Au-delà du terrain, le défi social et humain des rugbymans libanais

La fédération de Rugby au Liban a lancé le Fonds d'aide aux victimes du rugby au Liban avec l'aide d'un membre du conseil d'administration basé au Royaume-Uni. (fourni)
La fédération de Rugby au Liban a lancé le Fonds d'aide aux victimes du rugby au Liban avec l'aide d'un membre du conseil d'administration basé au Royaume-Uni. (fourni)
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Publié le Samedi 21 novembre 2020

Au-delà du terrain, le défi social et humain des rugbymans libanais

  • Après l'explosion dévastatrice du port de Beyrouth le 4 août, le PDG de Lebanon Rugby, Sol Mokdad, et le reste de son équipe sont passés à l'action
  • Bien que moins populaire que le football, le rugby connaît un succès rapide au Liban grâce à une communauté de bénévoles dévoués.

BEYROUTH - Au cours des mois qui ont précédé l'explosion du port de Beyrouth, le Liban traversait déjà une série de crises sans précédent. Des manifestations d'octobre 2019 à l'effondrement du secteur bancaire, en passant par la dévaluation de la monnaie nationale et la pandémie de COVID-19, le pays s'est trouvé confronté à toute une série de défis au cours de l'année écoulée.

« L'explosion a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Les images et le carnage engendrés par l'explosion montrent que c'était bien plus qu'une petite goutte d'eau », déclare Sol Mokdad, PDG de Lebanon Rugby, un groupe créé pour promouvoir ce sport.

L'explosion a été une expérience bouleversante pour M. Mokdad. Bien qu'il soit sorti indemne de l'explosion, tout comme sa propriété, bien d'autres gens ont été moins chanceux. « Voir notre capitale réduite en pièces et la perte tragique de vies humaines a affecté tous les Libanais, dans le pays et à l'étranger. Pendant les premiers jours, il était difficile de retenir nos larmes ; il fallait simplement gérer le choc et les répercussions », explique-t-il.

M. Mokdad et le reste de l'équipe étaient conscients qu'ils devaient agir sans tarder et se joindre à l'effort de secours. Ils devaient inculquer à leur communauté ce qu'ils appellent les « valeurs du rugby ».

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Alors que le football reste le sport le plus populaire dans la région MENA, qu'il attire un grand nombre de supporters, qu'il bénéficie d'investissements généreux et de milliards de dollars de revenus, d'autres sports de niche comme le rugby luttent pour obtenir les ressources nécessaires à leur survie. (Fourni)

Ainsi, la fédération de rugby a lancé le Fonds d'aide aux victimes au Liban avec l'aide d'un membre du conseil d'administration basé au Royaume-Uni. La campagne GoFundMe a été mise en place pour recueillir les dons de la communauté mondiale du rugby.

Au moment de la rédaction du présent rapport, la campagne a collecté près de 15 000 £ (19 500 $). La fédération prévoit de confier cet argent à des organisations de secours fiables telles que la Croix-Rouge libanaise.

En outre, des fonds ont été collectés au sein de l'équipe pour soutenir l'un des joueurs qui a perdu sa maison dans l'explosion. La somme requise pour reconstruire la maison a été immédiatement collectée.

Les joueurs de rugby du Liban ont aussi contribué aux opérations de secours physiques; ils ont déblayé les décombres, préparé de la nourriture pour les familles déplacées et livré des médicaments.

« Le rugby est un sport magnifique, et la culture qu'il procure aux joueurs, sur le terrain comme dans la vie, ne ressemble à aucun autre sport », souligne M. Mokdad.

Si le football continue d'être le sport le plus populaire dans la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord (MENA), attirant un grand nombre de fans, des investissements généreux et des revenus se chiffrant en milliards de dollars, d'autres sports de niche comme le rugby se battent pour assurer les ressources nécessaires à leur survie.

« En ce qui concerne le rugby au Liban et nos efforts pour développer l'Union du rugby au Liban, la bataille a été ardue », explique M. Mokdad. Ce sport rencontre les mêmes difficultés dans d'autres pays de la région.

Le Rugby libanais a été officiellement reconnu par le gouvernement en 2009 et est actuellement membre à part entière du Rugby asiatique et membre associé du Rugby mondial. Seuls six autres pays de la région adhèrent à la Fédération mondiale de rugby.

Par ailleurs, ce sport a permis de former une communauté prospère au Liban avec peu, voire aucun financement, en s'appuyant sur ses bénévoles et sur les frais annuels versés par les joueurs. Le Rugby libanais dispose également d'une section de jeunes qui jouent régulièrement dans leurs écoles et académies, et qui compte plus de 300 jeunes.

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Des volontaires de la protection civile libanaise travaillent dans la salle de contrôle du quartier général du service public d'urgence de la capitale Beyrouth, le 28 septembre 2020. (AFP/Fichier Photo)

Sur le plan organisationnel, la région relève du Rugby asiatique, ce qui complique encore les choses pour ce sport dans la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord.

« Les défis auxquels nous sommes confrontés dans la région sont différents de ceux d'un pays comme la Thaïlande, qui se trouve sous la même bannière. Le Rugby asiatique couvre une zone étendue, et des efforts doivent être déployés pour diviser l'Asie géographiquement afin de se concentrer sur des régions précises », précise M. Mokdad.

Bien que le rugby soit encore loin de rivaliser avec les sports plus établis dans la région, les récents succès du Phoenix, l'équipe nationale de l'Union libanaise de rugby, en plus des initiatives locales dans la région, ont permis de faire connaître ce sport.

M. Mokdad est optimiste quant à l'avenir. « La création de la Fédération arabe de rugby et la nomination de Qais Al-Dhalai - président du rugby aux EAU - comme président du Rugby asiatique ont donné un élan au développement de ce sport dans la région », assure-t-il.

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Ce rapport est publié par Arab News en tant que partenaire du Middle East Exchange, qui a été lancé par les initiatives mondiales du Cheikh Mohammed ben Rashid Al-Maktoum pour refléter la vision du Premier ministre des Émirats arabes unis et gouverneur de Dubaï afin d'explorer la possibilité de changer la situation dans le monde arabe.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Hezbollah dénonce «l'agression israélienne persistante» au Liban malgré la trêve

Des personnes en deuil portent les cercueils lors des funérailles de quatre combattants du Hezbollah et de deux civils dans le village de Maaroub, au sud du Liban, le 26 avril 2026. (AFP)
Des personnes en deuil portent les cercueils lors des funérailles de quatre combattants du Hezbollah et de deux civils dans le village de Maaroub, au sud du Liban, le 26 avril 2026. (AFP)
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  • "Il n'y a pas de cessez-le-feu au Liban, mais une agression israélo-américaine continuelle", a déclaré Naïm Qassem dans un discours écrit, diffusé par la chaîne al-Manar affiliée au groupe islamiste
  • "Le Liban est l'agressé, et c'est lui qui a besoin de garanties pour sa sécurité et sa souveraineté" de la part d'Israël, a-t-il ajouté

BEYROUTH: Le chef du Hezbollah pro-iranien Naïm Qassem a condamné lundi les opérations israéliennes persistantes au Liban malgré la trêve, et réitéré son refus de négociations directes entre Israël et son pays.

Malgré la trêve entrée en vigueur le 17 avril et prolongée à l'issue de deux sessions de pourparlers entre le Liban et Israël à Washington, l'armée israélienne continue de mener des frappes meurtrières, surtout dans le sud du Liban, où elle démolit des bâtiments et interdit aux habitants de dizaines de localités de revenir.

"Il n'y a pas de cessez-le-feu au Liban, mais une agression israélo-américaine continuelle", a déclaré Naïm Qassem dans un discours écrit, diffusé par la chaîne al-Manar affiliée au groupe islamiste.

"Le Liban est l'agressé, et c'est lui qui a besoin de garanties pour sa sécurité et sa souveraineté" de la part d'Israël, a-t-il ajouté.

Critiquant une diplomatie qui place le Liban "sous tutelle", il a plaidé pour "une diplomatie qui mène" à la cessation des hostilités et pour "des négociations indirectes" avec Israël.

"Les négociations directes sont une concession gratuite, sans résultat", a-t-il dit, vantant le comportement "légendaire" du Hezbollah au combat. "Ne trahissez donc pas la résistance", a-t-il ajouté, à l'adresse du pouvoir libanais, en défendant "l'unité nationale".

Entre le président libanais Joseph Aoun, décidé à mener des négociations directes avec Israël, et le Hezbollah pro-iranien qui s'y oppose, le fossé se creuse, et les divisions dans le pays s'accentuent.

L'ambassade américaine à Beyrouth a appelé jeudi à une rencontre entre le président libanais et le Premier ministre israélien, qui serait une "occasion historique" pour le Liban "de forger son avenir en tant que nation véritablement souveraine et indépendante".

Lundi, l'armée israélienne a mené une série de frappes après un nouvel avis d'évacuation adressé aux habitants de quatre localités dans le sud du Liban.

Selon les termes de l'accord de trêve publié par Washington, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense" contre le Hezbollah, qui s'oppose à cette clause et continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes malgré la trêve.

Les frappes israéliennes ont fait plus de 2.600 morts et déplacé plus d'un million de personnes depuis que le Hezbollah a relancé les hostilités le 2 mars, en soutien à son allié iranien, ciblé par une offensive israélo-américaine.


Un tanker touché par «des projectiles inconnus» au large des Emirats 

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  • "Un tanker a signalé avoir été touché par des projectiles non identifiés", indique l'agence ajoutant que tous les membres d'équipage sont sains et saufs et qu'aucun impact environnemental n'a été signalé
  • L'agence n'a pas précisé la provenance du navire

DUBAI: Un tanker a été touché par des "projectiles inconnus" dans le détroit d'Ormuz au large des Emirats arabes unis, sans faire de victime, a indiqué l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO lundi.

"L'UKMTO a reçu des informations faisant état d'un incident survenu à 78 milles nautiques (145 km, ndlr) au nord de Fujaïrah, aux Émirats arabes unis", a annoncé l'agence sur X précisant que l'incident avait été signalé dimanche vers 19H40 GMT.

"Un tanker a signalé avoir été touché par des projectiles non identifiés", indique l'agence ajoutant que tous les membres d'équipage sont sains et saufs et qu'aucun impact environnemental n'a été signalé.

L'agence n'a pas précisé la provenance du navire.

Le détroit d'Ormuz, par lequel transite en temps de paix un cinquième du pétrole et du gaz naturel mondiaux, est en grande partie bloqué depuis le début des frappes israélo-américaines contre l'Iran le 28 février.

Le président américain Donald Trump a annoncé dimanche que la marine américaine allait commencer lundi à escorter des navires bloqués de pays tiers à travers le détroit d'Ormuz dans le cadre du Project Freedom ("Projet Liberté"), qui a été dénoncé par les autorités iraniennes.

 


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.