Syrie: 10 morts, dont des combattants étrangers, dans les frappes d'Israël

Un soldat israélien en poste dans la région du Golan occupée par Israël. (AFP).
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Publié le Mercredi 18 novembre 2020

Syrie: 10 morts, dont des combattants étrangers, dans les frappes d'Israël

  • Au moins dix combattants, parmi lesquels trois officiers de la défense antiaérienne syrienne et des paramilitaires étrangers, ont été tués dans les frappes menées par Israël mercredi en Syrie
  • Il y a aussi deux combattants de milices pro-Iran, originaires d'un pays arabe, mais l'OSDH n'était pas en mesure de préciser s'il s'agit de Libanais ou d'Irakiens

BEYROUTH: Au moins dix combattants, parmi lesquels trois officiers de la défense antiaérienne syrienne et des paramilitaires étrangers, ont été tués dans les frappes menées par Israël mercredi en Syrie, selon un bilan fourni par une ONG.


Parmi ces dix morts figurent cinq paramilitaires "probablement de nationalité iranienne, qui appartiennent à la Force Qods", a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).


Il y a aussi deux combattants de milices pro-Iran, originaires d'un pays arabe, mais l'OSDH n'était pas en mesure de préciser s'il s'agit de Libanais ou d'Irakiens.


La Force Qods est une unité d'élite des Gardiens de la révolution iraniens chargée des opérations extérieures.


Les frappes israéliennes ont visé deux positions de la défense antiaérienne de l'armée syrienne, près de l'aéroport de Damas et au sud-ouest de la capitale, a indiqué à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.


Les bombardements ont aussi visé des positions et des entrepôts d'armes et de munitions des forces iraniennes et pro-iraniennes près de la capitale, notamment dans les environs de Sayeda Zeinab et Kesswa.


L'armée israélienne avait, elle, annoncé avoir ciblé le "quartier général iranien" en Syrie, un "site secret" accueillant des "délégations de hauts responsables iraniens", la 7e division de l'armée syrienne et des batteries de missiles sol-air.


Israël a effectué des centaines de frappes aériennes et de tirs de missiles sur la Syrie depuis le déclenchement de la guerre dans ce pays en 2011, ciblant les troupes iraniennes et les forces du Hezbollah libanais déployées en territoire syrien, ainsi que l'armée syrienne.


Marathon féminin de musique numérique pour le 10e anniversaire des soulèvements arabes

La DJ Liliane Chlela (DR)
Felukah (DR)
Emel Mathlouthi (DR)
Lynn Adib (DR)
Yazz Ahmed (DR)
Makimakkuk (DR)
HIYA , le flyer (design graphique Studio Safar)
HIYA, le programme (design graphique Studio Safar)
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  • À l’occasion du Mois de l’histoire des femmes, HIYA organisera un marathon musical de 12 heures réunissant une sélection entièrement féminine de DJ avant-gardistes, de musiciennes, de chanteuses, de poètes et d’artistes de toute la région SWANA
  • Véritable cartographie de la musique féminine underground d’Afrique et du Moyen Orient, le festival HIYA va donner à voir et à entendre des artistes bouleversantes

BEYROUTH : Commissionné par Al Bustan Seeds of Culture, ONG basée à Philadelphie et enracinée dans la langue et les arts arabes, qui se donne pour mission de promouvoir des événements culturels et artistiques à la croisée des cultures, le festival de musique HIYA (Elle) exclusivement joué par des femmes, va se tenir en mode virtuel le 13 mars prochain pour commémorer le 10e anniversaire soulèvements arabes.

À l’occasion du Mois de l’histoire des femmes, HIYA organisera un marathon musical de 12 heures réunissant une sélection entièrement féminine de DJ avant-gardistes, de musiciennes, de chanteuses, de poètes et d’artistes de toute la région SWANA (South West Asia and North Africa) qui façonnent l’avenir de la musique. Festival numérique de deux jours, HIYA Live présentera un tourbillon de sons radicaux à travers plusieurs genres, entre performances intimistes en direct, DJ sets, lectures de poésie et podcasts dirigés par la journaliste et cofondatrice du Groove Collective Natalie Shooter et la journaliste et DJ Shirine Saad.

De Ramallah à Tunis, de Téhéran à Beyrouth, en collaboration avec Radio Alhara, SceneNoise, Disco Tehran, MARSM, Hammam Radio, Mixcloud Live, Future Female Sounds, Ballroom Blitz, Radio Raheem, ROOT Radio et Beirut Groove Collective, un line-up de 21 femmes artistes va célébrer en continu, 12heures durant, les échos de l’intifada des femmes portée par le Printemps arabe contre les inégalités des genres, les sociétés patriarcales, l’occupation, les guerres, l’exil et surtout la musique commerciale qui n’est pas, en Orient, la meilleure représentation de la réalité des femmes.

Véritable cartographie de la musique féminine underground d’Afrique et du Moyen Orient, le festival HIYA va donner à voir et à entendre des artistes bouleversantes comme la Soudanaise Alsarah, chanteuse, auteur-compositeur, chef d'orchestre et ethnomusicologue, ou encore la chanteuse tunisienne Badiaa Bouhrizi à la voix et au style si particuliers de « Bel canto afro-méditerranéen », par ailleurs compositrice et productrice de musique électronique. Et si vous ne connaissez pas encore El Kontessa, la DJ égyptienne qui mixe des Mahraganat, ce sera l’occasion de la découvrir, de même que la soul poignante de sa compatriote Felukah qui tangue entre l’arabe et l’anglais au fil de ses émotions. Vous adorerez les scats orientaux de la jazz lady syrienne Lynn Adib et les sets de la DJ libanaise Liliane Chlela, improvisatrice de génie dont les aficionados affirment qu’elle a repoussé les limites de la musique expérimentale et électronique depuis plus d’une décennie. N’allez pas dormir sans avoir découvert le trip hop, hip-hop, folk électronique de la Palestinienne Makimakkuk, ni les révélations sonores de l’Iranienne Nesa Azadikhah qui a réussi à s’imposer comme l'une des artistes de musique électronique et sonore les plus sollicitées de Téhéran où elle produit d’autres musiciens. Pour le plaisir des yeux, on ne voudra pas non plus zapper la performance visuelle de l’artiste numérique Zahra Khalaj, 24 ans, également iranienne, initialement ingénieure télécom et mathématicienne.

Sachant que les autres artistes sont toutes de la même dimension créative et de la même ampleur émotionnelle, on comprend que cet événement 100 /100 féminin vaut au moins le détour. Pour s’inscrire : https://secure.qgiv.com/for/ape2/event/827944/


En Turquie, les réfugiés syriens partis pour rester

Selon les chiffres officiels, la ville turque de Gaziantep compte quelque 450 000 réfugiés Syriens, soit un habitant sur cinq (Photo, AFP).
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  • Sur quelque 5,6 millions de Syriens qui ont pris le chemin de l'exil depuis le début du conflit, plus de 3,6 millions se sont réfugiés en Turquie voisine
  • «Je souhaite rentrer en Syrie, mais j'essaye en même temps d'obtenir la nationalité turque, car tant qu'Assad est au pouvoir, il est hors de question pour nous d'y retourner» explique l’un d’eux

GAZIANTEP: Certains s'en sortent, d'autres moins bien ou pas du tout. Réfugiés en Turquie, des Syriens rêvent d'un retour dans leur pays, mais n'entendent pas bouger tant que leur épouvantail Bachar al-Assad est au pouvoir.

Sur quelque 5,6 millions de Syriens qui ont pris le chemin de l'exil depuis le début du conflit qui entre le 15 mars dans sa onzième année, plus de 3,6 millions se sont réfugiés en Turquie voisine, modifiant profondément la démographie des provinces turques frontalières comme Gaziantep et Hatay.

Selon les chiffres officiels, Gaziantep compte quelque 450 000 réfugiés Syriens, soit un habitant sur cinq. Ils sont originaires en majorité de la ville martyre d'Alep, distante de 110 km de l'autre côté de la frontière, et sa région.

« Je souhaite rentrer en Syrie, mais j'essaye en même temps d'obtenir la nationalité turque, car tant qu'Assad est au pouvoir, il est hors de question pour nous d'y retourner », dit Ismaïl Abtini, propriétaire avec sa famille d'un restaurant sur l'avenue Inönü, l'une des principales artères commerçantes de la ville de Gaziantep, le chef-lieu éponyme.

Abtini a quitté Alep en 2013 avec ses parents, ses frères et soeurs, sa femme et leurs enfants « pour fuir les barils d'explosifs du régime largués sur notre quartier ». L'un de ses frères a péri dans l'un des bombardements.

Devant deux rôtissoires de poulets, une broche verticale tournante de chawarma et un bac de falafel, les employés syriens préparent des commandes pour livraison ou à emporter seulement, coronavirus oblige.

Un homme fait ses courses dans une boutique syrienne de Gaziantep (Photo, AFP).

« Laisser tout tomber »

Le business est florissant, reconnaît Abtini, mais il n'hésitera pas à retourner en Syrie si le régime est évincé. « Nous avons laissé derrière des commerces, des maisons et une grande ferme ».

Dans cette section de l'avenue Inönü, plus connue sous le nom de bazar iranien, la plupart des magasins sont exploités par des Syriens, même si les noms sur les devantures sont écrits en alphabet turc comme l'exige la loi. 

« Nous sommes partis pour fuir le régime, maintenant si on nous dit qu'Assad est tombé, tu ne trouveras plus un seul Syrien en Turquie. Vous voyez tous les magasins des Syriens dans cette rue ? Ils laisseront tout tomber et rentreront immédiatement en Syrie », assure Zakaria al-Sabbagh, 23 ans, vendeur de fruits secs.

« Si le régime reste, il n'y aura pas d'espoir. Mes enfants me sont trop chers pour que je leur fasse vivre ce que nous avons vécu, nous », abonde un autre commerçant, Khader al-Houssein, 41 ans.

Dans son petit salon de coiffure, Mohammad Abou Al-Nar, 28 ans, et ses clients refont le monde en se répandant en conjectures sur les possibles issues du conflit. 

« Si je rentre maintenant, je serai emprisonné et personne n'aura de mes nouvelles, d'autant plus que je suis déserteur de l'armée et ils sont nombreux dans le même cas que moi en Turquie », affirme le barbier en plongeant sa paire de ciseaux dans la tignasse grisonnante d'un client.

« Maybe one day »

Si les commerçants de l'avenue Inönü se sont refait une vie à Gaziantep, d'autres Syriens y vivotent. 

C'est le cas de Zeina Alawi, qui a perdu son mari dans un bombardement en 2014. Elle vit avec ses quatre filles et deux fils dans un miséreux appartement d'un quartier qui l'est autant, non loin du centre de la ville.

La pandémie l'a privée de ses petits boulots et elle dépend de bienfaiteurs pour nourrir sa famille et payer l'équivalent de 50 euros de loyer. Chauffée par un poêle à charbon, la pièce principale de son appartement est meublée de deux matelas et un vieux sofa rayé.

Sans perspective de retour en vue, elle évoque son pays avec nostalgie.

« Je dis aux enfants que la Syrie est un beau pays, on y habitait dans une maison, on était heureux et on n'avait pas à souffrir avec le genre de travail que l'on doit faire ici. Mais Dieu en a décidé autrement. »

Ahd Al-Wali, épicière et confidente de nombreuses familles syriennes du quartier, a quitté Alep avec son fils unique en 2014, un an après la mort de mari qui a combattu les forces du régime. 

« Comment pourrais-je retourner là-bas (maintenant) ? », interroge cette Syrienne de 39 ans dans son petit magasin, où l'ardoise est le moyen de paiement préféré de sa clientèle syrienne démunie.

« Puis-je m'imaginer marcher dans la rue, voir son portrait accroché au milieu de la destruction qu'il a lui-même causée, sans parler des enfants et des femmes qu'il a tués ? Bien sûr que non », ajoute-t-elle.

Une inscription en anglais taguée sur un mur près de l'épicerie semble résumer le sentiment des habitants syriens quant à un éventuel retour au pays: « Maybe one day ». Peut-être un jour.


Préserver l'empreinte numérique du conflit syrien, le pari des militants

Pour diffuser les exactions du régime syrien, les citoyens n’ont eu d’autre solution que d’en uploader les preuves vidéo sur des plateformes en ligne (Photo, AFP).
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  • Téléchargées par des militants syriens, des centaines de milliers de vidéos ont été supprimées depuis que YouTube a introduit un logiciel supprimant les contenus jugés inappropriés
  • Dix ans après le début de la guerre, les militants s'inquiètent d'une amnésie digitale néfaste pour le travail d'enquête et de mémoire

BEYROUTH: Des frappes aériennes meurtrières aux conquêtes jihadistes, le compte YouTube du militant syrien Al-Mutez Billah a longtemps servi de banque d'archives numériques sur la guerre syrienne. Jusqu'à sa suppression par un logiciel automatisé en 2017.

Ce compte regorgeait d'images et de vidéos souvent peu conformes aux normes communautaires YouTube. Il n'a pu être restauré, d'autant que son propriétaire, journaliste citoyen de 21 ans, avait été exécuté trois ans plus tôt par le groupe Etat islamique (EI) pour son travail de documentation.

« Ce ne sont pas que des vidéos qui ont été supprimées, mais des archives entières de notre vie », déplore Sarmad Jilane, militante syrienne et amie proche d'Al-Mutez Billah. « On a l'impression qu'une partie de notre mémoire visuelle a été rayée », ajoute-t-elle.

Téléchargées par des militants syriens, des centaines de milliers de vidéos ont été supprimées depuis que YouTube a introduit en 2017 un logiciel détectant et supprimant les contenus jugés inappropriés.

Si d'autres plateformes ont adopté les mêmes pratiques, l'impact de YouTube est incomparable : de par sa popularité, c'est sur ce réseau que la majeure partie des vidéos de la guerre syrienne ont été téléchargées.

Raids du régime, exécutions par des jihadistes ou attaques chimiques, ces vidéos, souvent prises sur le vif par des témoins -- faute d'accès pour les journalistes et enquêteurs -- ont permis d'informer et de documenter des moments-clés du conflit.

Dix ans après le début de la guerre, les militants s'inquiètent d'une amnésie digitale néfaste pour le travail d'enquête et de mémoire.

« Chaque séquence nous aide à nous souvenir de quelque chose : quel type d'obus a été tiré, la date d'un événement, ou encore ce que nous ressentions à l'époque », plaide Jilane, qui vit en Allemagne.

La jeune femme est une des fondatrices de la page « Raqa is Being Slaughtered Silently », ayant longtemps documenté les exactions de l'EI.

Après avoir été supprimé il y a quatre ans par YouTube, leur compte a depuis été restauré avec l'aide de « Syrian Archive » - un groupe de militants cherchant à préserver l'empreinte numérique du conflit.