Jordanie: fan de foot et handicapé, il devient une star depuis sa chambre

Après avoir passé la majeure partie de sa vie enfermé chez lui en raison d'une maladie rare, le Jordanien Amer Abou Nawas est devenu une star des réseaux sociaux où il partage avec entrain son amour inconditionnel pour le football. (AFP)
Après avoir passé la majeure partie de sa vie enfermé chez lui en raison d'une maladie rare, le Jordanien Amer Abou Nawas est devenu une star des réseaux sociaux où il partage avec entrain son amour inconditionnel pour le football. (AFP)
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Publié le Dimanche 05 février 2023

Jordanie: fan de foot et handicapé, il devient une star depuis sa chambre

  • Proposant en langue arabe des analyses de matchs des principaux championnats européens, sa page Facebook Almouhallil Bayti est suivie par près d'un quart de million d'abonnés
  • L'une de ses dernières vidéos a même atteint plus de 1,4 million de vues et depuis peu il publie également ses vidéos sur YouTube, TikTok, Instagram et Twitter

ZARQA: Après avoir passé la majeure partie de sa vie enfermé chez lui en raison d'une maladie rare, le Jordanien Amer Abou Nawas est devenu une star des réseaux sociaux où il partage avec entrain son amour inconditionnel pour le football.

Proposant en langue arabe des analyses de matchs des principaux championnats européens, sa page Facebook Almouhallil Bayti (l'analyste maison en arabe) est suivie par près d'un quart de million d'abonnés.

Sa communauté de "followers" est devenue une sorte de "grande famille", confie à l'AFP le jeune homme de 27 ans né avec une ostéogenèse imparfaite, une affection qui rend les os fragiles appelée "maladie des os de verre".

Du fait de son handicap, il ne quitte que rarement sa maison de Zarqa, à 30 kilomètres d'Amman.

"Il est vrai que je n'ai jamais joué au football ni assisté à un match, mais le football représente tout pour moi", souffle Amer Abu Nawas sous sa fine barbe noire.

En l'absence en Jordanie d'écoles pour les enfants en situation de handicap, le jeune homme a grandi en passant une grande partie de son temps à regarder des matchs de football, analyser les équipes et jouer aux jeux vidéo.

"J'ai toujours eu l'impression que cela me faisait passer d'un monde à un autre", confie-t-il.

Repérant son amour pour le ballon rond, ses proches l'ont alors encouragé à partager sa passion en ligne et en 2017, il lance sa page Facebook qui compte plus de 243.000 abonnés.

«Franchir ces murs»

Filmées avec un smartphone depuis sa chambre, les vidéos d'Amer Abou Nawas le mettent en scène généralement vêtu d'un maillot de football et commentant avec enthousiasme les matchs et innombrables actualités du monde du foot.

Ce fan invétéré de la Premier league et tout particulièrement du club de Liverpool s'intéresse également dans ses vidéos aux championnats de France, d'Allemagne, d'Italie ou d'Espagne, recourant parfois à un tableau en forme de terrain pour décrypter matchs et schémas tactiques.

L'une de ses dernières vidéos a même atteint plus de 1,4 million de vues et depuis peu il publie également ses vidéos sur YouTube, TikTok, Instagram et Twitter.

"Depuis cette pièce, ce petit endroit isolé du monde, j'ai pu franchir ces murs, atteindre les gens, communiquer avec eux, créer du contenu et devenir ce que je suis aujourd'hui", raconte le jeune jordanien.

Sa relation avec ses abonnés? Celle d'une "famille" qui "s'agrandit de jour en jour, et j'espère qu'elle touchera le plus grand nombre possible d'adeptes".

Sa vraie famille, elle, se bat pour lui assurer une vie confortable malgré les écueils.

Amer Abou Nawas est benjamin d'une fratrie de trois, son père est médecin et sa mère pharmacienne.

Dans sa chambre se trouvent des étagères qui accueillent une console de jeu, un ordinateur et des paniers en plastique contenant des objets en tout genre. Et sur son lit se côtoient téléphones, télécommandes, écouteurs et une longue pince attrape tout.

Pas un obstacle 

"Il vit dans son propre univers, dans une pièce chauffée à 27 degrés pour éviter d'avoir froid ou d'attraper une pneumonie. Il peut commander ce qu'il veut à l'aide d'une télécommande", raconte son père Youssef.

Il ajoute que des amis de son fils lui rendent parfois visite et "quand il se sent mal, ils l'emmènent faire un tour en minibus".

Amer Abou Nawas déplore qu'en Jordanie "personne ne se soucie" des personnes atteintes de maladies comme la sienne, ajoutant qu'il aurait souhaité avoir la possibilité d'aller à l'école.

"Les conditions pour les personnes à besoins spécifiques sont catastrophiques", regrette-t-il encore.

"Je n'ai pas pu apprendre car il n'y a pas d'écoles pour les personnes comme moi", lâche-t-il avec amertume.

L'an dernier, les organisateurs de la Coupe du monde de football l'ont invité à assister au tournoi au Qatar, mais en raison des difficultés de déplacement liées à son handicap, il est arrivé en retard et n'a pu assister à aucune rencontre. Il n'en reste pas moins qu'il y a passé "les dix meilleurs jours" de sa vie.

"Je suis réconcilié avec moi-même et avec ma situation (...) Le handicap ne doit pas être un obstacle à la réussite", conclut-il avec un air d'optimisme.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon la diplomatie iranienne

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.


Au G7, coup de projecteur sur l'Ukraine, éclipsée par l'Iran

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
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  • La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien
  • Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni

EVIAN: La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien face à Vladimir Poutine.

Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni.

Ils se retrouveront pour un déjeuner de travail consacré aux crises de cette région secouée par la guerre américano-israélienne contre l'Iran. L'Egypte, les Emirats arabes unis et le Qatar - qui a contribué à la médiation ayant abouti à un accord entre Washington et Téhéran - y ont été conviés.

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump.

La dernière rencontre entre les deux dirigeants remonte à fin décembre dans la résidence du milliardaire américain à Mar-a-Lago, en Floride.

A défaut d'annoncer une réunion bilatérale, le président des Etats-Unis, accaparé ces derniers mois par le conflit avec l'Iran, a assuré lundi avoir eu "une très bonne conversation avec le président (Volodymyr) Zelensky et le président (russe Vladimir) Poutine" dimanche.

"Et je pense que nous pouvons peut-être faire quelque chose", a-t-il ajouté.

Il a en outre déploré les 25.000 morts par mois dans ce conflit, "majoritairement des soldats". "Cela ne devrait pas se produire", a-t-il réagi.

Après de nouvelles frappes meurtrières menées lundi par la Russie qui ont fait au moins 11 morts et incendié une cathédrale historique à Kiev, Volodymyr Zelensky a demandé "davantage de pression sur l'agresseur et davantage de soutien à la défense aérienne de l'Ukraine".

Le président peut d'ores et déjà compter sur l'appui indéfectible des dirigeants européens et canadien, dont il verra certains en tête-à-tête.

Le Royaume-Uni va fournir de l'uranium enrichi à l'Ukraine pour ses centrales nucléaires et imposer de nouvelles sanctions à la Russie, a ainsi annoncé le Premier ministre britannique Keir Starmer en amont de la session de travail.

"Unité et détermination" 

Condamnant les "frappes barbares" de la Russie en Ukraine, Londres compte "monter d'un cran" en "étouffant les ressources qui alimentent la guerre de Poutine et en fournissant de l'énergie à l'Ukraine pour les hivers à venir", a déclaré Keir Starmer.

Avant même la tenue du sommet, une source gouvernementale italienne soulignait de son côté que l'Ukraine restait "un sujet sur lequel il y a la plus grande attention italienne".

Lundi, le président du conseil européen António Costa, également présent à Evian, a estimé que "l'unité et la détermination du G7 sont essentielles pour contribuer à mettre fin à cette guerre et parvenir à une paix juste et durable".

A cet égard, la participation du président Zelensky aux discussions au G7 est "particulièrement importante", a-t-il fait valoir.

De son côté, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué l'Ukraine qui "tient la ligne de front et regagne même partiellement du terrain".

Elle a en outre loué la capacité de Kiev de frapper des cibles stratégiques "au cœur même de la Russie".

Depuis le début du conflit en février 2022, l'Ukraine a opéré un virage stratégique en devenant un acteur majeur de l'industrie de défense, notamment via sa production de drones, mais continue d'avoir cruellement besoin du soutien occidental.

Selon les Européens, la Russie, sous pression des sanctions internationales, commence, elle, à montrer des signes de faiblesse.

"Nos sanctions frappent profondément", a estimé Ursula Von der Leyen.

Pour autant, Vladimir Poutine reste inflexible.

Lundi, le président ukrainien a fait savoir qu'il avait invité son homologue russe à venir au G7.

"La Russie a montré une fois de plus qu'elle n'est pas prête à parler", a-t-il dit, estimant qu'il fallait intensifier la pression sur le président jusqu'à ce qu'il mette fin à la guerre.