Jour de la fondation: L'Arabie saoudite célèbre 300 ans d'histoire

Les Saoudiens ont célébré le jour de la fondation (Photo, SPA).
Les Saoudiens ont célébré le jour de la fondation (Photo, SPA).
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Publié le Jeudi 23 février 2023

Jour de la fondation: L'Arabie saoudite célèbre 300 ans d'histoire

  • Défilés, vols en montgolfière et événements familiaux marquent trois cents ans d’histoire
  • À Djeddah, les célébrations du jour de la fondation ont lieu au sein de plusieurs monuments et bâtiments âgés d’environ quatre cents ans

DJEDDAH/DHAHRAN/RIYAD: L’Arabie saoudite célèbre son deuxième jour de la fondation avec des événements, des activités et un congé de quatre jours.
Célébré le 22 février pour commémorer la fondation du pays par l’imam Mohammed ben Saoud, il a été déclaré jour férié l’année dernière à la suite d’un décret royal émis par le roi Salmane.
Des événements culturels et artistiques ont lieu dans tout le Royaume.

Concours national
À l’occasion du jour de la fondation, l’ONU Arabie saoudite lance un concours de photographie autour du thème «Personnes et biens» afin de mettre en valeur la culture et le patrimoine du Royaume.
Les organisateurs demandent que les images représentent des personnes portant des vêtements régionaux et traditionnels de différentes régions du Royaume, des générations plus jeunes et plus âgées, le patrimoine culturel et l’architecture moderne, ou encore des paysages régionaux.
Les photographes locaux doivent soumettre quatre images haute résolution prises avec un appareil photo numérique.
Les photos peuvent être prises dans n’importe quel style ou format et peuvent être en noir et blanc ou en couleur. À des fins d’impression, les images doivent correspondre au format requis de 3:2, en portrait ou en paysage. La taille minimale des fichiers est de 1 Mo et la taille maximale est de 12 Mo.
Toutes les photos doivent être originales et il incombe au photographe de s’assurer que les droits d’auteur n’ont pas été enfreints.
Chaque photo sera jugée individuellement. Toutes les photos envoyées donnent automatiquement à l’ONU Arabie saoudite le droit de les reproduire pour publication. Les droits d’auteur sont conservés par le photographe.
Les photos gagnantes seront utilisées dans le rapport annuel de l’ONU sur le pays, et une sélection des dix meilleures images sera présentée sur le site Web de l’ONU Arabie saoudite sous forme d’exposition virtuelle. Les images gagnantes mises en ligne dans le cadre du concours peuvent apparaître dans des documents de l’ONU.
L’Organisation mondiale du tourisme de l’ONU (OMT) accordera à dix gagnants une bourse pour suivre un cours dans son Académie de tourisme en ligne. L’OMT exposera également les meilleures photos lors d’événements spéciaux, les promouvra sur ses plates-formes de réseaux sociaux, et certaines images pourront apparaître dans les publications de son choix.
Pour présenter votre candidature, envoyez un courriel à l’adresse suivante: [email protected] dans lequel vous indiquerez vos coordonnées complètes et joindrez les images. pour plus de détails, consultez www.SaudiArabia.UN.org.

Riyad
La capitale du Royaume a célébré le jour de la fondation avec des parades et des spectacles dans toute la ville.
Des familles vêtues de tenues traditionnelles se sont rassemblées pour assister aux parades et aux spectacles colorés, tandis que les rues vibraient au rythme des célébrations.
Mercredi, la place Al-Kindi, dans le Quartier diplomatique, a accueilli une tente du patrimoine comprenant un souk traditionnel, des spectacles et des plats locaux que les visiteurs ont pu déguster. L’événement se poursuivra jeudi.
Le ministère de la Culture a présenté une comédie musicale sur l’histoire de l’Arabie saoudite dans la salle rouge de l’université Princesse Noura. Le spectacle a été donné pour la première fois mercredi et se poursuivra jusqu’au 27 février.
Le ministère a par ailleurs organisé un défilé à l’intersection de la route du prince Turki ben Abdelaziz al-Awwal et de la route du roi Salmane à Riyad, avec des chevaux arabes, des tenues traditionnelles et des spectacles hauts en couleur illustrant trois siècles d’histoire du Royaume.
Al-Liwan, un événement culturel proposant des marchés traditionnels, des séminaires d’information et des représentations théâtrales historiques, a été organisé simultanément dans quatorze villes du Royaume, dont Riyad, Arar, Sakaka, Tabuk, Hail, Buraidah, Dammam, Médine, Taïf, Djeddah, Al-Baha, Abha, Jazan et Najran.
À Riyad, il se poursuivra jusqu’à vendredi.
Le site historique de Diriyah a tenu une parade à l’occasion du jour de la fondation, ainsi que d’autres activités familiales sur quatre sites, dont le JAX Park et le Riyadh Skate Park.
L’une des festivités familiales les plus populaires était le Majlis, un événement éducatif mettant en lumière le patrimoine et la culture du premier État saoudien par le biais de conférences, de débats et d’ateliers organisés à la Bibliothèque nationale du roi Fahd.
De nombreuses célébrations à Riyad se poursuivront au cours des deux prochains jours, et certaines, comme la comédie musicale dans la salle rouge de l’université Princesse Noura, jusqu’au 27 février.
Abderrahmane Saleh al-Wohaibi, premier Saoudien à obtenir un permis de pilote de montgolfière dans le Royaume, s’est joint aux célébrations de Riyad, s’élevant au-dessus de la ville lors de vols effectués mardi et mercredi en partant de deux sites: Marat, une ville historique située à 200 km au nord-ouest de Riyad, et Al-Khararah, au sud-ouest de la ville.
M. Al-Wohaibi a qualifié les vols en montgolfière de geste de gratitude envers son pays.
«Cela fait six mois que je tente d’importer cette montgolfière, et l’idée m’est venue à l’esprit une fois mon permis de pilote délivré», a-t-il déclaré. «J’ai senti que je devais exprimer mon amour pour ce pays d’une manière différente, et j’ai donc choisi notre jour de la fondation pour ce faire.»
La montgolfière de M. Al-Wohaibi a été fabriquée par l’usine Kubicek en République tchèque et est enregistrée en Arabie saoudite auprès de l’Autorité générale de l’aviation civile.
Elle portait une bannière imprimée de 32 mètres de long montrant le logo du jour de la fondation en noir, avec des symboles de la culture du Royaume, tels que le drapeau, des palmiers dattiers, le majlis, un cheval arabe et des manuscrits anciens.
Cette bannière spéciale, dont la préparation a pris plus d’un mois, a été imprimée en Europe.
M. Al-Wohaibi a expliqué que les montgolfières peuvent voler plus haut que les avions, atteignant 63 000 pieds.
«Cependant, en raison de la réglementation et de l’approvisionnement en oxygène, ma montgolfière du jour de la fondation ne dépassera pas 8 000 pieds», a-t-il précisé.

Dhahran
À Dhahran, le centre du roi Abdelaziz pour la connaissance et la culture (Ithra) organise les festivités du jour de la fondation jusqu’à vendredi.
Les visiteurs pourront faire le lien entre le passé et l’avenir du Royaume grâce à une série de programmes culturels.
Environ dix-neuf activités seront proposées à différents moments, notamment un spectacle de danse de l’épée Ardah, ou Najdi Ardah, une pièce de théâtre interactive en plein air racontant l’histoire de la fondation du Royaume, et un film décrivant la vie du prince Faisal, âgé de 13 ans, avant qu’il ne devienne roi.
Cette journée à caractère familial s’adresse aux visiteurs de tous âges.
Le faucon symbolise depuis toujours la gloire et la fierté nationale dans le Royaume. Au cours de l’événement consacré aux faucons saoudiens, les visiteurs ont eu l’occasion de découvrir les différents types de faucons et de voir de près les outils de fauconnerie.
Les gens sont encouragés à s’habiller en tenue traditionnelle. Il y aura de nombreux arrière-plans instagrammables pour prendre des selfies, et des photographes professionnels seront présents pour prendre des photos de groupe.
De même, le Musée des enfants et la Bibliothèque d’Ithra proposeront des activités éducatives qui permettront aux jeunes de découvrir l’identité nationale du pays et qui mettent en valeur l’histoire du Royaume.
Les visiteurs peuvent participer ou simplement s’asseoir et profiter des nombreuses activités de plein air prévues en dehors des portes d’Ithra.
L’entrée au centre est gratuite et celui-ci sera ouvert de 16h à 23h durant la période de fête.

Djeddah
À Djeddah, les célébrations du jour de la fondation se déroulent dans un cadre constitué de plusieurs monuments et bâtiments patrimoniaux âgés d’environ quatre cents ans, selon la Commission du patrimoine.
La célébration a débuté par la célèbre danse folklorique Ardah, qui figure désormais sur la liste du patrimoine mondial immatériel de l’Unesco.
Auparavant, elle n’était pratiquée que par les hommes de la tribu Shammar de la région centrale du Najd avant de partir en guerre, mais aujourd’hui, elle est pratiquée par toutes les tribus lors des célébrations et des événements culturels.
La danse faisait suite à une promenade au cours de laquelle les visiteurs se sont plongés dans des histoires du passé sur la place ouverte historique d’Al-Sham.
Dans un théâtre ouvert, des artistes utilisant des outils et des ustensiles anciens ont joué des scènes du passé, montrant comment les gens pratiquaient le commerce, l’artisanat, le pétrissage de la pâte et la cuisson du pain.
«Nous avons préparé une histoire complète avec huit scènes différentes qui mettront en lumière les plats hijazis et offriront un aperçu du plus ancien marché commercial, où les gens échangeaient nourriture et marchandises», explique à Arab News Ahmad Khamees, créateur de spectacles en direct chez 321 Action Art Production.
«Tous les outils que nous avons utilisés datent de plus de cent ans et ont été apportés par différents musées nationaux et collectionneurs d’antiquités pour transmettre la véritable essence du jour de la fondation.»
La pièce de théâtre interactive a aussi permis aux visiteurs de découvrir l’un des plats traditionnels hijazis, généralement préparé en hiver. Il s’agit du madous, qui est composé de bouillon, d’oignons, de lentilles, de riz et de cumin, et consommé avec du poisson séché salé.
Ceux qui visitent la vieille ville peuvent également déguster du lait dans une gerbah, un ancien type de bouteille fabriquée en peau de chèvre ou de mouton, qui était utilisée pour stocker ou transporter le lait et le ghee.
Chon Yee, un touriste chinois en visite à Al-Balad, Djeddah, pendant les célébrations du jour de la fondation se confie à Arab News: «C’est la première fois que je viens en Arabie saoudite; c’est une région formidable, et je suis aussi amateur d’histoire.»
«C’est mon troisième jour ici et je ne me lasse pas de ces bâtiments extraordinaires, de leur style unique et de leurs fenêtres que je n’ai jamais vues ailleurs. Je suis tellement heureux que le ministère de la Culture paie pour les entretenir», ajoute-t-il.
Outre les kiosques qui proposent de nombreux produits traditionnels et locaux, on trouve une fresque murale où les visiteurs peuvent dessiner pour exprimer leur amour du Royaume, ainsi qu’un photomaton pour immortaliser les moments passés en famille et entre amis en tenue traditionnelle.
Par ailleurs, l’organisation à but non lucratif Monteja, en collaboration avec le Swissotel Living Jeddah, a organisé un bazar familial vendant des produits artisanaux faits main, de la nourriture et des boissons.
Le bazar a rassemblé 15 familles indépendantes au restaurant du Quartier dans le but de créer une plate-forme pour présenter et améliorer leurs moyens de subsistance et pour étudier les moyens de développer leurs entreprises.
«Le jour de la fondation est très spécial pour nous, et célébrer ce jour reflète notre amour pour notre pays bien-aimé. Nous pensons que ce bazar familial rappelle qu’il est important de se tenir main dans la main, de redonner à notre communauté et d’autonomiser ces familles», affirme Maram Aldeen, directrice générale de Moneja.
Les familles productives représentent une part importante de l’économie du Royaume, et le fait de les promouvoir peut constituer un véritable point de départ pour le développement des industries des petites et moyennes entreprises. De plus, plus de 4 000 familles ont besoin de soutien dans la région occidentale, ajoute-t-elle.
«Ce que j’attends de l’organisation de cet événement à l’hôtel, c’est que tous les clients de l’hôtel, les employés et leurs familles, ainsi que de nombreux visiteurs, profitent de l’ambiance et soutiennent ces familles en achetant et en appréciant leurs magnifiques produits.»
«L’hôtel a récemment ouvert à Djeddah, en septembre 2022, et c’est la première année que nous avons l’occasion de célébrer le jour de la fondation en tant qu’hôtel opérationnel. Nous avons toujours voulu contribuer activement et collaborer avec une organisation aussi noble qui promeut et défend une bonne cause en soutenant les familles de producteurs locaux et les talents artisanaux», a souligné Jaouad Sbihi, directeur général du Swissotel Living Jeddah.
«Je considère que c’est une obligation pour notre industrie de soutenir et de promouvoir un tel partenariat en mettant gratuitement à disposition notre plate-forme hôtelière, tout en garantissant que l’intégralité des recettes générées par les ventes soit reversée à l’organisation à but non lucratif. Dans le même temps, nous leur donnons la possibilité de présenter leurs talents et leurs compétences à nos clients, à nos collègues et à la communauté en général, ce qui leur ouvrira organiquement d’autres portes», a-t-il ajouté.
Dans une interview accordée à Arab News, Raja’s Kalantan de Needle and Yarn, qui fabrique des produits en utilisant du fil textile, affirme: «Tous les entrepreneurs sont honorés et apprécient la collaboration de l’organisation avec l’hôtel de luxe Swissotel Living Jeddah. Nous les remercions d’avoir cru en nous. Cela fait plaisir de voir des marques connues défendre une cause sociale et donner du pouvoir à des gens comme nous.»
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Hezbollah rejette le dernier exutoire négocié par les Etats-Unis, Aoun exige l'application du cessez-le-feu

Une photo prise depuis la zone sud de Nabatieh montre de la fumée s'élevant du site d'une frappe aérienne israélienne dans le village de kfar Tibnit, le 4 juin 2026. (AFP)
Une photo prise depuis la zone sud de Nabatieh montre de la fumée s'élevant du site d'une frappe aérienne israélienne dans le village de kfar Tibnit, le 4 juin 2026. (AFP)
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  • Une déclaration conjointe libano-israélienne, publiée à l'aube du jeudi, heure de Beyrouth, indique qu'"Israël et le Liban ont, sous l'égide des États-Unis, accepté de mettre en œuvre un cessez-le-feu"
  • Le secrétaire général du Hezbollah, Naim Qassem, a déclaré que "le résultat des négociations directes absurdes, humiliantes et honteuses est reflété dans l'annonce de Washington"

BEYROUTH : Le président libanais Joseph Aoun a déclaré jeudi que la déclaration commune issue du quatrième cycle de négociations israélo-libanaises sous l'égide des États-Unis comportait "des points très importants en faveur du Liban et représentait la dernière occasion de passer à un cessez-le-feu définitif et global, étant entendu que chaque partie assumerait la responsabilité si elle ne répondait pas".

Un responsable libanais a confirmé à Arab News que le président attendait la réponse du Hezbollah, qui devrait arriver par l'intermédiaire du président du Parlement, Nabih Berri.

"Toutes les parties ont été informées du résultat de la session de négociation", a déclaré le fonctionnaire. "Ce qui a été publié n'est pas un accord de cessez-le-feu. Il s'agit d'une déclaration dont Israël a accepté intégralement le contenu et les conditions. Ce qui reste, c'est la réponse du Hezbollah".

Une fois cette réponse donnée, a ajouté le fonctionnaire, Washington sera informé et les prochaines étapes seront déterminées.

S'adressant de manière informelle aux journalistes au palais de Baabda, M. Aoun a déclaré que Washington "déterminerait le calendrier et le mécanisme de mise en œuvre du cessez-le-feu, qui pourrait commencer 24 heures après la notification de l'approbation et une fois que les garanties nécessaires auront été fournies." Le président américain Donald Trump serait le garant direct de la mise en œuvre.

Le président a déclaré que "la délégation libanaise de négociation, dirigée par l'ambassadeur Simon Karam, a tenu bon tout au long des deux sessions convoquées au cours des deux derniers jours".

La session de mercredi a été difficile : M. Karam a été poussé à suspendre le cycle de négociations et a insisté pour refuser d'aborder toute autre question tant qu'un cessez-le-feu global n'aurait pas été mis en place. Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a été invité à relancer les pourparlers, qui se sont conclus par l'acceptation de la demande libanaise d'un cessez-le-feu global.

M. Aoun a déclaré que "de mercredi matin jusqu'aux petites heures de jeudi, nous sommes restés en contact avec les acteurs internationaux et nationaux pour verrouiller le cessez-le-feu global, et un certain nombre d'États frères et amis ont également joué un rôle en exerçant des pressions au nom du Liban".

La déclaration conjointe israélo-libanaise, publiée jeudi à l'aube, heure de Beyrouth, précise que "tant Israël que le Liban ont accepté, sous l'égide des États-Unis, de mettre en œuvre un cessez-le-feu. Son entrée en vigueur est subordonnée à une cessation totale des tirs du Hezbollah et au retrait de tout son personnel de la zone située au sud du Litani. Le Hezbollah doit également permettre l'établissement rapide de zones pilotes où les forces armées libanaises - et uniquement les forces armées libanaises - exercent un contrôle exclusif sur le territoire, tout acteur armé non étatique étant écarté du tableau."

Israël a déclaré que "sa sécurité et le respect de son intégrité territoriale ne peuvent être assurés que par le désarmement du Hezbollah et le démantèlement de son infrastructure sur l'ensemble du territoire libanais".

De son côté, le Liban a souligné "la nécessité d'un respect mutuel des frontières internationalement reconnues et le besoin urgent d'une mise en œuvre complète de la cessation des hostilités, en mettant l'accent sur les principes de l'intégrité territoriale et de la pleine souveraineté de l'État". Le Liban s'est engagé à renforcer les capacités de l'armée libanaise, avec le soutien des États-Unis, afin d'exercer un contrôle effectif sur l'ensemble du pays.

Toutes les parties ont déclaré que "l'avenir des relations entre Israël et le Liban doit être exclusivement décidé par les deux gouvernements souverains". Elles ont rejeté toute tentative, de la part d'un État ou d'un acteur non étatique, de prendre en otage l'avenir du Liban.

Selon la déclaration, "Israël et le Liban ont réaffirmé qu'ils n'avaient aucune intention hostile l'un envers l'autre et se sont engagés à poursuivre les négociations directes afin de renforcer la confiance, de résoudre toutes les questions en suspens et d'œuvrer à la conclusion d'un accord global entre les deux pays".

De leur côté, les États-Unis ont réitéré leur "soutien constant aux deux gouvernements dans l'exercice de leur souveraineté". Ils ont ajouté que "tout accord de cessation des hostilités doit être conclu directement entre les deux gouvernements, sous l'égide des États-Unis, et non par le biais d'une voie distincte".

Les États-Unis ont également souligné leur intention de "soutenir les forces armées libanaises, dans le but d'améliorer leur capacité et de permettre l'exercice effectif de la souveraineté sur l'ensemble du territoire libanais".

S'adressant aux journalistes jeudi, le président Aoun a déclaré que "le Liban a suggéré de commencer la mise en œuvre de "zones pilotes" dans les villes de Zawtar Al-Sharqiya, Zawtar Al-Gharbiya, Yahmar et la zone entourant le château de Beaufort (Qalaat Al-Shaqif), occupé la semaine dernière par Israël, en raison de leur importance symbolique et de leur proximité avec la ville de Nabatieh".

M. Aoun a souligné "la grande importance de l'accord conclu à Washington dans l'intérêt du Liban et de la région. Il représente une véritable occasion de passer de l'escalade à la stabilité. Le succès de ce processus dépend de l'engagement clair de toutes les parties concernées et de la mise en œuvre intégrale des mesures convenues. L'État libanais a entamé ces négociations avec un fort sentiment de responsabilité nationale. L'objectif principal était de protéger le Liban, de garantir la sécurité de ses citoyens et de maintenir la stabilité. Chacun doit aborder les récents développements avec un sens de la responsabilité nationale et saisir cette opportunité pour renforcer la sécurité et la stabilité dans tout le pays".

M. Aoun a également déclaré que les États-Unis avaient joué un rôle de médiateur et de pivot dans ces négociations, contribuant à rapprocher les parties "d'un accord grâce à une approche ferme et à des efforts soutenus pour aplanir les divergences".

Le président libanais a ajouté que "cet accord diffère de celui conclu le 27 novembre 2024, non seulement par sa substance mais aussi par le contexte politique qui l'entoure, ce qui renforce ses perspectives de durabilité et de succès". Cela dépend maintenant du rôle du président américain Donald Trump et de son administration dans l'obtention des garanties nécessaires pour solidifier l'accord et assurer son respect par toutes les parties."

Pendant ce temps, les forces israéliennes se sont retirées de la ville de Dibbin dans le district de Marjayoun, au sud du fleuve Litani, au cours de la matinée, tandis que l'armée libanaise a annoncé son déploiement à la jonction de la ville plus tard dans l'après-midi.

Une source militaire libanaise a déclaré à Arab News que "suite au retrait israélien de Dibbin, l'armée libanaise a levé les barrages routiers, rouvert l'accès à la ville et commencé à dégager les obstructions militaires de la zone".

Quant à savoir si l'entrée dans la ville était basée sur un calendrier de retrait israélien clair, la source militaire a déclaré : "Il n'y a pas de calendrier de retrait.

La source militaire a confirmé que l'armée libanaise restait déployée au sud du fleuve Litani partout où il n'y avait pas de présence de l'armée israélienne, que ce soit à Hasbaya, Marjayoun ou même dans la ville de Tyr.

En ce qui concerne la possibilité de mettre en place des zones pilotes et le calendrier d'une telle initiative, la source a déclaré : "Le commandement de l'armée n'a pas été informé de la mise en place de zones pilotes : "Le commandement de l'armée n'a pas été informé de quoi que ce soit à ce sujet jusqu'à présent.

Le terme "zone pilote" est apparu comme un mécanisme de mise en œuvre progressive visant à démanteler les impasses sécuritaires qui sont géographiquement et politiquement enracinées. Toutefois, son application au Liban pourrait se heurter aux réalités des conditions complexes du terrain au Liban.

Une source militaire libanaise a estimé que l'adoption de ce terme "réduit la probabilité d'un échec global, car il se concentre sur l'essai d'une zone géographique spécifique et limitée dans le secteur au sud du fleuve Litani, servant de laboratoire pour évaluer l'étendue de l'engagement des parties et le sérieux des garanties".

La source a expliqué que les arrangements supposaient que "l'armée israélienne se retirerait complètement, tandis que des unités des forces armées libanaises s'installeraient et assumeraient le contrôle militaire, sécuritaire et administratif exclusif. Aucune autorité parallèle ou arme en dehors du cadre de la légitimité officielle de l'État ne serait autorisée. Cela signifie le retrait de tous les éléments du Hezbollah de la région, le démantèlement de l'infrastructure du parti et l'interdiction de son rétablissement, de sorte que la région soit entièrement démilitarisée de toute présence militaire non affiliée au gouvernement souverain".

Dans un discours prononcé jeudi après-midi, le secrétaire général du Hezbollah, Naim Qassem, a déclaré que "le résultat des négociations directes absurdes, humiliantes et honteuses est reflété dans l'annonce de Washington, qui expose les principes fondamentaux par lesquels les États-Unis et Israël envisagent la soumission du Liban au projet du Grand Israël".

Qassem a déclaré que "le résultat des négociations est rejeté dans son intégralité par de larges segments du peuple libanais".

Mahmoud Qamati, chef adjoint du conseil politique du Hezbollah, a annoncé que le Hezbollah rejetait "tout accord partiel ou toute formule de compromis en matière de sécurité".

Qamati a déclaré que "les zones pilotes et le projet de désarmement constituent un recul stratégique".

Alors que le Hezbollah insiste sur la condition d'un retrait israélien complet du Sud-Liban, le négociateur libanais, selon la source officielle, estime que "le Liban considère les zones pilotes comme une occasion de garantir des retraits israéliens progressifs et de restaurer la souveraineté sur certains secteurs".

Entre-temps, jeudi, l'armée israélienne a demandé aux citoyens libanais de ne pas se rendre au sud de la rivière Zahrani "pour leur propre sécurité". Elle a également continué à cibler des véhicules et des individus dans le sud du Liban.

Les parties libanaise et israélienne doivent tenir un nouveau cycle de négociations le 22 juin, "en vue de parvenir à un accord global". Les États-Unis ont accepté de continuer à faciliter la communication entre les parties dans l'intervalle", selon la déclaration commune.


Libye: des centaines de manifestants contre la présence de migrants dans leurs quartiers

Des centaines de Libyens ont manifesté jeudi à Tripoli devant le siège du Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) contre la présence de migrants en situation irrégulière dans leurs quartiers, appelant à leur expulsion du pays. (AFP)
Des centaines de Libyens ont manifesté jeudi à Tripoli devant le siège du Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) contre la présence de migrants en situation irrégulière dans leurs quartiers, appelant à leur expulsion du pays. (AFP)
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  • "Non à l'installation des migrants et des réfugiés", "La Libye appartient aux Libyens"
  • De son côté, la Mission d'appui de l'ONU en Libye (Manul) a réaffirmé "qu'aucune de ses agences, y compris le HCR, ne met en œuvre de programme de réinstallation" dans le pays

TRIPOLI: Des centaines de Libyens ont manifesté jeudi à Tripoli devant le siège du Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) contre la présence de migrants en situation irrégulière dans leurs quartiers, appelant à leur expulsion du pays.

Après une campagne sur les réseaux sociaux, des centaines de Libyens, cartons rouges à la main symbolisant une demande "d'expulsion", s'étaient donné rendez-vous devant le siège du HCR.

"Non à l'installation des migrants et des réfugiés", "La Libye appartient aux Libyens", ont-ils scandé, appelant aussi à la fermeture des bureaux du HCR qu'ils considèrent responsable de leur présence sur le territoire.

Des pancartes dénonçaient la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni accusée de vouloir obliger la Libye à garder les candidats à l'émigration illégale sur son territoire. "Non à la signature de conventions pour l'installation (de migrants) avec l'Italie", était-il écrit en arabe à côté d'un portrait de Mme Meloni barré d'une croix rouge.

De son côté, la Mission d'appui de l'ONU en Libye (Manul) a réaffirmé "qu'aucune de ses agences, y compris le HCR, ne met en œuvre de programme de réinstallation" dans le pays. "Les allégations contraires sont catégoriquement fausses", a-t-elle souligné dans un communiqué jeudi soir, se disant "préoccupée par la propagation de fausses informations, de désinformation et de discours haineux concernant le travail de l'ONU" dans le pays.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye peine à retrouver sa stabilité. Elle est gérée par deux gouvernements rivaux: celui reconnu par l'ONU basé à Tripoli (ouest) et dirigé par Abdelhamid Dbeibah, et un exécutif à Benghazi (est) contrôlé par le maréchal Khalifa Haftar et ses fils.

"Désinformation" 

Dans ce contexte, passeurs et trafiquants ont profité du climat d'instabilité qui y règne pour développer des réseaux clandestins pour des migrants d'Afrique subsaharienne et de pays asiatiques souhaitant émigrer en Europe par la mer.

A la mi-2024, le Portail sur les données migratoires géré par l'OIM (Organisation internationale pour les migrations, ONU) recensait environ 900.000 migrants et réfugiés en Libye.

La question migratoire provoque souvent des remous dans le pays, alimentés par un discours xénophobe sur les réseaux sociaux.

"L'amour de la patrie n'est pas du racisme!" ou encore "la Libye n'est pas la poubelle du monde", lisait-on sur des pancartes lors du rassemblement jeudi.

Des manifestants faisaient au passage l'amalgame entre les migrants et les réfugiés dont une majorité de Soudanais dont le pays est en proie à une guerre civile.

Les autorités libyennes avaient indiqué en décembre avoir prévu un traitement différencié pour les Soudanais. Le ministre de l'Intérieur, Imad Trabelsi, avait assuré qu'ils bénéficieraient d'un "accès aux soins et aux écoles".

Lundi, le bureau de l'ONU en Libye avait déjà dit noter "avec inquiétude la nouvelle propagation de la désinformation et de discours incendiaires sur les réseaux sociaux", dans un communiqué sur Facebook.

"De tels récits risquent d'alimenter les tensions, la méfiance, la discrimination et la violence, portant ainsi atteinte à la dignité, à la sécurité et au bien-être de la population libyenne", a-t-il ajouté.


Israël et le Liban conviennent de renouveler le cessez-le-feu

Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington. (AFP)
Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington. (AFP)
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  • Israël et le Liban ont également convenu de participer à un nouveau round de pourparlers la semaine du 22 juin en vue d'un "accord global", ajoute la déclaration
  • Plus tôt, le président Donald Trump avait insisté pour "séparer" les discussions sur le Liban de celles sur l'Iran, alors que Téhéran considère qu'il s'agit d'un seul et même sujet

WASHINGTON: Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington.

"A l'issue des négociations menées sous l'égide des Etats-Unis, Israël et le Liban ont convenu de la mise en œuvre d'un cessez-le-feu", qui sera subordonné "à l'arrêt complet des tirs du Hezbollah et à l'évacuation de tous les membres du Hezbollah du secteur du Sud-Litani", peut-on lire dans cette déclaration entre les trois parties aux négociations.

"Les deux parties ont convenu de faire avancer rapidement la mise en place de zones pilotes dans lesquelles les Forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif sur le territoire, à l'exclusion de tous les acteurs non étatiques", selon la même source.

Ces mesures doivent permettre de "progresser vers un accord global de paix et de sécurité".

"Tous les pays ont réaffirmé que l'avenir des relations entre Israël et le Liban devait être décidé par les deux gouvernements souverains. Ils ont rejeté toute tentative, de la part d'un État ou d'un acteur non étatique, de prendre en otage l'avenir du Liban", une référence implicite à l'Iran, accusé de soutenir le Hezbollah pro-iranien.

Israël et le Liban ont également convenu de participer à un nouveau round de pourparlers la semaine du 22 juin en vue d'un "accord global", ajoute la déclaration.

Plus tôt, le président Donald Trump avait insisté pour "séparer" les discussions sur le Liban de celles sur l'Iran, alors que Téhéran considère qu'il s'agit d'un seul et même sujet.

Des délégations israéliennes et libanaises se sont réunies à Washington mardi et mercredi, alors que des frappes israéliennes au Liban ont fait au moins neuf morts, dont un soldat et deux secouristes.