Le gouvernement Meloni promet un big bang fiscal aux Italiens

La Première ministre italien Giorgia Meloni s'exprime lors d'une conférence de presse le 9 mars 2023 dans la région de Calabre en Italie (Photo, AFP).
La Première ministre italien Giorgia Meloni s'exprime lors d'une conférence de presse le 9 mars 2023 dans la région de Calabre en Italie (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 17 mars 2023

Le gouvernement Meloni promet un big bang fiscal aux Italiens

  • Au coeur de cette réforme figure la réduction de quatre à trois du nombre de tranches de l'impôt sur le revenu
  • Ce projet a suscité les protestations du Parti démocrate (PD), principale formation de gauche

MILAN: Le gouvernement italien dirigé par Giorgia Meloni a promis jeudi de "révolutionner" le système fiscal et d'alléger la charge d'impôts pesant sur les ménages et sur les entreprises afin de relancer l'économie.

Les grandes lignes d'une vaste réforme fiscale, qui prévoit à terme "un impôt unique pour tous", l'une des promesses électorales de la coalition d'extrême droite, ont été adoptées en conseil des ministres.

Ce projet de loi est censé "révolutionner de manière structurelle le système fiscal italien, 50 ans après la dernière grande réforme qui remonte aux années 1970", avait assuré le gouvernement mardi.

"Cette réforme fiscale est fondamentale pour relancer l'économie, encourager l'investissement des entreprises et garantir une plus grande richesse aux salariés", a expliqué mercredi la Première ministre, sans chiffrer le coût des mesures.

Au coeur de cette réforme, qui ne devrait entrer en vigueur que dans deux ans, figure la réduction de quatre à trois du nombre de tranches de l'impôt sur le revenu, avec en ligne de mire un impôt unique pour tous avant la fin de la législature en 2027.

"L'équité est assurée par la réduction de la charge fiscale et le passage de 4 à 3 tranches, avec l'objectif d'une +flat tax+ pour tous", a fait valoir le ministère de l'Economie jeudi.

Ce projet a suscité les protestations du Parti démocrate (PD), principale formation de gauche.

"Le gouvernement Meloni a préparé une réforme fiscale que les Italiens paieront cher", a réagi la présidente du groupe PD au Sénat, Simona Malpezzi.

"Une réforme sans couverture, qui met en péril les comptes de l'Etat et obligera très probablement à réduire les services essentiels. Avec une +flat tax+ qui va accroître les inégalités", a-t-elle ajouté.

Promesse électorale


Les auto-entrepreneurs et artisans disposant de revenus annuels jusqu'à 85.000 euros bénéficient déjà d'un impôt forfaitaire de 15%, grâce à une mesure introduite dans le budget 2023.

Un tel impôt à taux unique, qui figure parmi les mesures phare de la coalition gouvernementale arrivée au pouvoir en octobre 2022, devrait être progressivement étendu aux salariés.

A l'opposé du sacro-saint principe de progressivité et très coûteux pour les finances publiques, ce projet a été vivement contesté par les syndicats.

"Nous ne sommes d'accord ni avec la réduction des taux d'imposition parce qu'elle favorise les plus hauts revenus, ni avec la +flat tax+, qui est contraire à la progressivité prévue par notre Constitution", a protesté Maurizio Landini, secrétaire général du syndicat Cgil.

Le système fiscal italien comporte actuellement quatre tranches, avec un taux de 23% pour les revenus annuels jusqu'à 15.000 euros, 25% jusqu'à 28.000 euros, 35% jusqu'à 50.000 euros et 43% au-delà de ce seuil.

Quant à l'impôt sur les sociétés, le gouvernement Meloni envisage de réduire son taux, actuellement à 24%, pour les entreprises investissant dans l'innovation ou qui embauchent.

"Plus on embauche, moins on paie d'impôts", a résumé Mme Meloni.

La réforme fiscale prévoit également des exonérations du paiement de l'impôt régional sur les entreprises (Irap), notamment pour les artisans et les commerçants.

Cette taxe sera "progressivement éliminée", a promis le ministère de l'Economie, s'inscrivant ainsi dans la continuité de la réforme fiscale élaborée en 2021 par l'ancien Premier ministre Mario Draghi.

Patronat satisfait


Carlo Bonomi, président de la Confindustria, principale organisation patronale, s'est montré plutôt satisfait. "Attendons de voir le texte final mais il semble aller dans la bonne direction", a-t-il avancé lundi.

Parmi les autres objectifs de la réforme figurent, selon Mme Meloni, "un nouveau rapport entre l'Etat et les contribuables qui ne soit plus oppressif mais égalitaire et collaboratif" et "une véritable lutte contre l'évasion fiscale".

La réforme pourrait s'accompagner de nouvelles amnisties fiscales à en croire le patron de la Ligue et vice-Premier ministre Matteo Salvini.

Il a plaidé pour "une paix fiscale définitive entre le fisc et les citoyens avant l'entrée en vigueur du nouveau système fiscal".

"Sinon, nous prenons à la gorge des millions d'Italiens qui ne peuvent pas payer les avis d'impôts qui leur arrivent", a-t-il prévenu.

Pour financer cette réforme qui risque d'alourdir encore l'énorme dette de l'Italie, le gouvernement compte notamment revoir à la baisse le nombre de niches fiscales et réduire d'autres mesures d'allègements d'impôts.


Des missiles Patriot redéployés en Crète face aux menaces iraniennes

Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
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  • Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer
  • Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale

ATHENES: Une batterie de missiles Patriot était en cours de transfert lundi de l'île de Karpathos, à l'extrême est de la Grèce, jusqu'en Crète, en raison de menaces iraniennes visant des bases américaines en Europe, a rapporté la presse grecque.

Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer.

Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale.

Toujours selon la presse, ce redéploiement fait suite à des informations selon lesquelles l'Iran envisagerait des attaques contre des cibles militaires américaines en Europe si le président Donald Trump intensifiait le conflit dans le détroit d'Ormuz.

Le ministère de la Défense grec n'a pas communiqué sur le sujet.

Selon un article du Financial Times (FT) publié la semaine dernière, citant des sources au sein du régime iranien, l'Iran ne se contentera plus de limiter sa riposte au Moyen-Orient et envisage de frapper des cibles américaines en Europe en cas de nouvelle escalade militaire américaine.

Selon ces deux sources, les forces iraniennes ont évalué la possibilité de frapper des installations américaines dans les Balkans et autour de la Méditerranée. Sont notamment évoquées la Bulgarie, où la base aérienne de Bezmer a autorisé son usage pour le ravitaillement d'appareils américains, entre juillet et octobre 2026, et Chypre, où une base britannique avait déjà été visée par un drone en mars.

La Grèce compte de plusieurs bases américaines, à Alexandroupoli – dans le nord du pays – et en Crète, à Souda.

Depuis la publication du FT, le ministère de la Défense nationale et l'état-major "étaient en état d'alerte", selon le quotidien de référence I Kathimerini.

Ce journal explique que la décision de déployer une batterie de Patriot en Crète a été fortement influencée par l'évaluation des capacités de l'arsenal iranien qui, selon les informations transmises à Athènes par les alliés, dispose encore d'un nombre suffisant de missiles balistiques d'une portée supérieure à 2 000 kilomètres, susceptibles de cibler des bases et des infrastructures en Europe du Sud-Est.

Les missiles Patriot avaient été transférés sur l'île de Karpathos,  au voisinage de la Turquie, en mars.

En mars dernier, après une attaque de drones menée par le Hezbollah libanais contre la base anglaise d'Akrotiri à Chypre, la Grèce avait envoyé des F-16 et une frégate équipée d'un système de neutralisation de drones dans l'île.

Une autre batterie de Patriot grecque est par ailleurs déployée en Arabie Saoudite depuis septembre 2021, qui est déjà entrée en action à plusieurs reprises contre des missiles et drones iraniens visant le royaume.


Trump publie une carte du détroit d'Ormuz en "territoire américain"

Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
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  • Donald Trump a relancé l’idée controversée de faire du détroit d’Ormuz un « territoire américain », en publiant une carte sur Truth Social
  • Cette déclaration intervient alors que les négociations entre Washington et Téhéran sont dans l’impasse et que la réouverture de ce passage stratégique reste conditionnée à des exigences jugées incompatibles

WASHINGTON: Donald Trump a publié mardi sur son réseau Truth Social une carte montrant le détroit d'Ormuz et le décrivant comme un "nouveau territoire américain", reprenant ainsi une idée déjà exprimée ces derniers jours.

Le président avait pour la première fois parlé de "territoire américain" à propos de cette artère commerciale stratégique la semaine dernière, pendant un meeting et sur un ton qui laissait penser à une plaisanterie.

Le républicain est revenu à la charge lundi pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau Ovale, en estimant que ce serait une "très bonne idée".

Ce n'est pas la première fois que Donald Trump, confronté à un obstacle de politique étrangère, lance ainsi une suggestion surprenante ou menaçante d'annexion d'un territoire étranger.

Depuis son retour au pouvoir, il a menacé de faire du Canada le "51e" Etat américain, de s'emparer du Groenland et même évoqué une prise de contrôle de la bande de Gaza, sans passer à l'acte.

Sa suggestion concernant Ormuz intervient alors qu'une issue pacifique au conflit entre l'Iran et les Etats-Unis semble plus lointaine que jamais.

Il y a soixante jours, les deux belligérants avaient signé à grand bruit un protocole d'accord censé déboucher sur un règlement durable, mais qui n'a rien donné.

Washington et Téhéran posent des conditions a priori irréconciliables à la réouverture du détroit, passage névralgique pour le commerce mondial de pétrole.


Iran: le détroit d'Ormuz restera fermé tant que Washington n'aura pas satisfait les exigences de Téhéran

Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
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  • Téhéran maintient la fermeture du détroit jusqu’au respect des engagements américains
  • Les négociations avancent, mais la méfiance et les tensions restent fortes

TEHERAN: Le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique au coeur du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, restera fermé tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord de juin, a annoncé mardi le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le détroit d'Ormuz "ne sera pas ouvert tant que les engagements américains stipulés dans le protocole d'accord (...) ne seront pas mis en oeuvre", a déclaré M. Ghalibaf, également chef du Parlement, dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Il a cité parmi ces conditions "la levée du blocus naval (américain), le déblocage des avoirs (iraniens) gelés, la levée de l'embargo pétrolier" contre Téhéran, ainsi que "la fin des opérations militaires sur tous les fronts".

Après l'attaque américano-israélienne contre l'Iran le 28 février, Téhéran a riposté par des frappes sur les pays voisins alliés de Washington et verrouillé le détroit, voie de transit majeur des hydrocarbures, faisant s'envoler les cours du pétrole.

Les Etats-Unis ont imposé de leur côté un blocus aux ports iraniens.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un protocole d'accord en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats après avoir brièvement permis une réouverture du détroit.

Si les hostilités ont récemment baissé en intensité, les efforts diplomatiques menés par les médiateurs marquent le pas.

L'émissaire américain et gendre de Donald Trump, Jared Kushner, a toutefois qualifié lundi de "très positives et animées" les tractations dans le but de conclure un accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

S'il a admis sur Fox News qu'il n'y avait pas "beaucoup de confiance" entre les deux parties, il a précisé qu'elles "s'impliquaient très sérieusement".

"Le président Trump va se montrer très patient, il n'aime pas se précipiter pour conclure un accord. Il conclura le bon accord quand celui-ci sera prêt", a-t-il ajouté.

Dans le même temps, l'Iran et Oman mènent depuis plusieurs semaines des discussions pour trouver un accord sur le passage des navires dans le détroit d'Ormuz, situé entre leurs côtes, dont Téhéran revendique le contrôle.

"Si Oman se met en travers de notre chemin, on va leur bombarder la gueule", a déclaré lundi l'imprévisible  président américain, interrogé sur ces discussions par le journaliste de Fox News Trey Yingst.