L’insécurité alimentaire au centre d’une réunion de la Ligue arabe

En juin 2021, une étude de l’ONU a mis en garde contre l’augmentation de la faim dans la région arabe. (Photo, Reuters)
En juin 2021, une étude de l’ONU a mis en garde contre l’augmentation de la faim dans la région arabe. (Photo, Reuters)
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Publié le Mardi 29 novembre 2022

L’insécurité alimentaire au centre d’une réunion de la Ligue arabe

En juin 2021, une étude de l’ONU a mis en garde contre l’augmentation de la faim dans la région arabe. (Photo, Reuters)
  • Le sous-comité assure le suivi de la mise en œuvre du cadre stratégique pour l’objectif faim zéro de l’ONU
  • Le Cadre stratégique pour la faim zéro dans la région arabe a été lancé en février lors de la quatrième édition de la Semaine arabe du développement durable au Caire

LE CAIRE: Lundi, la Ligue arabe a tenu la huitième réunion du sous-comité pour l’éradication de la faim, l’assurance de la sécurité alimentaire et la promotion de l’agriculture durable dans la région, a rapporté l’Agence de presse officielle saoudienne.

Présidée par le Soudan, la réunion s’est focalisée sur la mise en œuvre du «deuxième objectif de développement durable des Nations unies: faim zéro», qui vise à éliminer l’insécurité alimentaire et la malnutrition dans la région.

Nada el-Agizy, directrice du développement durable et de la coopération internationale à la Ligue arabe, a affirmé que la sécurité alimentaire était une priorité absolue pour une action arabe commune.

Elle a souligné l’importance des efforts de collaboration et a appelé au renforcement des partenariats existants, ainsi qu’à l’établissement de nouveaux partenariats, afin de relever les défis.

Le Cadre stratégique pour la faim zéro dans la région arabe a été lancé en février lors de la quatrième édition de la Semaine arabe du développement durable au Caire.

En juin 2021, une étude de l’ONU a mis en garde contre l’augmentation de la faim dans la région arabe, qui menaçait les efforts de la région visant à s’en débarrasser d’ici 2030.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Tunisie: le président s'en prend aux syndicats «pour détourner l'attention»

Le secrétaire général de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT), Noureddine Taboubi, prononce son discours inaugural devant plusieurs centaines de salariés du secteur des transports, le 30 novembre 2022 à Tunis, et met en garde contre la dégradation de la situation sociale et économique du pays. (AFP)
Le secrétaire général de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT), Noureddine Taboubi, prononce son discours inaugural devant plusieurs centaines de salariés du secteur des transports, le 30 novembre 2022 à Tunis, et met en garde contre la dégradation de la situation sociale et économique du pays. (AFP)
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  • «Le président essaye de détourner l'attention de ce qui s'est passé au 2e tour des législatives et de l'échec cuisant de ses choix économiques et sociaux», a dénoncé le chef du syndicat UGTT
  • «L'Etat utilise l'intimidation pour réprimer les opposants», a accusé M. Taboubi

TUNIS: Le président Kais Saied s'en prend aux syndicats pour "détourner l'attention" après la forte abstention aux législatives et "l'échec" de sa politique économique et sociale, a dénoncé vendredi le chef du syndicat UGTT après l'arrestation d'un responsable de cette influente centrale.

"Le message est clair que l'UGTT est visée", a déclaré Noureddine Taboubi au début d'une réunion du syndicat portant entre autres sur l'interpellation mardi du responsable UGTT pour la branche autoroutes, Anis Kaabi.

"Le président essaye de détourner l'attention de ce qui s'est passé au 2e tour des législatives et de l'échec cuisant de ses choix économiques et sociaux", a dénoncé le chef de ce syndicat, fort de près d'un million d'adhérents. "L'Etat utilise l'intimidation pour réprimer les opposants", a accusé M. Taboubi.

Les législatives ont été marquées dimanche - comme au premier tour mi-décembre - par une abstention record de quasi 90%, analysée par l'opposition comme un rejet des réformes lancées par le président Saied après son coup de force du 25 juillet 2021.

M. Saied concentre tous les pouvoirs depuis 18 mois et a révisé la Constitution pour réduire les prérogatives du Parlement et revenir à un système ultra-présidentialiste similaire à celui d'avant la Révolution de 2011 et la chute du dictateur Ben Ali.

Outre les divisions politiques que ce processus a provoquées, le pays a vu son économie se détériorer avec une forte inflation (plus de 10%), une augmentation de la pauvreté et un creusement de la dette.

Suite à un débrayage de deux jours sur les péages autoroutiers, M. Kaabi a été interpellé mardi, juste après un discours du président Saied dénonçant une instrumentalisation du droit de grève "à des fins politiques".

Le syndicaliste a été placé en détention provisoire jeudi dans l'attente d'un procès fixé au 23 février. Il est poursuivi pour "exploitation de sa qualité de fonctionnaire en vue de porter préjudice à l'administration". La société publique Tunisie Autoroutes a déposé deux plaintes à son encontre pour les pertes financières provoquées par la grève.

Soulignant que cette grève était parfaitement "légale", l'UGTT a demandé sa "libération immédiate" et fustigé une "violation des droits syndicaux et des conventions internationales" signées par la Tunisie.

L'UGTT a reçu des messages de solidarité de la CGT en France et de la fédération IndustriALL Global Union, présente dans 140 pays et basée à Genève.


Nouvelles découvertes sur l'embaumement en Égypte antique

Cette image publiée par l'Université Ludwig-Maximilian de Munich montre une scène d'embaumement, qui pourrait avoir eu lieu à Saqqara, en Égypte (Photo, AFP).
Cette image publiée par l'Université Ludwig-Maximilian de Munich montre une scène d'embaumement, qui pourrait avoir eu lieu à Saqqara, en Égypte (Photo, AFP).
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  • Des chercheurs ont dévoilé la nature des matériaux utilisés dans le processus de momification, selon le ministère
  • Susanna Beck a mentionné que ces recherches contribuaient grandement aux connaissances sur de nombreux éléments de l'embaumement

LE CAIRE: Des chercheurs ont dévoilé les secrets du processus de momification utilisé dans l'Égypte antique, a déclaré le ministère du Tourisme et des Antiquités.
Une équipe de chercheurs des universités Ludwig Maximilian et de Tubingen en Allemagne, en coopération avec le Centre national de recherche du Caire, a entrepris d'étudier les matériaux utilisés par les embaumeurs de l'époque.
Les spécialistes ont analysé les restes organiques trouvés à l'intérieur de poterie découverts dans un atelier de momification mis au jour par la mission archéologique égypto-allemande dirigée par Ramadan Badri à Saqqara en 2018.
Leur travail s'inscrivait dans le cadre d'un projet de tombes axé sur l'époque d'El-Sawy, entre 664 et 525 avant JC.
Mostafa Waziri, secrétaire général du Conseil suprême des antiquités d'Égypte, a affirmé que les résultats de la recherche ont été publiés dans la revue scientifique Nature le 1er février.
La mission a trouvé les noms des restes organiques utilisés pendant le processus de momification écrits en langue égyptienne ancienne sur la surface des récipients en poterie, ainsi que les noms des organes et des parties du corps sur lesquels les matériaux organiques étaient utilisés pendant le processus de momification.
Des spécialistes les ont étudié pour déterminer leurs propriétés chimiques et identifier chaque matériau en fonction de la partie du corps visée.
Les recherches ont révélé trois informations importantes sur le processus de momification: le matériau lui-même, son nom dans la langue égyptienne ancienne et son lieu d'utilisation.
Waziri a indiqué que cette découverte mettait à jour des textes connus sur les techniques de momification de l'Égypte antique.
L'équipe a pu déterminer avec précision le matériau utilisé afin d’embaumer des parties spécifiques du corps pour la première fois après avoir comparé les matériaux identifiés avec les inscriptions sur les ustensiles, a-t-il signalé.
Les recherches ont révélé qu'un certain nombre de matériaux utilisés dans le processus de momification étaient importés du pourtour méditerranéen et d'Asie du Sud-Est, ce qui indique l'existence de liens et de communications entre ces régions à cette époque.
Susanna Beck, chef adjointe de la mission, a mentionné que ces recherches contribuaient grandement aux connaissances sur de nombreux éléments de l'embaumement.
Les restes trouvés dans les pots ont été partiellement isolés pour déterminer leurs composants chimiques, a-t-elle précisé.
Par exemple, la substance «antiu», fréquemment mentionnée dans la description des processus de momification, a été traduite par «encens», mais les résultats de l'étude ont montré qu'il s'agissait d'un mélange d'huile de bois de cèdre, d'huile de genévrier (cyprès) et de graisse animale.
Beck a soutenu que l'étude a été réalisée en utilisant la chromatographie en phase gazeuse et la spectrométrie de masse sur les matériaux découverts.
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le régime iranien a perdu toute légitimité, selon un panel d’experts réunis par Chatham House

Une manifestante lève les bras et fait le signe de la victoire lors d'une manifestation en hommage à Mahsa Amini à Téhéran, le 19 septembre 2022. (AFP/Archive)
Une manifestante lève les bras et fait le signe de la victoire lors d'une manifestation en hommage à Mahsa Amini à Téhéran, le 19 septembre 2022. (AFP/Archive)
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  • La répression brutale des manifestations à l'échelle nationale façonnera la société iranienne pour les années à venir, selon les participants
  • L'événement a été animé par Sanam Vakil, directeur adjoint du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord à Chatham House

LONDRES: Les dirigeants iraniens n'ont «aucune réponse» aux demandes «très légitimes» de la population, et la répression brutale des manifestations va façonner la société pour les années à venir, selon des participants à une conférence britannique.
Le régime de Téhéran est «probablement le plus insulaire et le moins qualifié de l'Histoire de la République islamique», déclare Jason Rezaian, chroniqueur irano-américain du Washington Post, lors d'un séminaire en ligne organisé par le groupe de réflexion sur les affaires internationales basé à Londres, Chatham House.
L'événement de jeudi, intitulé «La République islamique a 44 ans» et auquel Arab News a assisté, était animé par Sanam Vakil, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord de Chatham House.
Il réunissait Jason Rezaian, ainsi qu’Azadeh Pourzand, directrice de la Fondation Siamak Pourzand, qui promeut la liberté d'expression des artistes, des écrivains et des journalistes, et Kian Tajbakhsh, conseiller principal pour les Columbia Global Centers, qui sont des antennes de recherche établies par l'université Columbia dans différents endroits du monde.
Jason Rezaian et Kian Tajbakhsh, qui ont tous deux la double nationalité, ont vécu persécutions politiques et emprisonnement en Iran à différentes époques.
M. Rezaian a décrit les manifestations qui ont éclaté en Iran l'année dernière comme étant «sans précédent». Le niveau et la qualité de vie dans le pays ont «dégringolé dans tous les domaines», souligne-t-il.
«Il n'y a aucun moyen de faire marche arrière après la répression brutale du régime», ajoute-t-il, faisant référence au meurtre d'innocents, y compris d'enfants, et à la restriction de l'accès à Internet dans tout le pays.
La colère de la population trouve son origine dans la détérioration des conditions économiques, l'État iranien «ne fournissant plus les services de base» et «les gens ne voyant pas leur vie s'améliorer», précise-t-il, ajoutant que le régime n'a «aucune réponse».
Il a toutefois mis en garde contre l'incapacité de l'Occident à faire appliquer les sanctions économiques contre l'Iran. «Si nous n'activons pas les leviers internationaux de la justice pour tenir le régime pour responsable, toutes ces sanctions ne sont que du vent. La menace de la capacité nucléaire de l'Iran est également une question qui ne peut être ignorée.»
Selon M. Tajbakhsh, les racines de la «relation toxique» entre les États-Unis et l'Iran résident dans le rejet «constant et cohérent» des liens occidentaux par le régime.
Les intervenants ont discuté de l'avenir du mouvement de protestation iranien, MM. Rezaian et Tajbakhsh prédisant que la «guerre culturelle» dans le pays modèlerait la société pour les années à venir.
Toutefois, Kian Tajbakhsh a mis en garde: «La mauvaise nouvelle est que le régime a réussi à réprimer et à contrôler le mouvement de protestation.»
«Les protestations sont restées limitées à une certaine catégorie de personnes oscillant entre la fin de l'adolescence et la fin de la vingtaine, et elles n'ont pas réussi à s'étendre à la classe moyenne urbaine ou aux militaires.»
Mme Pourzand a décrit les manifestations dans tout le pays comme la «quête d'un peuple pour une vie ordinaire», ajoutant que «la dignité et la qualité de vie» sont les principales revendications de la population.
Désormais, le régime, qui «n'a aucune forme de responsabilité» et a «perdu toute légitimité sur la scène internationale», ne fait que «gagner du temps», affirme-t-elle. «La résilience et la créativité du peuple iranien offrent un espoir pour l'avenir.»
M. Tajbakhsh a cependant fait valoir que la situation économique dans les centres urbains iraniens, notamment à Téhéran, «n'est souvent pas aussi désastreuse que ce que les médias internationaux affirment».
Le mouvement de protestation ne reflète qu'une petite partie du pays, précise-t-il, ajoutant que les manifestations et la répression représentent «des visions concurrentes de la société qui s'affronteront au cours des prochaines décennies».
Kian Tajbakhsh souligne que «ce qui est frappant dans la réaction du gouvernement, c'est sa solidarité. Il n'y a pratiquement eu aucune dissidence de la part des hauts fonctionnaires ou des religieux, ce qui démontre la remarquable unité du régime.»
Le prix élevé de la répression, la situation économique tolérable et l'absence d'organisation politique alternative efficace ont rendu la classe moyenne réticente à rejoindre le mouvement de protestation, ajoute-t-il.
«L’Iran a remarquablement réussi. Il piétine le Moyen-Orient, il a échappé à l'Occident en Syrie, et il contrôle un pays limitrophe d'Israël», déclare M. Tajbakhsh, en faisant référence au Liban.
«Le régime ne modifie en rien sa stratégie et il est au pouvoir depuis de très nombreuses décennies. Il évite les divisions politiques, contourne les sanctions, et fournit suffisamment de bien-être économique pour que les risques pour la classe moyenne d'essayer de renverser le régime soient trop importants.»
Il ne changera jamais sa position tant qu'il bénéficiera du soutien de ses principaux alliés régionaux, conclut Kian Tajbakhsh, prévenant que les protestations et les révoltes sont «une journée de travail ordinaire pour les régimes autoritaires».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com