Iran: 15 accusés risquent la peine de mort pour le meurtre d'un paramilitaire

Un manifestant tient un portrait de Mahsa Amini lors d'une manifestation de soutien à Amini, une jeune Iranienne décédée après avoir été arrêtée à Téhéran par la police des mœurs de la République islamique, sur l'avenue Istiklal à Istanbul le 20 septembre 2022. (AFP)
Un manifestant tient un portrait de Mahsa Amini lors d'une manifestation de soutien à Amini, une jeune Iranienne décédée après avoir été arrêtée à Téhéran par la police des mœurs de la République islamique, sur l'avenue Istiklal à Istanbul le 20 septembre 2022. (AFP)
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Publié le Mercredi 30 novembre 2022

Iran: 15 accusés risquent la peine de mort pour le meurtre d'un paramilitaire

  • Depuis la mi-septembre, des milliers d'Iraniens et une quarantaine d'étrangers ont été arrêtés et plus de 2.000 personnes inculpées en lien avec les «émeutes», selon les autorités judiciaires
  • Parmi les inculpés, au moins six ont été condamnés à mort en première instance et leur sort dépend désormais de la Cour suprême qui doit statuer sur leur appel

TEHERAN: Quinze personnes, dont une femme et trois mineurs, accusées d'avoir tué début novembre un paramilitaire lors d'une cérémonie organisée par des manifestants pour marquer le 40e jour de la mort d'une des leurs, risquent la peine de mort, a annoncé mercredi la justice iranienne.

L'Iran est le théâtre de manifestations depuis la mort le 16 septembre de Mahsa Amini, une Kurde iranienne de 22 ans décédée trois jours après son arrestation à Téhéran par la police des mœurs. Cette dernière lui reprochait d'avoir enfreint le code vestimentaire strict de la République islamique.

"La première audience des agresseurs de Ruhollah Ajamian a eu lieu ce matin (mercredi) dans la province d'Alborz" près de Téhéran, a indiqué l'organe de la justice, Mizan Online.

"Quinze accusés ont été inculpés de corruption sur terre", un crime passible de la peine capitale, a précisé la même source.

Ruhollah Ajamian, membre de la milice Bassidj, liée aux Gardiens de la révolution [l'armée idéologique de la République islamique], a été tué le 3 novembre à Karaj, dans la province d'Alborz, à 30 km à l'ouest de Téhéran, alors qu'un rassemblement marquait près d'un cimetière le 40e jour de deuil après la mort d'une manifestante, selon les médias locaux.

"Les émeutiers ont attaqué cet agent de sécurité qui n'était pas armé, l'ont déshabillé, poignardé, frappé avec des poings américains, des pierres et des coups de pied, puis ont traîné son corps nu et à moitié mort sur l'asphalte de la rue et entre les voitures d'une manière horrible", avait affirmé le 12 novembre Hossein Fazeli Harikandi, chef de la justice de la province d'Alborz.

L'agence Mizan avait annoncé le même jour l'inculpation de onze individus, dont une femme, soupçonnés d'avoir assassiné Ajamian.

Mercredi, Mizan a précisé que "trois des accusés ont 17 ans" et que "leur cas sera traité par un tribunal spécial chargé des délits juvéniles".

Depuis la mi-septembre, des milliers d'Iraniens et une quarantaine d'étrangers ont été arrêtés et plus de 2.000 personnes inculpées en lien avec les "émeutes", selon les autorités judiciaires.

Parmi les inculpés, au moins six ont été condamnés à mort en première instance et leur sort dépend désormais de la Cour suprême qui doit statuer sur leur appel.

Un général iranien a fait état lundi de la mort de plus de 300 personnes depuis le début du mouvement de contestation.

Dans ce bilan figurent des dizaines de membres des forces de l'ordre tués dans des affrontements avec les manifestants ou assassinés, selon les autorités iraniennes.


Huit soldats syriens tués dans une attaque djihadiste

Huit soldats syriens ont été tués mercredi dans une attaque du groupe djihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS), l'ex-branche syrienne du réseau Al-Qaïda, dans la province d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, selon une ONG (Photo, AFP)
Huit soldats syriens ont été tués mercredi dans une attaque du groupe djihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS), l'ex-branche syrienne du réseau Al-Qaïda, dans la province d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, selon une ONG (Photo, AFP)
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  • «Le HTS a tiré des obus et des roquettes sur un poste militaire syrien tuant huit soldats près de Kafr Rouma dans la province d'Idleb», a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH)
  • Environ la moitié de la province d'Idleb et des secteurs limitrophes des provinces voisines de Hama, d'Alep et de Lattaquié sont dominés par HTS et des factions rebelles moins influentes

BEYROUTH: Huit soldats syriens ont été tués mercredi dans une attaque du groupe djihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS), l'ex-branche syrienne du réseau Al-Qaïda, dans la province d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, selon une ONG.

"Le HTS a tiré des obus et des roquettes sur un poste militaire syrien tuant huit soldats près de Kafr Rouma dans la province d'Idleb", a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui dispose d'un vaste réseau de sources dans le pays en guerre.

Les médias officiels syriens n'ont pas rapporté l'attaque qui n'a pas été revendiquée dans l'immédiat.

Environ la moitié de la province d'Idleb et des secteurs limitrophes des provinces voisines de Hama, d'Alep et de Lattaquié sont dominés par HTS et des factions rebelles moins influentes.

Depuis fin 2022, le HTS "a intensifié ses bombardements" contre des positions du régime de Bachar al-Assad à Idleb, après le rapprochement entre Ankara et Damas, selon le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

La région abrite trois millions de personnes, dont environ la moitié sont des déplacés.

La Syrie et la Turquie, qui soutient les rebelles syriens, ont repris le dialogue après une rupture de plus d'une décennie qui a suivi la guerre déclenchée en 2011 en Syrie.

Une rencontre tripartite a eu lieu en décembre à Moscou entre les ministres turc, syrien et russe de la Défense, la première depuis 2011.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a plusieurs fois qualifié M. Assad d'"assassin" ces dernières années, a évoqué en novembre une "possible" rencontre avec ce dernier.

M. Assad a estimé mi-janvier que les rencontres syro-turques devraient avoir pour objectif "la fin de l'occupation (turque)" du territoire syrien.

La Turquie a lancé depuis 2016 trois offensives sur le sol syrien contre les forces kurdes dans le nord, qui lui ont permis de contrôler une bande frontalière côté syrien, une "occupation" dénoncée par le régime syrien.

Echange de tirs 

A la suite des rencontres syro-turques, des centaines d'opposants à M. Assad ont manifesté fin décembre dans le nord et le nord-ouest contre une possible entente syro-turque.

Depuis le début 2023, les bombardements et les affrontements intermittents entre les forces du régime d'un côté et le HTS et les factions qui leur sont affiliées de l'autre ont coûté la vie à 45 soldats syriens et 18 djihadistes, dont un djihadiste français, selon l'OSDH.

Malgré des affrontements sporadiques, un cessez-le-feu négocié par Moscou, allié de Damas, et Ankara, est largement respecté depuis mars 2020 dans cette région.

Mais des échanges de tirs sanglants ont parfois lieu dans cette région soumise de manière sporadique à des raids aériens du régime syrien.

Le 6 novembre, dix personnes dont trois enfants ont été tuées et 77 civils blessés à Kafr Jales dans la région d'Idleb par des bombardements du régime, d'après l'OSDH.

Les bombardements ont eu lieu après la mort selon l'ONG de cinq soldats syriens dans des bombardements d'un groupe affilié au HTS dans le sud-ouest d'Idleb.

La guerre en Syrie a fait depuis 2011 près d'un demi-million de morts, ravagé les infrastructures et déplacé des millions de personnes.


Le Premier ministre espagnol au Maroc pour sceller la réconciliation

Le Premier ministre marocain Aziz Akhannouch reçoit le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez à son arrivée à Rabat, le 1er février 2023. (Photo, AFP)
Le Premier ministre marocain Aziz Akhannouch reçoit le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez à son arrivée à Rabat, le 1er février 2023. (Photo, AFP)
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  • Avant son arrivée, M. Sánchez a eu un entretien téléphonique avec le roi Mohammed VI au cours duquel ils ont convenu de «consolider la nouvelle étape des relations entre le Maroc et l'Espagne», selon un communiqué espagnol
  • Une vingtaine d'accords doivent être signés jeudi pour faciliter les investissements espagnols au Maroc et nouer des partenariats dans l'éducation et la culture, selon des sources gouvernementales espagnoles

RABAT: Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez est arrivé mercredi à Rabat pour une réunion au sommet afin d'ancrer le "partenariat stratégique" entre les deux pays après une profonde crise diplomatique provoquée par la question du Sahara occidental, a constaté l'AFP.

M. Sánchez, qui est accompagné d'une douzaine de ministres, doit participer jeudi à une "réunion de haut niveau" avec le gouvernement marocain, une première depuis huit ans.

Avant son arrivée, M. Sánchez a eu un entretien téléphonique avec le roi Mohammed VI au cours duquel ils ont convenu de "consolider la nouvelle étape des relations entre le Maroc et l'Espagne", selon un communiqué espagnol.

Le monarque chérifien a invité M. Sánchez à revenir "très prochainement" au Maroc pour une visite officielle "en vue de renforcer cette dynamique positive dans l'excellent partenariat stratégique bilatéral", selon le cabinet royal.

La réunion est un nouveau pas dans la réconciliation entre les deux voisins depuis que M. Sánchez a mis fin en mars dernier à un an de brouille diplomatique avec le Maroc en acceptant d'appuyer les positions marocaines sur le territoire disputé du Sahara occidental.

Ce rapprochement intervient au moment où la France, autre partenaire historique, est clouée au pilori par la classe politique et les médias marocains qui l'accusent d'avoir "orchestré" une récente résolution du Parlement européen s'inquiétant de la dégradation de la liberté de la presse au Maroc et des allégations de corruption d'eurodéputés à Bruxelles.

Une vingtaine d'accords doivent être signés jeudi pour faciliter les investissements espagnols au Maroc et nouer des partenariats dans l'éducation et la culture, selon des sources gouvernementales espagnoles.

Au menu également, l'immigration clandestine et la lutte anti-terroriste.

Madrid a mis en avant la baisse de plus de 25% de l'immigration illégale en 2022 grâce à sa coopération policière avec Rabat, avec 31.219 migrants entrés illégalement en Espagne en 2022.

Cette coopération a toutefois été ternie par la mort de 23 migrants subsahariens qui avaient tenté le 24 juin dernier de s'introduire dans l'enclave espagnole de Melilla via la ville frontière marocaine de Nador (nord).

Rabat est également considéré comme un allié dans la lutte contre le terrorisme.

Le 25 janvier, une attaque à la machette a été menée contre deux églises à Algésiras (sud de l'Espagne) dans laquelle un sacristain a été tué. L'auteur présumé est un jeune Marocain de 25 ans en situation irrégulière.


Un projet de stratégie antiterroriste arabe discuté à Riyad

Les représentants de 14 pays arabes ont soumis un projet de plan directeur pour la stratégie arabe de lutte contre le terrorisme, élaboré par le Conseil des ministres arabes de l'Intérieur. (SPA)
Les représentants de 14 pays arabes ont soumis un projet de plan directeur pour la stratégie arabe de lutte contre le terrorisme, élaboré par le Conseil des ministres arabes de l'Intérieur. (SPA)
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  • Des représentants de 14 pays arabes ont soumis un projet de plan directeur pour la stratégie arabe de lutte contre le terrorisme
  • Les représentants ont passé en revue les composantes du plan directeur, ses moyens de mise en œuvre, ainsi que les programmes d'accompagnement avec les partenaires internationaux

RIYAD: Des représentants de 14 pays arabes ont soumis un projet de plan directeur pour la stratégie arabe de lutte contre le terrorisme, qui a été élaboré par le Conseil des ministres arabes de l'Intérieur lors de la septième réunion de deux jours du Haut comité arabe, organisée par la Naif Arab University for Security Sciences (Nauss) dans son siège central à Riyad.

La réunion, organisée par le Bureau arabe de lutte contre l'extrémisme et le terrorisme à Riyad et le Bureau des Nations unies contre le terrorisme, était présidée par le représentant omanais, le lieutenant-colonel Mohammed ben Salem al-Shanfari, et a réuni des délégations des pays suivants: Jordanie, Émirats arabes unis, Bahreïn, Algérie, Arabie saoudite, Soudan, Irak, Oman, Qatar, Koweït, Égypte, Maroc, Mauritanie et Yémen, ainsi qu'un représentant du Conseil de coopération du Golfe (CCG). 

La réunion a passé en revue les composantes du plan directeur, ses moyens de mise en œuvre, ainsi que les programmes d'accompagnement avec les partenaires internationaux. Les représentants ont discuté des mécanismes de mesure, de suivi et d'évaluation du plan.

Le vice-président des relations extérieures de la Nauss, Khalid Alharfash, a indiqué que le terrorisme était en tête des problèmes que l'université souhaitait aborder, compte tenu de l’impact du terrorisme sur la sécurité et la stabilité internationales.

Alharfash a ajouté que l'université, en partenariat avec l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), avait dernièrement inauguré un centre spécialisé visant à lutter contre les crimes, et notamment le terrorisme.

Il a exprimé l'espoir que les recommandations et résolutions adoptées par les représentants atteindraient les buts et objectifs des ministres régionaux de l'Intérieur et stimuleraient l'action arabe dans le domaine de la lutte contre le terrorisme.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com