Comment les investissements de l'Arabie saoudite encouragent l'adoption des véhicules électriques au Moyen-Orient

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Publié le Dimanche 12 mars 2023

Comment les investissements de l'Arabie saoudite encouragent l'adoption des véhicules électriques au Moyen-Orient

  • Les investissements saoudiens dans la production de véhicules électriques devraient atteindre 50 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie
  • Au moins 30% des véhicules en circulation à Riyad devraient être électriques d'ici 2030

DUBAÏ: Bien que le marché des véhicules électriques au Moyen-Orient n'en soit qu'à ses débuts, le déploiement mondial de nouveaux modèles de VE accélère leur adoption dans la région, car les gouvernements et les consommateurs adoptent la transition vers l'abandon du moteur à combustion interne.

Une nouvelle étude de Goldman Sachs prévoit que les VE représenteront environ la moitié des ventes de voitures neuves dans le monde d'ici 2035. «Bien que le secteur des VE soit en proie à d'importants courants contraires, nos stratèges s'attendent à ce que l'innovation technologique l'emporte sur ces forces dans les années à venir», indique le rapport de Goldman Sachs Research.

Par ailleurs, avec la concurrence accrue, les incitations gouvernementales et la baisse des prix des produits liés aux batteries et des composants des véhicules rendant les VE plus abordables, il est de plus en plus probable qu'au moins certains modèles deviennent aussi bon marché que les véhicules à moteur à combustion interne avant la fin de l'année.

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Le Groupe STC annonce un partenariat avec #Lucid LLC pour des services de connectivité pour les véhicules Lucid en Arabie Saoudite (Photo, Fournie).

Alors que la marque Tesla d'Elon Musk domine actuellement le marché des VE au Moyen-Orient, parmi les modèles électriques que l'on peut trouver dans la région figurent la MG ZS EV, la Renault Zoe E-Tech et la Volvo XC40 Recharge Pure Electric, aux côtés de la marque suédoise récemment lancée, Polestar.

L'importance croissante accordée à l'adoption des VE, notamment dans les pays du Golfe, s'explique en grande partie par les engagements nationaux visant à accélérer la transition des combustibles fossiles vers les sources d'énergie renouvelables afin d'atteindre des objectifs zéro émission nette au cours des prochaines décennies.

Cette transition ne se fera toutefois pas du jour au lendemain, car les pays du Golfe doivent encore augmenter considérablement le nombre de stations de recharge disponibles pour ces nouveaux véhicules, afin de donner aux VE une autonomie suffisante et d'inciter les consommateurs à acheter des modèles électriques.

«Le marché des véhicules électriques devrait croître dans toute la région, en grande partie grâce à la poursuite des réformes menées par les gouvernements, notamment en ce qui concerne la construction d'infrastructures permettant aux consommateurs de parcourir de longues distances», a signalé Tom Lee, directeur général de MG Motor Middle East, à Arab News.

EN BREF

En 2021, les ventes de VE ont doublé par rapport à l'année précédente pour atteindre un nouveau record de 6,6 millions.

En 2012, 120 000 VE ont été vendus dans le monde. En 2021, plus que cela a été vendu chaque semaine.

Près de 10% des ventes mondiales de voitures étaient des VE en 2021, soit quatre fois la part de marché de 2019.

En 2021, le nombre total de VE sur les routes du monde était de 16,5 millions, soit trois fois plus qu'en 2018.

Les ventes ont augmenté en 2022, avec 2 millions de véhicules vendus au premier trimestre, soit une hausse de 75% par rapport à la même période en 2021.

 

Selon le cabinet d'études de marché Mordor Intelligence, le marché des VE au Moyen-Orient et en Afrique était évalué à 40,25 millions de dollars américains (1 dollar américain = 0,94 euro) en 2021 et devrait atteindre 93,10 millions de dollars d'ici 2027, enregistrant un taux de croissance annuel composé de plus de 15% au cours de la période de prévision.

Ces chiffres sont remarquables si l'on considère que le marché mondial des VE a subi un revers majeur lors de la pandémie de la Covid-19 entraînant la fermeture de plusieurs unités de production et le début d'une pénurie mondiale de puces semi-conductrices, qui continue d'avoir un impact sur les industries jusqu'à ce jour.

Les ventes de véhicules à zéro émission ont depuis rebondi dans le monde entier, doublant en 2021 par rapport à l'année précédente, marquant un nouveau record avec un peu moins de 7 millions de voitures, soit 10% de l'ensemble des ventes de voitures, selon le Global EV Outlook, publié par l'Initiative pour les véhicules électriques.

Il en a été de même en 2022, lorsque les ventes mondiales de VE ont augmenté régulièrement, avec 2 millions de voitures vendues au cours du seul premier trimestre. Cette année, les recettes du marché des VE devraient atteindre 322,50 millions de dollars.

«L'éducation des consommateurs dans la région a rapidement augmenté, sous l'impulsion des plans d'énergie renouvelable des pays du CCG et de la baisse du prix des véhicules électriques», a expliqué Lee à Arab News.

Cette prise de conscience devrait s'accentuer lorsque les Émirats arabes unis accueilleront la Conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP28) en novembre, coïncidant avec leur «Année de la durabilité». Selon Lee, les projets de fabrication des Émirats arabes unis constituent également une occasion d'investissement lucrative.

Actuellement, les véhicules écologiques ou hybrides représentent environ 50% de la flotte de taxis de l'autorité des routes et des transports de Dubaï. Un plan quinquennal a été lancé pour que seuls des taxis hybrides, électriques ou à hydrogène circulent sur les routes de l'émirat d'ici à 2027.

Lancée en 2016, Ekar, la première entreprise de mobilité et super-application de conduite autonome de la région, a suivi le mouvement des VE, ajoutant 10 Teslas à sa flotte disponible à la location à Dubaï et 5 Teslas supplémentaires disponibles à Masdar City, à Abu Dhabi.

«Les VE sont des voitures exceptionnellement bien adaptées au covoiturage», a affirmé Vilhelm Hedberg, cofondateur et PDG d'Ekar, à Arab News.

«Il y a moins de pièces mobiles dans un véhicule électrique que dans une voiture à moteur à combustion interne, qui présente une multitude de possibilités de défaillance, d'entretien et de problèmes, réduisant considérablement le temps passé hors route dans les véhicules électriques.

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Vilhelm Hedberg, fondateur d'Ekar, estime que la région va dans la bonne direction en ce qui concerne les véhicules électriques (Photo, Fournie).

À l'heure actuelle, il existe environ 325 stations de recharge pour les VE dans les Émirats arabes unis, ce qui représente moins de 1% de l'ensemble des véhicules immatriculés dans le pays. Toutefois, Hedberg croit que le nombre de VE en circulation augmentera au cours des deux prochaines années.

«Il existe une équation de préparation mondiale calculée pour les VE et les Émirats arabes unis se classent au huitième rang mondial», a-t-il indiqué. La Norvège, la Chine, l'Allemagne, Singapour et le Royaume-Uni occupent les cinq premières places en termes de part de marché des VE.

Hedberg a ajouté: «Le fait que les Émirats arabes unis aient déjà commencé à mettre en place l'infrastructure les oriente dans la bonne direction.»

Le total des investissements saoudiens dans la production de VE devant atteindre 50 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie, on espère qu'au moins 30% des véhicules en circulation à Riyad seront électriques au cours des sept prochaines années.

«Le public saoudien a une grande affinité pour ces voitures. Il y a beaucoup d'enthousiasme pour les voitures classiques et les modèles de voitures emblématiques», a déclaré à Arab News un porte-parole de Ceer, la première marque saoudienne de véhicules électriques.

Selon le porte-parole, les Saoudiens «ont également une forte affinité pour la technologie» et chercheront donc à adopter de nouveaux concepts.

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Ceer, la première marque saoudienne de véhicules électriques, a pour objectif de produire 170 000 voitures par an (Photo, Fournie).

«Vous pouvez trouver des véhicules électriques à batterie dans les rues de Dammam, Djeddah et Riyad, même si de nombreuses marques ne vendent pas officiellement de VE en Arabie saoudite aujourd'hui», a révélé le porte-parole, faisant référence aux véhicules entièrement électriques dotés de batteries rechargeables et dépourvus de moteur à essence.

Le porte-parole a déclaré que l'étude de Ceer sur la perception des consommateurs a révélé un fort intérêt pour la gamme de véhicules de l'entreprise: «Cet intérêt est suscité à la fois par le design emblématique des véhicules et les fonctions d'infodivertissement, mais aussi par une série d'autres facteurs, notamment le rapport qualité-prix, le coût total de possession et la sensibilisation croissante aux questions liées au développement durable.»

En 2020, le Royaume d’Arabie saoudite comptait plus de 15 millions de véhicules immatriculés. Les quatre cinquièmes d'entre eux étaient des voitures ou des véhicules légers. Selon le Centre saoudien d'efficacité énergétique, le secteur des transports a consommé environ 21% de l'énergie totale du pays cette année-là.

Mohamed Chahin, président du groupe Arabie saoudite et Yémen chez Schneider Electric, estime qu'une solide infrastructure de gestion de l'énergie est essentielle afin de soutenir la transition des moteurs à essence traditionnels vers la mobilité électrique.

L'Arabie saoudite se branche sur le futur

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Des femmes saoudiennes testent une voiture électrique fabriquée par Lucid Group lors de l'exposition Parcours de transition verte de l’Arabie Saoudite dans le port de Djeddah, sur la mer Rouge (Photo, AFP).

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Avec 61% des parts, l'Arabie saoudite est le propriétaire majoritaire du groupe Lucid par l'intermédiaire de son Fonds d'investissement public (PIF). Construite dans la ville économique roi Abdellah, sur la côte de la mer Rouge, la première usine de Lucid à l'étranger assemblera dans un premier temps des «kits» de véhicules Lucid Air fabriqués en Arizona, aux États-Unis.

À terme, l'usine construira des véhicules complets avec une capacité de pointe prévue de 150 000 véhicules par an. La première marque saoudienne de véhicules électriques, Ceer Motors, a été lancée à la fin de l'année dernière par le prince héritier, Mohammed ben Salmane.

Soutenue également par le PIF, Ceer sera la première marque automobile à produire des VE en Arabie saoudite et prévoit de vendre une gamme de véhicules pour les consommateurs du pays et de la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord. Les premières unités devraient être disponibles en 2025.

Avec un objectif de production de 170 000 voitures par an, Ceer devrait créer jusqu'à 30 000 emplois directs et indirects dans la région et contribuer directement à hauteur de 8 milliards de dollars au PIB de l'Arabie saoudite d'ici à 2034.

Les giga-projets de l’Arabie saoudite, tels que Qiddiya, Rochn et NEOM, prévoient de déployer des flottes de VE, produites à temps par les usines Lucid et Ceer dans la ville économique roi Abdellah.

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«Le chargeur intelligent EVlink lancé dans la région l'année dernière n'est qu'un des nombreux produits de nouvelle génération qui contribueront à construire une matrice énergétique plus durable pour l'avenir», a déclaré Chahin à Arab News.

Selon Chahin, bien que le coût d'un véhicule écologique soit nettement moins élevé aujourd'hui qu'auparavant, il ne suffira pas d'augmenter le nombre de VE sur les routes pour réduire les émissions.

«Une expérience de charge intelligente et durable qui peut surveiller, gérer et éventuellement limiter l'utilisation des dispositifs de charge des VE dans le but d'optimiser la consommation d'énergie peut aider les VE à devenir encore plus propres», a-t-il jugé.

Selon la société Energy Sage, basée à Boston, la recharge d'un VE est environ 3,5 fois moins chère par kilomètre que le coût du ravitaillement en carburant d'une voiture à essence.

«Il est impératif de comprendre qu'à long terme, la recharge des VE est rentable, en particulier lorsque des mesures sont prises afin de développer des processus de production plus durables», a souligné Chahin.

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Tout au long de l'événement, Schneider Electric met en avant la gamme de chargeurs EVlink, notamment ses dernières stations de charge EVlink Smart Wallbox (Photo, Fournie).

Toutefois, malgré la volonté croissante du public d'adopter les VE dans la région, le facteur décisif sera en fin de compte la volonté des consommateurs d’échanger leur véhicule à moteur à essence contre une option électrique.

«Les sondages montrent que les gens recherchent «la fiabilité et le confort auxquels ils sont habitués dans les moteurs traditionnels», a avisé Lee de MG Motors.

«La baisse des prix des VE et l'augmentation des prix de l'essence ont entraîné un changement fondamental sur le marché», a-t-il poursuivi.

Soulignant que les changements des prix des carburants au cours de l'année 2022 sont un facteur qui a influencé la prise de décision des consommateurs, il a estimé que d'ici 2026, près de 45 000 VE devraient être vendus dans la région.

Outre les factures de carburant, les VE ont généralement une bonne valeur de revente, ce qui explique pourquoi de plus en plus de personnes les considèrent comme un bon investissement, selon Hedberg d'Ekar.

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Le lancement de Ceer, la première marque saoudienne de véhicules électriques, en novembre 2022 (Photo, Fournie).

Il a attiré l'attention sur un sondage commandé par Audi Abu Dhabi, qui a révélé un changement de sentiment parmi les consommateurs: 52% des habitants des Émirats arabes unis envisageant d'acheter un véhicule électrique.

«Mais ma vision du monde est que les gens ne devraient pas posséder de voitures», a dévoilé Hedberg. «Ils devraient traiter les voitures comme ils traitent les vêtements et les échanger pour les différentes occasions pour lesquelles ils en ont besoin», a-t-il ajouté.

«Des études montrent que chaque voiture partagée permet de retirer 17 voitures privées de la circulation», a-t-il clarifié.

Ces dernières années, la tendance au covoiturage a pris de l'ampleur dans les villes européennes et a trouvé un écho auprès des personnes désireuses de mener un mode de vie plus durable.

Si l'on ne peut pas encore en dire autant de la région du Moyen-Orient, les dirigeants de l'industrie automobile s'accordent à dire que les VE et les véhicules à énergie nouvelle sont la marche à suivre.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


De la sécurité hydrique à l’IA, Vision Golfe trace la prochaine étape de la coopération France-GCC

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  • Vision Golfe 2026 a mis en lumière l’attention croissante portée par la France et les pays du Golfe à la résilience, à la souveraineté et à la compétitivité, par des discussions consacrées surtout à la sécurité hydrique et à l’intelligence artificielle
  • Au-delà des débats stratégiques, les nombreuses rencontres B2B et B2G ont souligné la volonté du forum de favoriser des partenariats concrets, des investissements et une coopération économique durable

PARIS: La résilience stratégique s’est imposée comme le thème central de la première journée de Vision Golfe 2026, qui a réuni à Paris des décideurs politiques français et du Golfe, des chefs d’entreprise, des investisseurs et des innovateurs afin d’explorer de nouvelles perspectives de coopération dans un environnement mondial de plus en plus complexe.

Placée sous le thème « De la coopération à la transformation », cette édition du forum a mis en avant une ambition commune : dépasser les relations économiques traditionnelles pour construire des partenariats plus profonds, capables de soutenir la compétitivité à long terme, une croissance durable et la souveraineté économique.

Le forum s’est ouvert avec les interventions de Louis Margueritte, directeur général de Business France, des ministres français Roland Lescure et Nicolas Forissier, ainsi que les allocutions de Khalid bin Saleh Al-Mudaifer, vice-ministre saoudien de l’Industrie et des Ressources minérales chargé des affaires minières, et de Jean-Yves Le Drian, ancien ministre français. Tous ont souligné l’importance stratégique croissante de la coopération entre la France et les pays du Golfe dans des domaines allant de l’investissement et du développement industriel à la souveraineté économique et à la croissance de long terme.

Dans un contexte marqué par les incertitudes géopolitiques, les ruptures technologiques et les pressions croissantes sur les ressources critiques, les discussions ont porté tout au long de la journée sur les moyens de renforcer la résilience grâce à la coopération dans les domaines de l’investissement, de l’innovation, des infrastructures et du capital humain. 

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Roland Lescure, ministre français de l’Économie. (Photo fournie)

Compétitivité économique et autonomie stratégique

Un thème récurrent a émergé au fil des échanges : le lien croissant entre compétitivité économique et autonomie stratégique.

Qu’il s’agisse des ressources critiques, des infrastructures numériques, des capacités industrielles ou des chaînes d’approvisionnement, les intervenants ont souligné que la résilience économique dépend de plus en plus de la capacité à réduire les vulnérabilités tout en préservant des partenariats internationaux solides.

La notion de souveraineté dépasse désormais les seules considérations de sécurité pour englober l’accès aux technologies, aux talents, aux financements et à des écosystèmes industriels résilients. 

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Louis Margueritte, directeur général de Business France. (Photo fournie)

Cette vision élargie de la résilience a constitué le fil conducteur de plusieurs discussions de la journée.

Lors du panel intitulé « Sécurité hydrique, décarbonation et souveraineté : des stratégies intégrées pour une gestion circulaire des ressources », la question de l’eau s’est imposée comme un enjeu central des stratégies économiques.

Les échanges ont montré que la sécurité hydrique n’est plus perçue uniquement comme un défi environnemental ou infrastructurel, mais comme un pilier stratégique du développement économique, de la croissance industrielle, de la sécurité alimentaire et de la résilience climatique.

Le panel réunissait Abdullah Bin Tuwaym, directeur des transactions à la Saudi Water Partnership Company (SHARAKAT), Mohammed Al-Zuabi, directeur général de Marafiq, Luis de Lope, directeur général de SAUR International, et Iheb Triki, cofondateur et directeur général de Kumulus Water.

Les discussions ont porté sur l’évolution des partenariats public-privé, le financement des infrastructures durables, le rôle des technologies numériques dans la gestion des services publics et l’importance croissante de l’économie circulaire dans la gestion des ressources.

Les intervenants ont souligné que les pays du GCC ont fait de la sécurité hydrique une priorité stratégique nationale grâce à des investissements dans le dessalement, le traitement des eaux usées et les infrastructures de services publics avancées. L’attention se porte désormais davantage sur l’efficacité, la réutilisation de l’eau, les technologies décentralisées et le renforcement de la coopération public-privé afin de consolider la souveraineté des ressources à long terme.

Complémentarité des atouts de la France et du Golfe

Ces échanges ont illustré une prise de conscience plus large parmi les acteurs français et du Golfe : la sécurité des ressources est devenue une composante essentielle de la résilience économique.

Si l’eau symbolise le défi de la rareté, l’intelligence artificielle a été présentée comme l’une des plus grandes opportunités de croissance pour les années à venir.

Le panel « IA et technologies émergentes : construire un leadership franco-golfique dans la course mondiale à l’innovation » a examiné la manière dont les deux régions peuvent renforcer leur position dans un environnement technologique mondial de plus en plus compétitif.

Les intervenants ont insisté sur le fait que l’IA n’est plus seulement une question d’innovation. Elle est devenue un facteur stratégique influençant la productivité, la compétitivité industrielle, les services publics et les capacités technologiques nationales.

Les discussions ont mis en évidence la complémentarité des atouts des deux régions. La France apporte des institutions de recherche de premier plan, un savoir-faire industriel et des écosystèmes d’innovation reconnus, tandis que les pays du Golfe disposent de stratégies nationales ambitieuses, d’importantes capacités d’investissement et d’une forte capacité de déploiement à grande échelle.

Selon les participants, un renforcement de la coopération permettrait d’accélérer l’innovation, d’attirer les talents et de consolider la souveraineté technologique à un moment où la compétition mondiale pour les technologies avancées s’intensifie.

La question de la résilience a également occupé une place importante lors du panel « Corridors stratégiques : renforcer la connectivité et la résilience dans la logistique mondiale », animé par Ali Itani, responsable d’Arab News France et Japon.

Réunissant Gérard Mestrallet, envoyé spécial du président de la République française pour le corridor économique Inde-Moyen-Orient-Europe (IMEC), Charles-Emmanuel de Beauregard (QNB), Alexandre Joseph (Bahri) et Poul Hestbaek (Folk Maritime Services Company), cette discussion a mis en lumière l’importance croissante des réseaux de transport et de logistique.

Les perturbations récentes du commerce mondial ont révélé les vulnérabilités des chaînes d’approvisionnement, poussant gouvernements et entreprises à repenser les flux de marchandises, d’énergie et de ressources stratégiques entre les régions.

Les intervenants ont souligné que les corridors de transport, les routes maritimes et les plateformes logistiques sont désormais considérés comme des actifs stratégiques au service de la sécurité économique et de la compétitivité.

Selon eux, le renforcement de la connectivité entre l’Europe et le Golfe sera essentiel pour soutenir les échanges commerciaux, les investissements et le développement industriel à venir.

Si les discussions ont largement porté sur les technologies, les infrastructures et les ressources, les intervenants ont rappelé à plusieurs reprises que la transformation de long terme repose avant tout sur le capital humain.

Les systèmes éducatifs, le développement des compétences et la formation professionnelle doivent évoluer pour répondre aux besoins d’économies en mutation rapide.

Les participants ont souligné l’importance de préparer les nouvelles générations aux métiers émergents tout en favorisant l’apprentissage tout au long de la vie et l’adaptation des compétences.

Alors que la France et les pays du Golfe poursuivent d’ambitieuses stratégies de diversification économique, le capital humain apparaît comme un levier essentiel de compétitivité et d’innovation. 

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Des responsables politiques français et du Golfe, des dirigeants d’entreprise, des investisseurs et des innovateurs réunis à Paris à l’occasion de Vision Golfe 2026 pour explorer de nouvelles opportunités de coopération. (Photo fournie)

Parallèlement aux sessions de conférence, une série de rencontres entre entreprises (B2B) et entre entreprises et institutions publiques (B2G) s’est tenue tout au long de la journée, renforçant la dimension concrète et opérationnelle du forum.

Si les discussions ont couvert des sujets aussi variés que la gestion de l’eau, l’intelligence artificielle, la logistique ou encore l’éducation, un même constat s’est imposé lors de cette première journée de Vision Golfe 2026 : la compétitivité économique de demain reposera sur des partenariats plus étroits dans les secteurs stratégiques.

À mesure que le forum se poursuit, l’attention devrait progressivement se déplacer de l’identification des priorités communes vers la mise en œuvre de projets, d’investissements et de collaborations capables de transformer ces ambitions en réalisations concrètes pour la France comme pour les pays du Golfe.


BMW révise à la baisse ses objectifs à cause du Moyen-Orient et du marché chinois

Le spécialiste de véhicules haut de gamme a vu son bénéfice net chuter de 23,1% au premier trimestre sur un an, à 1,7 milliard d'euros, notamment en raison des droits de douane américains. (AFP)
Le spécialiste de véhicules haut de gamme a vu son bénéfice net chuter de 23,1% au premier trimestre sur un an, à 1,7 milliard d'euros, notamment en raison des droits de douane américains. (AFP)
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  • Selon un communiqué, le groupe basé à Munich prévoit désormais une baisse "significative" de son bénéfice avant impôts, contre une baisse modérée auparavant, ainsi qu'un "léger" recul des livraisons contre une stagnation plus tôt
  • Sa marge opérationnelle devrait s'établir à un niveau très faible de 1 à 3%, et non dans une fourchette de 4 à 6% comme indiqué précédemment

BERLIN: Le constructeur automobile allemand BMW a annoncé mardi revoir à la baisse ses objectifs pour 2026, en raison du conflit au Moyen-Orient et des difficultés sur le marché chinois, et a laissé entendre qu'il pourrait bientôt instaurer un plan d'économies.

Selon un communiqué, le groupe basé à Munich prévoit désormais une baisse "significative" de son bénéfice avant impôts, contre une baisse modérée auparavant, ainsi qu'un "léger" recul des livraisons contre une stagnation plus tôt.

Sa marge opérationnelle devrait s'établir à un niveau très faible de 1 à 3%, et non dans une fourchette de 4 à 6% comme indiqué précédemment.

La dégradation du marché automobile chinois s’est encore accélérée au deuxième trimestre, notamment pour les segments non électrique, note le constructeur.

De plus, les prix de l'énergie demeurent élevés, dans le sillon de la guerre en Iran, et la confiance des consommateurs dans le monde est en berne.

Ces deux effets pèseront "significativement" sur les résultats au deuxième trimestre, prévient le groupe.

Par ailleurs, BMW va "intensifier et accélérer ses initiatives en cours de réduction des coûts" via des mesures de restructuration, qui ne sont néanmoins pas détaillées.

Celles-ci entraîneront un "impact ponctuel négatif" au deuxième semestre et auront des effets sur les prochaines années, prévient le constructeur.

Le spécialiste de véhicules haut de gamme a vu son bénéfice net chuter de 23,1% au premier trimestre sur un an, à 1,7 milliard d'euros, notamment en raison des droits de douane américains.

En mai, le patron de BMW Oliver Zipse notait une conséquence positive du conflit au Moyen-Orient sur l'activité: la hausse de la demande de véhicules électriques en Europe en réponse à la flambée du carburant.

Mais cela ne soulage pas pour autant l'industrie automobile allemande, pilier de la première économie européenne, qui est prise en tenaille entre la rude compétition chinoise et les droits de douane américains.


Carrefour s'engage à retirer 5.000 tonnes de plastique de ses rayons d'ici à 2030

Carrefour s'est engagé mardi à retirer 5.000 tonnes d'emballages plastique de ses magasins d'ici à 2030 au profit de matériaux plus durables et moins coûteux, et revendique avoir déjà enlevé "25.000 tonnes" de plastique de ses rayons depuis 2017. (AFP)
Carrefour s'est engagé mardi à retirer 5.000 tonnes d'emballages plastique de ses magasins d'ici à 2030 au profit de matériaux plus durables et moins coûteux, et revendique avoir déjà enlevé "25.000 tonnes" de plastique de ses rayons depuis 2017. (AFP)
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  • Carrefour veut aussi favoriser les "ventes de produits consignés" avec des prix "en moyenne 5% moins chers au litre que leur équivalent non réutilisable" et "plus de 1.000 références"
  • Objectif: 50 millions de bouteilles réutilisables ainsi commercialisées d'ici à 2030

PARIS: Bouteilles réutilisables, recharges pour les produits d'hygiène... Carrefour s'est engagé mardi à retirer 5.000 tonnes d'emballages plastique de ses magasins d'ici à 2030 au profit de matériaux plus durables et moins coûteux, et revendique avoir déjà enlevé "25.000 tonnes" de plastique de ses rayons depuis 2017.

Cette annonce survient dans "contexte de fortes tensions sur le prix et la disponibilité du plastique", dérivé du pétrole renchéri avec la guerre au Moyen-Orient, selon un communiqué du distributeur.

Le groupe compte ainsi économiser 5 millions d'euros qui seront réinvestis dans des baisses de prix pouvant aller jusqu'à 10%, est-il ajouté.

"La forte instabilité des marchés pétroliers et la hausse des éco-contributions (payées par les producteurs et distributeurs, NDLR) associées au prix des emballages ont entraîné une hausse de la tonne de plastique vierge de 50%", résume Carrefour.

Cinq actions sont prévues "dans des rayons" où le plastique reste "encore trop souvent la norme", avec l'objectif d"'initier une transformation complète" via de "nouveaux standards de marché", explique le groupe dirigé depuis 2017 par Alexandre Bompard.

Après de précédentes mesures de "déplastification" concernant les fruits et légumes, les piles, les ampoules et le textile, le distributeur promet de supprimer le suremballage plastique sur les lots promotionnels dès 2028 pour ses produits en marque propre et dès 2030 pour ceux des marques nationales.

Il entend réduire de 30% les emballages plastiques des produits d'hygiène et d'entretien "via le développement de format recharges en plastique recyclé, à un prix 10 à 20% moins cher" ou encore "de grands contenants", pour "2.000 tonnes de plastique" en moins.

Egalement au programme, un "emballage 100% papier" pour le papier hygiénique, pour une réduction de 1.500 tonnes.

Carrefour veut aussi favoriser les "ventes de produits consignés" avec des prix "en moyenne 5% moins chers au litre que leur équivalent non réutilisable" et "plus de 1.000 références". Objectif: 50 millions de bouteilles réutilisables ainsi commercialisées d'ici à 2030.

Enfin, de nouveaux emballages "associant boîte carton et fenêtre plastique" sont prévus pour les pâtisseries et viennoiseries "au rayon traditionnel".

Ces dernières semaines, des associations ont dénoncé l'omniprésence du plastique dans les supermarchés et leur recours encore trop faible à la consigne du verre pour réemploi.

Le gouvernement envisage par ailleurs la mise en place d'une consigne sur les bouteilles en plastique pour recyclage, objet d'une réunion de concertation mardi.