Le Congrès américain introduit une résolution en faveur de la démocratie en Iran

Des personnes se rassemblent lors d'une manifestation en faveur de Mahsa Amini à Téhéran, en Iran (Photo, AFP).
Des personnes se rassemblent lors d'une manifestation en faveur de Mahsa Amini à Téhéran, en Iran (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 09 février 2023

Le Congrès américain introduit une résolution en faveur de la démocratie en Iran

  • La résolution soutient «le désir du peuple iranien d'obtenir une République démocratique, laïque et non nucléaire»
  • La résolution bipartite devrait être facilement adoptée lors du vote final

CHICAGO: La Chambre des représentants des États-Unis a introduit mercredi une résolution exprimant son soutien au peuple iranien et dénonçant la «dictature monarchique et la tyrannie religieuse» du régime au pouvoir à Téhéran.
Bien que la résolution n'ait aucune autorité juridique, elle renforce le soutien américain au peuple iranien et la condamnation des violations continues des droits de l'homme par le gouvernement du pays. Plus de 165 membres du Congrès, des deux principaux partis, ont coparrainé la résolution, qui devrait être facilement adoptée lors du vote final.
«Le moment choisi et le nombre sans précédent de cosponsors pour cette résolution bipartite, à la veille de l'anniversaire de la révolution antimonarchique de 1979 qui a renversé un dictateur corrompu et impitoyable, reflètent la politique avant-gardiste du Congrès et son soutien à une république iranienne laïque et non nucléaire», a déclaré Ramech Sepehrrad, présidente du Conseil consultatif de l'Organisation des communautés irano-américaines.
La résolution a été introduite par Tom McClintock, membre républicain du Congrès de Californie, qui a signalé que davantage de mesures devraient être prises pour aligner les pays européens et baltes en opposition au régime iranien.
«Je suis heureux de présenter cette résolution qui soutient le désir du peuple iranien d'obtenir une République démocratique, laïque et non nucléaire, et qui condamne les violations des droits de l'homme et le terrorisme d'État par le gouvernement iranien», a-t-il souligné.
Cette résolution intervient alors que les manifestations contre le régime en place se poursuivent en Iran. Elles ont débuté en septembre de l'année dernière après la mort en détention d'une Iranienne de 22 ans, Mahsa Amini, qui avait été arrêtée par la «police des mœurs» pour ne pas avoir couvert ses cheveux à leur satisfaction, en vertu de règles strictes régissant la façon dont les femmes peuvent s'habiller en public.
Plus de 600 civils, dont 70 enfants, ont été tués depuis le début des protestations et 19 600 personnes ont été arrêtées, dont 687 étudiants.
Maryam Radjavi, cheffe des Moudjahidines du peuple d'Iran, un groupe d'opposition iranien qui prône le renversement du régime en place et l'instauration d'un gouvernement démocratique, a pris la parole lors de la séance d'information de mercredi par liaison vidéo. Elle a remercié le Congrès pour son soutien continu mais a déclaré que plus d’efforts devraient être déployés afin de mettre fin à l'utilisation perpétuelle de la violence par le régime pour réprimer les manifestants.
«Nous sommes à l'anniversaire de la révolution antidictatoriale de 1979, lorsqu'une nation unifiée a chassé du pouvoir un dictateur, le Chah, mais l'ancien guide suprême Ayatollah Khomeini a détourné leur révolution en établissant une dictature religieuse», a affirmé Radjavi.
«Cependant, aujourd'hui, après plus de quarante ans de répression et de résistance, la nation iranienne est à nouveau prête à renverser une autre forme de dictature. Le peuple iranien veut mettre fin à un siècle de dictature et établir une république démocratique, pluraliste et laïque.»
«Ce que vous voyez aujourd'hui en Iran est une autre révolution en devenir. C'est le résultat de quarante ans de résistance organisée et de lutte contre le régime, au cours desquels 120 000 exécutions politiques ont eu lieu», a précisé Radjavi.
Le Congrès a introduit et adopté des dizaines de résolutions condamnant le régime iranien.
Radjavi a élaboré un plan en 10 points pour l'avenir de l'Iran, qui préconise: le droit universel des citoyens à voter dans des élections libres et équitables, une économie de marché, l'égalité des sexes, des religions et des ethnies, une politique étrangère basée sur la coexistence pacifique et un Iran non nucléaire.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le président syrien n'entend pas intervenir au Liban (sources proches)

Le président syrien Ahmed al-Chareh. (REUTERS)
Le président syrien Ahmed al-Chareh. (REUTERS)
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  • Le président syrien Ahmad al-Chareh a démenti toute intention d’intervention au Liban, qualifiant ces rumeurs d’infondées
  • Damas affirme privilégier la coordination avec Beyrouth et la stabilité du Liban, dans un contexte régional tendu lié au Hezbollah et au conflit israélo-libanais

DAMAS: Le président syrien Ahmad al-Chareh a déclaré à des visiteurs que Damas n’avait aucune intention d’intervenir au Liban, démentant des rumeurs à ce sujet, ont indiqué vendredi à l'AFP deux personnes ayant assisté à l'entretien.

L’un des participants, qui a requis l’anonymat, a affirmé que le dirigeant syrien avait dit à une délégation de près de 70 notables et dignitaires de la province de Damas, en visite jeudi au palais présidentiel, que "ce qui se dit au sujet d'une intervention de la Syrie au Liban n’est qu'une rumeur".

L'autre personne a confirmé ces propos.

Le communiqué officiel publié à l'issue de cette visite, centrée autour de questions locales de développement, n'a fait aucune mention des propos d'Ahmad al-Chareh sur le Liban.

Le président américain Donald Trump avait affirmé lors d'une interview le 7 juin à NBC que le président syrien était prêt à aider à affaiblir le Hezbollah, contre lequel Israël mène une campagne de frappes aériennes et une offensive terrestre.

Dans une interview télévisée jeudi, le porte-parole du ministère syrien de l’Intérieur, Noureddine al-Baba, a déclaré que Damas se tient aux côtés du président libanais Joseph Aoun pour " préserver la sécurité du Liban et la souveraineté de l’Etat libanais".

"La coordination avec (...) le Liban est le fondement de tout rôle que la Syrie peut jouer dans la résolution des dossiers libanais", a-t-il ajouté.

Réagissant aux propos de Donald Trump, Noureddine al-Baba a déclaré que "les parties syrienne et libanaise sont les mieux placées pour (les) interpréter et se mettre d’accord sur une formule qui serve les deux pays dans le cadre d'une vision arabe commune".

Selon un diplomate qui a requis l'anonymat, la Syrie est sous pression des Etats-Unis depuis le début de la guerre entre Israël et le Liban le 2 mars pour intervenir contre la formation pro-iranienne dans le pays voisin, avec lequel elle partage une longue frontière terrestre.

La Syrie est dirigée depuis fin 2024 par des autorités islamistes hostiles au Hezbollah, qui était l'allié du président renversé Bachar al-Assad.

M. Chareh a dit vouloir ouvrir une nouvelle page avec le Liban.

Le président syrien Hafez al-Assad, père de Bachar al-Assad, était intervenu au Liban en pleine guerre civile en 1976 et ses troupes ne s'en étaient définitivement retirées que près de 30 ans plus tard.


Le CCG déclare que les hostilités iraniennes compromettent le dialogue et les relations régionales

Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
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  • Le communiqué indique que la poursuite de l'agression iranienne ne fera qu'accentuer l'isolement de l'Iran
  • Affirmation du droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international

LONDRES : Un communiqué du Conseil de coopération du Golfe a déclaré mercredi que les hostilités iraniennes sapaient la confiance et fermaient la porte au dialogue.

Le communiqué souligne que "l'agression ne permet pas d'établir des relations ni de favoriser la compréhension ou le rapprochement".

La déclaration ajoute que la poursuite de l'approche agressive de l'Iran ne fera qu'accentuer son isolement, avertissant que de telles politiques affaiblissent la stabilité régionale.

Elle précise également que la porte de la compréhension reste ouverte à ceux "qui choisissent le langage de la sagesse et du bon voisinage".

Le Conseil a réaffirmé son entière solidarité avec le Bahreïn, le Koweït et la Jordanie, soulignant que la sécurité des États du Golfe est indivisible et que toute attaque contre un membre constitue une attaque contre tous.

Le Conseil a condamné les actions de l'Iran, a tenu Téhéran pour responsable de leurs conséquences sur la sécurité régionale, la navigation internationale et l'approvisionnement en énergie, et a appelé la communauté internationale à demander des comptes aux responsables.

Il a également affirmé le droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international et à la charte des Nations unies.

Cette déclaration a été faite alors que les ministres des affaires étrangères du CCG participaient à la 167e session du conseil ministériel du CCG à Bahreïn.

La réunion du CCG pour les États arabes du Golfe s'est tenue à Manama sous la présidence du ministre des affaires étrangères de Bahreïn, Abdullatif bin Rashid Al-Zayani.


Liban: au moins 12 morts dans des frappes israéliennes dans le sud

Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
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  • Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud
  • "Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël"

BEYROUTH: Israël a poursuivi mercredi ses frappes au Liban, faisant au moins 12 morts, selon une source médicale à l'AFP, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, appelant les Libanais à "rejoindre" la lutte de son pays contre le Hezbollah pro-iranien.

L'armée israélienne a en outre arrêté et enlevé en Israël, pour interrogatoire, deux habitants d'un village frontalier du sud, avant leur remise en liberté dans la soirée.

Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud.

"Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël", a déclaré M. Netanyahu dans un message en anglais adressé au peuple libanais.

Dans le même temps, Donald Trump a douché mercredi les espoirs d'un accord avec Téhéran pour mettre fin à la guerre régionale. Il a affirmé que son armée allait "attaquer" l'Iran dès mercredi, l'accusant de duplicité.

Dans le sud, près de Tyr, huit personnes ont été tuées dans des frappes sur le village de Tayr Debba et quatre autres dans la localité de Deir Qanoun an-Nahr, a indiqué une source médicale à l'AFP.

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a aussi rapporté d'autres bombardements sur une trentaine de localités dans le sud et l'est du Liban, dont trois villages méridionaux dont Israël avait ordonné plus tôt l'évacuation.

La veille, de violents raids sur la ville de Tyr avaient fait 11 morts et Israël avait ordonné à l'ensemble des habitants de la ville millénaire et de ses environs d'évacuer, provoquant un exode précipité.

Plus au nord, une frappe israélienne a visé une voiture dans le centre de la grande ville côtière de Saïda, porte du sud du Liban, a indiqué l'Ani.

Un correspondant de l'AFP y a vu des secours retirer deux personnes d'un véhicule en feu.

Villages chrétiens isolés 

De son côté, le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre des troupes israéliennes dans des localités qu'elles occupent dans le sud.

Dans la zone frontalière, une patrouille israélienne a enlevé "un membre du conseil municipal de Kfar Chouba et un employé de la municipalité alors qu'ils effectuaient des travaux de pompage d'eau", selon l'Ani.

L'armée israélienne a indiqué pour sa part avoir interpellé et "transféré sur le territoire israélien pour y être interrogés", deux "suspects" qui "s'étaient approchés de la zone où les soldats israéliens mènent des opérations".

La municipalité de Kfar Chouba a annoncé qu'ils étaient revenus libres au village dans la soirée. Affirmant qu'ils "n'avaient aucune intention de s’approcher des forces israéliennes", elle a condamné un "acte hostile envers deux innocents qui accomplissaient une mission humanitaire".

Kfar Chouba est l'un des rares villages frontaliers dont les habitants sont restés malgré les ordres d'évacuation de l'armée israélienne, qui occupe désormais une partie du sud du pays.

Parmi ces villages figure une poignée de localités chrétiennes, dont les représentants ont appelé mardi soir l'État libanais à "ouvrir des couloirs humanitaires".

Le communiqué du "Rassemblement des villages chrétiens frontaliers" souligne que les routes les desservant sont désormais "coupées ou extrêmement dangereuses".

Depuis le début, le 2 mars, de la nouvelle guerre au Liban entre le Hezbollah et Israël, les frappes israéliennes ont fait 3.696 morts, selon le dernier bilan des autorités.

Le mouvement chiite a entraîné le Liban dans cette guerre régionale pour soutenir l'Iran, qui exige que tout accord de paix avec Washington inclut la fin des hostilités sur le front libanais.