L'impact de l'arrivée au pouvoir de l'extrême-droite israélienne sur les Palestiniens

Le gouvernement israélien prend des mesures pour effacer l'identité nationale collective des Palestiniens (Photo, Reuters).
Le gouvernement israélien prend des mesures pour effacer l'identité nationale collective des Palestiniens (Photo, Reuters).
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Publié le Jeudi 09 février 2023

L'impact de l'arrivée au pouvoir de l'extrême-droite israélienne sur les Palestiniens

  • Les politiques israéliennes ne reçoivent pas l'attention de la communauté internationale, selon les experts
  • Les Palestiniens représentent 20% de la population en Israël

LONDRES: Le gouvernement israélien prend des mesures pour effacer l'identité nationale collective des Palestiniens et pour interdire leur expression politique légale, ont affirmé des experts cette semaine.
L’expert et politicien arabe israélien Sami Abou Chehadeh, ancien membre de la Knesset, a également prévenu que le gouvernement de droite récemment élu en Israël aura un impact particulier sur les citoyens palestiniens, qui représentent 20% de la population en Israël.
Il s'exprimait lors d'un panel de la Fondation Galilée mercredi, qui a discuté des ramifications que le gouvernement israélien aurait pour les Palestiniens et leur lutte pour l'égalité.
Abou Chehadeh a déclaré que l'un des signes les plus dangereux de ce qui est à venir est la réforme judiciaire du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, qui comprend l'ordre à la police israélienne de retirer tout drapeau palestinien à l'intérieur d'Israël et dans les territoires occupés.
Il a ajouté: «L'État d'Israël ne considère pas notre composante nationale comme une partie de notre identité.
«Le gouvernement israélien continue de nous considérer comme une minorité, qui n'a pas d'identité nationale ou religieuse, et cela affecte les politiques gouvernementales.»
La victoire écrasante des partis israéliens d'extrême droite en décembre a tiré la sonnette d'alarme dans tout Israël et chez ses alliés occidentaux historiques, a-t-il indiqué.
Abou Chehadeh a également signalé que les Palestiniens peuvent s'attendre à une discrimination dans le secteur de l'éducation à cause de la position du nouveau gouvernement.
Il a poursuivi: «La plupart du monde ignore que le système éducatif israélien, comme le reste de sa société, est fondé sur la séparation raciale.»
Il existe trois systèmes éducatifs officiels différents dans le pays: pour les Palestiniens, pour les groupes juifs laïques et pour les groupes juifs religieux.
Alors que tous les systèmes scolaires comprennent des cours d'histoire sioniste moderne, les Palestiniens n'ont pas le droit d'étudier leur propre histoire, le ministre israélien de l'Éducation, Yifat Chacha-Biton, l'ayant un jour qualifiée d'«incitation dangereuse» contre le gouvernement et l'armée israéliens.
Les experts qui se sont exprimés lors de cette table ronde ont fait valoir que les politiques fondamentales du nouveau gouvernement de coalition visaient les Palestiniens, et qu'elles ne recevaient pas l'attention de la communauté internationale ni ne suscitaient de débat public dans le pays.
Ils ont affirmé que l'attention s'était plutôt portée sur les projets de réforme judiciaire du nouveau gouvernement, qui, selon eux, menacent la démocratie israélienne.
«Bien que les réformes juridiques soient importantes, le public israélien extrême n'attend pas que ces lois soient adoptées», a avisé Abou Chehadeh.
La Dr Areen Hawari, directrice du programme d'études sur le genre au centre arabe Mada Al-Carmel pour la recherche sociale appliquée à Haïfa, a fait part de ses réflexions sur le sujet.
«Israël est un État colonial de colons, la patrie d'autres peuples, tout comme l'Afrique du Sud, la Nouvelle-Zélande et l'Australie», a-t-elle déclaré.
«Ces États coloniaux, mais surtout Israël, qui a été créé en 1948 après la Seconde Guerre mondiale, ont fortement besoin d'appartenir à l'Occident pour exister.
«Pour faire partie de l'Occident, vous devez vous présenter comme démocratiques, au moins sur le plan procédural.
«C'est pourquoi la gauche en Israël est prête à se battre contre ces nouvelles réformes, car si vous perdez le soutien de l'Occident, vous perdez votre existence.»
Toutefois, Hawari a souligné que, pour la première fois, le nouveau gouvernement «ne se soucie tout simplement pas» de ce que l'Occident pense de lui.
Elle a affirmé que cela était dû au succès de son occupation en cours, aux récents accords de normalisation avec plusieurs pays arabes, aux gains du pays pendant l'administration Trump et au silence persistant de l'UE.
Le Dr Hassan Jabareen, avocat palestinien spécialisé dans les droits de l'homme, a reconnu que parmi les milliers d'Israéliens qui protestent à Tel Aviv contre les nouvelles réformes judiciaires, plusieurs ont critiqué le traitement des Palestiniens par Israël.

Le Dr Hassan Jabareen (Photo fournie/Fondation Galilée).

De même, il a déclaré: «Nous ne pouvons pas nous retrouver à manifester à Tel Aviv pour sauver la démocratie israélienne alors que nous ne considérons pas Israël comme un État démocratique. Nous nous considérons comme des victimes de ce même système juridique.
«Ainsi, même s'il est très difficile pour les Palestiniens de participer à la manifestation, nous sommes d'accord avec certains leaders de la protestation pour dire que nous sommes en fait les principales victimes du nouveau gouvernement d'Israël.»
Alors que la menace croissante de l'extrémisme israélien se profile, Abou Chehadeh a déclaré à Arab News que les Palestiniens, en particulier ceux installés dans le monde entier, doivent repenser leur stratégie pour leur libération.
«L'un de nos défis est que nous, en tant que Palestiniens, nous parlons à nous-mêmes et à des personnes qui nous ressemblent», a-t-il indiqué.
«Pour nous, activistes, tout ce qui se passe en Palestine est considéré comme acquis, mais une grande partie du monde ne connaît pas les bases.»
Il affirme que les activistes doivent continuer à éduquer les autres qui ne connaissent pas la cause, la question et le récit palestiniens.
«Il est important que le monde voit que nous luttons contre une fausse image de la démocratie. L'appeler apartheid n'est pas suffisant... Je crois que c'est la société la plus raciste», a-t-il soutenu.
«Les gens doivent voir cette vérité afin de soutenir notre lutte. Nous luttons pour la paix, la justice et l'égalité pour tous, Palestiniens et Juifs.»
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: l'armée israélienne déclare que toute la zone au sud du fleuve Zahrani est une «zone de combat»

Une capture d'écran montre des habitants quittant Tyr en voiture après que l'armée israélienne a lancé mercredi un avis d'évacuation à l'intention de cette ville côtière du sud du Liban et des zones environnantes, indiquant qu'elle s'apprêtait à frapper des cibles du Hezbollah dans la région. (X/@SawtBeirut)
Une capture d'écran montre des habitants quittant Tyr en voiture après que l'armée israélienne a lancé mercredi un avis d'évacuation à l'intention de cette ville côtière du sud du Liban et des zones environnantes, indiquant qu'elle s'apprêtait à frapper des cibles du Hezbollah dans la région. (X/@SawtBeirut)
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  • L'armée israélienne a averti mercredi soir qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais situé au sud du Zahrani, fleuve s'écoulant à une quarantaine de kilomètres de la frontière entre Israël et le Liban
  • "A la lumière des violations répétées des termes du cessez-le-feu par le Hezbollah terroriste, [l'armée israélienne] va agir contre lui avec une très grande force", a prévenu l'officier

JERUSALEM: L'armée israélienne a averti mercredi soir qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais situé au sud du Zahrani, fleuve s'écoulant à une quarantaine de kilomètres de la frontière entre Israël et le Liban.

Dans un message sur les réseaux sociaux semblant acter la fin du cessez-le-feu plus que précaire entre Israël et le mouvement islamiste libanais Hezbollah, le colonel Avichay Adraee, porte-parole arabophone de l'armée israélienne a appelé tous les habitants qui se trouveraient dans cette région à évacuer vers la rive nord du Zahrani.

"A la lumière des violations répétées des termes du cessez-le-feu par le Hezbollah terroriste, [l'armée israélienne] va agir contre lui avec une très grande force", a prévenu l'officier.

"Au Liban, nous intensifions nos opérations afin de porter des coups toujours plus sévères à l'organisation Hezbollah", a déclaré de son côté le lieutenant-général Eyal Zamir, chef d'état-major de l'armée israélienne, lors d'une cérémonie de réception d'un nouvel avion ravitailleur pour l'armée de l'Air.

"Cette mission est conduite de manière méthodique, sur tous les fronts — dans les airs comme au sol — avec responsabilité et détermination, face à un ennemi affaibli et durement éprouvé", a-t-il dit selon une vidéo de la cérémonie diffusée par le service de presse de l'armée.

"Le Hezbollah déploie contre nous une large gamme de menaces, notamment celle des drones" explosifs, a-t-il ajouté promettant de poursuivre "sans relâche [les] efforts [pour infliger] à l'ennemi un coût élevé, tant sur la ligne de front qu'en profondeur".


Liban: le Hezbollah dit mener des combats directs avec des forces israéliennes dans le sud

Des soldats israéliens se mettent à l'abri près de la frontière israélo-libanaise, à la suite d'une attaque par drone du Hezbollah qui a frappé la frontière nord. (AFP)
Des soldats israéliens se mettent à l'abri près de la frontière israélo-libanaise, à la suite d'une attaque par drone du Hezbollah qui a frappé la frontière nord. (AFP)
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  • Des combattants "se sont livrés à des affrontements directs avec les forces ennemies" à Zawtar el-Charqiyé, au nord du fleuve Litani, a écrit mercredi le groupe pro-iranien dans un communiqué
  • Le Hezbollah avait revendiqué depuis la veille à l'aube des tirs et attaques au drone contre des forces israéliennes qui tentaient de s'infiltrer dans la localité

BEYROUTH: Le Hezbollah a indiqué mercredi mener des combats avec des forces israéliennes dans une localité située à la lisière de la "ligne jaune" établie dans le sud du Liban par Israël, qui étend ses opérations terrestres dans le pays.

L'armée israélienne avait élargi et intensifié ses frappes mardi sur des villes et villages dans le sud du Liban et dans des zones de l'est du pays limitrophes du sud, faisant au moins 31 morts selon les autorités.

Des combattants "se sont livrés à des affrontements directs avec les forces ennemies" à Zawtar el-Charqiyé, au nord du fleuve Litani, a écrit mercredi le groupe pro-iranien dans un communiqué.

Le Hezbollah avait revendiqué depuis la veille à l'aube des tirs et attaques au drone contre des forces israéliennes qui tentaient de s'infiltrer dans la localité.

Ce village, situé au nord du fleuve Litani, revêt une importance stratégique pour sa proximité avec la ville de Nabatiyé, grande ville du sud visée par un nouvel appel à évacuation israélien avant des frappes, le deuxième depuis mardi.

Israël dit cibler le Hezbollah, qu'il accuse de violer le cessez-le-feu.

Zawtar el-Charqiyé se situe à la lisière de la "ligne jaune" que l'armée israélienne a établie dans le sud du Liban à une dizaine de kilomètres de la frontière, zone qu'elle interdit d'accès aux habitants et où elle mène de larges opérations de démolition.

Parallèlement à cette avancée, Israël a annoncé mardi étendre ses opérations terrestres contre le Hezbollah au-delà de la "ligne jaune", malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril.

"Nous intensifions notre action au Liban" et "nous renforçons la zone de sécurité afin de protéger les localités du nord" d'Israël, a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu.


L'Iran juge peu probable la reprise de la guerre avec les Etats-Unis

L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, malgré les récentes frappes américaines, et sur fond de laborieuses tractations diplomatiques pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, malgré les récentes frappes américaines, et sur fond de laborieuses tractations diplomatiques pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
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  • Si les armes se sont quasiment tues depuis le 8 avril après plus d'un mois de frappes israélo-américaines qui ont fait des milliers de morts, les négociations piétinent depuis
  • Et le verrouillage du détroit d'Ormuz par l'Iran continue, faisant flamber les prix du pétrole, tout comme les échanges de menaces

TEHERAN: L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, malgré les récentes frappes américaines, et sur fond de laborieuses tractations diplomatiques pour mettre fin durablement à la guerre.

Dans le même temps, comme une étape de plus vers un retour à la normale, l'accès à internet a été partiellement rétabli en Iran, selon l'ONG de surveillance de la cybersécurité NetBlocks. Et dans le ciel, le trafic a désormais pleinement repris dans 10 aéroports du pays.

Si les armes se sont quasiment tues depuis le 8 avril après plus d'un mois de frappes israélo-américaines qui ont fait des milliers de morts, les négociations piétinent depuis. Et le verrouillage du détroit d'Ormuz par l'Iran continue, faisant flamber les prix du pétrole, tout comme les échanges de menaces.

"La probabilité d'une guerre est faible en raison de la faiblesse de l'ennemi", a lancé mercredi Mohammad Akbarzadeh, un haut responsable des forces navales des Gardiens, cité par l'agence de presse Tasnim. Mais "les forces armées se tiennent en alerte, leurs chargeurs pleins", a-t-il ajouté, jurant de "transformer la zone" allant de l'est à l'ouest du Golfe en "un cimetière pour les agresseurs".

La veille, la République islamique avait déjà menacé de riposter à tout "acte malveillant", accusant Washington d'avoir violé le cessez-le-feu dans le sud du pays.

Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) avait annoncé plus tôt avoir frappé dans la nuit de lundi à mardi des sites de lancement de missiles.

L'Iran n'a pas officiellement confirmé l'information, mais les médias d'Etat ont rapporté des explosions dans la ville portuaire de Bandar Abbas.

Alors que les pays musulmans célèbrent l'Aïd al-Adha, fête majeure de l'islam, le président iranien Massoud Pezeshkian a délivré à cette occasion un message contre "les tyrans de notre époque".

 "Globalement positives"

Mercredi, les cours du pétrole fléchissaient de nouveau et les Bourses européennes ont ouvert en petite hausse.

Si l'enthousiasme des marchés est retombé après les signaux positifs du weekend, "il subsiste un air d'optimisme prudent quant à la signature et aux détails d'un protocole d'accord (MoU) entre les Etats-Unis et l'Iran", commente Chris Weston, responsable de la recherche chez le courtier Pepperstone.

Car le dialogue n'est pas rompu: l'agence iranienne Isna a fait état de "négociations globalement positives" après la visite de hauts responsables au Qatar, une première depuis le début des hostilités.

Ce déplacement avait pour but de discuter des "modalités d'accès" aux fonds gelés à l'étranger, dont une partie au Qatar, en raison des sanctions américaines. Téhéran exige le déblocage de 24 milliards d'avoirs, "avec mise à disposition de la moitié dès l'annonce du protocole d'accord", selon Isna.

C'est un des principaux points de contentieux, aux côtés du volet nucléaire que l'Iran souhaite aborder dans un second temps. Washington, qui soupçonne Téhéran de vouloir se doter de la bombe atomique, réclame la destruction du stock d'uranium hautement enrichi, dont le sort est incertain depuis de précédentes frappes, en juin 2025.

Au-delà de la "ligne jaune" 

Donald Trump, qui doit réunir mercredi son gouvernement, cherche de son côté une issue à cette guerre impopulaire qui a gravement perturbé l'économie mondiale en raison du quasi blocage par Téhéran du détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde.

"Si le mémorandum est signé (...), Trump revendiquera un succès diplomatique, les prix du carburant devraient baisser et l'Iran aura obtenu ce qu'il recherchait depuis le début: la fin des hostilités actives et un répit économique, avant d'être contraint de faire des concessions sur la question nucléaire", écrit sur son site le groupe de réflexion International Crisis Group.

A condition que son allié israélien, désireux de renverser la République islamique, ne fasse pas dérailler les discussions.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé une intensification de l'offensive de l'armée israélienne au Liban contre le Hezbollah pro-iranien, malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril.

De nouvelles frappes mardi ont fait 31 morts, selon le gouvernement libanais. Et Israël a dit étendre ses opérations terrestres au-delà de la "ligne jaune" qu'elle a établie dans le sud du pays.