Après une poussée de fièvre, nouvelle semaine mouvementée en vue à l'Assemblée

Cette photo prise le 24 novembre 2022 montre une vue générale de l'Assemblée nationale. (AFP).
Cette photo prise le 24 novembre 2022 montre une vue générale de l'Assemblée nationale. (AFP).
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Publié le Dimanche 27 novembre 2022

Après une poussée de fièvre, nouvelle semaine mouvementée en vue à l'Assemblée

  • Elisabeth Borne a dégainé vendredi soir l'arme constitutionnelle du 49.3 pour la sixième fois à l'Assemblée, afin de faire adopter sans vote la partie dépenses du projet de budget 2023 de la Sécurité sociale, en nouvelle lecture
  • Annoncée aussitôt, la nouvelle motion de censure des députés LFI devrait être débattue dès lundi après-midi... et rejetée

PARIS : Nouvelle motion de censure LFI contre le gouvernement, proposition de loi de la majorité contre les squats, et journée dédiée à des textes LR: la pression ne retombe pas à l'Assemblée nationale, où les séances houleuses risquent encore de s'enchaîner cette semaine.

Fatigue des députés et engorgement: une réflexion lancée

La réunion de mardi matin autour de la présidente de l'Assemblée Yaël Braun-Pivet (Renaissance) est programmée depuis plusieurs semaines et prend une nouvelle tournure, après le pic de tension de jeudi soir. Lors des échanges dans l'hémicycle sur une proposition LFI de réintégration des soignants non-vaccinés contre le Covid-19, les invectives ont fusé, jusqu'à un "Tu vas la fermer" lancé par l'élu guadeloupéen Olivier Serva (Liot) au groupe Renaissance.

Un épisode dû à la sensibilité du sujet débattu, aux relations épidermiques entre oppositions et majorité, et aussi à la fatigue des parlementaires, après cinq mois en fonction.

Réorganiser les jours, nuits, semaines, développer l'activité à distance, faire face à l'inflation constante du nombre d'amendements: Mme Braun-Pivet ouvre un chantier avec les présidents des groupes politiques pour "améliorer le travail et la vie des parlementaires".

Budget de la Sécu, fin du tunnel?

Elisabeth Borne a dégainé vendredi soir l'arme constitutionnelle du 49.3 pour la sixième fois à l'Assemblée, afin de faire adopter sans vote la partie dépenses du projet de budget 2023 de la Sécurité sociale, en nouvelle lecture. Annoncée aussitôt, la nouvelle motion de censure des députés LFI devrait être débattue dès lundi après-midi... et rejetée.

Le texte pourra faire une ultime navette avec le Sénat et être adopté définitivement d'ici la fin de semaine, très certainement grâce à un nouveau 49.3. Il comprend des mesures de prévention en santé, d'économies pour les labos d'analyses, et encore des tentatives de lutte contre les déserts médicaux.

Logement, centres de santé: série de textes de la majorité

Mieux protéger les propriétaires de logement contre les squats et les loyers impayés: une proposition de loi de la majorité présidentielle doit être examinée à partir de lundi en fin de journée, avec près de 200 amendements au menu. C'est que le sujet crispe à gauche, et inquiète les associations de défense des mal-logés.

Autre texte de la majorité au programme de la suite de la semaine, une proposition de loi vise à encadrer davantage les centres de santé et remédier aux dérives comme dans l'affaire Dentexia. Et diverses résolutions, sur l'Iran, l'Azerbaïdjan et l'Ukraine, seront en outre mises au vote.

Retraites agricoles et immigration dans la «niche» LR

Jeudi, la journée est réservée dans l'hémicycle à l'examen de textes choisis par le groupe LR. Les députés Eric Ciotti et Mansour Kamardine défendront deux propositions de réforme des procédures d'expulsion des étrangers, et Julien Dive réclamera que la retraite de base des exploitants agricoles soit calculée en fonction de leurs seules vingt-cinq meilleures années de revenus.

Enfin, à 48 heures du premier tour de l'élection pour la tête du parti Les Républicains, Aurélien Pradié, dans la course comme Eric Ciotti, portera sa proposition d'une juridiction spécialisée dans les violences intrafamiliales, inspirée de l'Espagne. Aucun de ces textes LR n'a toutefois été adopté en commission au Palais Bourbon, mais la journée pourrait réserver des surprises, en fonction des présents dans l'hémicycle.

Jeudi justement, le député RN Grégoire de Fournas pourrait faire son retour à l'Assemblée, selon son groupe. Début novembre, il avait été exclu pour 15 jours de séance après ses propos - "qu'il retourne en Afrique"- lancés dans l'hémicycle lors d'une intervention de Carlos Martens Bilongo (LFI), et qui avaient suscité une vague d'indignation.


Canicule: des températures nettement à la hausse mardi 

Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne. Un tournesol desséché en Italie, photo d'illustration. (AFP)
Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne. Un tournesol desséché en Italie, photo d'illustration. (AFP)
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  • Mardi à 05H00, Météo-France relevait déjà 27°C au Luc, dans le Var, à Nice et à l'Ile-Rousse (Corse), mais aussi 26°C à Montpellier et 25°C à Clermont-Ferrand et à Orange (Vaucluse)
  • "Les maximales sont en hausse sur l'ensemble du pays et atteignent 35°C à 37°C sur les départements placés en vigilance orange", indique le service météorologique dans son bulletin de 06H00

PARIS: Avec des températures à la hausse, le cinquième épisode caniculaire de l'année s'étend à l'ouest de la France et 43 départements vont être placés mardi à partir de midi en vigilance orange par Météo-France.

Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne.

Mardi à 05H00, Météo-France relevait déjà 27°C au Luc, dans le Var, à Nice et à l'Ile-Rousse (Corse), mais aussi 26°C à Montpellier et 25°C à Clermont-Ferrand et à Orange (Vaucluse).

"Les maximales sont en hausse sur l'ensemble du pays et atteignent 35°C à 37°C sur les départements placés en vigilance orange", indique le service météorologique dans son bulletin de 06H00.

Météo-France prévoit de placer 67 départements, dont Paris et sa petite couronne, en vigilance orange canicule dans la journée de mercredi.

Météo-France table sur un "pic probable de l'épisode vers le milieu de semaine".


A Toulouse, deux policiers municipaux blessés à l'arme blanche

Deux policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche lundi soir dans le centre de Toulouse par un homme qui a été interpellé, a annoncé le maire de la ville Jean-Luc Moudenc. Photo d'illustration. (AFP)
Deux policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche lundi soir dans le centre de Toulouse par un homme qui a été interpellé, a annoncé le maire de la ville Jean-Luc Moudenc. Photo d'illustration. (AFP)
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  • Des propos à caractère terroriste ont été signalés
  • Les deux policiers ont été pris en charge au CHU de Toulouse-Rangueil, a encore précisé M. Moudenc

TOULOUSE: Deux policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche lundi soir dans le centre de Toulouse par un homme qui a été interpellé, a annoncé le maire de la ville Jean-Luc Moudenc.

Des propos à caractère terroriste ont été signalés, a rapporté l'édile sur Facebook et sur X.

Les deux policiers ont été pris en charge au CHU de Toulouse-Rangueil, a encore précisé M. Moudenc.

Les deux agents, un homme et une femme, effectuaient une patrouille en plein coeur de Toulouse lorsqu'ils ont été agressés par un passant armé de plusieurs couteaux, selon le quotidien la Dépêche du Midi, citant l'adjoint à la Sécurité de Toulouse, Emilion Esnault.

Blessés aux bras durant l'affrontement, ils ont pu finalement maîtriser l'homme à l'aide de gaz lacrymogène, selon la même source.


En France, les canicules à répétition s'invitent dans la recherche de logement

Un piéton passe devant la tour Eiffel et l’herbe desséchée du Champ-de-Mars à Paris, le 15 juillet 2026. (AFP)
Un piéton passe devant la tour Eiffel et l’herbe desséchée du Champ-de-Mars à Paris, le 15 juillet 2026. (AFP)
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  • La chaleur devient un critère immobilier à part entière : exposition, étage, volets, ventilation, extérieur, arbres et climatisation pèsent davantage dans les choix
  • Face à des canicules plus fréquentes, les acheteurs se projettent sur le confort d’été à long terme et questionnent désormais l’habitabilité réelle des logements

PARIS: Climatisation, volets, arbres: les Français commencent à intégrer les fortes températures dans leurs critères de recherche de nouveau logement, conséquence des vagues de chaleur qui se succèdent et ne sont plus considérées comme des phénomènes isolés.

Exemple de cette évolution des comportements: Christian Tokoto, agent immobilier chez Guy Hoquet, a en vente "un appartement magnifique, avec de grandes vitres" en plein centre de Paris. Malgré "beaucoup de visites, les clients nous disent +trop chaud+, parce qu'il n'est pas traversant. Et donc, pour l'instant, il est toujours sur le marché !"

En France comme dans une grande partie de l'Europe, peu de régions échappent cet été à des températures qui dépassent régulièrement 35 voire 40°C, alors que les logements sont peu adaptés aux canicules et très rarement climatisés.

C'est le cas notamment des immeubles dits haussmanniens emblématiques de Paris, construits au XIXe siècle avec des toits en zinc ravissants sur les cartes postales mais qui chauffent fortement sous l'effet de la chaleur et du soleil.

"Au dernier étage d'un immeuble haussmannien la chaleur à l'intérieur devient vraiment insupportable", observe auprès de l'AFP Joseph Denke, agent immobilier chez FredéLion à Paris.

Il constate une évolution des critères depuis quelques mois, notamment une baisse de la demande pour l'exposition sud synonyme de soleil.

- Horizon "10-15 ans" -

La chaleur ressentie lors de la visite d'un studio de 14 m2 fait d'ailleurs douter un de ses clients, Camille Couturier, 30 ans. "Etre sous les toits c'est quelque chose qui peut être inquiétant, qui pourrait être un point négatif à l'appartement", relève-t-il à côté de la fenêtre ouverte du logement non-traversant.

En achetant un appartement, il se projette "au moins à 10-15 ans" et s'inquiète donc de savoir s'il pourra "utiliser cet appartement de manière vivable" ou "devoir fuir comme tout le monde parce qu'il fait trop chaud".

Alors que l'Europe occidentale a connu son début d'été le plus chaud enregistré selon l'observatoire européen du changement climatique, un logement sur deux en France serait une bouilloire thermique, surnom donné aux habitations qui se réchauffent très vite, estime le cabinet Pouget Consultants et Ignes.

Pour Sophie Bourg, directrice marketing de la plateforme d'annonces leboncoin immobilier, les canicules ne sont plus perçues par les Français "comme des épiphénomènes" mais "sont vraiment intégrées comme étant structurelles dans les choix résidentiels". "La fraîcheur, le confort d'été sont devenus un critère immobilier à part entière", assure-t-elle.

Un tiers des répondants à un sondage mené en ligne par la société en juin disaient ne pas exclure de déménager si les canicules s'intensifient.

- "Plus un tabou" -

Exposition, étage, piscine, volets, possibilité de faire des courants d'air, espaces extérieurs, terrasse ombragée et même présence d'arbres dans le quartier font désormais partie des critères et discussions que les professionnels de l'immobilier interrogés par l'AFP voient émerger.

Quant à la climatisation, sa possible généralisation a fait l'objet d'intenses débats politiques en France en début d'été, car elle est vue par certains comme un simple remède à l'inaction face au changement climatique et provoque des rejets de chaleur à l'extérieur.

Mais lors des recherches de logement, "ce n'est plus du tout un tabou", tranche Yann Jéhanno, président du réseau immobilier Laforêt.

"Les acquéreurs ne regardent plus seulement le logement, mais plutôt son habitabilité. Ils ne vont plus se contenter seulement du diagnostic de performance énergétique, mais interroger les agents immobiliers avec des questions très concrètes sur la température pendant la dernière vague de chaleur, s'il est possible d'aérer la nuit, si on dort bien dans les chambres", détaille-t-il.