Hydrogène vert, le Maroc place ses pions

Un batelier rame tout en transportant des passagers sur la rivière Bou Regreg près de la Kasbah des Oudaya entre la ville de Salé et la capitale marocaine Rabat, le 27 septembre 2020. (AFP / FADEL SENNA)
Un batelier rame tout en transportant des passagers sur la rivière Bou Regreg près de la Kasbah des Oudaya entre la ville de Salé et la capitale marocaine Rabat, le 27 septembre 2020. (AFP / FADEL SENNA)
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Publié le Vendredi 24 mars 2023

Hydrogène vert, le Maroc place ses pions

  • En août 2022, l’Allemagne a lancé la première ligne ferroviaire fonctionnant à l’hydrogène vert du monde
  • Une stratégie nationale, promue par le roi Mohammed VI, prévoit la mise en œuvre d’une «offre Maroc»

CASABLANCA: «L’hydrogène vert»: la nouvelle bataille énergétique portera ce nom. Face aux défis posés par le changement climatique, la décarbonation et la nécessité de diminuer la part des énergies fossiles, l’hydrogène vert sera, à moyen terme, la meilleure solution énergétique. Les grandes puissances mondiales s’y intéressent et des unités de production de cette énergie ont commencé à voir le jour. Des projets pilotes, comme le bateau de plaisance Hynova, alimenté par l’hydrogène, ont été développés; en août 2022, l’Allemagne a lancé la première ligne ferroviaire fonctionnant à l’hydrogène vert du monde.

La course est donc lancée, et le Maroc ne compte pas rester les bras croisés. Une stratégie nationale, promue par le roi Mohammed VI, prévoit la mise en œuvre d’une «offre Maroc». «Le souverain a tenu en novembre 2022 une réunion de travail consacrée au développement des énergies renouvelables. Il a notamment appelé à l’accélération de l’élaboration d’une offre Maroc, qui se veut transversale, destinée à l’hydrogène vert.»

Depuis, une task force dont la mission est d’étudier toutes les composantes de cette offre a été créée. «L’objectif est de préparer un environnement propice au développement d’une filière autour de l’hydrogène vert», déclare à Arab News en français Badr Ikken, président exécutif de Green Innov Industry Investment. Le grand spécialiste des énergies renouvelables au Maroc se montre optimiste au sujet du futur positionnement du Royaume sur la carte mondiale des fournisseurs en hydrogène vert: en effet, selon lui, le pays dispose d’énormément d’atouts.

«Dans cette course mondiale se posera le défi de l’approvisionnement. Le Maroc a toutes les chances de se positionner sur ce marché, notamment auprès de ses partenaires européens. Une offre pour les investisseurs sera bientôt révélée. Elle est en train d’être finalisée et elle promet d’être compétitive et incitative», précise-t-il.

L’hydrogène vert sera facilement transporté, ce qui implique évidemment de prendre en compte l’aspect sécuritaire.

Les avantages du Maroc sont indéniables, à commencer par son importante capacité à produire des énergies renouvelables grâce à son taux d’ensoleillement, l’un des plus importants de la région, et à son énergie éolienne, sans oublier les grands chantiers lancés par le Royaume pour construire de vastes stations de dessalement d’eau de mer. Trois ressources sont en effet indispensables pour produire de l’hydrogène vert: le solaire, le vent et l’eau. Dans ces domaines, le Maroc possède de véritables atouts par rapport à ses concurrents.

Deuxième point non négligeable, le savoir-faire du royaume chérifien dans les énergies renouvelables, qui se trouve renforcé grâce à la stratégie lancée par le roi Mohammed VI, notamment le Plan solaire marocain, en 2009, et le Plan éolien marocain, un an plus tard. Le Maroc a en outre inauguré, en 2016, la plus grande station solaire au monde, celle de Noor, à Ouarzazate.

Mais le principal argument en faveur de l’hydrogène vert made in Morocco demeure sans conteste la proximité géographique du pays avec le continent européen. «La production de l’hydrogène vert marocain servira dans un premier temps à la production d’engrais par le groupe OCP. À moyen terme, l’essentiel de la production sera ensuite exporté principalement vers l’Europe. L’hydrogène vert sera facilement transporté, ce qui implique évidemment de prendre en compte l’aspect sécuritaire.»

«La construction de pipelines est également à l’étude», fait savoir M. Ikken, selon lequel le Maroc est bien parti pour profiter de l’énorme potentiel du marché. En effet, la demande s’avère très importante en Europe et tout est mis en œuvre pour attirer le maximum d’investisseurs, notamment dans les régions du sud du Royaume, à Laâyoune et à Guelmim, où plusieurs grands groupes énergétiques mondiaux ont déjà annoncé leur intention de bâtir de grandes usines de production d’hydrogène vert.


Le guide suprême de l'Iran n'aurait plus de contact direct en raison des craintes d'une attaque

Une photo obtenue par l'agence de presse iranienne ISNA montre Mojtaba Khamenei, fils du guide suprême iranien Ayatollah Ali Khamenei, lors d'un rassemblement à Téhéran, en Iran. (Reuters)
Une photo obtenue par l'agence de presse iranienne ISNA montre Mojtaba Khamenei, fils du guide suprême iranien Ayatollah Ali Khamenei, lors d'un rassemblement à Téhéran, en Iran. (Reuters)
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  • Mojtaba Khamenei communiquerait via des intermédiaires de confiance
  • Il ne ferait que donner des orientations générales sur les négociations, selon le rapport

DUBAI : Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei opère depuis un lieu tenu secret avec un accès limité au monde extérieur, s'appuyant sur un réseau de courriers pour relayer les messages, alors que les dirigeants du pays craignent de nouvelles frappes ciblées, selon une exclusivité de CBS News citant des responsables américains familiers avec le renseignement.

Le rapport de dimanche affirmait que les problèmes de communication au sein de la direction de l'Iran étaient devenus un obstacle majeur dans les négociations avec l'administration de Donald Trump, les responsables iraniens autorisés à dialoguer avec Washington ayant du mal à communiquer même au sein de leur propre système.

Des responsables américains ont déclaré à CBS que lorsque des propositions étaient envoyées à Téhéran, des délais importants s'écoulaient avant que les réponses ne soient reçues, car les messages devaient d'abord passer par des intermédiaires pour parvenir au dirigeant suprême.

Selon CBS, les dirigeants iraniens ont adopté des mesures de sécurité extrêmes à la suite des frappes américaines et israéliennes menées dans le cadre de l'opération Epic Fury, qui, selon les services de renseignement, ont permis de cibler et de tuer plusieurs personnalités iraniennes de haut rang.

La plupart des hauts responsables passeraient désormais des semaines à l'intérieur de bunkers lourdement fortifiés, évitant tout contact direct et limitant les communications, sauf en cas de nécessité.

Le rapport ajoute que même les hauts responsables iraniens ne savent pas exactement où se trouve le guide suprême ou n'ont pas de ligne de communication directe avec lui.

Les messages sont transmis par l'intermédiaire de courriers de confiance spécialement utilisés pour dissimuler sa position, et il ne donnerait que des indications générales sur les questions qui peuvent être négociées et celles qui restent hors de portée.

M. Khamenei, qui a succédé à son père assassiné, l'ayatollah Ali Khamenei, n'est pas apparu en public depuis le début de la guerre.


Piratée, l'application de Tunisie Telecom envoie un message critique du pouvoir

Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé "Un cri pour la Tunisie: la liberté n'est pas un crime", fustigeait samedi un "net recul des libertés" et "une crise économique étouffante". (AFP)
Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé "Un cri pour la Tunisie: la liberté n'est pas un crime", fustigeait samedi un "net recul des libertés" et "une crise économique étouffante". (AFP)
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  • L'opérateur a d'abord publié un communiqué parlant seulement de maintenance sur son application
  • Puis il a reconnu l'attaque dans un deuxième communiqué, publié dans la nuit de samedi à dimanche

TUNIS: Au lieu d'une offre promotionnelle, un message critique du pouvoir: à la suite d'une cyberattaque, des clients de Tunisie Telecom ont reçu, via l'application de l'opérateur public tunisien, un texte dénonçant la situation politique et économique du pays.

Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé "Un cri pour la Tunisie: la liberté n'est pas un crime", fustigeait samedi un "net recul des libertés" et "une crise économique étouffante".

"Des promesses et des slogans, pour quel résultat?", demandait-il.

Incrédules et surpris, de nombreux Tunisiens ont aussitôt partagé des captures d'écran sur Facebook.

Il n'a pas été possible de confirmer combien de personnes avaient reçu ce message.

L'opérateur a d'abord publié un communiqué parlant seulement de maintenance sur son application.

Puis il a reconnu l'attaque dans un deuxième communiqué, publié dans la nuit de samedi à dimanche.

"Tunisie Telecom confirme que son application numérique MyTT a fait l'objet d'une cyberattaque aujourd'hui, qui a été détectée immédiatement et neutralisée avec succès en un temps record grâce aux mécanismes de protection et de surveillance mis en place, sans aucun impact sur la sécurité des données ni sur la continuité du service", a écrit l'opérateur.

"Par ailleurs, Tunisie Telecom souligne que la notification reçue par certains clients est sans lien avec les activités de l'entreprise ni avec les objectifs de cette application purement commerciale, conçue avant tout pour servir nos clients", a-t-il ajouté.

Des ONG tunisiennes et internationales dénoncent un recul des droits et libertés en Tunisie depuis le coup de force, en juillet 2021, du président Kais Saied, à la suite duquel il s'est octroyé de très larges pouvoirs.


Sud du Liban: Israël annonce la mort d'un de ses soldats

Des militants de gauche israéliens manifestent contre le gouvernement israélien devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 23 mai 2026. (AFP)
Des militants de gauche israéliens manifestent contre le gouvernement israélien devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 23 mai 2026. (AFP)
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  • Le sergent Nehoray Leizer, âgé de 19 ans, est "tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée sans donner plus de détails
  • Les frappes se poursuivent au Liban, notamment dans le sud, en dépit de l'entrée en vigueur le 17 avril d'une trève entre Israël et le mouvement islamiste et soutenu par l'Iran Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi la mort d'un de ses soldats survenue la veille dans le Sud du Liban, portant à 23 le nombre de morts dans ses rangs depuis le déclenchement le 2 mars de la guerre avec le Hezbollah.

Le sergent Nehoray Leizer, âgé de 19 ans, est "tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée sans donner plus de détails.

Les frappes se poursuivent au Liban, notamment dans le sud, en dépit de l'entrée en vigueur le 17 avril d'une trève entre Israël et le mouvement islamiste et soutenu par l'Iran Hezbollah.