Erdogan menace d'une opération terrestre en Syrie

Le président turc Recep Tayyip Erdogan arrive pour l'ouverture du sommet du G20 à Nusa Dua sur l'île balnéaire indonésienne de Bali, le 15 novembre 2022 (Photo, AFP).
Le président turc Recep Tayyip Erdogan arrive pour l'ouverture du sommet du G20 à Nusa Dua sur l'île balnéaire indonésienne de Bali, le 15 novembre 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 21 novembre 2022

Erdogan menace d'une opération terrestre en Syrie

  • L'aviation turque a lancé dimanche l'opération «Griffe Epée», une série de raids qui ont visé 89 positions du PKK et des YPG dans le nord de l'Irak
  • M. Erdogan menace depuis mai de lancer une nouvelle opération militaire dans le nord de la Syrie

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé lundi de lancer une opération terrestre en Syrie, après une série de raids aériens contre des positions kurdes en Syrie et en Irak et des tirs de roquettes sur le sol turc.

"Il n'est pas question que cette opération soit uniquement limitée à une opération aérienne", a déclaré le chef de l'Etat aux journalistes turcs qui l'accompagnaient au retour du Qatar, où il a assisté à l'ouverture de la Coupe du monde de football.

M. Erdogan menace depuis mai de lancer une nouvelle opération militaire dans le nord de la Syrie, et l'attentat survenu le 13 novembre à Istanbul, aussitôt attribué par Ankara aux combattants kurdes du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) et des YPG (Unités de protection du peuple) a précipité les événements.

L'aviation turque a lancé dimanche l'opération "Griffe Epée", une série de raids qui ont visé 89 positions du PKK et des YPG dans le nord de l'Irak et surtout le nord-est de la Syrie, faisant 35 morts selon un bilan, lundi, de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui dispose d'un vaste réseau de contacts en Syrie.

Lundi, des milliers de Syriens ont assisté aux funérailles d'une dizaine de ces victimes, a constaté un correspondant de l'AFP.

"Nous implorons le monde et tous ceux qui se soucient des droits humains" de mettre fin aux attaques de la Turquie "qui nous cible avec ses avions et drones", a supplié Chaabane, 58 ans.

Mais après une série de tirs de roquettes depuis le territoire syrien vers la frontière turque, qui ont fait au total trois morts et une quinzaine de blessés en Turquie depuis dimanche soir, l'heure n'est pas à l'apaisement.

Un enfant et un enseignant de la ville frontalière turque de Karkamis (sud-est) ont été tués lundi matin dans un tir de roquette parti de Syrie, selon le ministre turc de l'Intérieur.

«Nous les ferons payer»

M. Erdogan a réaffirmé sa détermination: "Nous avons déjà prévenu: nous ferons payer ceux qui nous dérangent sur notre territoire".

"Les unités compétentes, notre ministère de la Défense et notre état-major décideront ensemble de la puissance qui doit être engagée par nos forces terrestres", a-t-il annoncé, faisant état de "consultations" en cours.

Entre 2016 et 2019, la Turquie a mené trois opérations d'envergure dans le nord de la Syrie contre les milices et organisations kurdes. Ankara répète vouloir créer une "zone de sécurité" de 30 km de large le long de sa frontière sud.

L'armée turque a lancé lundi de nouvelles frappes près de Kobané (nord de la Syrie), a rapporté un  porte-parole des Forces démocratiques syriennes (FDS), dont la principale composante sont les YPG kurdes. Une information confirmée par l'OSDH.

L'un de ces raids a visé une position des forces du régime syrien, selon les FDS.

Un échange de tirs d'artillerie entre les forces turques soutenues par des supplétifs syriens et les FDS a éclaté par ailleurs après des tirs de roquette contre la ville turque de Karkamis, selon un correspondant de l'AFP.

Le président Erdogan s'est félicité des premiers effets des raids turcs, menés à l'aide de "70 avions et drones", affirmant que les combattants kurdes "se sont enfoncés de 140 km dans le nord de l'Irak et de 20 km dans le nord de la Syrie".

M. Erdogan a assuré n'avoir eu "aucune discussion" avec les présidents américain Joe Biden et russe Vladimir Poutine au sujet de l'opération.

Les Etats-Unis soutiennent les YPG dans le nord-est de la Syrie face aux jihadistes du groupe Etat islamique, et la Russie appuie des milices pro-régime dans la même région.

Lundi, le gouvernement allemand a appelé la Turquie à agir de façon "proportionnée et en respectant le droit international".

"Ce qui implique notamment que les civils doivent être protégés", a insisté Berlin en exprimant son "extrême inquiétude".


Syrie: explosion dans un café dans le centre de Damas

(X.com)
(X.com)
  • Une explosion a frappé un café du centre de Damas, près du Palais de justice, sans que l’origine soit encore confirmée
  • Les autorités syriennes enquêtent, tandis que des ambulances ont été déployées sur place

DAMAS: Une explosion s'est produite jeudi dans un café du centre de Damas, près du Palais de justice, a indiqué une source de sécurité syrienne à l'AFP après que la télévision d'Etat a rapporté une déflagration dans la capitale.

Un correspondant de l'AFP a vu des ambulances se diriger, sirènes hurlantes, vers le secteur, au milieu des embouteillages. L'agence officielle Sana a indiqué que les autorités tentaient de déterminer l'origine de l'explosion.


Liban: le chef de la diplomatie syrienne rencontre Berri

Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
  • Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens
  • Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran

BEYROUTH: Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien.

Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens.

Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran.

Mais le président syrien Ahmad al-Chareh, qui a pris le pouvoir en décembre 2024 après la chute de Bachar al-Assad, a assuré qu'il n'avait pas l'intention d'intervenir et de rouvrir les plaies du passé.

Le ministre syrien, dont c'est la deuxième visite au Liban, a été reçu par le président libanais Joseph Aoun dès son arrivée, avant de se rendre auprès de Nabih Berri, président du Parlement et allié du Hezbollah, ont indiqué les médias.

M. Chaibani avait effectué en octobre 2025 la première visite d'un haut responsable syrien depuis l'accession de la coalition islamiste au pouvoir à Damas, qui a permis d'ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux pays.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s'était pour sa part rendu en mai dernier en Syrie.

Les nouvelles autorités syriennes sont hostiles au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad, et ont annoncé l'arrestation ces derniers mois de cellules présumées affiliées au mouvement chiite, qui nie pour sa part toute présence en Syrie.

Depuis fin 2024, les routes d'approvisionnement du Hezbollah ont été coupées et plusieurs tentatives de contrebande d'armes à destination du Liban ont été déjouées selon Damas.

Sous le clan Assad, l'armée syrienne était intervenue au Liban pendant la guerre civile, en 1976, et Damas avait exercé pendant des décennies sa tutelle sur le pays voisin, où il était accusé de l'assassinat de nombreux responsables libanais.

La première visite de M. Chaibani avait permis de débloquer le dossier des prisonniers syriens au Liban, dont plus de 250 ont depuis été transférés en Syrie.

Environ 2.000 Syriens, soit près d'un tiers de la population carcérale du Liban, sont détenus dans les prisons surpeuplées du pays.


Négociations indirectes Iran-Etats-Unis: le porte-parole du Qatar fait état de "progrès positifs"

Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
  • Les négociateurs américains et iraniens ont enregistré des progrès positifs lors de pourparlers indirects à Doha, selon le Qatar
  • Une nouvelle série de discussions est prévue après les funérailles d’Ali Khamenei, avec la poursuite de la médiation qatarie et pakistanaise

DOHA: Les négociateurs américains et iraniens ont réalisé "des progrès positifs" lors de leurs pourparlers indirects à Doha, une prochaine série de discussions étant prévue après les funérailles de l'ex-guide suprême iranien Ali Khamenei, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar.

"Les médiateurs qataris et pakistanais ont achevé aujourd'hui à Doha des réunions séparées avec les négociateurs américains et iraniens, avec des progrès positifs concernant les questions liées au memorandum d'accord d'Islamabad, en s'appuyant sur les résultats du sommet du Lac de Lucerne", a indiqué mercredi sur X le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed al-Ansari.