines de dessalement constituent les principales ressources en eau du Royaume. Dans les grandes villes saoudiennes, la consommation d'eau dessalée est extrêmement élevée, notamment à Riyad, où sa part s'élevait à 63-64 % en 2020.

Des initiatives locales de plantation ont été lancées dans tout le Royaume, notamment dans la province orientale (Photo, AN).

Une grande partie de l'eau potable de la capitale provient des usines de dessalement de La Mecque, de Djeddah et de Taïf - une pratique qui, jusqu'à ce que davantage d'usines soient alimentées par des sources d'énergie renouvelables, continue de contribuer aux émissions de carbone du Royaume.

Le Dr Mark Tester, directeur associé du Centre d'agriculture désertique de l'Université des sciences et technologies du roi Abdallah, estime que Riyad doit mieux intégrer la gestion de ses eaux usées si elle veut irriguer ses espaces verts de manière durable.

«Les eaux usées sont une ressource massive, surtout dans un pays qui a si peu d'eau», a indiqué M. Tester à Arab News. «Vous devez être en mesure, par exemple, de séparer les eaux grises des eaux noires, puis d'utiliser directement les eaux grises.

«Cela permet d'économiser d'énormes sommes d'argent et de réduire considérablement les émissions de CO2 dues au pompage et au traitement des eaux usées. Vous pouvez utiliser les eaux grises localement et avec un traitement minimal, ce qui vous donne l'occasion de rendre l'environnement plus vert.»

Les eaux noires, également appelées eaux d'égout ou eaux brunes, sont les eaux usées des salles de bains, qui peuvent être porteuses de maladies et de bactéries, toutes deux nocives.

Les eaux grises, en revanche, sont les eaux usées provenant des éviers, des machines à laver, des baignoires et des douches. Elles contiennent des niveaux de contamination plus faibles, ce qui les rend plus faciles à traiter et à valoriser.

Les eaux grises recyclées sont couramment utilisées pour l'irrigation et les marais artificiels. En réalité, les eaux grises qui contiennent des particules alimentaires peuvent même nourrir les plantes. L'utilisation des eaux grises traitées à Riyad pourrait permettre d'améliorer la planification, la réglementation et les codes de construction, d'irriguer des dizaines de millions d'arbres et d'améliorer considérablement la santé et le bien-être.

En effet, au cœur même de la stratégie de verdissement se trouvent le bonheur et le bien-être des résidents saoudiens et des visiteurs étrangers, en leur permettant d'expérimenter les bienfaits psychologiques du grand air dans un climat sûr et gérable.

«Les espaces verts doivent être privilégiés là où ils peuvent être accessibles et appréciés par tous, en toute sécurité et facilité, indépendamment de leur âge, de leur sexe ou de leur capacité physique, par exemple dans un parc de quartier plutôt que sur un trottoir ou un rond-point», a déclaré Huda Shaka, conseillère en matière de villes durables, à Arab News.

«De tels espaces peuvent améliorer la santé physique et mentale de la population urbaine, ainsi que fournir des opportunités pour améliorer la biodiversité, la qualité de l'air et l'accès à la nourriture.»


Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Israël: les élections législatives se tiendront le 27 octobre

Le Parlement israélien a annoncé la tenue des élections législatives pour le 27 octobre, un scrutin largement considéré comme un référendum sur le leadership du Premier ministre Benjamin Netanyahu. (AFP)
Le Parlement israélien a annoncé la tenue des élections législatives pour le 27 octobre, un scrutin largement considéré comme un référendum sur le leadership du Premier ministre Benjamin Netanyahu. (AFP)
  • Ce scrutin sera le premier organisé depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza et a ouvert d'autres fronts pour Israël dans la région
  • Benjamin Netanyahu, le Premier ministre ayant exercé le plus longtemps dans l'histoire d'Israël, a annoncé son intention de briguer un nouveau mandat

JERUSALEM: Le Parlement israélien a annoncé la tenue des élections législatives pour le 27 octobre, un scrutin largement considéré comme un référendum sur le leadership du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

La Knesset, nom du Parlement israélien, doit achever son mandat le 17 juillet, permettant à la coalition au pouvoir d'aller jusqu'au bout de ses quatre ans, pour la première fois depuis plusieurs décennies.

Dans un communiqué, la conseillère juridique de Parlement, Sagit Afik, a indiqué que la législature actuelle était appelée à aller jusqu'au terme de son mandat, et que par conséquent "les élections étaient (...) fixées par la loi au 27 octobre, sans qu'il soit envisagé d'écourter le mandat de la Knesset".

Ce scrutin sera le premier organisé depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza et a ouvert d'autres fronts pour Israël dans la région.

Benjamin Netanyahu, le Premier ministre ayant exercé le plus longtemps dans l'histoire d'Israël, a annoncé son intention de briguer un nouveau mandat.

Empêtré dans un procès pour corruption, le dirigeant de 76 ans a affirmé vouloir gagner cette élection, qui pourrait constituer le scrutin le plus déterminant de sa carrière politique.

Ces derniers jours, son gouvernement, l'un des plus à droite de l'histoire d'Israël, s'est employé à faire adopter une série de projets de loi afin de consolider sa majorité et d'aborder les élections en position de force.

Les derniers sondages montrent toutefois qu'une majorité d'Israéliens souhaitent le départ de M. Netanyahu. L'ancien chef d'état-major Gadi Eisenkot apparaît désormais comme son principal rival.

La colère suscitée par les défaillances sécuritaires ayant entouré les attaques du 7-Octobre reste vive et continue de peser sur la popularité de Benjamin Netanyahu.

Popularité en baisse 

L'opinion publique lui reproche aussi de ne pas avoir tenu ses promesses de "victoire totale" sur le Hamas et le Hezbollah libanais pro-iranien et d'avoir été écarté des négociations entre l'Iran et les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, le protocole d'accord conclu ayant été jugé par beaucoup défavorable aux intérêts israéliens.

Un récent sondage de l'Université hébraïque de Jérusalem a révélé que plus de 92% des Israéliens estiment que l'Iran a remporté la guerre au Moyen-Orient, tandis que le soutien à M. Netanyahu comme Premier ministre a chuté de 40,5% début mars à 29,4% en juin.

Le mois dernier, le dirigeant israélien a déclaré qu'il souhaitait "établir un large gouvernement national".

En cherchant à tendre la main au-delà de son camp, il semble vouloir recentrer son discours électoral sur l'unité nationale plutôt que sur l'appartenance idéologique.

Le débat public est aussi profondément marqué par la question du service militaire obligatoire pour les hommes juifs ultra-orthodoxes.

Les principaux alliés de M. Netanyahu issus des partis ultra-orthodoxes ont à plusieurs reprises menacé de faire tomber le gouvernement si les étudiants en yechiva (centre d'études des textes rabbiniques) n'étaient pas exemptés de l'obligation de servir dans l'armée.

A l'inverse, l'armée israélienne et une grande partie de l'opinion publique estiment qu'un enrôlement plus large est nécessaire, après des années de guerres alors que les réservistes enchaînent les périodes sous les drapeaux.

Parmi les autres sujets susceptibles de peser sur la campagne figurent les réformes judiciaires controversées lancées par M. Netanyahu avant le déclenchement de la guerre à Gaza, son procès pour corruption en cours ainsi que les incertitudes concernant la gouvernance de la bande de Gaza, près d'un an après l'entrée en vigueur d'une trêve précaire.


L'Iran revendique de nouvelles frappes contre Oman, le Koweït et Bahreïn 

Les Gardiens iraniens de la Révolution ont revendiqué lundi de nouvelles attaques contre des installations américaines situées à Oman et Bahreïn, selon un communiqué publié sur le site de l'organisation. (AFP)
Les Gardiens iraniens de la Révolution ont revendiqué lundi de nouvelles attaques contre des installations américaines situées à Oman et Bahreïn, selon un communiqué publié sur le site de l'organisation. (AFP)
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  • "Outre le ciblage des installations et infrastructures de l'armée américaine à Juffair à Bahreïn, où des incendies font rage, la marine des Gardiens a ciblé et détruit" des radars dont l'un de détection des navires à Oman
  • L'armée jordanienne a annoncé lundi avoir abattu quatre missiles iraniens au-dessus du pays, que Téhéran a dit viser en représailles à des frappes américaines

TEHERAN: Les Gardiens iraniens de la Révolution ont revendiqué lundi de nouvelles attaques contre des installations américaines situées à Oman et Bahreïn, selon un communiqué publié sur le site de l'organisation.

"Outre le ciblage des installations et infrastructures de l'armée américaine à Juffair à Bahreïn, où des incendies font rage, la marine des Gardiens a ciblé et détruit" des radars dont l'un de détection des navires à Oman, a indiqué le texte publié sur Sepah News.

Les Gardiens disent aussi avoir frappé deux bases aériennes au Koweït 


Attentats à Damas: les autorités arrêtent des membres d'une cellule «affiliée à l'EI»

Les autorités syriennes ont annoncé jeudi soir l'arrestation des membres d'une cellule "affiliée à l'organisation Etat islamique" (EI) après deux attentats à la bombe survenus mardi à Damas pendant la visite du président français Emmanuel Macron. (AFP)
Les autorités syriennes ont annoncé jeudi soir l'arrestation des membres d'une cellule "affiliée à l'organisation Etat islamique" (EI) après deux attentats à la bombe survenus mardi à Damas pendant la visite du président français Emmanuel Macron. (AFP)
  • Les auteurs présumés ont été arrêtés simultanément dans "différents lieux à Damas et ses environs", avait auparavant précisé un communiqué du ministère, citant spécifiquement quatre quartiers
  • Deux d'entre eux abritent des membres de la communauté alaouite, dont est issu le clan de l'ex-président Bachar al-Assad

DAMAS: Les autorités syriennes ont annoncé jeudi soir l'arrestation des membres d'une cellule "affiliée à l'organisation Etat islamique" (EI) après deux attentats à la bombe survenus mardi à Damas pendant la visite du président français Emmanuel Macron.

"La cellule responsable des attaques terroristes qui ont ciblé Damas il y a deux jours est désormais entre nos mains", a déclaré sur X le ministre de l'Intérieur Anas Khattab.

"Une fois l'enquête terminée, nous révélerons au public l'identité des membres de la cellule, leur rôle ainsi que leurs affiliations", a ajouté le ministre de l'Intérieur.

Ahmad al-Dalati, chef de la sécurité intérieure pour la région de Damas, a plus tard déclaré à la télévision d'Etat syrienne que les premières investigations avaient montré que "la cellule était affiliée au groupe EI (Etat islamique)".

Les auteurs présumés ont été arrêtés simultanément dans "différents lieux à Damas et ses environs", avait auparavant précisé un communiqué du ministère, citant spécifiquement quatre quartiers. Deux d'entre eux abritent des membres de la communauté alaouite, dont est issu le clan de l'ex-président Bachar al-Assad.

Une personne est morte et 36 autres ont été blessées dans l'explosion quasi simultanée de deux bombes artisanales mardi matin, déposées à proximité de l'hôtel Four Seasons où M. Macron venait de passer la nuit.

L'une des bombes "artisanales" était placée dans une benne à ordures et l'autre dans un véhicule près de l'hôtel, dans le centre de la capitale, ont précisé les autorités.

Des journalistes de l'AFP ont vu des traces de sang sur le trottoir près du luxueux hôtel et les fenêtres du ministère du Tourisme, qui lui fait face, brisées.

A ce moment-là, le chef d'Etat était déjà parti pour s'entretenir avec son homologue Ahmad al-Chareh.

"A vos côtés" 

Lors d'une conférence de presse conjointe organisée après l'explosion, Emmanuel Macron a affirmé que ces attentats ne devaient pas "déstabiliser" la Syrie, qui sort d'une guerre civile de près de 14 ans (2011-2024).

Ahmad al-Chareh a pour sa part salué "le courage" du président français qui a maintenu sa visite.

Les deux pays se sont entendus pour reprendre les relations au niveau des ambassadeurs "le plus tôt possible" selon M. Chareh.

Il s'agissait de la première visite d'un dirigeant d'une puissance occidentale depuis l'arrivée au pouvoir d'une coalition islamiste après plus de 13 années de guerre civile.

Emmanuel Macron avait déjà été le premier dirigeant occidental à accueillir Ahmad al-Chareh, en mai 2025, s'affichant à l'Elysée avec cet ancien jihadiste.

Soutenue par Washington, la Syrie a rejoint l'an dernier la coalition internationale contre l'Etat islamique.

Le groupe jihadiste s'était emparé en 2014 de vastes territoires en Syrie avant d'être défait en 2019 par les forces kurdes syriennes, aidées par la coalition antijihadiste. Il conserve cependant des cellules dormantes et a appelé à défier le pouvoir.

Damas a connu plusieurs incidents au cours des derniers mois. Le 2 juillet, un attentat à la bombe perpétré dans un café du centre de la capitale a fait 10 morts et un vingtaine de blessés.