Un Liban qui s'enfonce dans la crise accueille l'enquête française sur l'explosion à Beyrouth

Une manifestante dont les dépôts bancaires sont gelés manifeste devant le Palais de justice de Beyrouth, le 17 janvier 2023 (Photo, AP).
Une manifestante dont les dépôts bancaires sont gelés manifeste devant le Palais de justice de Beyrouth, le 17 janvier 2023 (Photo, AP).
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Publié le Mercredi 18 janvier 2023

Un Liban qui s'enfonce dans la crise accueille l'enquête française sur l'explosion à Beyrouth

  • Les autorités françaises avaient demandé une assistance juridique à la justice libanaise, mais celle-ci ne s'est pas encore concrétisée
  • De nombreux concessionnaires automobiles et propriétaires de salles d'exposition ont bloqué l'autoroute qui mène au port de Beyrouth

BEYROUTH: Les Libanais sont descendus dans la rue ce mardi pour protester contre la détérioration des conditions économiques et sociales dans différentes régions du pays.
Les manifestations ont coïncidé avec la présence de juges européens au Palais de justice de Beyrouth, qui enquêtent sur la banque centrale et sur Riad Salameh, son gouverneur, pour des allégations de corruption, de blanchiment d'argent, d'évasion fiscale et d'utilisation de faux documents.
Une délégation judiciaire française se trouve également au Liban pour enquêter sur l'explosion du port de Beyrouth.
La délégation a rencontré mardi le juge Ghassan Oueidat, procureur général du Liban, en présence du juge Sabouh Sleiman, procureur général adjoint.
Les autorités françaises avaient demandé une assistance juridique à la justice libanaise, mais celle-ci ne s'est pas encore concrétisée.
Arab News a appris que les enquêteurs français vont rencontrer le juge Tarek Bitar. Deux ressortissants français – Jean-Marc Bonfils et Thérèse Khoury – sont morts dans l'explosion du port en 2020, qui a fait plus de 200 morts.
Pendant ce temps, des centaines d'employés du ministère des Communications et du fournisseur d'Internet public, Ogero, se sont mis en grève, réclamant des salaires qui n'ont pas été versés depuis trois mois. Les manifestants ont menacé de recourir à des mesures d'escalade alors que le ministère des Finances a du mal à effectuer les paiements.
Ibrahim al-Nahhal, membre de l'organe directeur de l'Association des employés de l'administration publique, a déclaré: «Il n'y a pas de travail sans salaire. Nous comprenons l'incapacité des employés du ministère des Finances à se rendre régulièrement au ministère et à finaliser la paperasse, mais certains de nos collègues n'ont pas encore reçu leur salaire. Cela nécessite une solution.»
Bassel al-Ayoubi, directeur général au ministère des Télécommunications, a déclaré: «Une coordination est en cours avec le ministère des Finances pour verser une allocation pour deux mois d'aide sociale au cours des deux prochains jours.»
Les conducteurs de taxis et de tuk-tuks ont également mené des actions de protestation, au cours desquelles ils ont bloqué les routes principales, notamment dans la région du Akkar, dans le nord du Liban, en raison du taux de change élevé du dollar sur le marché noir, et de la hausse des prix du carburant.
De nombreux concessionnaires automobiles et propriétaires de salles d'exposition ont bloqué l'autoroute qui mène au port de Beyrouth, afin de protester contre l'absence de modification des frais de douane.
Une modification des droits de douane nécessite la signature du Conseil des ministres, qui n'a pas pu se réunir, les ministres du Courant patriotique libre refusant d'y assister. Ils croient que le gouvernement «n'a aucune légitimité car c’est un gouvernement intérimaire.»
Walid Francis, responsable du Syndicat des propriétaires de salles d'exposition de voitures d'occasion, a signalé: «Il y a une détresse politique concernant nos revendications économiques.»
Elie al-Qazi, le chef du Syndicat des importateurs de voitures d'occasion, a critiqué les «décisions irréfléchies et l'absence de responsabilité de quiconque».
«Il n'est pas permis de détruire notre secteur», a-t-il ajouté.
Le Premier ministre intérimaire, Najib Mikati, tiendra une réunion de son Cabinet mercredi pour approuver une demande d'avance financière du ministère de l'Énergie afin d'acheter du carburant et du gaz pour faire fonctionner les usines de production d'énergie. Le ministre de l'Énergie, Walid Fayyad, ne participera pas à cette séance.
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Bahreïn et le Koweït affirment avoir contré des attaques iraniennes

Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
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  • "L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes"
  • Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues

MANAMA: Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran.

"L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes".

Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues, a rapporté une journaliste de l'AFP.

L'état-major koweïtien a également indiqué dans la nuit avoir répondu à "des attaques hostiles de drones" iraniens. Il a précisé que les explosions entendues étaient le résultat d'interceptions aériennes.

Les forces iraniennes ont annoncé avoir visé "des systèmes de radar, un système de défense antiaérienne Patriot et des sites de stockage de carburant" sur la base aérienne Ali al-Salem  au Koweït, ainsi que des installations militaires américaines sur la base aérienne de Cheikh Isa à Bahreïn.

Téhéran mène des attaques quasi quotidiennes dans ces deux pays du Golfe depuis la reprise des hostilités le 7 juillet avec les Etats-Unis, en disant cibler des intérêts militaires américains.

Les autorités bahreïnie et koweïtienne accusent toutefois leur voisin de viser aussi des sites civils.

Dimanche, le Koweït a affirmé que trois postes-frontières et une plateforme pétrolière offshore avaient été ciblés, sans préciser leur origine.

La confrontation a repris après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent au Moyen-Orient depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


La Syrie dit avoir saisi des armes en provenance d'Irak destinées au Hezbollah

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
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  • Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad
  • Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak

DAMAS: La Syrie a annoncé jeudi avoir déjoué une tentative de faire passer des armes destinées au Hezbollah pro-iranien au Liban, dont des missiles, via sa frontière avec l'Irak.

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana.

"Les premières investigations ont établi que la cargaison était destinée à transiter par la Syrie au profit de la milice terroriste du Hezbollah", a ajouté cette source.

Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad.

Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump met la pression sur la Syrie pour qu'elle intervienne au Liban contre le Hezbollah.

Depuis qu'une coalition islamiste a pris le pouvoir en Syrie en 2024, les autorités ont affirmé avoir démantelé des cellules liées à la formation pro-iranienne qui préparaient des attentats en Syrie, mais le Hezbollah a toujours démenti.

Le groupe est affaibli par la nouvelle guerre qu'il a menée contre Israël depuis mars pour soutenir l'Iran.

Le président syrien Ahmad al-Chareh dit refuser d'intervenir militairement au Liban contre le Hezbollah, comme l'a suggéré à plusieurs reprises Donald Trump.


Israël confirme au Pentagone vouloir rester dans des «zones de sécurité» au Liban, en Syrie et à Gaza

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
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  • Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes
  • Le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël"

JERUSALEM: Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.

Cette déclaration intervient alors que les Etats-Unis ont annoncé que les négociations menées mardi et mercredi à Rome entre Israël et le Liban avaient été "positives" et que le processus de mise en œuvre de "zones pilotes", d'où les troupes israéliennes doivent se retirer, commencerait "dans les prochains jours".

Le président américain Donald Trump avait demandé au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de retirer les forces israéliennes de Syrie et du Liban, selon un article publié mardi par le média américain Axios.

Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes.

Dans un communiqué, le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël et les communautés situées près de la frontière contre les menaces que représentent les forces jihadistes".

"Nous n'avons jamais demandé aux Etats-Unis d'opérer à notre place le long de nos frontières", ajoute le communiqué du cabinet de M. Katz.

Au Liban et à Gaza, les forces israéliennes sont présentes sur le terrain, où elles mènent quotidiennement des opérations contre le Hezbollah et le Hamas.

Au Liban, les forces israéliennes restent déployées dans ce que l'armée décrit comme une "zone de sécurité" s'étendant sur environ 10 kilomètres à l'intérieur du territoire libanais et poursuit des frappes limitées dans le sud.

A Gaza, l'armée israélienne contrôle 60% du territoire. Elle est notamment présente sur l'ensemble du périmètre extérieur du territoire palestinien, le long des frontières entre Israël et l'Egypte.

Après le renversement, en décembre 2024, de Bachar al-Assad, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon surveillée par l'ONU qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan.

Depuis lors, Israël a mené des incursions répétées sur le territoire syrien, ainsi que des bombardements, et a déclaré vouloir instaurer une zone démilitarisée dans le sud de ce pays.