Les autorités libanaises s’inquiètent de la présence prolongée des réfugiés syriens

Des enfants sont assis tandis qu’une femme lave la vaisselle dans une bassine en plastique à l’extérieur d’une tente dans un camp de fortune pour réfugiés syriens à Talhayat, dans le caza du Akkar, au Liban-Nord. (AFP)
Des enfants sont assis tandis qu’une femme lave la vaisselle dans une bassine en plastique à l’extérieur d’une tente dans un camp de fortune pour réfugiés syriens à Talhayat, dans le caza du Akkar, au Liban-Nord. (AFP)
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Publié le Mercredi 22 mars 2023

Les autorités libanaises s’inquiètent de la présence prolongée des réfugiés syriens

  • Le coordinateur des camps de déplacés syriens de la ville frontalière d’Arsal, qui abrite le plus grand nombre de camps au Liban, a demandé une augmentation des contributions pour les déplacés
  • Plus d’un million de réfugiés syriens au Liban «ne souhaitent pas rentrer dans leur pays»

BEYROUTH: Le général de brigade Élias Baïssari, directeur général par intérim de la Sûreté générale (SG) du Liban, s’est exprimé lundi sur ce qu’il a qualifié de «problème inquiétant pour l’État et les Libanais».

En ce qui concerne les réfugiés syriens au Liban, M. Baïssari a souligné que la SG poursuivrait ses efforts pour organiser des déplacements volontaires et sûrs vers la Syrie, comme elle le fait depuis 2017. Par ailleurs, la SG est en train de coordonner avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) en vue de la réinstallation des réfugiés dans un pays tiers.

«J’espère que nous pourrons trouver des solutions rapides compte tenu des répercussions négatives de cette question sur le Liban», a-t-il déclaré.

Il y a quelques jours, le gouverneur de la région de Baalbeck-Hermel, Bachir Khoder, s’est adressé au représentant des réfugiés syriens au Liban lors d’une réunion tenue à Dar al-Fatwa à Baalbek: «Vous êtes des personnes déplacées, pas des réfugiés. C’est ainsi que vous êtes définis juridiquement dans l’État libanais, et vous devez respecter le pays qui vous accueille et respecter ses lois.»

«Il ne s’agit pas d’une position discriminatoire, mais les Libanais en ont assez», a-t-il ajouté.

Le coordinateur des camps de déplacés syriens de la ville frontalière d’Arsal, qui abrite le plus grand nombre de camps au Liban, a demandé une augmentation des contributions pour les déplacés et a tenu M. Khoder pour responsable de leurs conditions difficiles.

La réponse courroucée de M. Khoder à ces demandes a été largement partagée sur les réseaux sociaux et a été saluée par de nombreux Libanais.

«En tant que gouverneur, j’occupe l’un des postes administratifs les plus élevés de l’État libanais, et mon salaire est inférieur à celui d’un Syrien déplacé au Liban, s’est-il indigné. Les avantages dont bénéficient les personnes déplacées sont bien plus importants que ceux dont bénéficient les employés libanais.» 

Le public a salué les propos de M. Khoder, qui a rejeté les accusations selon lesquelles les Libanais feraient preuve de discrimination.

«Nous sommes un peuple dans deux pays, et non un peuple dans un pays. Cela fait maintenant douze ans que les personnes déplacées se trouvent dans notre pays, mais elles ne peuvent pas y rester éternellement. Nous souffrons. Vous êtes nos frères et nous ne vous abandonnerons jamais, mais nous n’avons plus rien à vous offrir. Les salaires des Libanais sont beaucoup trop bas et nous portons tout le fardeau. Nous ne sommes pas en mesure d’assumer davantage de responsabilités.»

«Aucun responsable des affaires des réfugiés syriens ne m’a jamais contacté», a indiqué M. Khoder à Arab News.

«J’ai simplement exprimé la douleur ressentie par tous les Libanais, en particulier ceux qui travaillent dans le secteur public.»  

Il a également fait part de ses préoccupations concernant la question des infrastructures dans les camps de réfugiés.

«Une ONG étrangère m’a demandé l’autorisation à établir des extensions pour un réseau d’égouts dans l’un des camps de la Bekaa. Cependant, nous ne pouvons pas accepter la mise en place d’infrastructures dans les camps car cela pourrait conduire plus tard à la construction de chambres au lieu de tentes, et il n’en est pas question», a-t-il fait remarquer.

Selon les dernières statistiques annoncées en décembre par le général de division à la retraite Abbas Ibrahim, ancien directeur général de la SG, il y a actuellement 2 800 000 réfugiés syriens au Liban. Seuls 540 000 Syriens sont rentrés volontairement dans leur pays depuis 2017.

Plus d’un million de réfugiés syriens au Liban «ne souhaitent pas rentrer dans leur pays», selon M. Ibrahim.

Une récente enquête de terrain menée par les municipalités de Deir al-Ahmar en coopération avec une équipe de statisticiens révèle une hausse considérable du pourcentage de naissances dans les camps de réfugiés syriens de la région.

L’enquête portait sur un échantillon statistique de 655 tentes. Le nombre total de réfugiés occupant ces tentes s’élevait à 3 728, dont 1 782 âgés de moins de 15 ans, soit 48%. D’après l’enquête, ce chiffre est «beaucoup plus élevé que dans les familles libanaises».

L’État libanais craint que les dons attrayants des organisations internationales aux réfugiés ne les encouragent à avoir des enfants, à rester au Liban et à ne pas rentrer chez eux de peur de se voir retirer l’aide internationale.

Le gouvernement libanais a précédemment estimé que les réfugiés consommaient quotidiennement 500 000 paquets de pain et 5 millions de litres d’eau. Les fonds dépensés par l’État pour les réfugiés s’élèvent à 30 milliards de dollars (1 dollar = 0,93 euro) en onze ans.

Le bulletin statistique publié sur le site officiel du ministère de la Santé indique qu’en 2021, 100 000 naissances ont été enregistrées au Liban, dont 40% de Syriens. Les statistiques ne tiennent pas compte des naissances qui ont lieu en dehors des hôpitaux.

Comme le précise un rapport du HCR, «en 2021, la grande majorité des réfugiés ont continué à recourir à des stratégies d’adaptation négatives pour survivre, telles que la mendicité, l’emprunt d’argent, la non-scolarisation des enfants, la réduction des dépenses de santé ou le non-paiement du loyer».

Ces «privilèges» dont les Libanais estiment que les réfugiés syriens jouissent au Liban incitent de nombreux Libanais, à l’approche du mois de ramadan, à s’opposer au partage de l’aide avec les réfugiés syriens.

«Cette année, nous aiderons d’abord les Libanais et nous donnerons le reste aux Syriens», a affirmé un employé d’une mosquée à Arab News

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Une frappe vise la banlieue sud de Beyrouth après un avertissement israélien

Des personnes déplacées sont assises devant leurs tentes dans un campement informel installé le long du front de mer de Beyrouth, le 6 avril 2026. (AFP)
Des personnes déplacées sont assises devant leurs tentes dans un campement informel installé le long du front de mer de Beyrouth, le 6 avril 2026. (AFP)
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  • Plusieurs immeubles visés par de récentes frappes sont totalement détruits
  • Des employés municipaux balayent les débris de verre sur les trottoirs et d'autres fragments jonchent certaines rues

BEYROUTH: Israël a visé lundi la banlieue sud de Beyrouth, au lendemain de raids meurtriers sur la capitale et ses environs, alors que le bilan humain de la guerre avec le Hezbollah approche des 1.500 morts.

Un épais panache de fumée s'est élevé de la banlieue sud, sous contrôle du Hezbollah et vidée de la quasi-totalité de ses habitants depuis le 2 mars.

L'armée israélienne a affirmé avoir visé "des cibles terroristes du Hezbollah à Beyrouth".

Dans la banlieue sud, seuls quelques commerces restent ouverts, selon une journaliste de l'AFP sur place.

Plusieurs immeubles visés par de récentes frappes sont totalement détruits. Des employés municipaux balayent les débris de verre sur les trottoirs et d'autres fragments jonchent certaines rues.

Une station-service de la compagnie al-Amana, accusée par Israël d'être contrôlée par le Hezbollah, est calcinée.

Des portraits de l'ayatollah Ali Khamenei, tué au début de la guerre dans une frappe américano-israélienne en Iran et présenté comme le "martyr de la nation", ornent les principales artères.

Le long de la route menant à la banlieue sud, des habitants ont installé des tentes où ils dorment, allant inspecter leurs maisons entre deux avertissements israéliens.

Dimanche, Israël avait intensifié ses bombardements sur la banlieue sud et la capitale elle-même. Une frappe en face du principal hôpital public du Liban avait fait cinq morts, selon le ministère de la Santé.

"Force al-Qods" 

Une autre frappe sur un appartement dans une zone à l'est de la capitale, jusque-là épargnée par les violences, a tué trois personnes, dont un responsable local des Forces libanaises (FL), un parti chrétien opposé au Hezbollah, et sa femme.

Le chef des FL Samir Geagea a affirmé que "les Israéliens visaient un membre de la force al-Qods", chargée des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution iraniens, qui semble avoir échappé à la frappe.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam avait déclaré que les Gardiens de la Révolution dirigeaient les opérations du Hezbollah dans sa guerre contre Israël.

L'armée israélienne a affirmé lundi qu'elle avait frappé une "cible terroriste" à l'est de Beyrouth et ajouté qu'elle examinait l'incident "après des informations sur des victimes parmi des civils libanais non impliqués dans les combats".

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël en représailles à la mort d'Ali Khamenei.

Depuis, Israël mène des frappes massives sur le pays ayant fait 1.497 morts et plus de 4.600 blessées, selon les autorités, et déplacé plus d'un million de personnes.

"Maisons inhabitables" 

Des frappes israéliennes ont également visé le sud et l'est du Liban. Dans le sud, quatre personnes ont été tuées dans un raid sur une voiture à Kfar Roummane, près de Nabatiyeh, a indiqué le ministère de la Santé.

Dans la localité de Bourj Rahal, près de Tyr, un correspondant de l'AFP a vu des immeubles détruits et des débris jonchant les rues.

"Le premier bilan est de 15 maisons endommagées, qui ne sont plus habitables", a dit à l'AFP le maire de la ville Daoud Ezzedine.

"Les habitants veulent revenir chez eux, mais ils ne pourront pas malheureusement", a-t-il ajouté.

Le ministère de la Santé a aussi annoncé que deux secouristes du Comité islamique de la santé, affilié au Hezbollah, avaient été tués par une frappe israélienne dimanche, portant à 57 le nombre de secouristes tués depuis le début de la guerre.

Le chef de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a affirmé sur X que l'OMS avait enregistré "92 attaques contre des établissements de santé, des véhicules médicaux, du personnel soignant et des entrepôts" depuis le début de la guerre.

Par ailleurs, le principal poste-frontière reliant le Liban à la Syrie, point de passage vital entre les deux pays, était toujours fermé lundi, après des menaces israéliennes de le viser samedi soir.

Ce passage "restera fermé, jusqu'à ce qu'on reçoive des garanties qu'il ne sera pas visé", a dit à l'AFP un responsable du ministère libanais des Transports, Ahmad Tamer.

 


Frappes israéliennes sur le plus grand complexe pétrochimique iranien

Israël a dit avoir mené lundi des frappes sur le plus grand complexe pétrochimique dans le sud de l'Iran et s'est félicité de porter "un coup sévère au régime", Téhéran affirmant de son côté que la situation était "sous contrôle" mais que l'étendue des dégâts restait à évaluer. (AFP)
Israël a dit avoir mené lundi des frappes sur le plus grand complexe pétrochimique dans le sud de l'Iran et s'est félicité de porter "un coup sévère au régime", Téhéran affirmant de son côté que la situation était "sous contrôle" mais que l'étendue des dégâts restait à évaluer. (AFP)
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  • Le complexe gazier d'Assalouyeh, dans le sud de l'Iran, se situe en bordure de l'immense champ gazier de South Pars, partagé par l'Iran avec le Qatar
  • Les frappes lundi sur Assalouyeh font suite à des bombardements israélo-américains samedi sur un site pétrochimique dans le sud-ouest de l'Iran, dans la province de Khouzestan

JERUSALEM: Israël a dit avoir mené lundi des frappes sur le plus grand complexe pétrochimique dans le sud de l'Iran et s'est félicité de porter "un coup sévère au régime", Téhéran affirmant de son côté que la situation était "sous contrôle" mais que l'étendue des dégâts restait à évaluer.

L'agence iranienne Fars a par ailleurs affirmé qu'un autre complexe pétrochimique, cette fois près de Chiraz (centre-sud) avait été visé par des frappes, évoquant des "dégâts mineurs".

Israël n'a pas évoqué cette opération à ce stade. Mais le ministre de la Défense Israël Katz a déclaré que l'armée avait lundi "frappé avec force le plus grand complexe pétrochimique en Iran, situé à Assalouyeh, une cible clé qui assure environ la moitié de la production pétrochimique du pays".

Juste avant, Téhéran avait rapporté une série d'explosions sur le site, déjà frappé le 18 mars par Israël.

Le complexe gazier d'Assalouyeh, dans le sud de l'Iran, se situe en bordure de l'immense champ gazier de South Pars, partagé par l'Iran avec le Qatar.

Les frappes lundi sur Assalouyeh font suite à des bombardements israélo-américains samedi sur un site pétrochimique dans le sud-ouest de l'Iran, dans la province de Khouzestan.

"Les deux sites, représentant 85% des exportations pétrochimiques iraniennes, sont désormais hors service", a déclaré Israël Katz. "Cela représente un coup sévère se montant à des dizaines de milliards de dollars pour le régime iranien", a-t-il ajouté.

Quelques heures plus tard, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'est également félicité des frappes.

"Aujourd'hui nous avons détruit la plus grande usine pétrochimique en Iran. Ce qui veut dire que nous éliminons systématiquement la machine à financer des Gardiens de la Révolution", l'armée idéologique de la République islamique, a-t-il déclaré dans une vidéo.

"Sous contrôle" 

Les médias officiels iraniens ont affirmé que la situation à Assalouyeh était "sous contrôle".

"L'incendie a été maîtrisé. La situation est actuellement sous contrôle et les aspects techniques ainsi que l'étendue des dégâts font l'objet d'une enquête", a indiqué l'agence Irna, citant un communiqué de la compagnie pétrochimique iranienne, ajoutant qu'aucun blessé n'était à déplorer.

Le champ offshore de South Pars, essentiel pour le secteur énergétique iranien, sert pour l'exploitation commune avec le Qatar du plus grand gisement de gaz naturel au monde.

Ehsan Jahanian, gouverneur adjoint de la province iranienne de Bouchehr (sud-ouest), a indiqué que "deux infrastructures dans le secteur de Pars avaient été touchées par un raid aérien ennemi".

L'agence Tasnim a elle indiqué que "les entreprises Mobin et Damavand, qui fournissent de l'électricité, de l'eau et de l'oxygène" à Assalouyeh "ont été visées".

Il n'y a pas eu de dégâts du côté de l'entreprise pétrochimiques de Pars, selon cette source.

En mars, le président Donald Trump avait demandé à Israël de ne plus attaquer les infrastructures énergétiques iraniennes après les premières frappes contre le champ de South Pars.

Mais le président américain avait aussi menacé de détruire "massivement l'intégralité du gisement" si Téhéran continuait ses attaques dans la région.

 


Iran: le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution tué dans une frappe 

Le commandant général Majid Khademi. (AFP)
Le commandant général Majid Khademi. (AFP)
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  • "Le commandant général Majid Khademi, le puissant et instruit chef de l'Organisation du renseignement du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, est devenu un martyr dans l'attaque terroriste criminelle de l'ennemi américano-sioniste à l'aube"
  • Des frappes américano-israéliennes ont tué lundi le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution, a annoncé l'armée idéologique de l'Iran

TEHERAN: Des frappes américano-israéliennes ont tué lundi le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution, a annoncé l'armée idéologique de l'Iran.

"Le commandant général Majid Khademi, le puissant et instruit chef de l'Organisation du renseignement du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, est devenu un martyr dans l'attaque terroriste criminelle de l'ennemi américano-sioniste (...) à l'aube aujourd'hui", ont déclaré les Gardiens dans une publication sur leur chaîne Telegram.