Le Royaume-Uni accuse Assad de reconstituer un stock d'armes chimiques

Barbara Woodward, représentante permanente de la Grande-Bretagne auprès de l'ONU (Photo, Reuters).
Barbara Woodward, représentante permanente de la Grande-Bretagne auprès de l'ONU (Photo, Reuters).
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Publié le Mercredi 08 février 2023

Le Royaume-Uni accuse Assad de reconstituer un stock d'armes chimiques

  • Le Conseil de sécurité de l'ONU interdit à la Syrie de disposer d'armes chimiques
  • Un rapport a confirmé que les forces d'Assad ont utilisé des armes chimiques dans une attaque de 2018 à Douma qui a tué 43 civils

NEW YORK: Le Royaume-Uni a accusé mardi le président syrien, Bachar Assad, de réapprovisionner l'arsenal d'armes chimiques de son régime depuis au moins cinq ans.
Barbara Woodward, représentante permanente de la Grande-Bretagne à l'ONU, a déclaré au Conseil de sécurité que son pays est «extrêmement préoccupé par le fait que le régime d'Assad œuvre activement à la reconstitution de son stock d'armes chimiques depuis au moins 2018, en violation flagrante de ses obligations en vertu de la Convention sur les armes chimiques».
Son accusation est intervenue lors d'une réunion du Conseil de sécurité pour discuter de la mise en œuvre de la résolution 2118. Elle faisait suite à un récent rapport de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques, l'organisme de surveillance chargé de la mise en œuvre de la Convention sur les armes chimiques (CAC), qui a conclu qu'il existe suffisamment de preuves pour déduire qu'une attaque chimique sur la ville de Douma en avril 2018 a été menée par l'armée de l'air arabe syrienne.
La résolution 2118 a été adoptée à l'unanimité en septembre 2013 à la suite d’une enquête de l'ONU qui a confirmé l'utilisation d'armes chimiques contre des civils lors d'une attaque dans la banlieue de Damas.
Cette résolution a ordonné au régime syrien de détruire ses stocks d'armes chimiques d'ici la mi-2014, et a défini les mesures punitives à imposer en cas de non-respect. Elle a également interdit à la Syrie d'utiliser, de mettre au point, de fabriquer, d'acquérir, de stocker ou de conserver des armes chimiques, ou de les transférer à d'autres pays ou à des acteurs non étatiques.
En octobre 2013, la Syrie a soumis à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) une déclaration initiale officielle de son programme d'armes chimiques, notamment un plan de destruction de ses stocks.
Fernando Arias, le directeur général de l'OIAC, a présenté mardi au Conseil le dernier rapport de l'équipe d'enquête et d'identification de l'organisation. Il a révélé qu'il existait des «motifs raisonnables» de croire que l'armée de l'air syrienne était responsable de l'attaque chimique perpétrée à Douma il y a cinq ans.
L'équipe d'enquête et d'identification (IIT), chargée d'identifier les auteurs de telles attaques en Syrie, a conclu que dans la soirée du 7 avril 2018, au moins un hélicoptère appartenant à la division d'élite des Forces Tigre de l'armée syrienne a largué deux bonbonne jaunes de gaz de chlore toxique sur deux immeubles résidentiels de la ville.
L'attaque a entraîné la mort confirmée de 43 civils. Certaines estimations font état d'un bilan réel de 50 morts. Au moins 100 personnes ont été blessées.
Arias a ajouté que maintenant que le monde connaît les faits, il appartient à la communauté internationale de prendre les mesures appropriées.
L'IIT a indiqué qu'elle était parvenue à ses conclusions sur l'identité des auteurs sur la base de «motifs raisonnables», la norme de preuve systématiquement adoptée par les organismes internationaux d'établissement des faits et les commissions d'enquête.
Selon ce rapport, le troisième publié par l'équipe, les enquêteurs, les analystes et plusieurs experts indépendants externes ont examiné minutieusement les preuves matérielles recueillies sur le lieu de l'attaque, qui comprenaient des échantillons environnementaux et biomédicaux, des déclarations de témoins et d'autres données vérifiées telles que des analyses médico-légales et des images satellite.
«Les membre de L'IIT ont envisagé une série de scénarios possibles et ont testé leur validité par rapport aux preuves recueillies et analysées afin de parvenir à leur conclusion: Que les forces aériennes arabes syriennes sont les auteurs de cette attaque», a conclu l'OIAC.
L'ambassadrice Bonnie Jenkins, sous-secrétaire à la maîtrise des armements et à la sécurité internationale à la mission américaine auprès des Nations unies, a également exprimé ses inquiétudes quant aux efforts déployés par Assad dans le but de reconstruire le programme d'armes chimiques de son régime.
«Il ne nous a pas échappé que nombre des premiers intervenants syriens qui tirent aujourd'hui des civils des décombres (après le tremblement de terre de lundi dans la Turquie voisine) aidaient, il y a quelques années à peine, des civils brûlés ou asphyxiés par les armes chimiques du régime Assad», a-t-elle déclaré au Conseil de sécurité.
L'IIT a maintenant identifié cinq cas distincts d'utilisation d'armes chimiques qu'elle attribue au régime d'Assad, a signalé Jenkins. Le dernier rapport indique que les forces russes étaient stationnées sur la base depuis laquelle les hélicoptères du régime d'Assad ont lancé l'attaque de 2018, a-t-elle ajouté, et qu'elles contrôlaient conjointement l'espace aérien au-dessus de Douma avec l'armée de l'air syrienne.
«Les États-Unis et d'autres pays ont également souligné depuis longtemps le rôle extrêmement troublant des forces russes au lendemain de l'attaque, lorsque les polices militaires syrienne et russe ont refusé et retardé l'accès des inspecteurs de l'OIAC au site», a précisé  Jenkins.
«Dans le but de mettre en place leurs propres enquêtes par étapes, ils ont également tenté de désinfecter le site et de supprimer les preuves incriminantes de l'utilisation d'armes chimiques.»
Jenkins a ajouté que le rapport de l'OIAC «met un terme aux allégations sans fondement de la Russie et de la Syrie selon lesquelles les forces d'opposition seraient responsables de l'attaque de Douma. L'IIT a clairement indiqué qu'elle estimait qu'une telle fable n'avait pas la moindre crédibilité.»
À l'instar de la majorité des membres du Conseil, Jenkins a demandé que les auteurs de l'attaque soient tenus pour responsables et que le régime d'Assad se conforme à ses obligations internationales et accorde au personnel de l'OIAC un accès «immédiat et sans entrave» afin qu'il puisse poursuivre ses enquêtes.
Cependant, le représentant permanent de la Russie auprès de l'ONU a réitéré l'affirmation de son pays selon laquelle le rapport de l'IIT est un «canular». Vassily Nebenzia a également affirmé une nouvelle fois que le travail de l'OIAC et de l'IIT est biaisé et politisé.
Il a qualifié l'incident de Douma de «mise en scène d'une attaque aux armes chimiques» et de «falsification éhontée par l'Occident».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Trump juge que l'Iran a «pris trop de temps pour négocier» et va «en payer le prix»

Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
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  • Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux"
  • Ils vont "devoir en payer le prix"

WASHINGTON: Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix", dans un message sur son réseau Truth social.

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", a-t-il ajouté. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"


L'Iran dit que la diplomatie avec les Etats-Unis a été «mise à mal» par les frappes

Un hélicoptère d'attaque AH-64 Apache de l'armée américaine s'est écrasé près du détroit d'Ormuz après être entré en collision avec un drone iranien. Photo d'illustration. (AFP)
Un hélicoptère d'attaque AH-64 Apache de l'armée américaine s'est écrasé près du détroit d'Ormuz après être entré en collision avec un drone iranien. Photo d'illustration. (AFP)
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  • "Malheureusement, les Etats-Unis nuisent à ce processus diplomatique par les messages contradictoires qu'ils envoient, leurs changements répétés de position et d'exigences et, pire encore, par leurs violations répétées du cessez-le-feu"
  • "Tout processus diplomatique est mis à mal par le recours à la force et par des actions illégales sur le terrain"

TEHERAN : Le ministère iranien des Affaires étrangères a estimé mercredi que les Etats-Unis avaient porté atteinte aux efforts diplomatiques en cours visant à mettre fin à la guerre, après de nouvelles frappes américaines contre des cibles dans le sud de l'Iran.

"Malheureusement, les Etats-Unis nuisent à ce processus diplomatique par les messages contradictoires qu'ils envoient, leurs changements répétés de position et d'exigences et, pire encore, par leurs violations répétées du cessez-le-feu", a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, dans un message vidéo relayé par les médias iraniens. "Tout processus diplomatique est mis à mal par le recours à la force et par des actions illégales sur le terrain", a-t-il ajouté.

 

 


Le Pakistan confirme des frappes à la frontière avec l'Afghanistan, faisant 26 morts

Le Pakistan a affirmé mercredi avoir tué 26 personnes liées aux talibans pakistanais, dans des frappes aériennes qualifiées de "précises et calibrées" à la frontière avec l'Afghanistan. (Reuters)
Le Pakistan a affirmé mercredi avoir tué 26 personnes liées aux talibans pakistanais, dans des frappes aériennes qualifiées de "précises et calibrées" à la frontière avec l'Afghanistan. (Reuters)
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  • "À la suite des récents incidents terroristes au Pakistan (...) des frappes précises et calibrées ont été menées le long de la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan contre des repaires et des caches"
  • 26 personnes liées aux talibans pakistanais Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) ont été tués

ISLAMABAD: Le Pakistan a affirmé mercredi avoir tué 26 personnes liées aux talibans pakistanais, dans des frappes aériennes qualifiées de "précises et calibrées" à la frontière avec l'Afghanistan, après que Kaboul a déclaré que 12 personnes, dont des enfants, sont mortes dans l'attaque.

"À la suite des récents incidents terroristes au Pakistan (...) des frappes précises et calibrées ont été menées le long de la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan contre des repaires et des caches", a déclaré sur X le ministre pakistanais de l'Information, Attaullah Tarar, ajoutant que 26 personnes liées aux talibans pakistanais Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) ont été tués.