L'avocat nationaliste algérien Ali Boumendjel a désormais une rue à son nom à Gonesse

Portrait non daté de l'avocat algérien Me Ali Boumendjel alors âgé de 32 ans (Photo, AFP).
Portrait non daté de l'avocat algérien Me Ali Boumendjel alors âgé de 32 ans (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 30 novembre 2022

L'avocat nationaliste algérien Ali Boumendjel a désormais une rue à son nom à Gonesse

  • La plaque portant son nom a été apposée sur une allée du quartier populaire de la Fauconnière
  • Cette inauguration revêt une importance symbolique

BOBIGNY: La ville de Gonesse, au nord de Paris, a dévoilé mardi la plaque d'une allée au nom de l'avocat nationaliste algérien Ali Boumendjel, dont Emmanuel Macron a reconnu en 2021 qu'il avait été "torturé et assassiné" par l'armée française pendant la guerre d'Algérie.

L'évènement s'est déroulé mardi après-midi en présence de "la famille" de M. Boumendjel, a indiqué le service communication de la ville à l'AFP.

La plaque portant son nom a été apposée sur une allée du quartier populaire de la Fauconnière.

Une autre allée du même quartier a également été nommée du nom de Fanny Pech, "ancienne directrice d'école et élue de la ville il y a plusieurs années qui était rapatriée d'Algérie", a précisé la même source.

"Ces deux évènements s'inscrivent dans la volonté du maire d'une démarche de conciliation des mémoires, dans le respect de chaque récit, l'année des 60 ans de la fin de la guerre d'Algérie et de l'histoire d'un quartier symbolique", a fait valoir la ville, située dans le Val-d'Oise et dirigée par le socialiste Jean-Pierre Blazy.

Cette inauguration revêt une importance symbolique.

C'est "la première fois à ma connaissance en France" qu'a été dévoilée la plaque d'une rue au nom d'Ali Boumendjel, "ce militant algérien pour la démocratie, pour la paix et pour l'indépendance de l'Algérie", a souligné l'historien Benjamin Stora, spécialiste de la guerre d'Algérie (1954-1962).

"La bataille continue pour le respect des droits de l'homme, une société plus juste et égalitaire, et qui doit affronter avec lucidité les passés douloureux", a écrit l'historien français dans un message transmis à l'AFP. M. Stora est l'auteur d'un rapport sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d'Algérie, remis en janvier 2021 au président de la République.

Début mars 2021, Emmanuel Macron a reconnu, "au nom de la France", que l'avocat nationaliste Ali Boumendjel avait été "torturé et assassiné" le 23 mars 1957 par des soldats de l'armée française au moment de la bataille d'Alger, contredisant la thèse officielle d'un suicide.

Cette étape s'inscrivait dans la série des événements organisés depuis l'arrivée du chef de l’État en 2017 pour tenter de "construire une mémoire apaisée et commune" sur la colonisation de l'Algérie et la guerre ayant conduit à son indépendance en 1962.


Le Burkina acte le départ des troupes françaises, Paris rappelle son ambassadeur

Sur cette photo prise le 21 juillet 2022 Luc Hallade (à gauche), ambassadeur de France au Burkina Faso, et le général Laurent Michon, commandant de la force Barkhane, donnent une conférence de presse, à Ouagadougou. (Photo, AFP)
Sur cette photo prise le 21 juillet 2022 Luc Hallade (à gauche), ambassadeur de France au Burkina Faso, et le général Laurent Michon, commandant de la force Barkhane, donnent une conférence de presse, à Ouagadougou. (Photo, AFP)
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  • Dans les usages diplomatiques, un tel rappel pour «consultations» signale un mécontentement avec le pays voire une crise diplomatique
  • Mais le rappel de Luc Hallade coïncide également avec une demande de la junte burkinabè de remplacer l'ambassadeur

PARIS: Le ministère français des Affaires étrangères a annoncé jeudi le rappel de son ambassadeur au Burkina Faso "pour mener des consultations" au lendemain de l'annonce du départ du pays des forces spéciales françaises d'ici "un mois".

"Dans le contexte des derniers développements intervenus au Burkina Faso, nous avons décidé de rappeler notre ambassadeur à Paris, pour mener des consultations sur l'état et les perspectives de notre coopération bilatérale", a expliqué à l'AFP le Quai d'Orsay.

Interrogée sur le rappel provisoire ou définitif de Luc Hallade, la porte-parole du Quai Anne-Claire Legendre a souligné que Paris était convenu avec les autorités burkinabè "de traiter de ce sujet en bonne entente et dans les formes diplomatiques qui sont habituelles".

Pour l'heure, le ministère "profite de sa présence" à Paris pour prendre le pouls de la situation actuelle et des perspectives de la relation bilatérale, a-t-elle ajouté lors d'un point presse.

Dans les usages diplomatiques, un tel rappel pour "consultations" signale un mécontentement avec le pays voire une crise diplomatique. Mais le rappel de Luc Hallade coïncide également avec une demande de la junte burkinabè de remplacer l'ambassadeur.

En décembre, une lettre avait en effet été envoyée à Paris pour réclamer son départ, les autorités lui reprochant d'avoir fait état publiquement de la dégradation de la situation sécuritaire dans le pays, en proie à des violences jihadistes.

L'ambassadeur, qui était arrivé à Ouagadougou à l'été 2019, était toutefois resté à son poste. Et la visite de la secrétaire d'Etat française Chrysoula Zacharopoulou le 10 janvier avait laissé entrevoir une possibilité d'apaisement.

Le tournant est intervenu il y a quelques jours quand le gouvernement burkinabè a décidé de dénoncer l'accord de 2018 relatif au statut des forces françaises présentes dans ce pays. Une dénonciation "formellement" reçue mardi par le ministère des Affaires étrangères.

"Conformément aux termes de l'accord, la dénonciation prend effet un mois après la réception de la notification écrite", a-t-il précisé à l'AFP. La France respectera "les termes de cet accord en donnant suite à cette demande", a ajouté le Quai d'Orsay.

Face à des relations franco-burkinabè dégradées et un sentiment anti-français grandissant à travers le pays, les responsables français martelaient ces derniers mois que les forces spéciales ne resteraient qu'à la demande des autorités burkinabè.

"La France n'impose rien, elle est disponible pour inventer un avenir ensemble", avait ainsi déclaré la secrétaire d'Etat à l'issue d'un entretien avec le capitaine Ibrahim Traoré au pouvoir à la faveur d'un coup d'Etat fin septembre.

L'aide bilatérale en question ?

Pourtant, peu après cette visite, le gouvernement burkinabè avait fait savoir qu'il affirmerait avec force la souveraineté du pays et entendait "diversifier ses partenaires" dans la lutte antijihadiste, longtemps menée principalement avec l'aide de la France, ancienne puissance coloniale.

Le Burkina héberge actuellement un contingent de près de 400 militaires des forces spéciales françaises, dans une opération baptisée Sabre. Ces militaires auront quitté le pays "d'ici fin février" et le retrait de tous les matériels devrait être achevé "fin avril", a affirmé mercredi à l'AFP une source proche du dossier.

Selon des sources concordantes, l'option privilégiée serait alors de redéployer ces militaires d'élite au Niger voisin, qui accueille déjà près de 2.000 personnels français.

Ouagadougou souhaite le départ des forces militaires françaises sans pour autant rompre diplomatiquement avec Paris. Mais la France reste désormais dans l'attente des décisions de partenariats des autorités burkinabè, qui ont amorcé un rapprochement avec la Russie.

Le Premier ministre avait fait une visite discrète à Moscou en décembre avant de déclarer il y a deux semaines qu'un partenariat avec la Russie était "un choix de raison".

Lors de sa visite à Ouagadougou, Chrysoula Zacharopoulou "a été très claire sur les conséquences du choix que feront les autorités", avait récemment expliqué à l'AFP une source diplomatique. Et d'ajouter: "Chaque choix a des conséquences".

Parmi les questions, l'avenir de l'aide française au développement qui pourrait être suspendue, comme au Mali, si les Burkinabè se tournaient vers la société paramilitaire privée russe Wagner. Environ un milliard d'euros a été injecté au Burkina Faso entre 2011 et 2021 via l'Agence française de développement.


Cheffes de la diplomatie et ministres des armées français et australien réunis lundi à Paris

Le ministre français des Armées Sébastien Lecornu. (Photo, AFP)
Le ministre français des Armées Sébastien Lecornu. (Photo, AFP)
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  • La ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna, le ministre français des Armées Sébastien Lecornu et leurs homologues australiens Penny Wong et Richard Marles se réuniront en format dit «2+2»
  • Au plus fort de la crise, le président français Emmanuel Macron avait accusé le Premier ministre australien de l'époque, Scott Morrison, d'avoir menti sur l'accord, avant de rappeler l'ambassadeur français à Canberra

PARIS: Les cheffes de la diplomatie et les ministres des armées français et australien seront réunis lundi à Paris pour approfondir la coopération entre les deux pays, a annoncé jeudi la porte-parole du Quai d'Orsay.

La ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna, le ministre français des Armées Sébastien Lecornu et leurs homologues australiens Penny Wong et Richard Marles se réuniront en format dit "2+2", a déclaré Anne-Claire Legendre, lors d'un point presse.

"Cette visite fait suite à la visite du Premier ministre australien, en France, le 1er juillet dernier, qui avait marqué une étape importante pour nous dans la reconstruction de la relation avec l’Australie et qui avait permis de tourner la crise de la page Aukus", a-t-elle expliqué.

La confiance entre les deux pays s'était rompue en septembre 2021 lorsque l'ancien gouvernement conservateur australien avait brusquement annulé un contrat de 90 milliards de dollars australiens (56 milliards d'euros) pour des sous-marins du groupe français Naval Group, lui préférant des sous-marins à propulsion nucléaire britanniques ou américains.

Au plus fort de la crise, le président français Emmanuel Macron avait accusé le Premier ministre australien de l'époque, Scott Morrison, d'avoir menti sur l'accord, avant de rappeler l'ambassadeur français à Canberra.

Les relations franco-australiennes sont restées tendues jusqu'à l'élection, en mai 2022, d'un nouveau Premier ministre australien, Anthony Albanese, qui s'est efforcé d'apaiser les relations avec Paris.

"Ce sera le premier 2+2 dans ce format après la crise Aukus qui marque donc la prolongation de cette dynamique positive engagée après la visite du Premier ministre australien", a commenté la porte-parole du Quai d'Orsay.

La France et l'Australie sont engagés dans "l'élaboration d'une feuille de route bilatérale et ce sera donc l'occasion pour les quatre ministres de s'entretenir avec un accent mis sur le volet pacifique de notre coopération au bénéfice des états insulaires et sur le volet plus indo-pacifique avec la coopération dans l'Océan indien".

Il y aura aussi des réunions bilatérales pour évoquer l'Ukraine, la Chine et l'Iran.


Paris souhaite une action coordonnée de l'UE pour libérer les « otages» en Iran

La ministre française des Affaires étrangères et européennes, Catherine Colonna, arrive au palais présidentiel de l'Elysée à Paris, le 24 janvier 2023. (Photo, AFP)
La ministre française des Affaires étrangères et européennes, Catherine Colonna, arrive au palais présidentiel de l'Elysée à Paris, le 24 janvier 2023. (Photo, AFP)
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  • L'objectif est de « partager les différentes analyses pour travailler ensemble à trouver des réponses appropriées pour obtenir une libération immédiate» de tous les Européens emprisonnés
  • Sept ressortissants français sont actuellement détenus dans des prisons iraniennes. Ils font partie de dizaines d'Occidentaux détenus en Iran

PARIS: La France est favorable à une action coordonnée au sein de l'Union européenne pour faire libérer les Européens détenus en Iran et qualifiés "d'otages d'Etat", a indiqué jeudi la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

"La France n'est pas seule malheureusement dans cette situation", a souligné Anne-Claire Legendre lors d'un point presse, expliquant que la cheffe de la diplomatie française Catherine Colonna avait abordé la question d'une action coordonnée lundi lors d'un conseil des Affaires étrangères à Bruxelles.

Ce point a été évoqué de nouveau mercredi à Bruxelles lors d'un comité de coopération consulaire.

L'objectif est de "partager les différentes analyses pour travailler ensemble à trouver des réponses appropriées pour obtenir une libération immédiate" de tous les Européens emprisonnés, a expliqué Anne-Claire Legendre.

Sept ressortissants français sont actuellement détenus dans des prisons iraniennes. Ils font partie de dizaines d'Occidentaux détenus en Iran.

Leurs soutiens les décrivent comme des personnes innocentes utilisées par les Gardiens de la révolution comme levier de pression. Certains n'ont pas été jugés et n'ont pas pu s'entourer d'un avocat.

L'Iran et les grandes puissances occidentales essaient de ressusciter un accord international de 2015 qui vise à garantir le caractère civil du programme nucléaire iranien. Téhéran est accusé, malgré ses démentis, de chercher à se doter de l'arme atomique.

Un rassemblement est prévu samedi à Paris pour dénoncer les conditions de détention de ces prisonniers.