Procès de l'attentat de Nice: l'impossible «pardon» pour les victimes

Sur cette photo d'archive prise le 15 juillet 2016, des militaires français patrouillent près de cadavres recouverts d'un drap bleu sur la Promenade des Anglais à Nice (Photo, AFP).
Sur cette photo d'archive prise le 15 juillet 2016, des militaires français patrouillent près de cadavres recouverts d'un drap bleu sur la Promenade des Anglais à Nice (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 30 novembre 2022

Procès de l'attentat de Nice: l'impossible «pardon» pour les victimes

  • Chez ces accusés, «nous n'avons perçu aucune once de sentiment de responsabilité, aucun soupçon de retour sur soi»
  • Chez beaucoup de personnes qui y ont perdu un proche, la douleur est «quasi indélébile»

PARIS: Au procès de l'attentat de Nice, les avocats des parties civiles ont mis en exergue mardi, devant la cour d'assises spéciale de Paris, les "obstacles" qui empêchent selon eux les victimes d'accorder leur "pardon" aux accusés.

Chez beaucoup de personnes présentes le 14 juillet 2016 sur la Promenade des Anglais ou qui y ont perdu un proche, la douleur est "quasi indélébile" et le temps qui passe "accentue l'horreur" au lieu de jouer son rôle "cicatrisant", a constaté l'avocate Claudette Eleini.

Face à ce "passé qui ne passe pas", "seul le pardon permet de devenir un autre soi" et de renouer avec "le sens de la vie", sans "se confondre avec l'oubli et l'excusable", estime-t-elle.

Mais ce pardon nécessite un "rapport (...) entre celui qui demande le pardon et celui qui le donne", il suppose que le premier "reconnaisse sa faute".

Dans le cas des "faits abominables de l'attentat de Nice", poursuit Me Eleini, l'auteur, qui a fait 86 morts et plus de 400 blessés au volant d'un camion-bélier, "n'est pas là pour le demander", ayant été abattu par la police pour stopper sa course meurtrière.

En son absence, huit personnes sont jugées depuis le 5 septembre: trois pour association de malfaiteurs terroriste et cinq pour trafic d'armes (dont l'une en son absence). Aucune n'est poursuivie pour complicité de l'attentat.

Chez ces accusés, "nous n'avons perçu aucune once de sentiment de responsabilité, aucun soupçon de retour sur soi", hormis quelques "mots préparés" à l'avance, regrette Me Eleini.

"Aucun ne se sent coupable" de ce qu'il a fait ou n'a pas évité, ajoute-t-elle, déplorant une "inversion des rôles" alors que de nombreuses victimes ont fait part de leur sentiment de culpabilité pour n'avoir pas prêté assistance aux blessés ou ne pas être décédé à la place d'un autre membre de leur famille.

«Ouvrir une porte»

"Le procès a révélé la haine de certains" accusés, estime Me Eleini en référence aux messages Facebook au contenu violent de Chokri Chafroud et au "selfie satisfait" réalisé par Mohamed Ghraieb sur la Promenade le lendemain des faits.

Leurs réponses pendant les interrogatoires se sont résumées à "ça ne veut rien dire" et "je n'ai rien à voir dans tout cela".

Par cette attitude de "déni", "ils s'interdisent le pardon à eux-mêmes, mais aussi de recevoir celui des victimes", abonde Me Olivia Chalus.

"Ce procès aura permis de faire la lumière sur comment ce crime a été commis, mais il laissera en suspens la question du pourquoi", laissant les victimes "seules face à leurs questionnements", regrette encore Me Eleini.

Malgré tout, ce procès de plus de trois mois, qui a "pris le temps d'écouter toutes les parties", permettra au travail de deuil des victimes de "se faire sur une base saine", veut-elle croire.

Si "ce n'est évidemment pas les moments d'amnésie collective des accusés qui permettront aux victimes" de se reconstruire, elles s'appuient sur "l'espoir de justice pour atteindre la résilience", espère aussi Me Nisrine Bounssir.

"Peut-être que ce procès permettra" à certaines victimes "d'ouvrir une porte fermée à double tour et, derrière cette porte, de renouer un lien avec les autres, de redécouvrir ce que veut dire être vivant et de s'octroyer le droit d'aimer et d'être aimé", souhaite Me Chalus, qui clôture la plaidoirie coordonnée menée depuis mercredi dernier par 55 avocats.

Les plaidoiries de parties civiles doivent se poursuivent jusqu'à jeudi soir, avec les interventions individuelles d'une vingtaine d'avocats, avant le réquisitoire prévu mardi.


Liban: Macron appelle Israël à "renoncer à une offensive terrestre"

Le président français Emmanuel Macron préside une visioconférence des dirigeants du G7 pour discuter des répercussions de la guerre en Iran sur l’économie mondiale, dans le contexte du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, au palais de l’Élysée à Paris, le 11 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron préside une visioconférence des dirigeants du G7 pour discuter des répercussions de la guerre en Iran sur l’économie mondiale, dans le contexte du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, au palais de l’Élysée à Paris, le 11 mars 2026. (AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a appelé Israël à renoncer clairement à une offensive terrestre au Liban et le Hezbollah à cesser immédiatement ses attaques
  • La France soutient les efforts du Liban pour rétablir le contrôle total de l’État, tandis que la Syrie affirme désormais appuyer la souveraineté libanaise

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a appelé mercredi soir Israël à "clairement renoncer à une offensive terrestre au Liban" et le Hezbollah à "immédiatement mettre fin à ses attaques", après s'être entretenu avec son homologue libanais Joseph Aoun.

"Le Hezbollah a commis une faute majeure en forçant le Liban à l’affrontement avec Israël. Il doit immédiatement mettre fin à ses attaques. De son côté, Israël doit clairement renoncer à une offensive terrestre au Liban", a-t-il affirmé dans une publication sur le réseau social X.

Israël poursuit ses attaques visant le Hezbollah au Liban, entraîné le 2 mars dans la guerre au Moyen-Orient lorsque le mouvement pro-iranien a lancé une attaque sur Israël.

L'agence officielle Ani a fait état de nouvelles frappes mercredi soir dans le sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, tandis que des images de l'AFPTV ont montré de la fumée s'élever de la banlieue sud.

Emmanuel Macron a également indiqué s'être entretenu avec son homologue syrien Ahmad al-Chareh, dont il assure qu'il "soutient les efforts des autorités libanaises pour restaurer le contrôle plein et entier de l’Etat sur leur territoire".

"Son soutien à la souveraineté libanaise marque une rupture nette avec le passé. C’est le gage de relations saines et constructives entre le Liban et la Syrie", a-t-il déclaré.

Les forces d'Ahmad al-Chareh, dont le groupe Hayat Tahrir al-Sham (HTS) qu'il dirigeait et a depuis dissous, ont renversé en décembre 2024 l'ancien dirigeant syrien Bachar al-Assad, que le Hezbollah soutenait militairement.

Les présidents libanais et syrien ont convenu mardi de mieux "contrôler" leur frontière commune, au lendemain d'un incident, a annoncé Beyrouth.

Damas avait dénoncé dans la nuit précédente des tirs d'artillerie du Hezbollah vers son territoire, en pleine guerre entre Israël et le mouvement chiite libanais soutenu par l'Iran.


Liban: la France triple son soutien humanitaire et envoie 60 tonnes d'aide

Photo d'archives du 1er novembre 2024. (AFP)
Photo d'archives du 1er novembre 2024. (AFP)
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  • "Nous avons décidé de tripler le volume de l'aide qui arrivera cette semaine. Cette aide atteindra 60 tonnes d'aide humanitaire à destination des Libanais, avec des kits sanitaires, des kits d'hygiène, des matelas, des lampes"
  • Ce soutien s'effectue "grâce au soutien de la Fondation CMA CGM" de l'armateur français

PARIS: La France s'apprête à tripler son soutien humanitaire au Liban, en y dépêchant jeudi 60 tonnes d'aide pour les réfugiés quittant le sud du pays où Israël mène des opérations militaires contre le Hezbollah pro-iranien, a annoncé mercredi le chef de la diplomatie française

"Nous avons décidé de tripler le volume de l'aide qui arrivera cette semaine. Cette aide atteindra 60 tonnes d'aide humanitaire à destination des Libanais, avec des kits sanitaires, des kits d'hygiène, des matelas, des lampes, mais aussi un poste sanitaire mobile", a déclaré Jean-Noël Barrot sur TF1.

Ce soutien s'effectue "grâce au soutien de la Fondation CMA CGM" de l'armateur français, selon lui.

Paris s'apprête par ailleurs à fournir "plusieurs dizaines" de véhicules de l'avant-blindé (VAB) aux forces armées libanaises, "dont nous considérons qu'elles sont seules légitimes à assurer la sécurité du Liban", a rappelé le ministre, qui a à nouveau appelé le Hezbollah à "cesser ses attaques sur Israël" et "à rendre ses armes aux autorités libanaises".

Quelque 760.000 personnes ont été déplacées depuis le début de la campagne de frappes, lancée en réponse à des tirs du Hezbollah, selon des chiffres publiés mardi par le gouvernement libanais.

Depuis que le Hezbollah a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël, près de 500 personnes ont été tuées.


Le Hezbollah doit se désarmer, Israël s'abstenir d'une opération d'envergure, selon Paris

 La France a exprimé mardi, à la veille d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, "sa vive préoccupation" face à l'escalade de violences au Liban, exhortant le Hezbollah "à remettre les armes" et Israël "à s'abstenir de toute intervention d'envergure". (AFP)
 La France a exprimé mardi, à la veille d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, "sa vive préoccupation" face à l'escalade de violences au Liban, exhortant le Hezbollah "à remettre les armes" et Israël "à s'abstenir de toute intervention d'envergure". (AFP)
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  • La France, qui devait accueillir le 5 mars une conférence internationale d'aide aux forces armées libanaises, réitère "son plein soutien aux autorités libanaises"
  • Condamnant "le choix irresponsable" fait par le groupe chiite pro-iranien de se joindre aux attaques iraniennes contre Israël depuis le 1er mars, Paris appelle "le Hezbollah à mettre fin à ses opérations"

PARIS: La France a exprimé mardi, à la veille d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, "sa vive préoccupation" face à l'escalade de violences au Liban, exhortant le Hezbollah "à remettre les armes" et Israël "à s'abstenir de toute intervention d'envergure".

Condamnant "le choix irresponsable" fait par le groupe chiite pro-iranien de se joindre aux attaques iraniennes contre Israël depuis le 1er mars, Paris appelle "le Hezbollah à mettre fin à ses opérations", selon une déclaration du porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

Elle appelle en outre Israël "à s'abstenir de toute intervention terrestre ou d'envergure durable au Liban, dont l'intégrité territoriale et la souveraineté doivent être respectées".

La France, qui devait accueillir le 5 mars une conférence internationale d'aide aux forces armées libanaises, réitère "son plein soutien aux autorités libanaises", saluant leur décision le 2 mars dernier d'interdire les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah.

La conférence du 5 mars, annulée en raison du déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, était destinée à lever des fonds pour renforcer les forces de sécurité intérieures et l'armée libanaise, qui manquent cruellement de moyens financiers et d'équipements.

Cette aide était jugée fondamentale alors que l'armée libanaise était engagée dans un processus de désarmement du Hezbollah.

L'armée libanaise avait indiqué en janvier avoir achevé la première phase de ce plan de désarmement, couvrant la région située entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord. La deuxième phase, concernant une zone située au nord du fleuve, devait commencer.

En déplacement au Liban début février, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot avait jugé positif le processus de désarmement, estimant qu'au sud du fleuve Litani, il n'y avait plus de menaces vers le nord d'Israël.

Il avait aussi demandé à l'Iran de cesser d'être une force déstabilisatrice au Liban alors qu'Israël suspectait le Hezbollah de se réarmer avec l'aide de Téhéran.

Les autorités israéliennes ont constamment jugé insuffisants les progrès dans le désarmement du groupe pro-iranien qui a fini par entraîner le Liban dans la guerre début mars.