Tunisie: une ONG dénonce une forme de «torture morale» des opposants

Des manifestants tunisiens dont des membres de la famille ont été victimes de torture par des membres des forces de sécurité et des autorités tunisiennes dénoncent l'usage de la torture et appellent à la réforme de la police tunisienne, lors d'une manifestation devant le siège de ministère de l'Intérieur à Tunis (Photo, AFP).
Des manifestants tunisiens dont des membres de la famille ont été victimes de torture par des membres des forces de sécurité et des autorités tunisiennes dénoncent l'usage de la torture et appellent à la réforme de la police tunisienne, lors d'une manifestation devant le siège de ministère de l'Intérieur à Tunis (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 24 janvier 2023

Tunisie: une ONG dénonce une forme de «torture morale» des opposants

  • La directrice juridique de l'ONG, Hélène Legeay, a fait état d'une «recrudescence ces dernières années de ce qui pourrait être qualifié de torture morale»
  • Ces mauvais traitements se sont «étendus depuis le 25 juillet (2021) à des opposants politiques»

TUNIS: L'Organisation mondiale contre la torture (OMCT) a dénoncé mardi une "recrudescence" de "mauvais traitements" qui s'apparentent selon elle à de la "torture morale" à l'encontre des opposants au président tunisien depuis son coup de force de l'été 2021.

La directrice juridique de l'ONG, Hélène Legeay, a fait état d'une "recrudescence ces dernières années de ce qui pourrait être qualifié de torture morale ou à tout le moins de mauvais traitements perpétrés à l'encontre des personnes fichées" par les services de sécurité.

Ces mauvais traitements se sont "étendus depuis le 25 juillet (2021) à des opposants politiques", a assuré Mme Legeay, en référence à la date où le président Kais Saied a limogé son Premier ministre et gelé le Parlement, s'adjugeant les pleins pouvoirs en Tunisie.

Selon l'OMCT, cette situation "se manifeste sous la forme de restrictions arbitraires de liberté, de restrictions répétées à travers des assignations à résidence, des interdictions de quitter le territoire, des visites de la police, des convocations au poste de police. C'est une nouvelle forme de contrôle sociétal qui fait des ravages psychologiques et aussi matériels chez les gens qui sont visés", a ajouté la responsable de l'OMCT.

Mme Legeay a fait état d'une amélioration après la Révolution de 2011 qui avait fait chuter le dictateur Ben Ali, avec "moins de torture pilotée directement par le pouvoir exécutif, par le ministère de l'Intérieur".

Mais "ça revient de plus en plus, on constate une torture et des mauvais traitements institutionnalisés dans le cadre des manifestations", a-t-elle dit, citant des pics début 2020 et début 2021 avec "des manifestations réprimées de manière extrêmement violente".

Selon la responsable, ces mauvais traitements ciblent en particulier "les manifestants, les opposants politiques en général (...) avec le consentement express ou tacite de la direction de l'appareil sécuritaire".

Malgré cela, "on progresse un tout petit peu" car il y a "des procès qui voient le jour pour violences" avec quelques condamnations, a souligné Mme Legeay, tout en déplorant "l'impunité" dont jouissent les policiers ou gendarmes condamnés qui ne sont ni emprisonnés ni suspendus de leurs fonctions.


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.