Après l'UE, qu'est-ce qui attend le Royaume-Uni?

Lors des élections de décembre 2019, le programme de Boris Johnson était de « réaliser le Brexit » puis de se concentrer sur les priorités des Britanniques, en particulier les services publics (Photo, AFP)
Lors des élections de décembre 2019, le programme de Boris Johnson était de « réaliser le Brexit » puis de se concentrer sur les priorités des Britanniques, en particulier les services publics (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 15 novembre 2020

Après l'UE, qu'est-ce qui attend le Royaume-Uni?

  • Un « no deal » plongerait les importations et exportations dans la tourmente en recréant des barrières douanières et tarifaires
  • L'idée de ce « Global Britain » est que le Royaume-Uni ne se replie pas sur lui-même mais se tourne vers l'extérieur

LONDRES : Un avenir fantastique, comme le prédit Boris Johnson, ou un dangereux plongeon dans l'inconnu comme le redoutent les anti-Brexit? Après presque cinquante ans dans l'Union européenne, le Royaume-Uni écrit un nouveau chapitre le 1er janvier.

Quels changements le 1er janvier?

Le Royaume-Uni a officiellement quitté l'Union européenne le 31 janvier 2020, mais a continué d'observer ses règles pendant une période de transition qui s'achève le soir du 31 décembre. A partir du 1er janvier 2021, le pays sera donc indépendant, pour le meilleur ou pour le pire. Avec ou sans accord global avec l'UE, les prochains jours donneront la réponse, alors que les deux parties sont dans la dernière ligne droite de leurs laborieuses négociations.

Un « no deal » plongerait les importations et exportations dans la tourmente en recréant des barrières douanières et tarifaires, des moutons aux automobiles, faisant même craindre des pénuries d'aliments ou de médicaments. Mais même en cas d'accord, les exportateurs britanniques devront remplir une multitude de documents pour prouver que leurs biens sont autorisés à entrer dans le marché unique. Un alourdissement des procédures capable de générer le chaos si les préparatifs se révèlent insuffisants.

Qu'est ce que « Global Britain »?

Au nom du concept de « Global Britain », Londres affirme vouloir redynamiser ses partenariats dans le reste du monde, notamment avec son « allié le plus proche et le plus important », selon Boris Johnson, les Etats-Unis. Mais il a perdu un atout avec la défaite à la présidentielle de Donald Trump, partisan enthousiaste du Brexit.

Et la pandémie de nouveau coronavirus a durement frappé le Royaume-Uni, avec de lourdes conséquences économiques, menaçant l'avenir radieux promis par le dirigeant conservateur.

L'idée de ce « Global Britain » est que le Royaume-Uni ne se replie pas sur lui-même mais se tourne vers l'extérieur, pour nouer des accords de libre-échange partout dans le monde.

« Maintenant que le Global Britain est de retour, il est temps pour les fabricants, les hommes et femmes d'action et les innovateurs de nous aider à écrire notre chapitre le plus passionnant à ce jour », a déclaré la secrétaire au Commerce international Liz Truss fin octobre, vantant de futures exportations de toutes sortes de produits britanniques, de la crème aux robots. 

Liz Truss a signé un accord commercial post-Brexit avec le Japon, et en négocie d'autres avec les Etats-Unis, l'Australie, le Canada et la Nouvelle-Zélande.

Les accords conclus ou en préparation, y compris avec l'UE, représentent 80% du commerce extérieur d'ici 2022, selon elle, tandis que le gouvernement a repris en main l'aide extérieure et le développement désormais gérés par le ministère des Affaires étrangères.

Et au Royaume-Uni?

Lors des élections de décembre 2019, le programme de Boris Johnson était de « réaliser le Brexit » puis de se concentrer sur les priorités des Britanniques, en particulier les services publics. L'idée était de faire porter les efforts et les investissements sur les régions qui n'ont pas profité de la croissance de Londres tirée par la finance.

Ce programme de « mise à niveau » par le biais de nouveaux investissements, tels que la ligne à grande vitesse HS2 desservant le centre et le nord de l'Angleterre, a été mis de côté pendant la pandémie. 

Mais le gouvernement assure que ses objectifs à long terme sont maintenus et que l'argent jusque là versé par Londres à l'Union européenne sera mieux dépensé sur le sol britannique.

Certains Brexiters réclament une refonte radicale du modèle économique britannique, pour transformer le pays en une sorte de « Singapour sur Tamise », paradis fiscal au secteur financier ultra-déréglementé, et concurrent de l'UE à ses portes.

Le gouvernement assure pourtant qu'il ne franchira pas plusieurs « lignes rouges » et que la conclusion d'accords commerciaux ne se fera pas au détriment du service public de santé, le NHS, ou des normes agro-alimentaires. 

Pour parvenir à un accord commercial, Washington pourrait aussi contraindre Londres à faire le même type de concessions que celles négociées avec d'autres pays par l'économie la plus puissante du monde. Sans oublier que le président élu Joe Biden, d'origine irlandaise, pourrait aussi contrecarrer les plans de Boris Johnson d'arrimer l'Irlande du Nord à la Grande-Bretagne au mépris des dispositions conclues avec Bruxelles.


Washington abat un drone iranien mais les discussions restent programmées

L’armée américaine a abattu le 3 février 2026 un drone iranien qui s’était approché de manière « agressive » du porte-avions Abraham Lincoln, ci-dessus, dans la mer d’Arabie. (Photo d’archives US Navy/AFP)
L’armée américaine a abattu le 3 février 2026 un drone iranien qui s’était approché de manière « agressive » du porte-avions Abraham Lincoln, ci-dessus, dans la mer d’Arabie. (Photo d’archives US Navy/AFP)
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  • Un avion américain a abattu un drone iranien près d’un porte-avions dans la mer d’Arabie, tandis que des incidents impliquant des navires ont ravivé les tensions entre Washington et Téhéran
  • Malgré ces incidents, les discussions entre les États-Unis et l’Iran restent prévues, avec des efforts diplomatiques intensifs menés par des pays médiateurs de la région

WASHINGTON: Un avion furtif américain a abattu mardi un drone iranien qui s'était approché d'un porte-avions américain dans la mer d'Arabie, mais les discussions prévues en fin de semaine entre les deux pays sont maintenues selon la Maison Blanche.

Depuis janvier et le vaste mouvement de contestation réprimé dans le sang par le pouvoir iranien, Washington et Téhéran alternent menaces et ouvertures au dialogue, alors que des pays médiateurs s'efforcent de réduire les tensions.

Dans ce contexte fébrile, deux incidents se sont produits mardi dans les eaux du Moyen-Orient.

Un avion de combat du porte-avions Abraham Lincoln a abattu le drone "en état de légitime défense et pour protéger le porte-avions et le personnel à bord", a expliqué le porte-parole du commandement américain pour la région (Centcom), le capitaine Tim Hawkins.

Ce navire a récemment été déployé dans le Golfe par le président Donald Trump, décidé à accentuer la pression sur l'ennemi iranien au moment où celui-ci étouffait les manifestations et à qui il veut arracher un accord sur le nucléaire.

Le Centcom a également confirmé que deux bateaux armés iraniens et un drone s'étaient approchés "à grande vitesse" d'un pétrolier sous pavillon américain, le Stena Imperative, et "menaçaient de l'aborder et le saisir".

Un destroyer américain a porté assistance au pétrolier, avec le soutien de l'armée de l'air, et l'a escorté hors de danger, selon la même source.

L'agence de presse iranienne Fars avait auparavant indiqué qu'un navire, entré "illégalement" dans le détroit d'Ormuz et "dans les eaux territoriales iraniennes", avait été "averti" et avait "immédiatement quitté la zone.

Téhéran a récemment menacé de bloquer le détroit, passage clé pour le transport mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié, en cas d'attaque américaine.

- Efforts "très intenses" -

Malgré ces incidents, les pourparlers "restent programmés pour l'instant", a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt, alors que ces derniers jours, les deux pays ont semblé vouloir donner une chance à la diplomatie.

Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a annoncé mardi avoir mandaté son ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi pour des négociations directes avec les Etats-Unis, rejetant néanmoins toutes "demandes déraisonnables".

Une source arabe proche du dossier a indiqué à l'AFP que ces discussions auraient "probablement" lieu vendredi, en Turquie.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a toutefois souligné que si des pourparlers étaient bien prévus "dans les prochains jours", la date et le lieu précis faisaient toujours l'objet de "consultations".

"Tant la Turquie que Oman et d'autres pays de la région se sont montrés disposés à accueillir les pourparlers", a relevé le ministère, relayé par l'agence de presse iranienne Tasnim.

Si le dialogue aboutit, "super". Mais dans le cas contraire, "de mauvaises choses se produiraient probablement", a prévenu le président Trump.

Abbas Araghchi a multiplié mardi les consultations avec ses homologues de la région. Il s'est entretenu successivement avec ses homologues du Qatar, de la Turquie, d'Oman et du Koweït.

Les efforts diplomatiques se "poursuivent de manière très intense", a affirmé le Qatar.

Quant à l'émissaire américain Steve Witkoff, il a rencontré à Jérusalem le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui l'a mis en garde, l'Iran ayant selon lui "prouvé de manière répétée que l'on ne pouvait pas faire confiance à ses promesses".

- Nucléaire -

Les tensions entre Washington et Téhéran se sont accentuées après le mouvement de contestation iranien, déclenché par des manifestations contre le coût de la vie.

L'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), établie aux Etats-Unis, a recensé plus de 50.000 personnes arrêtées et a pu confirmer 6.872 morts, en grande majorité des manifestants.

Mais le nombre de morts pourrait être bien plus élevé, avec plus de 17.000 décès en cours d'examen.

Mardi, Paris a estimé que les discussions irano-américaines devraient viser à mettre fin à la "répression" de Téhéran, "avant de "traiter des questions du nucléaire, des missiles, du soutien aux organisations terroristes".

Les pays occidentaux accusent l'Iran de chercher à se doter de l'arme nucléaire, ce que Téhéran dément.

Des négociations avec les Etats-Unis s'étaient tenues au printemps 2025, avant la guerre de 12 jours déclenchée en juin par Israël, mais avaient notamment achoppé sur la question de l'enrichissement d'uranium.

Abbas Araghchi a indiqué dimanche sur CNN qu'un accord était "possible" mais dit attendre une levée des sanctions contre son pays, qui a exclu de discuter de ses capacités de défense et balistiques.


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
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  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.