Le gouvernement du Yémen rejette l'acquisition de pétrole par Zenith Netherlands

Le président du Conseil des dirigeants du Yémen, Rachad al-Alimi, s'adresse à la 77e session de l'Assemblée générale des nations unies, le 22 septembre 2022. (AFP/archive)
Le président du Conseil des dirigeants du Yémen, Rachad al-Alimi, s'adresse à la 77e session de l'Assemblée générale des nations unies, le 22 septembre 2022. (AFP/archive)
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Publié le Vendredi 06 janvier 2023

Le gouvernement du Yémen rejette l'acquisition de pétrole par Zenith Netherlands

  • Le ministère yéménite du Pétrole a déclaré qu'il n'avait pas autorisé la vente des installations pétrolières d'OMV au Yémen à la société néerlandaise
  • «Nous exhortons les Houthis à coopérer avec l'ONU et à écouter les appels yéménites à la justice, à la responsabilité et à la paix»

AL-MUKALLA (Yémen): Le gouvernement internationalement reconnu du Yémen a catégoriquement démenti la déclaration de la compagnie pétrolière internationale Zenith Netherlands relative à l'acquisition de champs pétroliers gérés par OMV dans la province méridionale de Chabwa, au Yémen. Il a affirmé que la compagnie n'est pas habilitée à acquérir des actifs pétroliers dans le pays.
Le ministère yéménite du Pétrole a déclaré qu'il n'avait pas autorisé la vente des installations pétrolières d'OMV au Yémen à la société néerlandaise, accusant les deux sociétés de diffuser des informations «trompeuses».
Le ministère yéménite a indiqué que pour qu'un accord d'achat soit approuvé, l'entreprise acheteuse devait être multinationale, bien connue et compétente sur le plan financier et technique.
Zenith Netherlands ne remplit pas les conditions financières et techniques fixées par le ministère pour céder les parts d'OMV, a-t-il ajouté.
«Le ministère du Pétrole et des Minéraux tient OMV et les sociétés Zenith pour légalement responsables de la diffusion de ces informations fallacieuses.»
Zenith Netherlands, qui fait partie de Zenith Energy Ltd, a annoncé mardi dernier qu'elle allait acheter au Yémen des infrastructures énergétiques ainsi que des champs pétroliers contrôlés par l'Autrichien OMV à travers une transaction évaluée à 21 millions de dollars (1 dollar = 0,95 euro).
«Zenith a le plaisir d'annoncer que Zenith Netherlands a conclu un accord de partenariat public-privé avec OMV Exploration and Production pour l'acquisition de 100% du capital social en circulation d'OMV Yemen Block S2, OMV Jardan Block 3 et OMV Block 70 [qui forment le groupe OMV Yemen]», a précisé la société sur Twitter.
Tous les deux mois, le gouvernement yéménite vend environ 2 millions de barils de pétrole brut qui proviennent des champs pétroliers de la province de Hadramout, dans le sud-est du pays, via le terminal d'Al-Dhabbah, et 600 000 barils supplémentaires issus des champs pétroliers de Chabwa et expédiés via des terminaux dans la province.
En octobre, les Houthis ont commencé à lancer des attaques de drones contre les installations pétrolières des deux provinces afin de contraindre le gouvernement yéménite à partager les bénéfices pétroliers et à payer les fonctionnaires sous l'autorité de la milice.
Pendant ce temps, à Riyad, le président du Conseil des dirigeants du Yémen, Rachad al-Alimi, a exprimé le soutien de son institution aux efforts déployés par les envoyés de l'ONU et des États-Unis pour mettre fin à la guerre au Yémen.
Al-Alimi a appelé à une pression internationale accrue sur les Houthis pour qu'ils cessent leurs attaques contre les installations pétrolières dans le sud du Yémen.
Il a déclaré à l'envoyé américain au Yémen, Tim Lenderking, et à l'ambassadeur américain au Yémen, Steven Fagin, que le Conseil était déterminé à participer de manière constructive aux propositions de paix destinées à mettre fin à la guerre, pour autant qu'elles soient fondées sur des conditions convenues.
Lors d'une deuxième rencontre avec l'envoyé des Nations unies pour le Yémen, Hans Grundberg, jeudi dernier à Riyad, le dirigeant yéménite a réitéré ses promesses de soutien aux plans de paix et il a appelé à une approche internationale pour faire pression sur les Houthis en vue d'une désescalade.
Ces rencontres ont eu lieu moins d'un jour après que le Département d'État américain a annoncé le retour de son envoyé en Jordanie et en Arabie saoudite pour faire pression sur les efforts de paix au Yémen et prolonger le cessez-le-feu négocié par l'ONU en exhortant les Houthis à s'engager de manière constructive avec les médiateurs de l'ONU.
«Un cessez-le-feu durable et un règlement politique inclusif mené par les Yéménites sont la seule voie possible pour mettre fin au conflit et inverser la terrible crise humanitaire au Yémen», a déclaré le département d'État dans un communiqué.
«Nous exhortons les Houthis à coopérer avec l'ONU et à écouter les appels yéménites à la justice, à la responsabilité et à la paix.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée israélienne annonce avoir frappé un site en Iran utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires

L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé un site en Iran utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires, au 13e jour de la guerre déclenchée par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé un site en Iran utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires, au 13e jour de la guerre déclenchée par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique. (AFP)
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  • "Dans le cadre des vagues de frappes menées ces derniers jours", l'armée de l'air israélienne a bombardé "le complexe +Taleghan+ (...) utilisé par le régime pour développer des capacités essentielles à la fabrication d'armes nucléaires"
  • "L'armée israélienne a récemment découvert que le régime avait pris des mesures pour réhabiliter le complexe après qu'il a été frappé en octobre 2024", poursuit le texte

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé un site en Iran utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires, au 13e jour de la guerre déclenchée par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.

"Dans le cadre des vagues de frappes menées ces derniers jours", l'armée de l'air israélienne a bombardé "le complexe +Taleghan+ (...) utilisé par le régime pour développer des capacités essentielles à la fabrication d'armes nucléaires", a déclaré l'armée dans un communiqué.

L'armée fait probablement référence à une installation située à Parchin, au sud-est de Téhéran, où, selon l'Institut pour la science et la sécurité internationale, un organisme basé aux Etats-Unis spécialisé dans la surveillance de la prolifération nucléaire, l'Iran mène des activités militaires secrètes.

"L'armée israélienne a récemment découvert que le régime avait pris des mesures pour réhabiliter le complexe après qu'il a été frappé en octobre 2024", poursuit le texte.

Début mars, l'armée israélienne avait annoncé avoir frappé un centre militaire souterrain secret du programme nucléaire de l'Iran dans la région de Téhéran, où d'après elle des scientifiques travaillaient sur "un élément clé de la capacité du régime iranien à développer des armes atomiques".

Israël et les Occidentaux affirment que l'Iran cherche à se doter de l'arme atomique, ce que la République islamique dément tout en défendant son droit à développer un programme nucléaire civil.

Israël a lancé le 28 février, conjointement avec les Etats-Unis, une offensive massive pour faire disparaître la "menace existentielle" que représentent selon lui les programmes nucléaire et balistique iraniens.

Les responsables israéliens affirment que Téhéran avait intensifié ses efforts pour se doter de l'arme atomique depuis la fin de la guerre de 12 jours déclenchée en juin 2025 par Israël, au cours de laquelle les Etats-Unis avaient bombardé trois installations nucléaires, dont une usine d'enrichissement.

 


Iran: plus de 3 millions de déplacés depuis le début de la guerre, selon le HCR

Quelque 3,2 millions d'Iraniens ont été déplacés à l'intérieur de l'Iran depuis le début de la guerre opposant ce pays à Israël et aux Etats-Unis, a annoncé jeudi le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR). (AFP)
Quelque 3,2 millions d'Iraniens ont été déplacés à l'intérieur de l'Iran depuis le début de la guerre opposant ce pays à Israël et aux Etats-Unis, a annoncé jeudi le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR). (AFP)
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  • Les Etats-Unis et Israël ont lancé conjointement le 28 février une vaste offensive contre l'Iran. Cette offensive a déclenché une guerre dans l'ensemble du Moyen-Orient
  • Alors que les frappes se poursuivaient jeudi en Iran et dans la région au 13e jour du conflit, le HCR a aussi voulu attirer l'attention sur les personnes réfugiées en Iran

GENEVE: Quelque 3,2 millions d'Iraniens ont été déplacés à l'intérieur de l'Iran depuis le début de la guerre opposant ce pays à Israël et aux Etats-Unis, a annoncé jeudi le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

"Selon des estimations préliminaires, entre 600.000 et 1 million de foyers iraniens sont actuellement déplacés temporairement à l’intérieur du pays en raison du conflit en cours, ce qui représente jusqu’à 3,2 millions de personnes", a annoncé dans un communiqué Ayaki Ito, directeur de la division des urgences et du soutien aux programmes du HCR.

"La plupart d’entre eux fuient Téhéran et d’autres grandes agglomérations pour se réfugier dans le nord du pays et les zones rurales", a-t-il ajouté, estimant que "ce chiffre devrait continuer d’augmenter tant que les hostilités se poursuivent".

Les Etats-Unis et Israël ont lancé conjointement le 28 février une vaste offensive contre l'Iran. Cette offensive a déclenché une guerre dans l'ensemble du Moyen-Orient.

Alors que les frappes se poursuivaient jeudi en Iran et dans la région au 13e jour du conflit, le HCR a aussi voulu attirer l'attention sur les personnes réfugiées en Iran.

"Les familles de réfugiés accueillies dans le pays, majoritairement afghanes, sont également touchées. Leur situation précaire et leurs réseaux de soutien limités les rendent particulièrement vulnérables", a prévenu M. Ito.

"Face à l'insécurité croissante et à l'accès restreint aux services essentiels, ces familles quittent les zones sinistrées", a-t-il ajouté, précisant que le HCR "collabore avec les autorités nationales et ses partenaires pour évaluer les nouveaux besoins et renforcer sa préparation face à l'augmentation des mouvements de population".

Dans son communiqué, le HCR a encore alerté sur "l'urgence de protéger les civils, de maintenir l'accès humanitaire et de garantir l'ouverture des frontières aux personnes en quête de sécurité, conformément aux obligations internationales".

 


Liban: huit morts dans une nouvelle frappe sur Beyrouth, Israël menace d'une offensive terrestre

De nouvelles frappes israéliennes ont fait 11 morts au Liban, dont huit sur le front de mer à Beyrouth où des déplacés dorment dans des tentes, Israël menaçant "d'étendre" ses opérations terrestres contre le Liban où il mène depuis le 2 mars une vaste campagne de frappes aériennes. (AFP)
De nouvelles frappes israéliennes ont fait 11 morts au Liban, dont huit sur le front de mer à Beyrouth où des déplacés dorment dans des tentes, Israël menaçant "d'étendre" ses opérations terrestres contre le Liban où il mène depuis le 2 mars une vaste campagne de frappes aériennes. (AFP)
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  • Cette guerre a fait plus de 687 morts, dont 98 enfants et 52 femmes, et déplacé plus de 800.000 personnes, selon le dernier bilan libanais officiel
  • Alors que le Hezbollah a annoncé mercredi soir intensifier ses attaques contre Israël, le ministre israélien de la Défense Israël Katz a déclaré jeudi avoir ordonné à l'armée de se préparer à "étendre" ses opérations au Liban

BEYROUTH: De nouvelles frappes israéliennes ont fait 11 morts au Liban, dont huit sur le front de mer à Beyrouth où des déplacés dorment dans des tentes, Israël menaçant "d'étendre" ses opérations terrestres contre le Liban où il mène depuis le 2 mars une vaste campagne de frappes aériennes.

Cette guerre a fait plus de 687 morts, dont 98 enfants et 52 femmes, et déplacé plus de 800.000 personnes, selon le dernier bilan libanais officiel.

Alors que le Hezbollah a annoncé mercredi soir intensifier ses attaques contre Israël, le ministre israélien de la Défense Israël Katz a déclaré jeudi avoir ordonné à l'armée de se préparer à "étendre" ses opérations au Liban.

"J'ai averti le président libanais que si son gouvernement ne parvient pas à contrôler le territoire et à empêcher le Hezbollah de menacer les communautés du nord et de tirer sur Israël, nous prendrons des territoires et le ferons nous-mêmes", a-t-il dit.

Selon Israël, le Hezbollah a mené mercredi soir une attaque coordonnée avec l'Iran, lançant quelque "200 roquettes et environ 20 drones", combinés à des missiles balistiques tirés par Téhéran.

Le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient lorsque le Hezbollah a attaqué Israël en riposte à la mort du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, tué lors de frappes américano-israéliennes.

A Beyrouth, une nouvelle frappe a ciblé dans la nuit le front de mer de Ramlet al-Bayda où ont afflué les déplacés venus des bastions du Hezbollah,  faisant huit morts et 31 blessés selon un dernier bilan officiel.

"Nous avons soudain entendu le fracas d'une explosion", dit Aseel Habbaj, une femme portant son bébé, qui dormait dans une tente avec sa famille. Elle dit avoir "vu des gens tués étendus par terre", avant qu'une deuxième frappe blesse son mari.

"Nous avons choisi cet endroit parce qu'on aurait jamais imaginé qu'Israël frappe" en plein cœur de Beyrouth, dit Dalal al-Sayed, 40 ans.

"Carnage" 

Elle dit qu'après la première frappe, "une deuxième a suivi" au moment ou des personnes s'étaient rassemblées autour du site visé, causant "un carnage".

Cette femme ayant fui le sud du Liban dit qu'elle continuera de vivre sous la tente sur le front de mer, n'ayant nulle part où aller.

Un correspondant de l'AFP sur place a vu une moto et deux voitures endommagées. Des taches de sang maculent le trottoir et un petit trou est visible dans le sol.

Les éclats d'obus ont atteint quelques tentes.

Il s'agit de la troisième attaque au cœur de la capitale depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, après une frappe contre un hôtel en bord de mer dimanche et un raid contre un appartement mercredi.

Des frappes ont également visé Aramoun, un quartier résidentiel au sud de Beyrouth, hors des bastions du Hezbollah, faisant trois morts et un blessé, un enfant, selon le bilan initial du ministère de la Santé.

Mercredi soir, l'armée israélienne avait annoncé avoir déclenché une nouvelle série de frappes "à grande échelle" sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah régulièrement bombardé depuis dix jours et dont une grande partie de la population a fui.

Désolation 

L'armée israélienne a dit avoir atteint dix cibles liées au Hezbollah dans le sud de Beyrouth, dont un quartier général du renseignement, des centres de commandement, et "des dizaines de lanceurs".

Jeudi matin, un photographe de l'AFP a rapporté un spectacle de désolation dans la banlieue déserte: immeubles en ruines, certains encore en feu, et gravats jonchant les rues.

Alors que toutes les issues diplomatiques semblent bloquées, le président français Emmanuel Macron a appelé mercredi Israël sur X à "clairement renoncer à une offensive terrestre au Liban" et le Hezbollah à "immédiatement mettre fin à ses attaques", après s'être entretenu avec son homologue libanais Joseph Aoun.

Israël a massé des troupes à sa frontière avec le Liban et son armée s'est avancée dans plusieurs villages frontaliers depuis le début de la guerre.

Jeudi en milieu de journée, l'Agence nationale d’information (Ani, officielle) a rapporté des frappes sur plusieurs villages du sud, dont certains proches de la frontière.