Des experts explorent le rôle de l'intelligence artificielle au sein de la justice

Le vice-ministre saoudien de la Planification et du Développement, Yasser al-Sudais, intervenant lors de la première session (Photo fournie).
Le vice-ministre saoudien de la Planification et du Développement, Yasser al-Sudais, intervenant lors de la première session (Photo fournie).
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Publié le Mardi 07 mars 2023

Des experts explorent le rôle de l'intelligence artificielle au sein de la justice

  • L'utilisation efficace de la technologie peut contribuer à réduire la charge des tribunaux
  • Taradhi a contribué à réduire les coûts encourus par les deux parties à un litige, en assurant la résolution rapide des différends par des processus faciles et confidentiels

RIYAD: Lors de son intervention lundi à la Conférence internationale sur la justice à Riyad, le vice-ministre saoudien de la Planification et du Développement, Yasser al-Sudais, a abordé le rôle de l'intelligence artificielle dans le monde de la justice.
Il s'est exprimé lors de la première session de la conférence, intitulée Utiliser l'intelligence artificielle pour améliorer la justice, aux côtés des experts internationaux Francesca Mazzi et Deng Suning.
M. Al-Sudais a présenté l'expérience du ministère de la Justice dans l'utilisation de l'intelligence artificielle (IA) pour améliorer la justice.

Yusuf al-Ghamdi, directeur de Taradhi au ministère de la Justice (Photo, Abdulrahman AlMofarreh).

«Nous disposons d'un nombre énorme de dossiers qui pèsent lourdement sur les tribunaux. Nous voulons donc résoudre ce problème en utilisant l'intelligence artificielle. Il existe de nombreuses façons de concevoir un système basé sur l'intelligence artificielle, en faisant appel à un comité d'experts humains pour prendre en compte la protection de vos idéologies publiques, de vos idées et de vos normes sociales», a-t-il déclaré.  
Mme Mazzi, chercheuse spécialisée dans les intersections entre la technologie et les arts à l'université d'Oxford, a traité de l'éthique de l'intelligence artificielle et de la protection contre les biais algorithmiques.

EN BREF

Deng Suning, chercheuse à l'East China University of Political Science and Law, a discuté de l'expérience de la Chine en matière d'applications de l'intelligence artificielle dans le domaine de la justice.

 

«Dans tous les domaines, y compris celui de la justice, l'IA peut être utilisée, mais (elle) peut aussi engendrer des conséquences négatives. Donc, plus nous avons une relation à un événement principal qui nous permet de contrôler et de diriger l'information centrée sur l'homme, plus nous avons des certitudes», a expliqué Mme Mazzi.
Deng Suning, chercheuse à l'East China University of Political Science and Law, a discuté de l'expérience de la Chine en matière d'applications de l'intelligence artificielle dans le domaine de la justice.

Roy Radding a présenté un exposé intitulé Intelligence artificielle et biais dans le domaine de la justice: causes et solutions possibles (Photo, Abdulrahman AlMofarreh).

La deuxième session, intitulée L'analyse des données pour l'amélioration de la justice, a donné lieu à des discussions avec Rory J. Radding, le professeur Wang Zhu et d'autres experts du domaine.
M. Radding, associé au sein du cabinet d'avocats Mobile Cowboy Buds, a évoqué les différentes formes d'IA, notamment «l'IA générative, l'apprentissage profond (deep learning) et automatique (machine learning), les réseaux neuronaux, la prédiction et le raisonnement probabiliste».
Il a également a présenté un exposé intitulé Intelligence artificielle et biais dans le domaine de la justice: causes et solutions possibles.

«Nous disposons d'un nombre énorme de dossiers qui pèsent lourdement sur les tribunaux. Nous voulons donc résoudre ce problème en utilisant l'intelligence artificielle», a déclaré M. Al-Sudais (Photo, Abdulrahman AlMofarreh).

M. Radding a donné un aperçu de l'histoire de la robotique, attribuée au père de la robotique Ismail al-Jazari, et des secteurs possibles où le biais de l'IA est susceptible de s'introduire.
«Le biais désigne la fiabilité du système, comme le biais du matériel, le biais du logiciel et le biais des données. L'IA peut intensifier le biais humain», a indiqué M. Radding. «La décision d'un juge est biaisée, et c'est la norme partout dans le monde. L'IA ne peut pas aider le juge dans ce cas.»
La troisième session de la conférence, intitulée L'avenir de la résolution alternative des litiges dans la transformation numérique, a réuni Chuan Wee Meng, Gloria Lim, le Dr Zhang Yuntong et Yusuf al-Ghamdi.

La chercheuse Francesca Mazzi a traité de l'éthique de l'IA et de la protection contre les biais algorithmiques (Photo fournie).

M. Al-Ghamdi, directeur de l'initiative de réconciliation connue sous le nom de Taradhi au ministère saoudien de la Justice, a, quant à lui, témoigné de l'expérience du ministère en matière de réconciliation à distance en Arabie saoudite.
«Taradhi est une plateforme qui met en relation les parties au conflit et les médiateurs par voie numérique. La plateforme a été développée pour être fluide, facile et flexible, avec des procédures et des modèles rapides», a-t-il souligné.
Taradhi a contribué à réduire les coûts encourus par les deux parties à un conflit, en assurant la résolution rapide des différends par des processus faciles et confidentiels, tout en promouvant une culture de règlement à l'amiable.
«Aujourd'hui, plus d'un million de litiges sont résolus à travers Taradhi», a-t-il ajouté.
Mme Lim, PDG du Centre d'arbitrage international de Singapour, a enfin expliqué comment le centre a bénéficié de la transformation numérique.
«Ce que les parties en conflit recherchent, c'est un système de confiance qui leur offre la certitude, la prévisibilité et des mécanismes efficaces pour résoudre les différends», a-t-elle observé.
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


ONG interdites à Gaza: MSF pourrait mettre fin à ses activités en mars

L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny. (AFP)
L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny. (AFP)
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  • Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité"
  • MSF a qualifié d'"ingérence scandaleuse" cette exigence, visant, selon Israël, à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires"

PARIS: L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny.

Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité".

MSF a qualifié d'"ingérence scandaleuse" cette exigence, visant, selon Israël, à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires".

"Pour travailler en Palestine, dans les territoires palestiniens occupés, nous devons être enregistrés (...) Cet enregistrement a pris fin le 31 décembre 2025", a expliqué sur France Inter Isabelle Defourny, médecin et présidente de MSF France.

"Depuis le mois de juillet 2025, nous étions impliqués dans un processus de réenregistrement et à ce jour, nous n'avons pas reçu de réponse. (...) On a encore 60 jours pendant lesquels on pourrait travailler sans être réenregistrés, et donc nous devrions mettre fin à nos activités en mars", si Israël maintenait sa décision de sanction, a-t-elle ajouté.

L'ONG dispose d'une quarantaine de personnels internationaux dans la bande de Gaza et travaille avec 800 personnels palestiniens dans huit hôpitaux.

"On a encore du +staff+ international qui, très récemment, ces derniers jours, a pu rentrer dans Gaza", a néanmoins précisé Mme Defourny.

"On est le second distributeur d'eau (dans la bande de Gaza). L'année dernière, en 2025, on a pris en charge un peu plus de 100.000 personnes blessées, brûlées, victimes de différents traumatismes. On est les deuxièmes en nombre d'accouchements effectués", a encore souligné la présidente de MSF France.

S'appuyant notamment sur une note du Cogat, l'organisme du ministère israélien de la Défense chargé des affaires civiles palestiniennes, Isabelle Defourny a estimé que la décision de sanction israélienne s'expliquait par le fait que les ONG "témoignent sur les violences commises par l'armée israélienne" à Gaza.

"Les journalistes internationaux n'ont jamais été autorisés à Gaza, les journalistes nationaux sont (...) ciblés les uns après les autres, tués par l'armée israélienne", a-t-elle ajouté.

Et de rappeler que "plus de 500 humanitaires ont été tués, dont 15 membres de MSF" dans des bombardements de l'armée israélienne depuis octobre 2023.


Le Conseil de transition du Sud salue l'invitation saoudienne au dialogue sur le Yémen

Membres du Conseil de transition du Sud au Yémen. (Reuters/File Photo)
Membres du Conseil de transition du Sud au Yémen. (Reuters/File Photo)
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  • L'Arabie saoudite a annoncé cette invitation plus tôt dans la journée de samedi, à la demande de Rashad Al-Alimi, président du Conseil présidentiel yéménite
  • Le royaume a exhorté toutes les factions à participer "pour développer une vision globale"

RIYAD: Le Conseil de transition du Sud (CTS) au Yémen a salué samedi l'invitation de l'Arabie saoudite à participer à un dialogue inclusif entre les factions du sud du Yémen à Riyad.

Dans un communiqué, le groupe a déclaré que cette initiative reflétait l'engagement du Royaume à résoudre les questions politiques par le dialogue, notamment en ce qui concerne le droit du peuple du sud à restaurer son État.

Le STC a souligné que tout dialogue sérieux doit reconnaître la volonté du peuple du sud, inclure des garanties internationales complètes et envisager un référendum libre dans le cadre de toute proposition ou solution politique future.

Le Conseil a déclaré avoir pris part à toutes les étapes du dialogue parrainé par l'Arabie saoudite et le Conseil de coopération du Golfe, en commençant par l'accord de Riyad en 2019, suivi par les consultations de Riyad en 2022, et culminant dans le dialogue global avec le Sud qui a conduit à l'adoption de la Charte nationale du Sud en 2023 - soulignant son engagement constant en faveur du dialogue et de la responsabilité politique.

L'Arabie saoudite a annoncé cette invitation plus tôt dans la journée de samedi, à la demande de Rashad Al-Alimi, président du Conseil présidentiel de direction du Yémen.

Le Royaume a exhorté toutes les factions à participer "à l'élaboration d'une vision globale" qui répondrait aux aspirations du peuple du Sud.

L'initiative a reçu un large soutien régional et international.


L’Arabie saoudite accueillera un « dialogue » entre les factions du sud du Yémen

L'Arabie saoudite a réaffirmé que le dialogue était le seul moyen de résoudre la question du Sud. (AFP/Fichier)
L'Arabie saoudite a réaffirmé que le dialogue était le seul moyen de résoudre la question du Sud. (AFP/Fichier)
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  • La conférence vise à « élaborer une vision globale » afin de répondre aux aspirations des Yéménites

RIYAD : Le ministère saoudien des Affaires étrangères a invité les factions du sud du Yémen à tenir un dialogue à Riyad afin de « discuter de solutions justes à la question du Sud ».

Dans un communiqué, le ministère a précisé que la conférence, prévue dans la capitale saoudienne, avait été demandée par Rachad Al-Alimi, président du Conseil de direction présidentielle yéménite. Le Royaume a exhorté l’ensemble des factions à y participer « pour élaborer une vision globale » à même de répondre aux aspirations de la population du Sud.

Le Conseil de transition du Sud (STC), mouvement séparatiste, s’est récemment emparé de territoires dans les gouvernorats de l’Hadramaout et d’Al-Mahra.

L’Arabie saoudite a estimé que l’action du STC constituait une menace directe pour la sécurité nationale du Royaume et pour la stabilité régionale.

Plus tôt cette semaine, la coalition militaire soutenant le gouvernement yéménite a mené des frappes aériennes visant un chargement d’armes et de véhicules destiné aux forces séparatistes du Sud. Cette cargaison était arrivée au port d’al-Mukalla à bord de deux navires.

L’Arabie saoudite a réitéré que la seule voie permettant de résoudre la question du Sud passe par le dialogue.

Mardi, des pays du Golfe et d’autres pays arabes ont exprimé leur soutien au gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com