Un an après l'invasion russe, le chef de l'ONU fustige «l'affront à notre conscience collective»

Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, s'exprime lors de la onzième session extraordinaire d'urgence de l'Assemblée générale des Nations Unies sur l'Ukraine, à New York, le 22 février 2023 (Photo, AFP).
Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, s'exprime lors de la onzième session extraordinaire d'urgence de l'Assemblée générale des Nations Unies sur l'Ukraine, à New York, le 22 février 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 23 février 2023

Un an après l'invasion russe, le chef de l'ONU fustige «l'affront à notre conscience collective»

  • «Le premier anniversaire de l'invasion de l'Ukraine par la Russie représente un sombre jalon, pour le peuple ukrainien et pour la communauté internationale»
  • «Cette invasion est un affront à notre conscience collective», a déclaré Antonio Guterres

NATIONS UNIES: Le secrétaire général de l'ONU a dénoncé mercredi l'"affront à notre conscience collective" causé il y a un an par l'invasion russe de l'Ukraine, lors de l'Assemblée générale où Kiev a appelé toute la communauté internationale à soutenir son pays.

"Le premier anniversaire de l'invasion de l'Ukraine par la Russie représente un sombre jalon, pour le peuple ukrainien et pour la communauté internationale. Cette invasion est un affront à notre conscience collective", a déclaré Antonio Guterres.

"Les possibles conséquences de l'escalade du conflit sont un danger clair et déjà là", a-t-il lancé, évoquant les "menaces implicites" de recours aux armes nucléaires et les activités militaires "irresponsables" autour des centrales nucléaires.

"Il est grand temps de s'éloigner du gouffre."

Après deux journées de discours, l'Assemblée générale devrait se prononcer jeudi soir sur une résolution qui "souligne la nécessité de parvenir, dans les meilleurs délais, à une paix globale, juste et durable en Ukraine conformément aux principes de la Charte des Nations unies".

Comme de précédentes résolutions, toutes non contraignantes, le texte réaffirme l'"attachement" à "l'intégrité territoriale de l'Ukraine", "exige" le retrait immédiat des forces russes, et appelle à une "cessation des hostilités".

Il ne fait pas référence en revanche au plan de paix en dix points présenté en novembre par le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

L'Ukraine y a renoncé pour tenter d'obtenir le plus de voix possibles, selon des sources diplomatiques. Au moins autant qu'en octobre, quand 143 pays avaient voté pour la résolution condamnant les annexions de plusieurs territoires ukrainiens par la Russie.

"J'en appelle à vous: c'est un moment décisif pour montrer soutien, unité et solidarité", a lancé le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba à la tribune.

"Jamais dans l'Histoire récente la ligne entre le bien et le mal n'a été aussi claire. Un pays veut simplement survivre. L'autre veut tuer et détruire", a-t-il ajouté.

"Ce vote restera dans l'Histoire", a renchéri l'ambassadrice américaine Linda Thomas-Greenfield, appelant à voter contre les amendements "hostiles" déposés par le Bélarus, allié de Moscou.

«Abysses de la guerre»

Mais le président Vladimir Poutine a juré mardi de poursuivre "méthodiquement" son offensive en Ukraine, dans un discours à la rhétorique anti-occidentale rappelant la Guerre froide.

Son ambassadeur à l'ONU Vassili Nebenzia s'en est également pris aux Occidentaux. "Dans leur désir d'infliger une défaite à la Russie de toutes les manières possibles, ce n'est pas seulement l'Ukraine qu'ils peuvent sacrifier, ils sont prêts à plonger le monde entier dans les abysses de la guerre", a-t-il accusé.

Cette guerre n'est pas une question "de l'Occident contre la Russie", a répondu le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell. "Cette guerre illégale concerne tout le monde: le Nord, le Sud, l'Est et l'Ouest".

Dans ce contexte, la Chine, qui comme l'Inde s'est abstenue lors des votes à l'ONU sur l'Ukraine, a promis de rendre publique cette semaine une "solution politique" dont elle a présenté des éléments à Kiev et Moscou.

Le projet de résolution de l'Assemblée générale appelle d'autre part à "engager des poursuites" aux niveaux national ou international pour que les auteurs de crimes perpétrés en Ukraine "répondent de leurs actes".

Mais elle ne fait pas référence spécifiquement à un tribunal spécial réclamé par Kiev pour juger les responsables de l'agression russe. Alors qu'une résolution en ce sens pourrait être présentée plus tard dans l'année, la Première dame ukrainienne Olena Zelenska a de nouveau plaidé pour sa création.

"Nous ne sommes pas les seuls à en avoir besoin, c'est pour tout le monde. Pour que ça ne puisse pas se reproduire", a-t-elle déclaré dans une vidéo diffusée lors d'un événement spécial à l'ONU sur les violations des droits humains dans son pays.

Les trois résolutions liées à l'agression russe votée par l'Assemblée générale depuis un an ont recueilli entre 140 et 143 voix pour, avec cinq pays votant systématiquement contre (Russie, Bélarus, Syrie, Corée du Nord et Erythrée) et moins de 40 s'abstenant.

Une quatrième un peu différente en avril, qui a suspendu la Russie du Conseil des droits de l'Homme, avait été moins consensuelle (93 voix pour, 24 contre, 58 abstentions).

Vendredi, c'est le Conseil de sécurité qui marquera l'anniversaire de l'invasion avec une réunion ministérielle en présence notamment de l'Américain Antony Blinken et de la Française Catherine Colonna.


Poutine exige la capitulation de l'Ukraine, Zelensky dénonce un ultimatum à la «Hitler»

Le président russe Vladimir Poutine a de facto fixé vendredi une capitulation de l'Ukraine comme condition pour des pourparlers. (AFP)
Le président russe Vladimir Poutine a de facto fixé vendredi une capitulation de l'Ukraine comme condition pour des pourparlers. (AFP)
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  • Si l'armée russe a l'initiative sur le front, elle y a subi des pertes considérables depuis deux ans et ne parvient pas à prendre un avantage décisif
  • Vladimir Poutine a insisté vendredi sur le fait que l'Ukraine devait remettre à la Russie la totalité de ces territoires, alors même que Moscou ne les occupe que partiellement et que les combats y font toujours rage

MOSCOU: Le président russe Vladimir Poutine a de facto fixé vendredi une capitulation de l'Ukraine comme condition pour des pourparlers, son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky rejetant aussitôt un "ultimatum" à la "Hitler", à la veille d'un sommet en Suisse consacré aux moyens d'arriver à la paix et dont la Russie est exclue.

L'Ukraine, les Etats-Unis et l'Otan ont immédiatement rejeté ces conditions du maître du Kremlin.

"Ces messages sont des messages d'ultimatum (...) Hitler faisait la même chose, quand il disait +Donnez-moi une partie de la Tchécoslovaquie et on en reste là+, mais non, ce sont des mensonges", a commenté Volodymyr Zelensky dans un entretien à la chaîne d'information italienne SkyTG24.

Le président russe, dont l'armée a repris depuis plusieurs mois l'initiative sur le front face à des forces ukrainiennes en manque d'hommes et de munitions, a réclamé que Kiev renonce à rejoindre l'Otan et se retire des régions de Donetsk, Lougansk, Kherson et Zaporijjia que la Russie occupe déjà partiellement et prétend annexer en plus de la Crimée.

"Dès que Kiev (...) commencera le retrait effectif des troupes et notifiera l'abandon de son projet d'adhésion à l'Otan, nous donnerons immédiatement, à la minute même, l'ordre de cesser le feu et d'entamer des négociations", a dit M. Poutine face aux cadres du ministère russe des Affaires étrangères.

Remplir ces condition constituerait de facto une reddition de l'Ukraine, dont l'objectif est de rétablir son intégrité territoriale et sa souveraineté dans les frontières internationalement reconnues.

Si l'armée russe a l'initiative sur le front, elle y a subi des pertes considérables depuis deux ans et ne parvient pas à prendre un avantage décisif.

Le Kremlin avait proclamé dès septembre 2022 l'annexion de quatre régions de l'est et du sud de l'Ukraine, en plus de celle de la Crimée en 2014.

«Manipulation»

Vladimir Poutine a insisté vendredi sur le fait que l'Ukraine devait remettre à la Russie la totalité de ces territoires, alors même que Moscou ne les occupe que partiellement et que les combats y font toujours rage.

Le président russe a dénigré également le sommet pour la paix, dont la Russie a été exclue, prévu en Suisse les 15 et 16 juin à l'initiative de l'Ukraine. Kiev espère que les quelque 90 délégations présentes, malgré l'absence notamment de la Chine, y aboutiront à un consensus pour accroître la pression sur le Kremlin.

M. Poutine a dénoncé un "stratagème pour détourner l'attention de tout le monde" des vraies responsabilités dans le conflit à savoir, dans sa lecture, celles de l'Ukraine et des Occidentaux.

Mykhaïlo Podoliak, conseiller à la présidence ukrainienne, a martelé, lui, que les revendications russes se "heurtent au bon sens" et constituent "une offense au droit international".

Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a dénoncé des "déclarations manipulatrices", et estimé que Vladimir Poutine avait tenu ces propos à la veille du sommet en Suisse car "la Russie a peur d'une véritable paix".

Le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin, dont le pays est le principal soutien militaire et financier de Kiev, a jugé que M. Poutine n'était "pas en position de dicter à l'Ukraine ce qu'elle doit faire pour parvenir à la paix".

Enfin, le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a estimé que le dirigeant russe n'agissait pas de "bonne foi".

Le chef de la diplomatie russe y est allé de sa pique, en disant que ceux qui "ont des oreilles entendront (Poutine) et ceux qui ont un cerveau le comprendront".

"Mais je ne suis pas sûr que ces organes du corps humain fonctionnent correctement " en Occident, a lâché Sergueï Lavrov à la télévision russe.

«Vol» des actifs russes 

Vladimir Poutine a aussi dénoncé la décision jeudi du G7 de garantir un prêt de 50 milliards de dollars à l'Ukraine avec les futurs intérêts des actifs russes gelés depuis le début de l'offensive russe

"Même si on enjolive les choses, le vol ça reste du vol et ça ne restera pas impuni", a t-il dit.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a lui réclamé la confiscation pure et simple des 300 milliards d'euros d'actifs de la banque centrale russe gelés par les Occidentaux depuis deux ans, ce à quoi ils se refusent pour des raisons juridiques.

Sur le terrain, les forces ukrainiennes continuent de résister aux multiples assauts, en particulier dans l'est du pays, où Moscou grignote du terrain depuis le début de l'année.

"Presque quotidiennement, nous repoussons deux, trois attaques", a dit cette semaine à l'AFP Maxime, commandant d'une compagnie de tankistes dans la 59ème brigade qui combat dans la zone de Pokrovsk.

"Il y a eu une nette augmentation du nombre de soldats ennemis et ils ont apporté des véhicules blindés ainsi que de l'artillerie à longue portée", a ajoutét ce militaire de 38 ans.

Enfin, l'Ukraine continue d'être contrainte de rationner l'électricité, son infrastructure énergétique ayant été ravagée par les frappes russes. Vendredi, des coupures sont prévues de 14H à 22H à travers le pays.


Trump souffle ses 78 bougies, avec aussi des interrogations sur son âge

L'ancien président américain et candidat républicain à la présidentielle Donald Trump fait un geste vers la foule après avoir pris la parole lors d'un rassemblement électoral à Sunset Park à Las Vegas, Nevada, le 9 juin 2024. (AFP)
L'ancien président américain et candidat républicain à la présidentielle Donald Trump fait un geste vers la foule après avoir pris la parole lors d'un rassemblement électoral à Sunset Park à Las Vegas, Nevada, le 9 juin 2024. (AFP)
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  • Les sondages sont clairs: les Américains sont bien plus nombreux à estimer que le président actuel est trop vieux pour un second mandat, plutôt que Donald Trump
  • Lors du deuxième mandat de Ronald Reagan, certains observateurs s'interrogeaient déjà sur la détérioration de ses capacités intellectuelles

WEST PALM BEACH: Donald Trump fête vendredi ses 78 ans, occasion pour les Américains d'évaluer la forme physique et mentale du candidat républicain, eux qui sont plutôt habitués à commenter celle de son rival, le président Joe Biden.

Que le milliardaire républicain ou le dirigeant démocrate l'emporte à l'élection du 5 novembre, l'un comme l'autre deviendrait alors le président américain le plus âgé à prêter serment.

Mais les sondages sont clairs: les Américains sont bien plus nombreux à estimer que le président actuel est trop vieux pour un second mandat, plutôt que Donald Trump.

Joe Biden, 81 ans, montre objectivement des signes récurrents de fatigue: sa démarche est de plus en plus raide, ses moments d'égarement nombreux. Les vidéos du président américain, s'éloignant, hagard, d'un groupe de dirigeants du G7, souriant dans le vide, trébuchant, bégayant, sont d'ailleurs partagées massivement sur les réseaux sociaux.

Reste qu'au cours des derniers mois, Donald Trump a confondu le nom de plusieurs villes et dirigeants, alerté sur le fait que le monde se dirigeait vers une seconde, et non troisième, Guerre mondiale et s'est lancé dans de nombreuses tirades décousues.

Gaffes, tremblements 

Jeudi, lors d'un échange à huis clos avec des élus républicains, il aurait qualifié Milwaukee, ville stratégique à bien des égards pour les élections américaines, d'"horrible" -- suscitant une pluie de critiques et d'interrogations.

Ces gaffes répétées, les vidéos de lui s'agrippant à une rampe pour ne pas glisser, tremblant en buvant un verre d'eau, sont-elles autant d'illustrations concrètes d'un déclin de l'ancien président?

Il est, au fond, impossible de le dire.

Mais ces séquences font les choux gras de l'équipe de Joe Biden, pas mécontente de braquer, de temps en temps, les projecteurs sur l'âge de l'autre candidat.

Pour l'anniversaire de Donald Trump, le camp du président démocrate a ainsi publié vendredi un communiqué assorti d'une photo grand format et très peu flatteuse du républicain suant, les joues rouges et les traits tirés.

"Joyeux anniversaire Donald. Vous êtes un escroc, un raté, un imposteur et une menace pour notre démocratie", a taclé James Singer, un porte-parole de l'équipe de campagne de Joe Biden, dans ce communiqué.

"Au nom de l'Amérique, voici un cadeau, en avance, pour votre 79ème anniversaire: nous allons nous assurer que vous ne serez plus jamais président."

«Zombie»

Ces propos ont fait bondir le camp Trump, qui a qualifié en retour Joe Biden de "faible et incompétent".

"C'est un zombie en état de mort cérébrale", a cinglé une porte-parole dans un communiqué à l'AFP.

Les débats autour de l'âge des présidents américains ne datent pas d'hier.

Lors du deuxième mandat de Ronald Reagan, certains observateurs s'interrogeaient déjà sur la détérioration de ses capacités intellectuelles.

L'ancien président américain Jimmy Carter avait lui-même tiré la sonnette d'alarme dans un billet en 1994, s'inquiétant du "danger" que représentait pour les Etats-Unis la possibilité que les capacités d'un président soient affaibilies du fait d'une "maladie neurologique".

Donald Trump fêtera son anniversaire lors d'un grand raout, dans une gigantesque salle de bal, tout proche de Mar-a-Lago, sa luxueuse résidence en Floride.

"Rejoignez-nous pour célébrer l'anniversaire du meilleur président de tous les temps", affiche le carton d'invitation, qui prie les convives de se parer des couleurs du drapeau américain.

Il doit y prononcer un discours, autour de 19H00 (23H00 GMT).


Deux morts dans des explosions accidentelles dans un parking souterrain en Suisse

Les explosions se sont produites aux alentours de 19H00 (17H00 GMT) jeudi et les deux personnes tuées ont été retrouvées dans un parking souterrain de cette petite ville, qui se trouve à quelque 25 kilomètres au nord-ouest de Zurich. (AFP).
Les explosions se sont produites aux alentours de 19H00 (17H00 GMT) jeudi et les deux personnes tuées ont été retrouvées dans un parking souterrain de cette petite ville, qui se trouve à quelque 25 kilomètres au nord-ouest de Zurich. (AFP).
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  • Il s'agirait d'un accident dont les circonstances exactes ne sont pas encore connues, a expliqué Daniel Wächter, porte-parole de la police du canton d'Argovie
  • Les explosions se sont produites aux alentours de 19H00 (17H00 GMT) jeudi et les deux personnes tuées ont été retrouvées dans un parking souterrain

GENEVE: Deux personnes sont mortes jeudi soir et onze autres ont été légèrement blessées après plusieurs explosions accidentelles et un incendie dans un parking souterrain à Nussbaumen, dans le nord de la Suisse, a indiqué la police dans un communiqué publié vendredi.

Il s'agirait d'un accident dont les circonstances exactes ne sont pas encore connues, a expliqué Daniel Wächter, porte-parole de la police du canton d'Argovie, à l'agence Keystone-ATS. Il exclu un acte criminel ou un attentat.

Les explosions se sont produites aux alentours de 19H00 (17H00 GMT) jeudi et les deux personnes tuées ont été retrouvées dans un parking souterrain de cette petite ville, qui se trouve à quelque 25 kilomètres au nord-ouest de Zurich.

Les onze blessés n'ont été que légèrement touchés.

Les dégâts matériels sont considérables, le feu s'étant propagé à un étage d'une tour construite au-dessus du parking souterrain, selon la police.

Les secours ont dû procéder aux évacuations d'une centaine de personnes.

La police s'est vu forcée d'imposer l’atterrissage immédiat à des drones qui filmaient la scène pour ne pas gêner les trois hélicoptères engagés par les secours.