La graphologie, une science étonnante

Saman Aslam. (Photo fournie).
Saman Aslam. (Photo fournie).
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Publié le Lundi 24 mai 2021

La graphologie, une science étonnante

  • La graphologie est un domaine qui fait l'objet d’un intérêt croissant de la part des jeunes Saoudiens
  • «L'écriture est notre miroir; elle projette notre esprit conscient, préconscient et subconscient»

DJEDDAH: L’autoévaluation est l’une des tendances croissantes chez les jeunes Saoudiens, de l’analyse de son art, de son langage corporel à son écriture, manuscrite, entre autres.

Si l’écriture manuscrite joue un rôle important dans la vie universitaire d’une personne, elle peut aussi révéler des traits de personnalité, des habitudes et un état de santé grâce à une science appelée «graphologie».

La graphologie est l'analyse des modèles trouvés dans l'écriture pour identifier l'état psychologique de la personne.

Arab News a rencontré la graphologue Saman Aslam, une expatriée pakistanaise résidant à Riyad, qui déclare que la graphologie se développe chez les jeunes. Elle a créé une page sur Instagram pour les clients qui souhaitent faire analyser leur écriture gratuitement.

En parlant de cette science, elle déclare que la graphologie a été la chose la plus difficile qu'elle ait faite dans sa vie. «J'ai fait divers travaux, mais être graphologue est le plus difficile à ce jour et le plus surprenant.»

Elle définit l’écriture d’une personne comme une «écriture cérébrale», car c’est le cerveau qui guide les mains et crée des motifs. «L'écriture manuscrite est notre miroir; elle projette notre esprit conscient, préconscient et subconscient. La graphologie permet également de déterminer l’état de santé physique d'une personne.»

Selon Saman Aslam, les apparences peuvent être trompeuses mais l'écriture manuscrite ne ment jamais. Elle révèle une manière de penser, de se sentir et de se comporter. «Cela se produit directement et immédiatement, sans même que les individus soient présents. La graphologie indique la motivation qui sous-tend les actions et décrit la propension de la personne dont l’écriture est analysée à se comporter d’une manière inattendue.»

La graphologue dissipe également une idée fausse liée à ce domaine particulier, qui est souvent confondu avec la divination ou les études spirituelles: la graphologie ne permet pas de prédire l'avenir.

L'intérêt de Saman Aslam pour la graphologie découle de son expérience dans l'apprentissage de l'écriture arabe. Une équipe de graphologues arabes lui a parlé de certains de ses traits de personnalité qui ont éveillé son intérêt pour le domaine. Elle a ensuite étudié l'écriture anglaise.

La graphologie a non seulement permis à Aslam d'aider son entourage, mais l'a également aidée à améliorer sa propre personnalité et ses relations.

«Chaque jour, j'apprends et j'applique de nouvelles techniques. De la compréhension de mes frères et sœurs à la personnalité de mes étudiants, savoir ce que mes aînés attendent de moi, aider mes amis à trouver des partenaires de vie appropriés, et conseiller les gens sur leur carrière et leurs bilans de santé», a-t-elle déclaré à Arab News.

Elle est également devenue une bonne observatrice, capable de repérer ceux qui ne peuvent pas exprimer ce qu'ils vivent, et désormais, elle peut s'entendre avec des personnalités difficiles.

La graphologie ne s'arrête pas à l'analyse, ajoute-t-elle. Il existe un moyen pour les gens d'améliorer et de transformer leurs traits négatifs en traits positifs, grâce à un processus appelé «graphothérapie».

La thérapie est basée sur le changement de la personnalité de la personne en modifiant son écriture manuscrite. Un graphothérapeute conçoit une thérapie personnalisée et suggère de nouveaux modèles d'écriture pour reprogrammer les habitudes négatives. Le thérapeute peut ainsi éventuellement aider à soulager les souffrances, améliorer les relations, les carrières, le développement personnel, diminuer le stress mental et les traumatismes, ainsi que les pensées suicidaires. 

«Avec la graphothérapie, vous pouvez surmonter vos faiblesses et les transformer en forces», souligne-t-elle.

La graphologie, indique Saman Aslam, fonctionne non seulement pour découvrir les problèmes de santé mentale, mais aussi physiques. Cette branche de la graphologie, appelée «graphopathologie», étudie les altérations produites dans les graphismes en raison de perturbations psychologiques ou physiques, qu'elles soient latentes ou évidentes, permanentes ou temporaires.

«Apparemment, de nombreux problèmes de santé sont enregistrés dans notre cerveau six mois avant l'apparition des symptômes», précise-t-elle. «Des problèmes de santé tels que les tumeurs, les déséquilibres hormonaux, les problèmes gynécologiques, les douleurs articulaires, la déshydratation et bien plus encore.»

Dans sa carrière de graphologue, Saman Aslam a eu de nombreuses expériences, dont certaines plus marquantes que d'autres. «Une de ces expériences a été de guérir le mal de dos de mon patient. Un autre événement s’est produit lorsque ma patiente a fait analyser l’écriture de son mari et qu’il s’est avéré souffrir d’un trouble de double personnalité. L'un de ses personnages était céleste et l'autre hostile.»

Saman Aslam souhaite sensibiliser le public à sa pratique à travers des ateliers, des cours de courte durée, et lancer une académie en ligne qui intègre graphologie et graphothérapie.

Elle encourage également les aspirants graphologues à travailler dur. «La graphologie s’accompagne d’une grande responsabilité; assurez-vous de le faire sincèrement parce que vos paroles vont se graver dans l’âme de quelqu'un. Soyez courtois! Vous allez probablement investir toute votre vie dans cette étude; faites-le avec dévouement et honnêteté.»

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


Immersion à « Byblos, cité millénaire du Liban », à l'IMA

Derrière la présentation d’objets antiques d’une valeur inestimable, c’est toute une nation qui cherche à affirmer son existence, sa continuité et sa place dans l’histoire du monde. (Arlette Khouri)
Derrière la présentation d’objets antiques d’une valeur inestimable, c’est toute une nation qui cherche à affirmer son existence, sa continuité et sa place dans l’histoire du monde. (Arlette Khouri)
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  • Dès l’ouverture, la présidente de l’Institut du monde arabe, Anne-Claire Legendre, insiste sur la portée exceptionnelle de cette exposition, dont la tenue relève presque de l’exploit
  • Il a fallu surmonter des obstacles logistiques majeurs, des incertitudes constantes et surtout un contexte de guerre qui fragilise chaque étape du projet

PARIS: À l’Institut du monde arabe, l’inauguration de l’exposition consacrée à Byblos ne ressemble pas à un événement culturel ordinaire.

Intitulée « Byblos, cité millénaire du Liban », elle s’impose comme un moment chargé d’émotion, de mémoire et de résistance, dans un contexte où le Liban traverse une nouvelle épreuve dramatique.

Derrière la présentation d’objets antiques d’une valeur inestimable, c’est toute une nation qui cherche à affirmer son existence, sa continuité et sa place dans l’histoire du monde.

ima byblos

Dès l’ouverture, la présidente de l’Institut du monde arabe, Anne-Claire Legendre, insiste sur la portée exceptionnelle de cette exposition, dont la tenue relève presque de l’exploit.

Il a fallu surmonter des obstacles logistiques majeurs, des incertitudes constantes et surtout un contexte de guerre qui fragilise chaque étape du projet.

L’acheminement des œuvres, parfois interrompu ou retardé, témoigne de cette tension permanente. Certaines pièces n’ont d’ailleurs pas pu quitter le Liban, rappelant brutalement que le patrimoine n’est pas seulement fragile : il est aujourd’hui directement menacé.

ima byblos

Car cette exposition se tient alors que le conflit entre le Hezbollah et Israël provoque destructions et pertes humaines. Dans ce contexte, montrer Byblos à Paris devient un acte profondément symbolique, « un cri de résistance », selon les mots de la présidente de l’IMA.

Résistance face à la destruction, mais aussi face à l’oubli, car l’exposition rappelle que le Liban ne se résume pas à ses conflits : il est l’héritier d’une histoire parmi les plus anciennes et les plus riches de l’humanité.

ima byblos

Occupée depuis plus de 9 000 ans, Byblos est considérée comme l’un des plus anciens ports du monde. Elle fut un carrefour majeur d’échanges entre la Méditerranée, la Mésopotamie et l’Égypte.

Le commerce du bois de cèdre, notamment, a contribué à sa prospérité et à son rayonnement, mais son rôle ne s’arrête pas à l’économie : Byblos est aussi associée à l’émergence de l’écriture alphabétique, une innovation fondamentale dans l’évolution de la communication humaine.

L’exposition met en lumière cette richesse à travers une sélection d’objets remarquables : statuettes, bijoux, armes, mosaïques ou encore éléments issus de nécropoles royales.

Chaque pièce raconte une époque, une civilisation, un échange. Pourtant, le parcours est ponctué de mentions explicites : « absent, fait de guerre ».

Ces absences deviennent elles-mêmes signifiantes et témoignent des risques encourus pour protéger ces trésors, ainsi que du prix à payer pour leur préservation.

Pour le directeur des sites archéologiques, Sarkis el-Khoury, la situation est alarmante. Il rappelle que plusieurs sites classés à l’UNESCO sont aujourd’hui en danger, notamment dans le sud du Liban.

Des villages entiers ont été détruits, emportant avec eux non seulement des bâtiments, mais aussi des paysages culturels façonnés depuis des millénaires.

Selon lui, les sites archéologiques, parfois encore enfouis, risquent de disparaître avant même d’avoir été étudiés, et préserver ce patrimoine devient ainsi une mission urgente, presque désespérée.

Cette urgence est également portée par la responsable du site archéologique de Byblos, Tania Zaven, dont le témoignage donne à l’exposition une dimension profondément humaine.

Venue initialement pour valoriser la beauté et l’importance du patrimoine libanais, elle se retrouve aujourd’hui investie d’une mission différente : celle de défendre l’existence même de ce patrimoine.

ima byblos

Elle aussi parle d’une « résistance culturelle », d’un besoin de prouver que le Liban est toujours vivant, qu’il ne doit pas être relégué au passé. « On ne veut pas être un souvenir », affirme-t-elle, mais un présent et un avenir.

Face à cette situation, l’exposition se veut aussi un acte de solidarité, puisque l’IMA annonce une contribution financière destinée à soutenir la préservation du patrimoine libanais, notamment via des organisations spécialisées.

D’autres acteurs, comme l’Œuvre d’Orient, se mobilisent également. Ces initiatives rappellent que la protection du patrimoine dépasse les frontières nationales et engage une responsabilité collective.

Enfin, la dimension politique de l’événement est manifeste. La présence annoncée d’Emmanuel Macron et de plusieurs ministres souligne l’importance accordée au Liban par la France.

Au-delà du geste diplomatique, cette mobilisation traduit une volonté de soutenir un pays ami et de défendre, à travers lui, une certaine idée de la culture comme bien commun de l’humanité.

L’exposition doit durer jusqu’au 23 août.


Aïd en vue : forte demande de chocolats et confiseries

La demande en confiseries — notamment bonbons et chocolat — augmente à l’approche de l’Aïd al-Fitr. (AN Photo)
La demande en confiseries — notamment bonbons et chocolat — augmente à l’approche de l’Aïd al-Fitr. (AN Photo)
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  • Servir des sucreries et des fruits secs pendant l’Aïd est une tradition ancienne, avec des foyers proposant une variété de friandises accompagnées de café arabe et de thé
  • Durant les derniers jours du Ramadan, la demande pour les produits locaux et importés augmente, les clients se ruant vers les commerces d’Al-Balad

DJEDDAH : La demande en confiseries — notamment bonbons et chocolat — augmente à l’approche de l’Aïd al-Fitr, les sucreries étant un élément incontournable des célébrations dans tout le Royaume.

Servir des sucreries et des fruits secs pendant l’Aïd est une tradition de longue date, les familles proposant une variété de gourmandises avec du café arabe et du thé.

Dans les derniers jours du Ramadan, la demande pour les produits locaux et importés augmente fortement, les clients se rendant massivement dans les boutiques d’Al-Balad, les centres commerciaux et les plateformes en ligne pour préparer la fête.

Abdulaziz Farhane, responsable des ventes et du marketing d’une grande chocolaterie de Tahlia Street à Djeddah, a indiqué que les ventes de sucreries avaient fortement augmenté ces derniers jours.

« Les entreprises, hôtels et particuliers avaient déjà commencé à passer leurs commandes pour l’Aïd dès le 15e jour du Ramadan », a-t-il déclaré. « Nos boutiques à Djeddah ont enregistré une hausse de 25 % des ventes. Nous devons répondre à un grand nombre de clients ayant réservé à l’avance. »

Le quartier historique d’Al-Balad constitue également un centre majeur pour les achats du Ramadan et de l’Aïd, avec de nombreux commerces proposant des confiseries traditionnelles et modernes ainsi que des cadeaux.

Le vendeur Saeed Al-Yamani a déclaré : « Nos ventes ont doublé à l’approche de l’Aïd al-Fitr, avec une forte hausse des achats et commandes durant les dix derniers jours du mois sacré. »

Les chocolats suisses et belges de luxe, vendus entre 200 et 400 riyals le kilo, sont très demandés, aux côtés des confiseries traditionnelles à 50–80 riyals.

« L’Aïd est un moment où l’on célèbre la fin du Ramadan en recevant famille et amis à la maison. La tradition est donc d’offrir chocolats, confiseries et café arabe », a expliqué un employé, Faisal Bawazeer.

Il ajoute qu’il préfère acheter ses confiseries plus tôt dans le Ramadan afin d’éviter la foule et la hausse des prix en fin de période. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Du blues de "Sinners" à une rare égalité: cinq temps forts des Oscars 2026

Priyanka Chopra et Javier Bardem sur scène. (AFP)
Priyanka Chopra et Javier Bardem sur scène. (AFP)
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  • Une bataille après l'autre triomphe aux Oscars, tandis que Sinners brille par sa performance musicale spectaculaire rendant hommage au blues et à la musique noire
  • Javier Bardem lance un message politique discret mais fort : « non à la guerre, libérez la Palestine », dans une cérémonie par ailleurs plutôt consensuelle

HOLLYWOOD: "Une bataille après l'autre" a triomphé aux Oscars dimanche devant "Sinners", auquel on doit un des temps forts de la cérémonie, une performance musicale magistrale.

Le blues de "Sinners" et la Corée de "KPop Demon Hunters" sur scène

Le blues s'est emparé du Dolby Theatre, transformé en bar de fortune dans une grange du Mississippi pour reproduire la scène musicale d'anthologie de "Sinners" (quatre Oscars dont la meilleure musique de film).

Miles Caton, qui interprète un fils de pasteur accro à la musique du diable, et l'auteur-compositeur-interprète Raphael Saadiq ont repris "I Lied To You", entourés d'artistes incarnant toutes les époques de la musique noire, de l'Afrique de l'Ouest jusqu'au hip-hop américain. Participaient à cet hommage le musicien Shaboozey et la danseuse étoile Misty Copeland, qui a récemment subi un remplacement de hanche.

Les chanteuses de "KPop Demon Hunters" (meilleur film d'animation) ont elles rendu hommage à la culture sud-coréenne en interprétant leur tube "Golden", meilleure chanson originale.

Robert Redford "cowboy intellectuel" pour Barbra Streisand

La cérémonie a honoré les figures du cinéma disparues récemment, dont l'acteur et réalisateur Robert Redford, "cow-boy intellectuel qui a tracé sa propre voie", selon Barbra Streisand, son amie depuis "Nos plus belles années" (1973).

Tué avec son épouse Michelle en décembre, le réalisateur Rob Reiner laisse en héritage des films qui "dureront des générations, parce qu'ils parlaient de ce qui nous fait rire et pleurer, et de ce à quoi nous aspirons à être", a dit Billy Crystal, héros de sa comédie romantique "Quand Harry rencontre Sally" (1989). Le fils du couple a plaidé non-coupable de ces meurtres.

Rachel McAdams, qui incarnait la fille de Diane Keaton dans "Esprit de famille" en 2005, a salué "une légende qui ne se terminera jamais".

Humour consensuel pour Conan O'Brien

"Je dois vous prévenir, cette soirée pourrait devenir politique", avait annoncé le présentateur de la cérémonie, l'humoriste Conan O'Brien. Ses piques sur le système de santé américain ou le patron de Netflix se sont avérées plutôt consensuelles.

C'est sur le traitement de l'affaire Epstein aux Etats-Unis qu'il a été le plus mordant, lançant: "C'est la première fois depuis 2012 qu'aucun Britannique n'est nommé dans les catégories meilleur acteur ou meilleure actrice. Un porte-parole britannique a déclaré: "+Ouais, mais au moins, nous on arrête nos pédophiles+".

En pleine guerre au Moyen-Orient déclenchée par Donald Trump, le ton est resté globalement très sage, hormis le "non à la guerre, libérez la Palestine" lancé par Javier Bardem sur scène.

"Bébé yoda" fait sa promo

Diffusée sur la chaîne américaine ABC, propriété du groupe Disney, la cérémonie a été l'occasion de faire la promotion de plusieurs films produits par la firme aux grandes oreilles.

"Bébé yoda", héros de la série "The Mandalorian" et du film "The Mandalorian and Grogu", en salles en France le 20 mai, est apparu dans le public. Anne Hathaway, à l'affiche du "Diable s'habille en Prada 2" le 29 avril, a remis un prix avec la papesse de la mode Anna Wintour. Et les "Avengers" Chris Evans et Robert Downey Jr se sont retrouvés sur scène avant la sortie de "Doomsday" le 16 décembre.

Les bandes-annonces ont ensuite été diffusées pendant les publicités.

Rare ex-aequo dans l'histoire des Oscars

Pour la 7e fois seulement depuis 1929, un prix a récompensé deux films ex-aequo. Le meilleur court métrage de fiction est revenu à "The Singers", de Sam Davis et Jack Piatt, et à une production française, "Deux personnes échangeant de la salive", d'Alexandre Singh et Natalie Musteata.

L'acteur et humoriste Kumail Nanjiani, qui remettait ce prix, s'est amusé de "l'ironie que l'Oscar du court métrage prenne deux fois plus de temps".

Barbra Streisand, pour "Funny Girl", et Katharine Hepburn, pour "Le Lion en hiver", s'étaient partagé le prix de la meilleure actrice en 1969. La dernière égalité remontait à 2013, avec "Skyfall" et "Zero Dark Thirty" dans la catégorie meilleur montage sonore.