Au premier Festival européen de la Gastronomie en Arabie saoudite, saveurs, couleurs et joie communicative

Vue du Festival européen de la Gastronomie en Arabie saoudite, Riyad , Place Kindy (capture d’écran, Twitter @EUintheGCC)
Vue du Festival européen de la Gastronomie en Arabie saoudite, Riyad , Place Kindy (capture d’écran, Twitter @EUintheGCC)
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Publié le Lundi 20 mars 2023

Au premier Festival européen de la Gastronomie en Arabie saoudite, saveurs, couleurs et joie communicative

  • L’idée d’un tel festival est née de l’amour mutuel des Européens et des Saoudiens pour la bonne nourriture ainsi que de notre désir de mettre en évidence la diversité et la qualité des produits alimentaires européens
  • Cette ambiance familiale, fraternelle, amicale, conviviale aux couleurs internationales s’est instaurée lors de ce festival. Une ambiance dans laquelle les gens déambulaient, souriants, détendus, heureux tout simplement

RIYAD: La délégation de l’Union européenne à Riyad, en coopération avec les ambassades des États membres de l’UE, la Commission saoudienne des Arts culinaires et le Quartier diplomatique de Riyad, organise pour la première fois le Festival européen de la Gastronomie en Arabie saoudite les 16 et 17 mars au niveau de la Place Kindy, de 16 h. à 23 h.  

Le coup d’envoi du festival a été donné par Mr. Jaap Ora, chargé d’affaires de l’ambassade de l’Union Européenne à Riyad. Lors de son intervention Mr. Ora a d’abord exprimé son immense joie quant à l’organisation de cet évènement unique qui réunit plusieurs pays européens présents en Arabie Saoudite pour présenter et partager avec leurs amis saoudiens leurs traditions culinaires.

Il a également fait part de sa gratitude envers tous les partenaires, entre autres la Commission saoudienne des Arts culinaires, en particulier à Mme Mayada Badr et à son équipe pour le généreux soutien à cette initiative et pour avoir apporté à l’événement un élément saoudien, à savoir le café saoudien, ainsi que l’Association des Chefs Saoudiens.    

Sans oublier la présence des fidèles partenaires, parmi lesquels l’hôtel Hilton, l’hôtel l’Intercontinental, le Radisson Blu Hotel, le Comptoir lounge, Dolce Razura et bien d’autres qui ont présenté des plats réalisés par leurs chefs respectifs et offert une dégustation.

« L’idée d’un tel festival est née de l’amour mutuel des Européens et des Saoudiens pour la bonne nourriture, ainsi que de notre désir de mettre en évidence la diversité et la qualité des produits alimentaires européens, et de partager la richesse et le raffinement de la cuisine européenne proposées en Arabie saoudite. » a déclaré Mr. Ora au micro d’Arab News en français.

Il a également ajouté : « Les nations partagent leur culture culinaire entre elles. Ceux qui viennent en Arabie saoudite de l’étranger, admirent les traditions culinaires saoudiennes et votre grande hospitalité. Ce soir, nous vous invitons à être des voyageurs en visite en Europe, à faire l’expérience de la richesse des cuisines européennes. »

Un tour d'Europe des saveurs

Les pays prenant part à ce festival ont présenté aux visiteurs un assortiment de spécialités culinaires, des plats européens, des sandwichs, de la viennoiserie, des gâteaux traditionnels de toutes sortes, des chocolats, des friandises, des boissons…

La Belgique a régalé les visiteurs de ses gaufres liégeoises moelleuses et légèrement caramélisées.

La République Tchèque a quant à elle proposé par le biais de Deer Bakery, les meilleurs cronuts de Prague. Le Danemark n’a pas manqué de proposer des jus, des cakes aux fruits secs. Les Pays-Bas ont préparé pour les visiteurs du festival des gaufres hollandaises qui ont eu beaucoup de succès auprès des enfants.

La France a été fortement représentée par l’incontournable restaurant Chez Bruno qui a proposé aux visiteurs du risotto, des pâtes et des pizzas, de la limonade bien fraiche composée de concombres, de citron et de sirop aux fleurs de sureau qui, au niveau du goût tire un peu sur le litchi et est connu pour ses vertus médicinales.

Étaient présentes à ce festival les principales boulangeries françaises. Citons le Grenier à pain, la Vie Claire, Fareen, Éric Kayser avec leurs croissants fourrés à la crème frangipane ou aux pistaches, des croissants salés, des madeleines, des quiches, des brioches, des meringues, des macarons.

Crêpe House a obtenu un véritable succès auprès des petits enfants mais aussi des grands, heureux et patients dans la file, juste pour apprécier et se faire plaisir dans une ambiance de fête familiale aux couleurs et senteurs internationales. C’est et cela restera dans la mémoire des visiteurs un agréable voyage à travers une Europe conviviale et amicale.

L’Italie a été fortement et exclusivement représentée par son stand Eataly qui offrait aux voyageurs immobiles des spécialités variées, des lasagnes, des cannellonis, la calabra, la margarita et l’indétrônable gelato. Avec ses différents parfums de glaces, il a apporté les saveurs et couleurs de la Méditerranée au milieu de la Place Kindy.     

Azura Tour De España, stand espagnol a conquis les papilles des visiteurs avec sa Paella, ces touristes qui devaient patienter en faisant une file assez longue à vrai dire, mais cela n’a pas du tout découragé nos dégustateurs. D’ailleurs, tout le monde se disaient : « l’Espagne est là. Profitons-en ! » Le vin halal, la bière ont suscité la curiosité de beaucoup de visiteurs. 

L’Espagne a régalé un public émerveillé par le groupe flamenco qui a présenté un répertoire de chansons espagnoles. L’air du festival a été envahi par la voix chaude de la cantatrice et admiratif devant les gestes gracieux que la danseuse exécutait avec élégance.

Le Portugal a quant à lui était représenté par le Delta Café qui proposait des gâteaux au lotus sous forme de dômes et le fameux groupe de musique portugaise Al Manata composé d’amis portugais qui se sont connus en Arabie Saoudite. Al Manata a présenté un éventail de mélodies portugaises.

Compétition de chefs, du côté saoudien

En marge de cet évènement, l’Association des Chefs Saoudiens a organisé un concours que M. Yasser Jad, son président, consultant en développement de l’hôtellerie culinaire, a expliqué au micro d’Arab News : « Il s’agit d’une compétition parrainée par Tamimi Market et Qasr Al Awani qui dure deux jours. Celle-ci comprend deux catégories, une pour la cuisine saoudienne traditionnelle et moderne et une pour la cuisine internationale, puisque les ingrédients utilisés proviennent des pays de l’Union Européenne. Le chef candidat doit présenter une entrée et un plat principal. Les participants doivent en l’espace d’une heure finaliser et présenter le plat et l’entrée. »

Il a par ailleurs précisé qu’un jury composé de deux personnes attribuera une note qui varie selon certains critères préétablis par le jury. Le candidat qui obtient moins de 70 points recevra une attestation, la médaille de bronze est attribuée entre 70 et 79 points ; entre 80 et 89 points, le candidat se verra décerner une médaille d’argent et enfin celui qui obtient entre 90 et 100 sera couronné d’une médaille d’or.

Et pour finir, M. Yasser a ajouté que l’Association des Chefs saoudiens fait partie de l’Association Internationale des Chefs qui compte 150 pays et dont l’objectif est de soutenir les chefs saoudiens et promouvoir leur créativité.

Une ambiance familiale, fraternelle, amicale, conviviale, aux couleurs internationales

Tout au long de ces deux journées festives, les visiteurs ont eu la joie et le plaisir d’écouter des chansons à succès pour le plaisir des jeunes, ainsi que des tubes des années 60, 70 et 80 pour le plaisir des plus âgés qui reprenaient les paroles des mélodies en même temps que les chanteurs.

Cette ambiance familiale, fraternelle, amicale, conviviale, aux couleurs internationales, s’est instaurée lors de ce festival. Une ambiance dans laquelle les gens déambulaient, souriants, détendus, heureux tout simplement.

Des enfants à vélo, en trottinette, d’autres courant pour le plaisir, d’autres tenant la main de leurs parents, d’autres se léchant les babines parce qu’ils dégustaient joyeusement leur petit butin culinaire, d’autres effectuant des dessins qu’ils coloriaient selon leur fantaisie, ou jouant à la pâte à modeler, d’autres préférant la peinture, ajoutaient de la joie à l’événement.

Cette joie, merveilleusement communicative, a créé une sensation de bien-être générale confirmant que de tels événements offrent l’opportunité de se détendre dans une atmosphère qui rappelle aux parents celle des fêtes foraines d’antan et constituent de beaux souvenirs pour les jeunes générations présentes en force à ce festival.


Le Koweït dit avoir déjoué une tentative d'«infiltration» de Gardiens de la Révolution iraniens

Le Koweït a annoncé mardi que quatre personnes arrêtées début mai alors qu'elles tentaient de pénétrer dans le pays par voie maritime avaient "avoué" appartenir aux Gardiens de la Révolution iraniens, accusations démenties par l'Iran. (AFP)
Le Koweït a annoncé mardi que quatre personnes arrêtées début mai alors qu'elles tentaient de pénétrer dans le pays par voie maritime avaient "avoué" appartenir aux Gardiens de la Révolution iraniens, accusations démenties par l'Iran. (AFP)
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  • Les quatre hommes, deux colonels de la marine, un capitaine et un lieutenant de vaisseau, ont avoué avoir été chargés par l'armée idéologique de la République islamique d'Iran "d'infiltrer l'île de Bubiyan"
  • Lors d'échanges de tirs avec les forces armées koweïtiennes stationnées sur l'île, un militaire koweïtien "a été blessé" et deux membres du groupe des Gardiens de la Révolution sont parvenus à "prendre la fuite", selon la même source

KOWEIT: Le Koweït a annoncé mardi que quatre personnes arrêtées début mai alors qu'elles tentaient de pénétrer dans le pays par voie maritime avaient "avoué" appartenir aux Gardiens de la Révolution iraniens, accusations démenties par l'Iran.

Les quatre hommes, deux colonels de la marine, un capitaine et un lieutenant de vaisseau, ont avoué avoir été chargés par l'armée idéologique de la République islamique d'Iran "d'infiltrer l'île de Bubiyan", a indiqué le ministère de l'Intérieur du Koweït dans un communiqué publié par l'agence nationale Kuna.

Ils ont tenté d'atteindre cette île, la plus grande du Koweït, proche des côtes iraniennes, "le vendredi 1er mai à bord d'un bateau de pêche spécialement affrété pour mener des actions hostiles contre le Koweït", précise le communiqué.

Lors d'échanges de tirs avec les forces armées koweïtiennes stationnées sur l'île, un militaire koweïtien "a été blessé" et deux membres du groupe des Gardiens de la Révolution sont parvenus à "prendre la fuite", selon la même source.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a jugé de son côté "absolument infondées" les "allégations formulées par le Koweït, selon lesquelles l'Iran planifierait de mener des actions hostiles contre le Koweït". Et il a demandé dans un communiqué à pouvoir s'entretenir avec ses ressortissants détenus ainsi que "leur libération immédiate".

Le ministère des Affaires étrangères du Koweït a annoncé de son côté avoir convoqué l'ambassadeur iranien dans le pays, Mohammad Toutounji, "à qui une lettre de protestation a été remise à la suite de l'infiltration sur l'île de Bubiyan d'un groupe armé appartenant aux Gardiens de la Révolution et de son engagement dans des affrontements avec les forces armées koweïtiennes".

Le ministère, qui dénonce un "acte hostile" iranien et une "atteinte flagrante" à sa souveraineté, affirme que le Koweït se réserve pleinement "le droit de se défendre".

Il s'agit de la quatrième convocation de M. Toutounji depuis que l'Iran a commencé à viser les pétromonarchies du Golfe alliées des Etats-Unis en représailles à l'attaque israélo-américaine déclenchée le 28 février.

Le 3 mai, le ministère de la Défense du Koweït avait indiqué avoir appréhendé quatre personnes tentant de rejoindre le Koweït par la mer.

Depuis le début de la guerre, les autorités du Koweït ont multiplié les opérations contre des personnes ou organisations soupçonnées d'être liées à la République islamique ou de la soutenir.

Mi-avril, 24 personnes ont été arrêtées au Koweït pour financement d'entités "terroristes", selon le ministère de l'Intérieur de cette monarchie du Golfe, une source de sécurité précisant que cinq anciens parlementaires faisaient partie des mis en cause.

En mars, le Koweït avait arrêté six personnes soupçonnées de liens avec le Hezbollah libanais, dans le cadre d'une enquête sur des projets "d'assassinats" dans le pays.

Le mouvement islamiste pro-iranien a déjà démenti plusieurs fois toute présence au Koweït.


Tunisie: peine de trois ans et demi de prison confirmée contre deux journalistes 

La Cour d'appel de Tunis a condamné mardi en appel à trois ans et demi de prison Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, deux journalistes connus, dans un procès dénoncé par l'ONG Reporters sans frontières comme "du harcèlement judiciaire". (AFP)
La Cour d'appel de Tunis a condamné mardi en appel à trois ans et demi de prison Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, deux journalistes connus, dans un procès dénoncé par l'ONG Reporters sans frontières comme "du harcèlement judiciaire". (AFP)
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  • La Cour d'appel de Tunis a condamné mardi en appel à trois ans et demi de prison Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, deux journalistes connus
  • En janvier, les deux journalistes avaient été condamnés en première instance à trois ans et demi de prison pour "blanchiment d'argent" et "évasion fiscale"

TUNIS: La Cour d'appel de Tunis a condamné mardi en appel à trois ans et demi de prison Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, deux journalistes connus, dans un procès dénoncé par l'ONG Reporters sans frontières comme "du harcèlement judiciaire".

"Nous sommes très déçus de ce verdict" qui confirme la peine de première instance, a réagi à l'AFP l'avocat des deux accusés, Sami Ben Ghazi.

En janvier, les deux journalistes avaient été condamnés en première instance à trois ans et demi de prison pour "blanchiment d'argent" et "évasion fiscale".

En début d'audience mardi, le juge a posé de nombreuses questions à MM. Zeghidi et Bsaies, sur leurs biens, leurs sources de revenus et les impôts versés, selon une journaliste de l'AFP.

"Zéro, niente, je n'ai ni biens immobiliers, ni bijoux, ni grosses voitures", a répondu Mourad Zeghidi.

Le magistrat l'a questionné à propos des rétributions tirées de chaque média et chaque émission (radio et télévision) où il apparaissait, sur la gestion de sa société, sur des virements reçus en Tunisie et depuis l'étranger.

Il a aussi demandé à M. Bsaies pourquoi il avait quitté son métier d'enseignant, la profession de son épouse et avec quels moyens elle avait lancé une école.

Dans sa plaidoirie, l'avocat des deux accusés, Sami Ben Ghazi, s'est demandé pourquoi "des déclarations fiscales (jugées) insuffisantes se sont transformées en (une accusation de) blanchiment d'argent".

Avant l'annonce du verdict, le défenseur et d'autres avocats avaient demandé le non-lieu et la libération des accusés.

Des diplomates représentant la France, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et l'Union européenne ont assisté à l'audience.

"Acharnement judiciaire" 

Les deux chroniqueurs avaient été emprisonnés en mai 2024 pour des déclarations à la radio et à la télévision considérées comme critiques du président Kais Saied.

Alors qu'ils étaient libérables en janvier 2025 après avoir purgé huit mois de prison, de nouvelles poursuites avaient été lancées pour des malversations financières présumées.

A la veille du procès, le directeur régional de RSF Oussama Bouagila a affirmé dans un communiqué qu'"après 23 mois d'enquête, aucun élément sérieux n'a été établi: ni flux suspect, ni actif caché, ni preuve crédible".

"Cet acharnement judiciaire ne doit pas faire oublier l'essentiel: c'est leur travail journalistique qui est à l'origine de ces poursuites", a-t-il dit.

Un autre journaliste de renom, Zied el-Heni, a été condamné le 7 mai à un an de prison ferme, pour "atteinte à autrui", après de virulentes critiques contre des décisions judiciaires visant des collègues journalistes.

L'ONG Al Khatt, maison-mère du média indépendant d'investigation Inkyfada, risque de disparaître, sous le coup d'une demande de dissolution demandée par le gouvernement à la justice tunisienne.

Les opposants et défenseurs des droits tunisiens ainsi que plusieurs ONG internationales ont dénoncé un recul des droits fondamentaux en Tunisie depuis un coup de force du président Saied à l'été 2021, par lequel il s'est octroyé les pleins pouvoirs.

Dans un communiqué lundi, l'organisation Amnesty International, basée à Londres, a accusé le pouvoir tunisien de "tentatives d'utiliser les moyens judiciaires pour éliminer purement et simplement les ONG".


L'Iran écarte tout compromis après le rejet de sa proposition par Trump

L'impasse diplomatique se prolonge au Moyen-Orient: le pouvoir iranien a écarté mardi l'idée d'amender ses propositions pour mettre durablement fin à la guerre, qui sont jugées par le président Donald Trump comme bonnes "à mettre à la poubelle". (AFP)
L'impasse diplomatique se prolonge au Moyen-Orient: le pouvoir iranien a écarté mardi l'idée d'amender ses propositions pour mettre durablement fin à la guerre, qui sont jugées par le président Donald Trump comme bonnes "à mettre à la poubelle". (AFP)
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  • "Il n'y a pas d'autre choix que d'accepter les droits du peuple iranien, tels qu'établis dans la proposition en 14 points. Toute autre approche serait infructueuse et ne mènerait qu'à une succession d'échecs"
  • Le contenu de la proposition américaine initiale n'a pas été rendu public

TEHERAN: L'impasse diplomatique se prolonge au Moyen-Orient: le pouvoir iranien a écarté mardi l'idée d'amender ses propositions pour mettre durablement fin à la guerre, qui sont jugées par le président Donald Trump comme bonnes "à mettre à la poubelle".

"Il n'y a pas d'autre choix que d'accepter les droits du peuple iranien, tels qu'établis dans la proposition en 14 points. Toute autre approche serait infructueuse et ne mènerait qu'à une succession d'échecs", a écrit sur X le négociateur en chef de la République islamique, Mohammad Bagher Ghalibaf, plus d'un mois après l'instauration d'une trêve précaire.

Celui qui est aussi président du Parlement a interpellé les négociateurs américains, estimant que "plus ils traîneront les pieds, plus les contribuables américains en paieront le prix", au moment où les cours du pétrole évoluent à des niveaux toujours élevés.

Ces déclarations sonnent comme une réponse à Donald Trump qui avait dénigré la veille les propositions iraniennes et assimilé le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril à un malade "sous assistance respiratoire", avec "1% de chances" de survie.

"Donner une leçon" 

Le contenu de la proposition américaine initiale n'a pas été rendu public.

Selon certains médias, elle contient un protocole d'accord pour mettre fin aux combats, qui ont fait des milliers de morts depuis le début de la guerre le 28 février, et établir un cadre de négociations sur le dossier du nucléaire iranien.

Dans sa réponse, l'Iran appelle à une fin immédiate des hostilités dans la région, y compris au Liban où les tirs d'Israël et du Hezbollah pro-iranien ne cessent pas en dépit d'un autre cessez-le-feu. Mardi, deux secouristes sont morts dans une frappe israélienne dans le sud, selon la Défense civile libanaise.

Téhéran demande également l'arrêt du blocus de ses ports par la marine américaine et le dégel des avoirs iraniens détenus à l'étranger, selon le ministère des Affaires étrangères.

"Si l'ennemi ne se plie pas aux exigences légitimes et définitives de la nation iranienne sur le terrain diplomatique, il doit s'attendre à voir ses défaites se répéter sur le champ de bataille", a prévenu le porte-parole du ministère iranien de la Défense, Reza Talaei-Nik, cité par l'agence Irna.

Pression américaine sur Pékin 

Côté américain, Donald Trump a brandi la menace d'une relance de son opération de protection des navires pour franchir le détroit d'Ormuz, verrouillé par l'Iran.

Une situation qui désespère Maryam, une peintre téhéranaise de 43 ans: elle raconte à une journaliste de l'AFP basée à Paris "vivre au jour le jour" car "le futur est très incertain".

Les regards sont désormais tournés vers la visite à Pékin prévue à partir de mercredi du président Trump, qui doit rencontrer son homologue Xi Jinping.

Selon l'administration américaine, il entend faire pression pour que la Chine, principal importateur du pétrole iranien, use de son influence sur l'Iran.

Donald Trump a dit s'attendre à une "longue conversation" avec Xi sur la guerre.

La quasi paralysie du détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, fait à nouveau grimper les cours de l'or noir mardi, à plus de 107 dollars le baril (+3,25%) pour le Brent de la mer du Nord, référence internationale, vers 14H00 GMT.

"L'Iran ne devrait pas utiliser le détroit comme une arme pour faire pression", a dénoncé cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, Premier ministre du Qatar, en première ligne face à ce blocage.

29 milliards de dollars 

"Le levier d'Ormuz est essentiel", analyse Thomas Juneau, professeur à l'Université d'Ottawa, pour qui Téhéran estime que Donald Trump perdra patience face à la hausse des prix à la pompe, avant les élections de mi-mandat en novembre. D'autant que le Pentagone vient de réévaluer à la hausse le coût de cette guerre à près de 29 milliards de dollars.

L'ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a par ailleurs révélé, au détour d'une conférence, qu'Israël avait envoyé aux Emirats arabes unis des systèmes de défense antiaérienne pendant cette guerre où les pays du Golfe ont été ciblés par l'Iran quasi-quotidiennement.

Au Liban, un nouveau bilan du ministère de la Santé libanais fait état de 380 morts dans des frappes israéliennes depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 17 avril.

De nouvelles discussions censées ouvrir la voie à des négociations de paix doivent se tenir jeudi et vendredi à Washington entre les deux pays.

Mais le chef du Hezbollah Naïm Qassem a affirmé mardi que la question du désarmement de sa formation, exigé par Israël, ne faisait pas partie des "négociations avec l'ennemi" auxquelles le mouvement chiite est opposé.