«Les nations en difficulté ne pourront jamais s'acheter une réputation internationale», déclare Simon Anholt

Simon Anholt, fondateur du célèbre Nation Brands Index, est actuellement conseiller politique indépendant auprès de près de 60 pays dans le monde (Photo fournie).
Simon Anholt, fondateur du célèbre Nation Brands Index, est actuellement conseiller politique indépendant auprès de près de 60 pays dans le monde (Photo fournie).
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Publié le Lundi 28 novembre 2022

«Les nations en difficulté ne pourront jamais s'acheter une réputation internationale», déclare Simon Anholt

  • Il maintient que l'argent dépensé pour les campagnes publicitaires d’un pays n'est pas seulement gaspillé mais constitue plutôt un crime
  • Selon lui, l'organisation de la Coupe du monde de football, malgré un coût estimé à 220 milliards de dollars, ne profitera pas au Qatar au-delà de quelques mois

DUBAΪ : S'il ne fait aucun doute que l'organisation d'un grand événement sportif « rehausse réellement le profil du pays pendant une période relativement courte », les données suggèrent qu'elle n'a pas d'impact durable sur l'image du pays hôte, selon l'homme qui a inventé le terme « nation brands » dans les années 1990.
Simon Anholt, fondateur du célèbre Nation Brands Index, est actuellement conseiller politique indépendant auprès de près de 60 pays dans le monde. Il est aussi éditeur du Good Country Index, qui classe les nations en fonction de leur contribution aux populations et à la planète.
Son point de vue sur le sujet revêt une importance particulière à l'heure où le Qatar accueille la première Coupe du monde de football du Moyen-Orient. D'aucuns se demandent si l'événement, dont l'organisation a coûté environ 220 milliards de dollars au pays du Golfe, sera couronné de succès, et ce que les villes arabes telles que Riyad, Dubaï ou Doha doivent faire pour devenir les prochaines Londres ou New York.
« Si l'on se penche sur les quelque vingt années pendant lesquelles j'ai mené des enquêtes sur ce sujet, on constate que l'organisation ou l'accueil d'un grand événement sportif, tel que la Coupe du monde de football ou les Jeux olympiques d'été, n'a généralement aucun impact sur l'image du pays, du moins pas au-delà de quelques mois », a dit Anholt dans « Frankly Speaking », le talk-show hebdomadaire d'Arab News.
« Dans six mois environ, on aura tout oublié », a-t-il ajouté.
« Parfois, cela peut nuire gravement à l'image du pays (hôte), si l'événement est très controversé ou s'il montre des choses sur le pays qui sont pires que ce que les gens attendaient. »
Pour le Qatar, a déclaré Anholt, l'organisation de la Coupe du monde a ses avantages si « ce que vous recherchez en fait, c'est une sensibilisation grossière. En d'autres termes, vous voulez que plus de gens aient entendu parler de l'existence de ce pays, parce qu'il est anonyme. »
« Alors il ne fait aucun doute que l'accueil d'un événement sportif majeur va, juste de manière tangible, mettre en avant le pays pendant une période relativement courte », poursuit-il.
« Et si l'on sait exactement ce que l'on va faire pour poursuivre l'action immédiatement après, pour entretenir la dynamique et garder une image soignée, alors cela peut fonctionner dans le cadre d'une stratégie un peu plus élaborée. »
Néanmoins, il met en garde contre le fait de « croire que le simple fait d'organiser un événement majeur réussi fera soudainement passer votre image de mauvaise à bonne, ou d'inconnue à super connue, n'est qu'une illusion. Cela n'arrive tout simplement pas ».
Anholt reconnaît que « l'organisation d'un événement majeur peut avoir d'autres effets bénéfiques » et que « ces choses ne sont pas nécessairement une perte de temps et d'argent. »
Il ajoute que « les plus petits événements, en particulier, peuvent être des instruments tactiques très utiles pour permettre aux pays de s'engager auprès de la communauté internationale. »
En résumé, il précise : « Il n'y a pas de relation simple et directe entre l'accueil d'un événement et l'image du pays. Cela peut vous faire du tort. L'effet le plus courant est l'absence totale d'impact. »
Anholt a déclaré que des événements tels que la victoire exaltante de l'Arabie saoudite sur l'Argentine (2-1) en Coupe du monde et la mission Mars réussie des Émirats arabes unis peuvent faire plus de bien aux images de marque de leur nation que les campagnes de relations publiques ou de publicité, mais « à plus long terme ».
« L'erreur est toujours d'attendre un retour immédiat. Votre image n'est pas votre message ; c'est le contexte dans lequel votre message est reçu », ajoute-t-il.

La victoire exaltante de l'Arabie saoudite 2-1 sur l'Argentine lors de la Coupe du monde peut faire plus de bien au Royaume que les campagnes de relations publiques ou de publicité, a déclaré Simon Anholt (Photo AN/ Baser Saleh).

Lors d'une conférence à la Foire du livre de Riyad en septembre dernier, Anholt a déclaré que l'argent dépensé pour les campagnes publicitaires de l’image nationale n'est pas seulement gaspillé, mais constitue plutôt un crime.
Détaillant ce point à l'animatrice de « Frankly Speaking », Katie Jensen, il a indiqué : « Vous pensez que si vous dépensez suffisamment d'argent en publicité et que celle-ci est suffisamment bonne, cela fonctionnera. Mais ce que je dis, c'est que ces outils qui fonctionnent si bien pour vendre des produits et des services, ne fonctionnent pas pour changer l'image des pays. »
Il a ajouté : « Tout indique que ce n'est que de l'argent jeté par la fenêtre. Les pays sont jugés par ce qu'ils font et par ce qu'ils gagnent, pas par ce qu'ils disent d'eux-mêmes. »
Il a récemment été annoncé que la capitale de l'Arabie saoudite, Riyad, accueillerait le sommet mondial du Conseil mondial du voyage et du tourisme, une grande conférence remplie d'experts mondiaux qui voudraient vendre leur pays comme la prochaine destination de vacances idéale. Quelle est, selon Anholt, la différence entre le marketing de destination et le concept d’image nationale ?
Selon lui, les deux concepts sont dissociables. « Le marketing de destination est un exercice de marketing très honnête et très direct. Vous avez un produit qui s'appelle vacances en Arabie saoudite, et vous voulez le commercialiser auprès de touristes potentiels, d'acheteurs potentiels de ce produit », a déclaré Anholt.
« La publicité, le marketing, en ligne, hors ligne, etc., tous les outils conventionnels de promotion commerciale sont très, très utiles pour ce faire. Si vous en faites beaucoup et si vous le faites bien, les gens viendront ».
« Vous pouvez délibérément inciter davantage de personnes à visiter votre pays grâce à un marketing efficace. Cela ne fait aucun doute. »
La présence d'Anholt au salon du livre signifie qu'il n'est pas étranger à certains des objectifs ambitieux de Riyad : doubler sa population d'ici 2030, réaliser d'énormes investissements dans des projets visant à créer des emplois pour les locaux et les expatriés, étendre encore la couverture végétale et remporter la candidature pour accueillir l'exposition universelle en 2030.
Selon lui, que doit faire l'Arabie saoudite pour que la capitale devienne plus attrayante et se transforme en un autre Londres, New York ou Tokyo ?
« Faire de la ville une destination attrayante, un produit attractif pour les gens, n'est vraiment qu'un maillon de la chaîne », a déclaré Anholt.
« Le fait d'avoir une belle ville ou une destination attrayante, une belle nature, une grande culture, des gens sympathiques, tout cela fait partie de l'attrait d'un pays ».
« Mais, fondamentalement, ce qui compte le plus, c'est que les gens soient heureux d'être là. Cela a à voir avec la façon dont ils vous perçoivent en tant qu'acteur de la communauté internationale. »
Anholt a également expliqué pourquoi l'Arabie saoudite - qui occupe la 57e place de l'indice des images de marque nationales - ne doit pas s'attendre à une amélioration rapide de sa perception internationale uniquement grâce aux réformes nationales en cours ou aux sommes généreuses qu'elle consacre à l'aide étrangère.
« Le changement n'est pas facile, et il n'est pas rapide. Nous devons faire évoluer les mentalités. Lorsque vous parlez du monde entier, et que vous parlez d'une vaste construction culturelle qui est l'image perçue d'une nation, c'est vraiment un processus lent ».
« C'est très décourageant pendant les premières années. Vous allez découvrir que presque tout ce que vous faites pour essayer d'être bon et utile sera interprété de manière négative. Mais progressivement, si vous êtes persévérant et stratégique et, surtout, si vous êtes sincère dans vos gestes, alors, avec le temps, les choses vont commencer à changer ».
« Mais ce n'est pas quelque chose qui peut être réglé du jour au lendemain, ou en quelques semaines ou années. Les images des pays mettent littéralement des générations à se former. Elles ne sont pas véhiculées par les médias du jour au lendemain, mais par l'ensemble de la culture qui nous entoure. »

Anholt a plaisanté en disant que l'indice des images de marque nationales est « l'une des enquêtes sociales les plus ennuyeuses jamais réalisées », simplement parce que les classements changent très peu d'une année sur l'autre.

Anholt a souligné que la mission Mars des Émirats arabes unis était meilleure pour l’image de marque du pays que la publicité traditionnelle

« C'est parce que les gens ne changent vraiment, vraiment pas d'avis sur les pays. Ce sont les bases stables de leur vision du monde », a-t-il ajouté.
N'ayant jamais vu un pays gagner plus de deux places d'une année sur l'autre, il explique que « lorsqu'un pays gagne ou perd plus de deux ou trois places dans le classement, c'est vraiment important et cela vaut vraiment la peine d'être analysé. »
C'est le cas de la Russie, qui a plongé de 31 places au bas de l'indice en un an.
Anholt a utilisé cet exemple pour dire que, d'après son expérience de la gestion de l'enquête Nation Brands Index depuis 2005, « l'opinion publique internationale ne tolère pas les conflits. La seule chose que les gens du monde entier ne peuvent pardonner à un pays, c'est d'être impliqué dans une guerre ».
I« Si vous cherchez à nuire à un autre groupe, le menacer ou l'insulter, qu'il s'agisse d'un groupe religieux ou d'un autre État, l'opinion publique vous punira en tant qu'État pour votre action. »
Cela signifie-t-il qu'Israël, qui occupe des terres illégales selon l'ONU mais qui n'a pas subi de chute dans son classement, est une exception à la règle ?
Selon Anholt, l'explication est plus compliquée : « Israël ne souffre pas tout à fait de la même manière, car (l'occupation) n’est pas récente. C'est une situation à laquelle les gens sont habitués depuis un certain nombre d'années ».
Il a toutefois souligné que si Israël est loin d'être en bas de l'indice, il est également loin d'être en haut.
I« Compte tenu de la taille de son économie, de ses succès et des liens que ce pays entretient avec d'autres pays, de sa position au sein de la communauté internationale, en particulier depuis les accords d'Abraham et tout le reste, on pourrait s'attendre à ce qu'Israël soit nettement mieux classé qu'il ne l'est. »
Passant au Royaume-Uni, Anholt a déclaré que la politique chaotique est tellement à l'ordre du jour dans les affaires mondiales ces jours-ci, qu'il ne pense pas que « le simple fait de changer de Premier ministre toutes les quelques semaines va avoir un effet à long terme sur l'image du pays ».
Malgré cela, il fait valoir que l'image de la Grande-Bretagne est en déclin et qu'il en est ainsi, à l'exception de quelques revirements de situation, depuis le Brexit.

« Les données montrent très clairement que la première raison pour laquelle les gens admirent un pays est qu'ils pensent qu'il apporte quelque chose à l'humanité et à la planète », a-t-il ajouté.
« L'enjeu du Brexit, tel qu'il a été compris par la plupart des gens dans le monde, était que le Royaume-Uni se retirait de son comportement multilatéral et voulait faire cavalier seul. Il voulait redevenir l'Empire britannique. Comme on pouvait s'y attendre, les gens n'aiment pas ça ».
Quant aux États-Unis, il a déclaré : « Ils avaient toujours été le pays numéro un, jusqu'au second mandat de George W. Bush, lorsque les Américains ont envahi l'Irak pour la deuxième fois. L'Amérique a toujours été le pays le plus admiré sur Terre ; maintenant, elle ne l'est plus. Elle semble s'être installée entre la septième et la dixième position. »
Anholt a présenté les exemples jumeaux du Royaume-Uni et des États-Unis de la manière suivante : « Hormis l'invasion d'un autre pays, la seule façon de nuire progressivement à l'image d'un pays est de se comporter de manière constamment chaotique, turbulente et inamicale au sein de la communauté internationale, et les États-Unis et le Royaume-Uni le prouvent d'année en année ».
« D'année en année, leurs scores baissent dans l'indice des images de marque nationales ».
Enfin, avec les divisions qui s'annoncent dans l'opinion publique britannique après le décès de la reine Elizabeth cette année, combien Anholt pense-t-il qu'elle et la monarchie valent pour le « Royaume-Uni » ?
I« Si l'on considère les monarchies en termes purement économiques, elles ont tendance à offrir un bon rapport qualité-prix », rétorque-t-il.
« Elles coûtent aux contribuables plusieurs millions par an, parfois de nombreux millions par an, pour les maintenir en place. Mais ce qu'elles rapportent réellement à l'image du pays en termes de valeur d’image pure est de l'ordre de plusieurs milliards. Les gens aiment les monarchies, surtout ceux qui ne vivent pas dans des monarchies ».
« Sans la monarchie, le Royaume-Uni serait beaucoup moins intéressant pour les gens qu'il ne l'est actuellement. Il serait beaucoup plus difficile d'attirer les gens pour visiter ses vieux bâtiments dans ses vieilles villes. Ainsi, en termes purement économiques, les familles royales semblent offrir un bon rapport qualité-prix, tant qu'elles se comportent correctement. »


Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Les femmes premières victimes de la guerre au Soudan, dit une ministre

Les femmes sont les principales victimes des exactions commises pendant la guerre au Soudan, où elles sont confrontées aux « pires violences sexuelles au monde » et à d'autres crimes commis en toute impunité, a déclaré à l'AFP une militante des droits humains devenue ministre des Affaires sociales du gouvernement soutenu par l'armée. (AFP/Fichier)
Les femmes sont les principales victimes des exactions commises pendant la guerre au Soudan, où elles sont confrontées aux « pires violences sexuelles au monde » et à d'autres crimes commis en toute impunité, a déclaré à l'AFP une militante des droits humains devenue ministre des Affaires sociales du gouvernement soutenu par l'armée. (AFP/Fichier)
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  • Les femmes et les filles soudanaises sont les principales victimes du conflit, avec des violences sexuelles massives, utilisées notamment par les Forces de soutien rapide (FSR) comme arme de guerre et de nettoyage ethnique
  • Plus de 1.800 viols ont été recensés depuis avril 2023, dans un contexte d’impunité généralisée, poussant l’ONU et la CPI à enquêter sur de possibles crimes de guerre

PORT-SOUDAN: Proies faciles d'hommes portés par un sentiment d'impunité, les Soudanaises sont les premières victimes du conflit entre l'armée et les paramilitaires, marqué de violences sexuelles et "condensé de toutes les pires choses" au monde, a déclaré à l'AFP la ministre aux Affaires sociales.

Aux exactions, vols et pillages s'ajoutent les viols "souvent commis en présence de la famille", l'esclavage sexuel et le trafic vers les pays voisins, mais aussi les mariages scellés pour éviter la honte, explique Sulaïma Ishaq al-Khalifa, une militante ayant récemment rejoint le gouvernement pro-armée.

Selon elle, la violence sexuelle existe dans les deux camps, mais elle est "systématique" chez les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), qui l'utilisent "comme arme de guerre" à des fins de "nettoyage ethnique".

"Il n'y a pas d'âge: une femme de 85 ans peut être violée, un enfant d'un an peut être violé", affirme cette psychologue engagée depuis des années dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

Plus de 1.800 viols ont été recensés entre le début de la guerre en avril 2023 et octobre 2025, selon les données de son ministère, qui n'incluent pas les atrocités commises au Darfour et au Kordofan à partir de fin octobre.

Plus des trois-quarts des violences (77%) sont des viols, imputés à 87% aux FSR, selon un récent rapport du réseau Siha qui défend les droits de femmes dans la Corne de l'Afrique.

Les Nations-Unies s'inquiètent depuis plusieurs mois du déchainement des FSR contre les communautés non arabes dans la région du Darfour (ouest). La Cour pénale internationale (CPI) a ouvert une enquête pour "crimes de guerre" visant les deux camps.

- "Très fiers" -

Appelée mi-janvier devant le Conseil de sécurité de l'ONU, la vice-procureure de la CPI Nazhat Shameem Khan a décrit une "situation horrible" à el-Facher - capitale régionale du Darfour prise par les FSR fin octobre -, avec une "campagne organisée" incluant des viols et des exécutions "à grande échelle", parfois "filmés et célébrés" par leurs auteurs, "nourris par un sentiment de totale impunité".

"Il s'agit d'humilier les gens, de les forcer à quitter leurs maisons. Et aussi de briser le tissu social. Lorsque vous utilisez la violence sexuelle comme arme de guerre, cela signifie que vous voulez que la guerre se prolonge indéfiniment" car cela "nourrit l'esprit de vengeance", analyse Sulaïma Ishaq al-Khalifa, qui a reçu l'AFP à son domicile de Port-Soudan.

Le Darfour a déjà connu une période sanglante au début des années 2000. Un ancien chef des milices Janjawid, dont les FSR sont les héritières, a été récemment jugé et condamné par la CPI pour sa responsabilité dans de multiples crimes de guerre, y compris des viols.

"Ce qu'il se passe aujourd'hui est pire. Des viols de masse ont lieu, c'est documenté", dit la ministre à l'AFP. Et les auteurs "sont très fiers de ce qu'ils font, ils ne le voient pas comme un crime".

"On a l'impression qu'ils ont le feu vert pour faire tout ce qu'ils veulent", regrette-t-elle.

Au Darfour, "ils ont dit aux femmes - et cela ressort des témoignages de nombreuses survivantes - qu'elles valaient moins que des êtres humains, les traitant d'esclaves, et que lorsqu'ils les agressaient sexuellement, en fait ils les +honoraient+, parce qu’ils étaient plus instruits qu'elles ou de sang +plus pur+", poursuit-elle.

Pour la ministre, le Soudan est "un condensé de toutes les pires choses qui se sont produites dans le monde".

- Libérer la parole -

A Khartoum et dans plusieurs villes du Darfour, dont el-Facher, des survivantes ont évoqué des viols "commis par des mercenaires francophones venus d'Afrique de l'Ouest, Mali, Burkina Faso, Nigeria, Tchad, mais aussi des Colombiens ou des Libyens", accusés de combattre avec les FSR, selon la ministre.

Et puis, certaines victimes ont été enlevées et cloîtrées comme esclaves sexuelles, d'autres vendues par des réseaux de trafic facilités par l'instabilité et les frontières poreuses, mais les cas sont difficiles à documenter.

Une des difficultés est de libérer la parole des victimes, alors que certaines familles préfèrent les marier de force pour "cacher ce qui s'est passé", surtout en cas de grossesse, explique Sulaïma Ishaq al-Khalifa.

"Nous considérons cela comme une forme de torture", dit-elle, en évoquant les cas "effrayants" de mariages forcés d'enfants et d'adolescentes.

Depuis avril 2023, la guerre au Soudan a fait des dizaines de milliers de morts, des millions de réfugiés et plongé le pays dans la pire crise humanitaire au monde, selon l'ONU.


Un char israélien tire près d’une patrouille de l’armée libanaise et de la FINUL sur fond de tensions croissantes

Vendredi, le président Joseph Aoun a rencontré le président du Parlement Nabih Berri pour discuter de l'escalade israélienne, qui a notamment donné lieu cette semaine au bombardement de zones résidentielles au nord du fleuve Litani, provoquant le déplacement de dizaines de familles. (Fourni)
Vendredi, le président Joseph Aoun a rencontré le président du Parlement Nabih Berri pour discuter de l'escalade israélienne, qui a notamment donné lieu cette semaine au bombardement de zones résidentielles au nord du fleuve Litani, provoquant le déplacement de dizaines de familles. (Fourni)
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  • Vendredi, le président Joseph Aoun a rencontré le président du Parlement, Nabih Berri, afin d’aborder l’escalade israélienne
  • Joseph Aoun fait face à des critiques croissantes d’activistes proches du Hezbollah, en raison de son insistance répétée sur l’autorité exclusive de l’État en matière d’armement

BEYROUTH : Un char israélien a ouvert le feu vendredi après-midi à proximité d’une patrouille conjointe de l’armée libanaise et de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), dans un nouvel incident venant accroître les tensions le long de la Ligne bleue.

L’obus serait tombé près de Wadi Al-Asafir, au sud de la ville de Khiam, alors que l’armée libanaise et la FINUL menaient une opération de terrain. Selon des témoins, le tir provenait d’une nouvelle position israélienne établie dans la zone de Hamams.

Une source militaire libanaise a déclaré à Arab News :
« Ce n’est pas la première fois que les forces israéliennes prennent pour cible des unités de l’armée libanaise et de la FINUL. Des incidents similaires ont eu lieu lors d’opérations au sud du fleuve Litani, et la FINUL a déjà condamné de tels agissements. »

Plus tôt dans la journée de vendredi, un drone israélien a tiré trois missiles sur un véhicule à Baalbek, dans l’est du Liban, lors d’une tentative d’assassinat qui a échoué. Des témoins ont indiqué que le premier missile a touché une voiture circulant sur la route Majdaloun-Baalbek. Le conducteur, présumé palestinien, a réussi à s’échapper après avoir jeté son téléphone, avant de stationner près de l’hôpital Dar Al-Amal.

Le second missile a manqué sa cible, ne causant que des dégâts matériels, tandis qu’un troisième tir a suivi sans faire de blessés.

Ces attaques interviennent dans un contexte de scepticisme renouvelé d’Israël quant aux efforts du Liban pour confisquer les armes au sud du Litani. Des responsables israéliens ont qualifié l’annonce récente de Beyrouth, faisant état de l’achèvement de la première phase du plan de désarmement, de « coup médiatique destiné à gagner du temps ». Les autorités libanaises assurent, de leur côté, que des progrès sont réalisés dans le cadre d’une stratégie nationale graduelle, soutenue par des partenaires internationaux.

Vendredi, le président Joseph Aoun a rencontré le président du Parlement Nabih Berri afin d’aborder l’escalade israélienne, qui a notamment inclus cette semaine des bombardements de zones résidentielles au nord du Litani, provoquant le déplacement de dizaines de familles.

Joseph Aoun fait par ailleurs face à des critiques croissantes d’activistes proches du Hezbollah, en raison de son insistance répétée sur l’autorité exclusive de l’État en matière d’armement. Une campagne sur les réseaux sociaux lancée jeudi l’a accusé de « trahir la résistance », à travers des vidéos largement diffusées en ligne.

Malgré ces attaques, Nabih Berri soutiendrait la position du président. Un responsable libanais a confié à Arab News :
« Berri continue de jouer un rôle de médiation et estime que le véritable problème réside dans l’absence de pression internationale sur Israël pour qu’il respecte le cessez-le-feu et mette fin à ses violations. »

S’adressant vendredi à une délégation de l’Association des villes frontalières du Sud, Joseph Aoun a affirmé que la stabilité du Liban est impossible sans sécurité dans le Sud.
« Nous coordonnons avec l’armée afin de renforcer sa présence dans les villages frontaliers », a-t-il déclaré. « Notre principale revendication dans les réunions du mécanisme reste le retour en toute sécurité des déplacés et la libération des prisonniers. »

Parallèlement, le Parquet a commencé à convoquer plusieurs personnes accusées d’avoir insulté le président en ligne, dont le journaliste Hassan Alik, qui ne s’est pas présenté vendredi.

Le palais présidentiel a indiqué à Arab News que le chef de l’État n’avait pas déposé de plainte et que la justice avait agi de manière indépendante, conformément au droit libanais, qui criminalise les insultes envers le président.

L’avocate de Hassan Alik, Alia Moallem, a déposé un mémoire juridique estimant que la convocation violait la Constitution et les lois sur la presse, arguant que les propos relevaient du travail journalistique et de la liberté d’expression.

Dans un communiqué, le Syndicat des rédacteurs en chef de la presse libanaise a appelé les journalistes à faire preuve de responsabilité dans ce contexte sensible, tout en réaffirmant l’importance de protéger la liberté d’expression garantie par la loi libanaise.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’Arabie saoudite accueillera la réunion du WEF sur la collaboration et la croissance mondiale en avril

Le ministre de l'Économie et de la Planification, Faisal Alibrahim, a confirmé vendredi les détails de la réunion de haut niveau. (SPA)
Le ministre de l'Économie et de la Planification, Faisal Alibrahim, a confirmé vendredi les détails de la réunion de haut niveau. (SPA)
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  • L’Arabie saoudite accueillera à Djeddah, en avril 2026, la réunion du WEF sur la collaboration et la croissance mondiale, confirmant son rôle croissant sur la scène économique internationale
  • L’événement s’inscrit dans la continuité des initiatives du Royaume, visant à favoriser un dialogue pragmatique et des décisions à impact pour soutenir la croissance mondiale

RIYAD : L’Arabie saoudite accueillera la réunion du Forum économique mondial (WEF) consacrée à la collaboration et à la croissance mondiale à Djeddah, les 22 et 23 avril 2026.

Le ministre de l’Économie et de la Planification, Faisal Alibrahim, a confirmé vendredi les détails de cette rencontre de haut niveau, annoncée lors de la réunion annuelle du WEF en 2025, selon l’Agence de presse saoudienne.

Dans ses remarques de clôture au forum, le ministre a souligné la nécessité d’un dialogue soutenu pour accélérer la croissance mondiale, appelant les participants à s’impliquer activement dans la réunion à venir.

Il a indiqué que cet événement s’inscrira dans la continuité de l’élan créé par la réunion spéciale du WEF organisée à Riyad en 2024, affirmant que le Royaume s’est imposé comme une capitale mondiale du pragmatisme et de la prise de décisions à fort impact.

Le président du WEF, Børge Brende, a pour sa part salué l’approfondissement de l’engagement du Forum avec le Royaume.

« Nous sommes ravis de revenir en Arabie saoudite en 2026 pour poursuivre les discussions engagées lors de notre réunion annuelle, en créant un espace où les dirigeants peuvent travailler ensemble, instaurer la confiance et faire en sorte que le dialogue débouche sur une collaboration et des actions concrètes », a-t-il déclaré.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com