Ukraine: Pékin appelle au dialogue et rejette tout recours à l'arme nucléaire

Officiellement neutre, la Chine appelle à respecter la souveraineté des Etats, y compris de l'Ukraine (Photo, Reuters).
Officiellement neutre, la Chine appelle à respecter la souveraineté des Etats, y compris de l'Ukraine (Photo, Reuters).
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Publié le Samedi 25 février 2023

Ukraine: Pékin appelle au dialogue et rejette tout recours à l'arme nucléaire

  • «L'arme nucléaire ne doit pas être utilisée et il ne faut pas se livrer à une guerre nucléaire»
  • La Chine demande par ailleurs aux deux pays d'éviter toute attaque contre des civils

PÉKIN: La Chine a appelé la Russie et l'Ukraine à tenir des pourparlers de paix et a rejeté tout recours à l'arme nucléaire, dans un document en 12 points publié vendredi, un an après l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

"Toutes les parties doivent soutenir la Russie et l'Ukraine pour travailler dans la même direction et reprendre le dialogue direct aussi vite que possible" en vue d'une "solution pacifique", a estimé le ministère chinois des Affaires étrangères.

Intitulé "Position de la Chine sur le règlement politique de la crise ukrainienne", le document a été publié sur le site du ministère à l'occasion du premier anniversaire du déclenchement de la guerre en Ukraine le 24 février 2022.

La Chine cherche depuis quelques semaines à jouer un rôle de médiateur dans ce conflit et promettait depuis plusieurs jours de publier sa position en vue de trouver une solution politique.

Dans le document, Pékin s'oppose clairement à tout recours à l'arme nucléaire alors que le président russe Vladimir Poutine a brandi cette menace.

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"L'arme nucléaire ne doit pas être utilisée et il ne faut pas se livrer à une guerre nucléaire", stipule le document.

La Chine exhorte également les deux pays à "se conformer strictement au droit humanitaire international, à éviter d'attaquer des civils ou des bâtiments civils".

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a jugé "nécessaire" de "travailler" avec Pékin pour œuvrer à une résolution du conflit. "Il me semble qu'il y a du respect pour notre intégrité territoriale, des choses qui concernent la sécurité", a-t-il relevé.

M. Zelensky a par ailleurs indiqué prévoir une rencontre prochaine avec son homologue chinois Xi Jinping.

"J'ai l'intention de rencontrer Xi Jinping. Ce sera important pour la sécurité mondiale. La Chine respecte l'intégrité territoriale et doit tout faire pour que la Russie quitte le territoire de l'Ukraine", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

La Russie a dit "apprécier" les efforts chinois, tout en insistant sur la nécessité de reconnaître l'annexion russe de quatre régions ukrainiennes revendiquées par Moscou. "Nous partageons les considérations de Pékin", a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

Le président américain Joe Biden a indiqué sur la chaîne ABC ne voir dans ce plan rien "qui puisse bénéficier à qui que ce soit d'autre que la Russie".

"Poutine l'applaudit. Comment est-ce que ça pourrait être bon?"

«Doutes»

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a estimé que le document chinois ne constituait "pas un plan de paix".

Cette guerre constitue un dossier délicat pour Pékin, en raison de ses forts liens diplomatiques et économiques avec Moscou, consolidés par l'intérêt commun de faire contrepoids à Washington.

Officiellement neutre, la Chine appelle à respecter la souveraineté des Etats, Ukraine comprise, tout en exhortant les Européens à prendre en compte les préoccupations de Moscou en matière de sécurité.

Mais la pression occidentale s'accroît sur Pékin, qui n'a jamais appuyé ni critiqué publiquement l'offensive russe, tout en exprimant plusieurs fois son soutien à Moscou face aux sanctions occidentales.

Même réaction dubitative du côté du chef de l'Otan Jens Stoltenberg: la Chine "n'a pas beaucoup de crédibilité" concernant l'Ukraine, a-t-il affirmé, exprimant son scepticisme sur les "propositions" de Pékin pour mettre fin à la guerre.

Le président allemand «doute» du rôle constructif de la Chine

Le président allemand Frank-Walter Steinmeier a exprimé vendredi ses "doutes" sur le "rôle constructif" que la Chine peut jouer pour la paix en Ukraine.

"Toute proposition constructive, qui nous rapproche d'une paix juste, est la bienvenue. Il est encore douteux que la Chine, puissance mondiale, veuille jouer un tel rôle constructif", a-t-il dit lors d'une cérémonie à Berlin à l'occasion du premier anniversaire de l'invasion russe.

"Si c'est le cas, alors la Chine ne devrait pas seulement parler avec Moscou mais aussi avec Kiev. Si c'est le cas, alors la Chine devrait rejoindre l'écrasante majorité des Etats et s'engager pour la paix sous l'égide des Nations unies", a dit le président allemand, dont la fonction est essentiellement honorifique, mais dont la parole compte en Allemagne.

Questionné sur le plan de Pékin, le porte-parole adjoint de la chancellerie, Wolfgang Büchner, a salué le fait que la Chine fasse des propositions, tout en regrettant qu'il manque "des éléments importants, avant tout sur le retrait des troupes russes de l'Ukraine".

"Il est important que la Chine parle directement avec l'Ukraine de ces idées car c'est seulement de cette manière que pourra être trouvée une solution qui prenne en compte les intérêts légitimes de l'Ukraine", a-t-il ajouté, lors d'un point de presse régulier du gouvernement allemand.

Dans un entretien au quotidien allemand Die Welt, Anton Hofreiter, le président de la commission des Affaires européennes du Bundestag, a lui aussi émis de "grands doutes sur le fait que la Chine agisse comme un intermédiaire honnête".

Appel du G7

"La Chine devrait faire tout ce qui est en son pouvoir pour mettre fin à la guerre (...) et inciter la Russie à retirer ses troupes", a de son côté indiqué Zhanna Leshchynska, chargée d'affaires et à ce titre principale responsable de l'ambassade d'Ukraine en Chine.

Ces derniers jours, le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a dit craindre que la Chine n'envisage de fournir des armes à la Russie -- des allégations démenties par Pékin.

Les Etats-Unis n'ont "pour l'instant pas de preuve" de livraison par la Chine d'armes à la Russie, a déclaré de son côté vendredi Joe Biden.

Affirmant avoir eu une conversation à ce sujet avec Xi Jinping, M. Biden a évoqué les conséquences d'un tel soutien, rappelant que la guerre en Ukraine avait entraîné le retrait de nombreuses entreprises de Russie.

"Ce n'est pas une menace" mais un fait, aurait-il dit au président chinois.

Lors d'un sommet virtuel vendredi, les dirigeants des pays du G7 ont menacé de "coûts sévères" les pays qui continueraient d'aider la Russie à contourner les sanctions.


L'armée américaine tire sur un pétrolier au large d'Oman, trois Indiens portés disparus

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  • "Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué
  • L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien

DUBAI: Trois membres d'équipage indiens sont portés disparus mercredi, après une attaque revendiquée par l'armée américaine contre un pétrolier au large d'Oman qui tentait, selon Washington, d'exporter du pétrole d'Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a précisé sur X que l'un de ses avions de combat avait tiré sur "la salle des machines" du Settebello, qui bat pavillon des Palaos, "après que l'équipage a refusé d'obtempérer aux ordres des forces américaines"

"Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué.

L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien.

Il s'agit du huitième navire neutralisé depuis le début du blocus imposé par les Etats-Unis contre les ports iraniens, d'après le décompte de l'armée américaine.

Le sultanat d'Oman est situé à l'entrée du détroit d'Ormuz, où le trafic maritime est quasiment paralysé depuis le début fin février du conflit opposant les Etats-Unis et Israël à l'Iran. Près d'un cinquième des livraisons mondiales de pétrole et de gaz transitent par cette voie.

La compagnie de sécurité maritime britannique Vanguard a indiqué avoir été informée que le Settebello avait "transmis un appel de détresse indiquant que sa salle des machines avait été touchée par un missile" au large de Sohar, dans le golfe d'Oman et qu'un incendie s'était déclaré à bord.

L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a spécifié que les faits s'étaient produits à 20 miles nautiques au nord-est de la ville omanaise de Sohar.

"Les autorités locales ont indiqué qu'un pétrolier avait signalé un feu dans sa salle des machines, et qu'elles se trouvaient sur place pour aider à l'évacuation de l'équipage", selon le communiqué de l'UKMTO.

"Le navire a fait état d'une victime et de deux membres d'équipage portés disparus. Aucun impact sur l'environnement n'a été signalé", a-t-elle ajouté.

Lundi, les secours omanais avaient évacué par hélicoptère 24 marins indiens d'un pétrolier en feu au large des côtes du sultanat d'Oman, selon les autorités indiennes, qui n'avaient pas précisé les causes de l'incendie. Le sinistre était survenu sur le MT Marivex, un navire battant également pavillon des îles Palaos

Le tir américain contre le Settebello est intervenu alors que l'Iran a revendiqué mercredi matin des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par la destruction d'un hélicoptère américain lundi.


Trump affirme que les Etats-Unis vont «attaquer très durement» l'Iran

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  • "On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous"
  • L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé mercredi qu'il allait "attaquer très durement" l'Iran, y compris potentiellement en visant des centrales électriques ou des ponts, et dénoncé les "tergiversations" de Téhéran concernant un accord.

Il a aussi annoncé que les forces américaines avaient mené une "mission secrète" qui avait permis de faire transiter 100 millions de barils de pétrole par le détroit d'Ormuz.

"On va les attaquer, les attaquer très durement", a déclaré le président américain à la presse dans le Bureau ovale, ajoutant que ce serait dès "aujourd'hui" (mercredi).

"On verra bien ce qui va se passer, mais on les a frappés durement hier, et on va les frapper durement aujourd'hui, (...) au cas où vous n'allumeriez pas votre télé", a-t-il dit.

Il a précisé être en droit de le faire après la destruction lundi d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.

L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère.

Ces frappes américaines en représailles à l'attaque de l'hélicoptère - qui survolait le détroit d'Ormuz, toujours verrouillé par l'Iran - ont notamment ciblé dans la nuit de mardi à mercredi les villes de Jask et Sirik et l'île de Qeshm, sur la côte sud de l'Iran.

"On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous", a poursuivi Donald Trump.

"Tout a été négocié. Nous avons un accord entièrement négocié, mais ils tergiversent sans cesse", a ajouté le dirigeant républicain.

Plus tôt, il avait estimé que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix".

"MORT!!!" 

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", avait écrit le président américain sur son réseau Truth Social. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"

Donald Trump a aussi affirmé à Fox News qu'il envisageait de plus en plus de mener des frappes contre des centrales électriques et des ponts iraniens.

Interrogé à ce sujet à la Maison Blanche par un journaliste de l'AFP, il a répondu: "Je ne vais pas vous le dire mais je peux le faire".

Sur son réseau Truth Social, il a par ailleurs écrit que l'armée américaine avait mené "une mission secrète en soutien des pétroliers et autres navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz".

"Ces efforts ont permis de faire passer 100 MILLIONS de barils de pétrole par le détroit", a-t-il ajouté, en précisant que "plus de 200 navires" avaient pu franchir le passage.

Cette "mission secrète" évoque le "Project Freedom", un projet d'escorte de navires annoncé début mai puis très rapidement suspendu par Donald Trump en raison, à l'époque, de "grands progrès" dans les discussions avec Téhéran.

Depuis l'entrée en vigueur de la trêve début avril, le dirigeant républicain multiplie les déclarations contradictoires, entre espoir d'un compromis tout proche et menace de reprise des hostilités.

Donald Trump affirmait encore mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue d'un accord avec Téhéran, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour sa conclusion.

Il a par ailleurs affirmé, dans un autre message mercredi, que le blocus américain des ports iraniens était "le plus réussi" de l'histoire, allant selon lui jusqu'à empêcher Téhéran de payer la solde de ses militaires.

Peu après les propos de M. Trump à la Maison Blanche, l'armée américaine a annoncé qu'un de ses avions de combat avait mis hors service un pétrolier dans le Golfe d'Oman qui tentait d'apporter du pétrole en Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.


Trump juge que l'Iran a «pris trop de temps pour négocier» et va «en payer le prix»

Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
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  • Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux"
  • Ils vont "devoir en payer le prix"

WASHINGTON: Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix", dans un message sur son réseau Truth social.

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", a-t-il ajouté. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"