Ukraine: Moscou brandit des «représailles» après sa trêve

Des résidents nettoient l'entrée de leur immeuble à la suite d'une frappe de missile russe dans la ville de Kramatorsk, dans l'est de l'Ukraine, le 23 décembre 2022 (Photo, AFP).
Des résidents nettoient l'entrée de leur immeuble à la suite d'une frappe de missile russe dans la ville de Kramatorsk, dans l'est de l'Ukraine, le 23 décembre 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 09 janvier 2023

Ukraine: Moscou brandit des «représailles» après sa trêve

  • Dans la seule région de Soumy, dans le nord-est de l'Ukraine, l'administration locale a fait état en début de soirée de plus d'une centaine de bombardements et de frappes
  • Dimanche matin, les autorités ukrainiennes ont indiqué que deux personnes avaient été tuées et neuf autres blessées au cours des 24 heures précédentes dans le pays

KIEV: Les hostilité ont repris dimanche en Ukraine après la trêve du Noël orthodoxe décrétée sans convaincre par Vladimir Poutine, à l'issue de laquelle Moscou a affirmé avoir vengé ses pertes en faisant des centaines de morts en une frappe, aussitôt démenti par Kiev.

Dans la seule région de Soumy, dans le nord-est de l'Ukraine, l'administration locale a fait état en début de soirée de plus d'une centaine de bombardements et de frappes dans la journée de dimanche.

"L'armée russe a effectué 144 frappes durant la journée", notamment sur les localités d'Esmansk, Novoslobid, Myropil, Bilopol et Khotyn qui étaient "sous le feu", a écrit le chef de l'administration régionale Dmytro Jivitskiï sur le réseau social Telegram.

A Esmansk notamment, l'armée russe a frappé avec des mortiers, des lance-roquettes multiples Grad et de l'artillerie lourde, détruisant quatre maisons, une école et une salle communale.

Il n'y a cependant pas eu de victimes dans la région, selon la même source.

Après la fin du cessez-le-feu samedi à minuit (21h00 GMT), l'état-major ukrainien avait déjà recensé plus d'une cinquantaine d'attaques russes aux missiles et roquettes au cours de la nuit.

Dimanche matin, les autorités ukrainiennes ont indiqué que deux personnes avaient été tuées et neuf autres blessées au cours des 24 heures précédentes dans le pays, malgré un cessez-le-feu unilatéral de 36 heures décrété par Vladimir Poutine de vendredi 10H00 à minuit samedi, jour du Noël orthodoxe.

Il n'a guère été respecté, les Ukrainiens accusant Moscou d'avoir déclaré un cessez-le-feu fictif, et les Russes les accusant en retour de les avoir contraints à riposter à leurs tirs. Les Occidentaux avaient dénoncé une "hypocrisie" de Moscou.

Selon le chef adjoint de l'administration présidentielle ukrainienne Kyrylo Tymochenko, un civil a été tué dans la région de Kharkiv (nord-est) et un autre dans celle de Donetsk (est). Et neuf personnes ont été blessées dans trois régions.

A Kramatorsk, une ville de l'est du pays, des journalistes de l'AFP avaient entendu au moins quatre explosions samedi avant minuit.

Les autorités ukrainiennes locales ont indiqué que la ville avait été été touchée par sept roquettes russes au cours de la nuit. Deux autres roquettes ont visé la ville voisine de Kostiantynivka.

Dimanche, l'armée russe a affirmé, sans en préciser la date, avoir mené des frappes sur des casernes à Kramatorsk, et infligé de lourdes pertes se chiffrant en centaines de morts en "représailles" au bombardement ukrainien extrêmement meurtrier sur un bâtiment de la localité de Makiïvka dans la nuit du Nouvel an.

La Russie - fait extrêmement rare - avait reconnu des pertes importantes, avec 89 soldats tués. Mais des correspondants de guerre russes et les autorités ukrainiennes avaient pour leur part fait état de centaines de morts dans ce bâtiment où avaient été rassemblés des réservistes mobilisés.

De premières funérailles de ces soldats ont eu lieu en Russie dimanche.

Russie: funérailles de soldats tués dans la frappe ukrainienne de Makiïvka

Des proches des soldats russes tués dans la frappe ukrainienne de Makiïvka, dans l'est de l'Ukraine, quelques instants après le Nouvel an, ont enterré au moins neuf d'entre eux dimanche dans la région de Samara, selon les autorités locales.

Au moins 89 soldats, selon Moscou - beaucoup plus selon des sources russes et selon Kiev - ont trouvé la mort dans cette frappe qui a ému en Russie, menée selon elle à l'aide de systèmes Himars, une arme fournie à Kiev par les Etats-Unis.

Deux hommes ont été enterrés à Togliatti, sur la Volga, selon le maire Nikolaï Rents, qui a célébré sur les réseaux sociaux des soldats partis "défendre les intérêts de la partie, de notre avenir et de l'avenir de nos enfants".

Le constructeur automobile local AvtoVAZ a promis par la voix de l'un de ses responsables, Dmitri Mikhalenko, un soutien financer aux familles des deux hommes.

Deux autres soldats ont été enterrés dans la ville de Novokouïbichevsk, ont rapporté les autorités locales, les saluant comme de "vrais héros".

"C'est une période difficile pour leur pays et ils ont agi comme de vrais patriotes et de vrais hommes", a affirmé le maire Sergueï Markov.

Cinq autres hommes ont été inhumés samedi et dimanche dans d'autres petites villes et villages de la région de Sarama, dans le centre de la Russie.

Dimanche, l'armée russe a assuré avoir mené en représailles à la frappe de Makiïvka un bombardement de deux casernes ukrainiennes situées dans la ville de Kramatorsk.

Echange de prisonniers

Ces pertes lourdes parmi les réservistes avaient suscité l'émotion en Russie, où le Kremlin a décrété à l'automne la mobilisation de centaines de milliers d'hommes, et des critiques acerbes à l'égard du commandement militaire.

Elles survenaient en outre de manière humiliante au moment où le président Vladimir Poutine s'affichait en compagnie de militaires dans un message du Nouvel An très véhément à l'égard de l'Ukraine et de ses alliés occidentaux.

"Plus de 600 soldats ukrainiens ont été tués" dans la frappe sur Kramatorsk, a assuré le ministère russe de la Défense dans un communiqué dimanche, la présentant comme une "opération de représailles en réponse à la frappe criminelle du régime de Kiev dans les premières minutes de janvier 2023".

L'Ukraine a nié toute frappe sur des casernes à Kramatorsk, affirmant que la revendication russe "ne correspond pas à la vérité".

Plus tôt dans la journée, Pavlo Kirilenko, le chef de l'administration ukrainienne de la région de Donetsk, avait affirmé que les frappes russes sur la ville avaient atteint "un établissement d'enseignement, un bâtiment industriel et des garages", sans faire de victimes.

Il n'était pas possible dans les conditions du conflit de vérifier immédiatement ces affirmations.

"Le monde a pu voir encore une fois ces derniers jours que la Russie ment même quand elle attire l'attention sur la situation avec ses propres annonces", a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky dimanche soir dans un message video, commentant le déroulement du cessez-le-feu décrété les deux jours précédents par Moscou.

Il s'est aussi félicité de la libération dimanche de 50 Ukrainiens par les Russes à la faveur d'un échange de prisonniers, dont 33 officiers.


L'OMS salue les résultats de sa campagne de «grand rattrapage» de vaccination des enfants

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
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  • La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite
  • Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants

GENEVE: L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19.

La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite.

Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants.

Cette initiative a pris fin le 31 mars.

Les données finales sont encore en cours de compilation, mais "l'initiative mondiale semble être en bonne voie pour atteindre son objectif qui est de toucher au moins 21 millions d'enfants non vaccinés ou insuffisamment vaccinés", ont indiqué les trois organisations dans un communiqué.

De 2023 à 2025, ce programme a permis de vacciner environ 18,3 millions d’enfants âgés de 1 à 5 ans dans 36 pays, grâce à plus de 100 millions de doses de vaccins essentiels.

Parmi ces enfants, environ 12,3 millions n'avaient jamais été vaccinés et 15 millions n'étaient pas vaccinés contre la rougeole.

Le programme a permis d'administrer 23 millions de doses de vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) à des enfants insuffisamment ou non vaccinés.

"En protégeant les enfants qui n'ont pas pu se faire vacciner en raison des perturbations des services de santé causées par le Covid-19, le programme Grand Rattrapage a contribué à inverser l'une des principales conséquences négatives de la pandémie", a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité dans le communiqué.

Ce "plus vaste effort international jamais entrepris pour vacciner les enfants non vaccinés avec des vaccins essentiels, montre ce qu'il est possible d'accomplir lorsque les gouvernements, les partenaires et les communautés unissent leurs efforts pour protéger les plus vulnérables", a indiqué pour sa part la directrice générale de Gavi, Sania Nishtar, également citée dans le communiqué.

Lors d'un point de presse, le directeur du département Vaccination à l'Unicef, Ephrem Lemango, a appelé à poursuivre les efforts de vaccination de routine, au-delà de l'initiative.

"Le principal enjeu est de mettre en place des systèmes de vaccination capables d'atteindre et de protéger chaque enfant à temps, avant qu'il n'atteigne l'âge limite pour la vaccination. Actuellement, chaque année, 14,3 millions d'enfants ne reçoivent aucun vaccin dans le cadre des programmes de vaccination de routine", a-t-il relevé.

Kate O'Brien, directrice du département vaccins de l'OMS, a elle appelé à lutter contre le scepticisme vis-à-vis de la vaccination, indiquant être très préoccupée par "la politisation croissante des vaccins et de la santé".


Trump dit ne pas vouloir utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran

Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
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  • "Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire"
  • "Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide?"

WASHINGTON: Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale.

"Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire", a dit le président américain, à qui une journaliste a demandé s'il envisageait de recourir à la bombe atomique.

"Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide? Pourquoi utiliserais-je l'arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?" a-t-il déclaré.

 


Le cessez-le-feu entre le Liban et Israël prolongé de trois semaines

L'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee, l'ambassadeur israélien aux États-Unis Yechiel Leiter, le vice-président américain JD Vance, le secrétaire d'État américain Marco Rubio, l'ambassadeur du Liban aux États-Unis Nada Hamadeh Moawad et l'ambassadeur américain au Liban Michel Issa écoutent le président américain Donald Trump s'exprimer lors d'une réunion avec l'ambassadeur du Liban aux États-Unis et l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, à la Maison Blanche, à Washington, DC, le 23 avril 2026. (AFP)
L'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee, l'ambassadeur israélien aux États-Unis Yechiel Leiter, le vice-président américain JD Vance, le secrétaire d'État américain Marco Rubio, l'ambassadeur du Liban aux États-Unis Nada Hamadeh Moawad et l'ambassadeur américain au Liban Michel Issa écoutent le président américain Donald Trump s'exprimer lors d'une réunion avec l'ambassadeur du Liban aux États-Unis et l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, à la Maison Blanche, à Washington, DC, le 23 avril 2026. (AFP)
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  • La prolongation du cessez-le-feu fait suite à des frappes israéliennes meurtrières et à la poursuite des affrontements dans le sud du Liban
  • M. Trump a ajouté qu'il se réjouissait d'accueillir prochainement le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun

WASHINGTON/BEIRUT/JERUSALEM : Le Liban et Israël ont prolongé leur cessez-le-feu de trois semaines après une réunion de haut niveau à la Maison Blanche, a déclaré jeudi le président américain Donald Trump. M. Trump a accueilli l'ambassadeur d'Israël à Washington, Yechiel Leiter, et l'ambassadrice du Liban aux Etats-Unis, Nada Moawad, dans le bureau ovale pour une deuxième série de discussions facilitées par les Etats-Unis, un jour après que des frappes israéliennes aient tué au moins cinq personnes, dont un journaliste.

"La réunion s'est très bien passée ! Les États-Unis vont travailler avec le Liban pour l'aider à se protéger du Hezbollah", a écrit M. Trump sur Truth Social. Le Hezbollah, le groupe armé allié à l'Iran qui combat Israël, n'était pas présent aux pourparlers. Il affirme avoir "le droit de résister" aux forces d'occupation.

M. Trump a ajouté qu'il se réjouissait d'accueillir prochainement le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun.

M. Trump s'est également adressé aux journalistes dans le bureau ovale, aux côtés des participants à la réunion, et a déclaré qu'il espérait que les dirigeants se rencontreraient pendant les trois semaines de cessation des hostilités. Il a ajouté qu'il y avait "une grande chance" que les deux pays parviennent à un accord de paix cette année.

Le vice-président JD Vance, le secrétaire d'État Marco Rubio, l'ambassadeur des États-Unis en Israël Mike Huckabee et l'ambassadeur des États-Unis au Liban Michel Issa ont également participé à la réunion.

Le cessez-le-feu, conclu à l'issue de discussions entre les ambassadeurs des deux pays à Washington la semaine dernière, devait expirer dimanche. Il a permis une réduction significative de la violence, mais les attaques se sont poursuivies dans le sud du Liban, où les troupes israéliennes se sont emparées d'une zone tampon autoproclamée.

Rendre au Liban sa grandeur

L'ambassadeur Moawad, qui avait demandé une prolongation du cessez-le-feu lors de la réunion, a remercié M. Trump d'avoir accueilli les pourparlers. "Je pense qu'avec votre aide et votre soutien, nous pouvons rendre au Liban sa grandeur", a-t-elle déclaré.

Un responsable libanais avait auparavant déclaré que Beyrouth ferait pression pour un retrait israélien, le retour des Libanais détenus en Israël et la délimitation de la frontière terrestre lors d'une prochaine phase de négociations.

Israël a cherché à faire cause commune avec le gouvernement libanais au sujet du Hezbollah, que Beyrouth s'efforce de désarmer pacifiquement depuis un an.

Interrogé sur la manière dont les États-Unis aideraient le Liban à lutter contre le Hezbollah, M. Trump n'a pas donné de détails, mais a déclaré que les États-Unis entretenaient "une excellente relation avec le Liban". M. Trump a déclaré qu'Israël devait être en mesure de se défendre contre les attaques du Hezbollah.

M. Trump a également appelé le Liban à abolir les lois interdisant tout engagement avec Israël. "C'est un crime de parler avec Israël ?", a-t-il répondu lorsqu'on l'a interrogé sur les lois connues sous le nom de lois anti-normalisation, qu'il ne semblait pas connaître. "Je suis certain qu'il y sera mis fin très rapidement. J'y veillerai", a déclaré M. Trump.