​​​​Brittney Griner, échangée contre un marchand d'armes russe, de retour aux Etats-Unis

Américains et Russes s'accusent mutuellement de détenir leurs ressortissants respectifs à des fins politiques. Plusieurs échanges de prisonniers ont eu lieu ces dernières années. (AFP)
Américains et Russes s'accusent mutuellement de détenir leurs ressortissants respectifs à des fins politiques. Plusieurs échanges de prisonniers ont eu lieu ces dernières années. (AFP)
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Publié le Samedi 10 décembre 2022

​​​​Brittney Griner, échangée contre un marchand d'armes russe, de retour aux Etats-Unis

  • Américains et Russes s'accusent mutuellement de détenir leurs ressortissants respectifs à des fins politiques
  • L'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis ont participé à la procédure d'échange

SAN ANTONIO: La star américaine du basket Brittney Griner est arrivée vendredi matin aux Etats-Unis après avoir été libérée d'une prison russe en échange d'un marchand d'armes surnommé le "marchand de mort".

"Nous confirmons que Brittney Griner est arrivée à la base militaire de San Antonio au Texas (...) et qu'elle a été transportée au centre médical militaire Brooke, conformément au protocole", a indiqué vendredi un porte-parole de cet important centre médical militaire.

L'Afro-Américaine de 32 ans, double championne olympique, a atterri à San Antonio vers 10H40 GMT. Vêtue d'une veste rouge, elle est descendue de l'avion avant que le jour ne se lève, a constaté une journaliste de l'AFP.

Brittney Griner , qui avait été arrêtée en Russie en février en possession d'une vapoteuse contenant du cannabis dilué dans un liquide, et Viktor Bout, 55 ans, qui purgeait une peine de 25 ans dans une prison américaine, ont été échangés dans un aéroport d'Abou Dhabi, aux Emirats arabes unis.

La joueuse de basket-ball a "bon moral", a déclaré vendredi le porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, John Kirby, sur MSNBC.

Dans un communiqué, la famille de Brittney Griner a exprimé sa "sincère gratitude envers le président Biden et son administration pour le travail inlassable qu'ils ont accompli pour ramener Brittney à la maison."

«Soulagement»

Sur des images de l'échange, qui semble tout droit sorti de la Guerre froide, la sportive apparaît les cheveux ras, sans ses longues dreadlocks habituelles.

Dans une autre vidéo diffusée par la chaîne pro-Kremlin RT, on voit Brittney Griner quitter sa colonie pénitentiaire sacs en main. Une gardienne lui demande en russe "Pensez-vous revenir un jour ici?".

Aux Etats-Unis, l'épouse de la basketteuse, Cherelle Griner s'est dite jeudi "submergée par les émotions".

"Pas un jour lors de ces 10 derniers mois sans que nous ayons porté Brittney Griner dans nos coeurs et nos pensées", a déclaré la commissaire de la ligue professionnelle américaine de basket féminin (WNBA), Cathy Engelbert.

L'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis ont participé à la procédure d'échange, mais la Maison Blanche a relativisé leur rôle.

"Les seuls pays ayant participé aux négociations sont les Etats-Unis et la Russie", a déclaré la porte-parole de l'exécutif américain Karine Jean-Pierre.

Paul Whelan «fortement déçu»

Un haut responsable américain a affirmé que la discussion avec Moscou était restée focalisée sur la libération de Brittney Griner, et les Etats-Unis l'ont fait savoir à l'Ukraine ainsi qu'à d'autres alliés.

Entre Moscou et Washington, un échange de prisonniers mais une diplomatie au point mort

Des discussions directes avec Moscou sur l'Ukraine ne sont néanmoins pas à l'ordre du jour pour Washington.

Joe Biden ne veut pas s'entretenir avec son homologue russe d'un éventuel règlement diplomatique du conflit sans l'aval de Kiev qui, sous les bombes, refuse pour l'instant d'en entendre parler.

A défaut, Washington ne s'interdit pas des discussions sur d'autres sujets ciblés, et l'échange de prisonniers jeudi constitue le second depuis le début de la guerre en Ukraine: Trevor Reed, un ex-Marine condamné à neuf ans de prison en Russie pour violences, avait été échangé en avril à Istanbul contre le pilote russe Konstantin Iarochenko.

Ces négociations n'ont d'autre but que de libérer des citoyens américains, confirme Will Pomeranz, directeur du Kennan Institute au Wilson Center, un think-tank basé à Washington.

"Je ne pense pas que cela aura le moindre impact sur les relations entre la Russie et les Etats-Unis", analyse-t-il. "Elles sont dans un état complétement déplorable, et je ne pense pas que cela puisse changer la dynamique".

"C'est le fruit de négociations et de la recherche de compromis. En l'espèce, on a trouvé un compromis et nous ne refusons pas de poursuivre ce travail à l'avenir", a déclaré vendredi Vladimir Poutine lors d'une conférence de presse en marge d'un sommet au Kirghizstan.

Un autre Américain détenu en Russie, Paul Whelan, n'a pas été inclus dans l'échange. M. Kirby a déclaré vendredi que les États-Unis continuaient à travailler avec Moscou pour rapatrier cet ancien militaire, condamné à seize ans de prison pour "espionnage", une condamnation qu'il dénonce comme fabriquée de toutes pièces.

«Marchand de mort»

Brittney Griner a été arrêtée en février alors qu'elle avait été engagée par l'équipe russe de Ekaterinbourg, pendant l'intersaison américaine, une pratique courante.

En août, elle avait été condamnée à une peine de neuf ans d'emprisonnement puis, après le rejet de son appel, avait été transférée en novembre dans une colonie pénitentiaire dans le centre de la Russie.

Ses soutiens ont toujours dénoncé une prise d'otage pour marchander avec Washington en plein conflit en Ukraine.

Le nom de Viktor Bout avait été évoqué dès l'été. Célèbre trafiquant d'armes russe, arrêté en Thaïlande en 2008, il avait été condamné à une peine de 25 ans de prison aux Etats-Unis.

Viktor Bout a atterri jeudi en Russie, selon une chaîne de télévision publique russe. Dans une interview au média russe RT vendredi, cet ancien officier soviétique a accusé l'Occident de vouloir "détruire" et "diviser" la Russie.

Surnommé le "marchand de mort", son parcours hors du commun a servi d'inspiration au film "Lord of War" avec Nicolas Cage.

Américains et Russes s'accusent mutuellement de détenir leurs ressortissants respectifs à des fins politiques. Plusieurs échanges de prisonniers ont eu lieu par le passé.


L'Iran et les Etats-Unis jugent un accord proche

Une femme passe devant une fresque antiaméricaine peinte sur le mur de l'ancienne ambassade des États-Unis, aujourd'hui transformée en musée, à Téhéran, le 12 juin 2026. (Photo AP/Vahid Salemi).
Une femme passe devant une fresque antiaméricaine peinte sur le mur de l'ancienne ambassade des États-Unis, aujourd'hui transformée en musée, à Téhéran, le 12 juin 2026. (Photo AP/Vahid Salemi).
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  • L’Iran et les États-Unis se disent proches d’un accord pour mettre fin à plusieurs mois de tensions au Moyen-Orient
  • Des désaccords persistent sur le nucléaire iranien, les sanctions économiques et le dossier libanais

TEHERAN: L'Iran et le médiateur pakistanais ont affirmé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis était proche pour mettre fin à trois mois et demi de conflit au Moyen-Orient, un haut responsable américain affichant également un ton optimiste.

Après des semaines de négociations laborieuses et d'espoirs déçus à plusieurs reprises, est-on dans la dernière ligne droite? Les principaux protagonistes se disent confiants même si la version du texte donnée par les médias iraniens diffère significativement de celle avancée par Washington.

"Dès que les dernières étapes de nos négociations seront achevées, cet accord sera signé et annoncé", a indiqué le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi à la télévision d'Etat.

"Cela pourrait arriver dans les prochains jours. J'ai bon espoir", a-t-il déclaré.

Le ministre a affirmé que le projet d'accord prévoyait la levée du blocus américain des ports iraniens et une nouvelle gestion du détroit d'Ormuz.

Il a cependant accusé Israël de chercher des "prétextes" pour faire "dérailler" un éventuel accord avec Washington.

Même tonalité positive du côté du Premier ministre du Pakistan, principal négociateur dans le conflit. "La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui", selon Shehbaz Sharif.

- Signature "à distance" -

Et à Washington, un haut responsable a estimé à "80 à 85%" la probabilité d'un accord-cadre ouvrant une période de 60 jours de discussions techniques, mais "pas 100%". "La ligne d'arrivée n'est pas encore franchie", a-t-il averti, sous le couvert de l'anonymat.

La Suisse a déjà proposé d'accueillir une éventuelle signature, alors qu'un sommet du G7 en présence de Donald Trump doit commencer lundi dans la ville française d'Evian, près de Genève. Mais Téhéran a affirmé qu'une fois finalisé, le protocole d'accord serait signé "à distance".

Les marchés parient de leur côté sur une telle issue, avec un pétrole passé sous la barre des 90 dollars le baril.

Le président américain, qui a déjà annoncé 39 fois un accord imminent selon un décompte de CNN, peine à trouver une issue à cette guerre impopulaire, à l'approche des élections de mi-mandat de novembre et en plein Mondial de football co-organisé par les Etats-Unis.

Il s'est fendu vendredi d'un message furieux sur son réseau Truth Social: "Les termes (d'accord) que l'Iran a fait fuiter aux médias menteurs n'ont RIEN à voir avec les termes dont nous sommes convenus par écrit".

"Ce sont des gens qui n'ont pas d'honneur. Avec eux, il est impossible de négocier de bonne foi", a-t-il écrit aussi.

- Dilution de l'uranium -

L'agence de presse iranienne Mehr avait publié plus tôt ce qu'elle a présenté comme une ébauche de protocole en 14 points, avec des conditions telles que le maintien du contrôle sur le détroit d'Ormuz, le droit à l'enrichissement d'uranium, le déblocage rapide de 24 milliards de dollars de fonds iraniens gelés à l'étranger.

Washington a livré de son côté une toute autre version du texte.

Le compromis doit, selon le responsable américain, mener à la réouverture d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Il doit aussi aboutir au "démantèlement" du programme nucléaire iranien et permettre aux Etats-Unis de récupérer l'uranium hautement enrichi, qui serait "détruit sur place" puis "sorti" du pays.

Mais Abbas Araghchi a préconisé vendredi une dilution sur le sol iranien de ses stocks d'uranium enrichi à 60%.

Diluer l'uranium à un taux inférieur à 5%, loin des 90% requis pour fabriquer la bombe nucléaire, permettrait d'éloigner considérablement la menace d'un enrichissement à des fins militaires.

Téhéran dément vouloir se doter de l'arme atomique, comme l'en accusent les Etats-Unis et Israël.

- Liban -

Enfin, sur la question des avoirs, "les Iraniens ne recevront pas d'argent et les fonds ne seront pas libérés simplement par une signature d'accord ou la participation à une réunion", a insisté sur X le vice-président américain JD Vance.

Ce point est central pour l'Iran, après des décennies de sanctions qui asphyxient son économie.

Le conflit, déclenché par des frappes américano-israéliennes le 28 février avant l'entrée en vigueur d'une trêve le 8 avril, a embrasé le Moyen-Orient, fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

Autre point d'achoppement majeur, le front libanais.

Selon Washington, l'accord en discussion avec l'Iran inclut bien le Liban, comme réclamé par Téhéran, alors que les Etats-Unis avaient toujours dit vouloir traiter ce dossier séparément.

Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le territoire israélien en soutien à l'Iran. Depuis, Israël pilonne le pays voisin, disant vouloir "éliminer" le mouvement chiite. Des frappes qui ont fait plus de 3.700 morts.


Erdogan et Netanyahu s'écharpent sur le Proche-Orient

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
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  • Recep Tayyip Erdogan a vivement accusé Benjamin Netanyahu de “marcher sur les pas d’Hitler”, dénonçant la politique israélienne à Gaza comme une “usine à souffrance” et un “réseau génocidaire”
  • Les échanges verbaux se sont durcis : Israël a répliqué en qualifiant Erdogan de “dictateur antisémite”, tandis que les tensions s’intensifient autour de Gaza, du Liban et de la sécurité régionale

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé jeudi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de "marcher sur les pas d'Hitler", les deux dirigeants se renvoyant le qualificatif de "génocidaire" par discours et communiqués interposés.

Affirmant qu'Israël s'est mué en une "usine à créer de la souffrance" se nourrissant "de sang et de larmes", le chef de l'Etat turc a à nouveau comparé M. Netanyahu à Adolf Hitler, lui prédisant "le même sort que celui des autres tyrans de l'histoire".

Mercredi, le président Erdogan, à couteaux tirés avec Benjamin Netanyahu depuis le déclenchement de la guerre à Gaza fin 2023, avait déjà déclaré que "la sécurité de la Turquie commence (...) à Alep, Damas et Beyrouth", estimant que le Premier ministre israélien et "sa clique criminelle" menacent également la Turquie.

"Nous ne tolérerons aucun fait accompli dans les pays frères et ne resterons pas les bras croisés face aux attaques", a-t-il ajouté face aux députés de son parti. En soulignant que l'armée israélienne "refuse de se retirer du Liban", où ses frappes ont fait quelque 3.700 morts depuis le déclenchement le 2 mars de sa nouvelle guerre contre le Hezbollah, selon les autorités locales.

Le bureau de Benjamin Netanyahu a rétorqué mercredi soir dans un communiqué en accusant "le dictateur antisémite Erdogan, auteur d'un génocide contre les Kurdes", de soutenir le Hamas et d'emprisonner ses opposants, jugeant qu'"il est bien le dernier à pouvoir donner des leçons de morale à Israël".

Revenant à la charge, Recep Tayyip Erdogan a dénoncé jeudi les méfaits à Gaza du "réseau génocidaire sioniste dirigé par Netanyahu".

"Ceux qui s'attaquent à notre région comme des requins assoiffés de sang devront un jour répondre de leurs actes", a-t-il conclu.


Médiation Etats-Unis/Iran : le Premier ministre du Pakistan affirme qu'un accord sur un texte de paix a été "atteint"

Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
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  • Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif affirme qu’un accord sur le texte final d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran aurait été atteint, le Pakistan jouant un rôle de médiation entre les deux parties
  • Malgré des tensions et des accusations de désinformation, l’Iran estime que la conclusion d’un accord avec les États-Unis n’a jamais été aussi proche, tandis que Donald Trump conteste des fuites et nie qu’un texte corresponde à ce qui a été convenu

ISLAMABAD: Le Premier ministre du Pakistan Shehbaz Sharif a déclaré vendredi qu'un accord avait été "atteint" sur le texte d'un accord de paix entre les Etats-Unis et l'Iran.

"Nous pouvons confirmer qu'un accord sur le texte final de l'accord de paix a été atteint et que le Pakistan maintenant travaille avec les deux parties pour finaliser les étapes suivantes", a écrit M. Sharif sur X.

"La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui", a-t-il dit.

L'Iran a lui-même affirmé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis n'avait "jamais été aussi proche", semblant vouloir calmer le jeu après un message furieux de Donald Trump accusant Téhéran de faire circuler un faux texte.

"Alors que le Pakistan déploie d'intenses efforts de médiation, nous avons pleinement conscience du fait qu'une campagne de désinformation incessante est menée par ceux qui veulent saboter l'accord de paix", a encore déclaré le ministre pakistanais.