«La vision de l’Arabie saoudite et sa générosité sont très adaptées» au travail de l’OMS sur les problèmes mondiaux de santé

Des chirurgiens spécialisés séparent des frères siamois dans un hôpital de Riyad, le 15 mai 2022 (Photo/KSrelief).
Des chirurgiens spécialisés séparent des frères siamois dans un hôpital de Riyad, le 15 mai 2022 (Photo/KSrelief).
Des médecins travaillant pour le Centre d’aide humanitaire et de secours du roi Salmane procèdent à des examens de vue au Bangladesh (Agence de presse saoudienne).
Des médecins travaillant pour le Centre d’aide humanitaire et de secours du roi Salmane procèdent à des examens de vue au Bangladesh (Agence de presse saoudienne).
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Publié le Lundi 27 mars 2023

«La vision de l’Arabie saoudite et sa générosité sont très adaptées» au travail de l’OMS sur les problèmes mondiaux de santé

  • Dans la région Mena, on assiste à un certain nombre de crises humanitaires et sanitaires simultanées qui nécessitent à la fois une aide immédiate et des solutions à long terme
  • Dans le cas de l’initiative Vision 2030, l’accent est mis sur les efforts à but non lucratif et sur une culture de philanthropie stratégique

LONDRES: La Fondation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a été créée en 2020 pendant la pandémie de Covid-19 pour mobiliser de nouvelles ressources de philanthropes, de fondations, d’entreprises et de particuliers afin de soutenir la mission de l’OMS.

L’OMS – un organisme spécialisé de l’Organisation des nations unies (ONU) – et la Fondation de l’OMS sont toutes deux basées à Genève, mais cette dernière est un organisme qui octroie des subventions et qui est juridiquement indépendant de l’OMS.

Anil Soni a rejoint la fondation en tant que PDG. Il dispose d’une expérience de vingt ans en matière d’amélioration des soins de santé dans les pays les plus pauvres et il a pour objectif de lever un milliard de dollars (1 dollar = 0,93 euro). Il déclare, dans un entretien accordé à Arab News, comment sa fondation soutient et complète les efforts de l’OMS tout en respectant son caractère intergouvernemental.

Anil Soni, PDG de la fondation de l’OMS. (Photo fournie)
Anil Soni, PDG de la fondation de l’OMS. (Photo fournie)

Arab News: Pouvez-vous décrire comment la Fondation de l’OMS organise le soutien des donateurs et comment l’argent est dépensé par l’OMS?

Anil Soni: Le but de la Fondation de l’OMS est d’être un pont entre le travail vital de l’OMS et les différentes communautés qui peuvent aider à alimenter ce travail grâce à leur engagement, leur partenariat et, bien sûr, leur générosité.

Nous recueillons des ressources auprès de multiples partenaires du secteur privé et au-delà pour aider l’OMS à fournir des produits et des médicaments vitaux aux personnes dans le besoin.

Les défis mondiaux comme les tremblements de terre en Turquie et en Syrie, la crise alimentaire au Sahel et dans la Corne de l’Afrique et le conflit en Ukraine sont d’excellents exemples de situations où nous sommes confrontés à des crises qui nous affectent tous et où nous devons donc tous nous unir.

De tels défis ne peuvent être combattus par un seul secteur. L’OMS fait partie de plusieurs organisations internationales des Nations unies, mais l’ONU et les gouvernements ne sont pas suffisants. Nous devons faire en sorte de collaborer également avec les particuliers et les entreprises.

Une photo prise le 10 juin 2012 montre le Dr Omar Saleh (deuxième à gauche), coordinateur des urgences de l’OMS en Somalie, prenant soin d’un jeune patient dans un hôpital de la région de Hudur. (AFP)
Une photo prise le 10 juin 2012 montre le Dr Omar Saleh (deuxième à gauche), coordinateur des urgences de l’OMS en Somalie, prenant soin d’un jeune patient dans un hôpital de la région de Hudur. (AFP)

Toutes les contributions sont importantes, même les plus petites, car elles s'additionnent pour favoriser la mise en place d’initiatives qui changent la vie. À titre d’exemple, pendant la pandémie de Covid-19, nous avons initié une campagne appelée «Go Give One». Cinq dollars permettaient d’acheter un vaccin, la même somme d’argent qui pourrait être dépensée pour une tasse de café. Les entreprises et les philanthropes ont donné des millions de dollars, ce qui est considérable, mais chaque contribution compte.

Pour ce qui est des moyens de mobiliser l’argent, nous le faisons de plusieurs façons. Nous offrons des moyens incitatifs et novateurs pour collaborer avec des philanthropes et des entreprises qui cherchent des opportunités de contribuer au changement et de participer à la solution.

Dans le cas des tremblements de terre qui ont affecté des millions de personnes et causé plus de 50 000 morts (le plus grand nombre de morts en plus d’une décennie depuis le tremblement de terre en Haïti), l’OMS continue de livrer rapidement des outils vitaux en Turquie et en Syrie.

L’un de nos partenaires les plus proches est Spotify. La plate-forme a donné à ses auditeurs l’occasion de contribuer aux efforts de secours en Turquie et en Syrie en redirigeant les utilisateurs vers notre page Web de dons.

Chaque don soutient directement les efforts de secours pour les personnes touchées, notamment les services de santé mentale, la réadaptation physique, les médicaments et d’autres outils ou produits nécessaires pour réduire le risque ou répondre aux maladies transmissibles en raison d’un accès insuffisant à l’hygiène, à l’eau potable et aux services de santé.

Arab News: Les organismes d’aide humanitaire ont été critiqués dans la perception de la distribution injuste de l’assistance dans les zones touchées par le tremblement de terre, en particulier en ce qui concerne la Syrie et ses différentes zones de contrôle. Comment rendre l’aide dans ce contexte compliqué plus équitable?

Anil Soni: Souvent, les personnes à risque et dans le besoin se trouvent dans des environnements qui font l’objet d’intenses débats politiques ou littéralement au beau milieu d’un conflit. C’est l’une des raisons pour lesquelles le travail de l’OMS est si important, car l’organisation mène ses activités partout. Il s’agit d’un organisme des Nations unies qui est lui-même le fruit d’une collaboration entre les États membres. Ainsi, tous les gouvernements du monde participent aux opérations et à la gouvernance de l’OMS.

En chiffres

501 000 personnes décédées de la tuberculose en Afrique en 2021.

43 000 décès supplémentaires causés par la faim et la mauvaise santé en Somalie en 2022.

57 300 décès en Turquie et en Syrie causés par les tremblements de terre du 6 février.

De plus, les équipes d’urgence de l’OMS sont présentes dans toutes les régions du monde. Elles ont donc continué d’opérer en Syrie pendant les longues années de conflit et elles font partie des rares entités à l’avoir fait. Il est crucial de ne pas prendre parti contre les besoins des gens en raison de la nature d’une situation politique ou d’un conflit. Bien au contraire, il s’agit de soins de santé, de prestation de services médicaux et de médecins dont le travail n’est pas de s’occuper de politique, mais de veiller à ce que les personnes dans le besoin reçoivent des soins de santé adéquats.

J’ai été vraiment inspiré par le Dr Tedros (Adhanom Ghebreyesus), le directeur général de l’OMS, qui s’est rendu en Syrie le mois dernier. Il a été le premier directeur de l’ONU à entrer dans le nord-ouest de la Syrie depuis plus d’une décennie à cause du conflit. Dans les premières heures qui ont suivi les tremblements de terre, l’OMS a distribué 183 tonnes de fournitures à plus de 200 établissements de santé dans le nord-ouest de la Syrie depuis les entrepôts partenaires d’Azaz et d’Idlib.

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus (au centre), visite un site pour personnes déplacées par la catastrophe, à Kafr Lusin, près de la frontière turque, le 1er mars 2023, lors de sa toute première visite dans les zones contrôlées par les rebelles de la Syrie ravagée par la guerre. (AFP)
Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus (au centre), visite un site pour personnes déplacées par la catastrophe, à Kafr Lusin, près de la frontière turque, le 1er mars 2023, lors de sa toute première visite dans les zones contrôlées par les rebelles de la Syrie ravagée par la guerre. (AFP)

À la suite de cette visite, l’OMS a livré 297 tonnes de fournitures d’urgence et de médicaments essentiels dans les régions du pays touchées par le tremblement de terre, ce qui a permis d’administrer 3 705 000 traitements, notamment pour la prise en charge des traumatismes, du diabète et de la pneumonie.

 Arab News: Quels sont les principaux défis en matière de santé auxquels fait face la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord? Comment la mobilisation de fonds supplémentaires pour l’OMS peut-elle permettre de relever ces défis? Est-ce que cela peut aller au-delà de l’aide financière pour résoudre les problèmes structurels à l’origine des inégalités en matière de santé?

Anil Soni: C'est ce à quoi nous aspirons, faute de quoi nous continuerons à faire face à ces situations d'urgence et à ces besoins inéquitables. Le contexte est particulièrement frappant dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (Mena) en ce moment puisqu’on assiste à un certain nombre de crises humanitaires et sanitaires simultanées qui nécessitent à la fois une aide immédiate et des solutions à long terme.

Des événements tels que les tremblements de terre en Turquie et en Syrie, le conflit en Syrie et les épidémies de choléra au Liban et en Syrie sont particulièrement graves. Ils découlent du changement climatique ou de dynamiques à long terme qui nécessitent une mobilisation et un engagement soutenus.

Aujourd’hui, la région est plus que jamais dans une position unique pour soutenir la prospérité économique naissante des habitants et des secteurs public et privé. Il est essentiel de mobiliser les ressources nécessaires et de faire comprendre à quel point chaque contribution joue un rôle essentiel dans la lutte contre les crises humanitaires, ce que nous faisons à la Fondation de l’OMS.

Un médecin syrien administre le vaccin contre la Covid-19 fourni par l’OMS et le Fonds des nations unies pour l'enfance (Unicef) aux habitants de la ville de Kamichli, dans le nord-est de la Syrie, le 24 mai 2021. (AFP)
Un médecin syrien administre le vaccin contre la Covid-19 fourni par l’OMS et le Fonds des nations unies pour l'enfance (Unicef) aux habitants de la ville de Kamichli, dans le nord-est de la Syrie, le 24 mai 2021. (AFP)

Mais il est tout aussi important de s’attaquer aux problèmes structurels et aux causes systémiques des inégalités et de tirer pleinement parti des ressources de certains de nos partenaires. Nous ne considérons pas seulement nos partenaires comme une source de capital. Nous examinons également comment ils peuvent nous aider à mobiliser les efforts humanitaires grâce à leur plate-forme, leur talent, leurs capacités et leurs propres fournitures.

J’ai précédemment mentionné Spotify qui nous a aidés à mobiliser des millions d’auditeurs pour rassembler des ressources afin de mettre en place des systèmes de santé locaux et de mieux nous préparer aux interventions d’urgence.

Ainsi, une partie de ce que nous essayons de faire en termes de mobilisation de ces ressources et de négociation de ces partenariats n'est pas seulement de répondre à une situation d'urgence, mais également de garantir que les systèmes de santé sous-jacents soient mis en place, en plus de s’assurer qu’il y ait des agents de santé communautaires et des approvisionnements adéquats.

Nous pensons au financement à long terme et à l’établissement de systèmes suffisamment solides pour nous permettre d’intervenir de manière efficace en cas d’urgence ou même de prévoir les crises futures (c’est-à-dire les épidémies potentielles).

Arab News: Comment la Fondation de l’OMS contribue-t-elle à améliorer la préparation à l’échelle mondiale? Cela s’applique-t-il uniquement à la Covid-19 et à la préparation à de futures pandémies ou cela inclut-il d’autres menaces émergentes pour la santé (environnementales, nutritionnelles, etc.)? Comment des pays comme l’Arabie saoudite peuvent-ils se préparer?

Anil Soni: L’OMS et la Fondation de l’OMS collaborent de manière proactive pour améliorer la préparation. À titre d’exemple, nous mettons en place des centres d’urgence au Kenya, au Sénégal et en Afrique du Sud pour renforcer la sécurité sanitaire sur le continent africain. Cela permet de garantir que les fournitures et équipements médicaux vitaux sont expédiés dans les vingt-quatre à quarante-huit heures suivant la déclaration d’une urgence, ce qui réduit jusqu’à soixante jours le temps de déploiement.

Anil Soni, PDG de la Fondation de l’OMS au Kenya. (Photo fournie).
Anil Soni, PDG de la Fondation de l’OMS au Kenya. (Photo fournie).

Ces centres d’urgence régionaux travaillent en étroite collaboration avec les gouvernements en vue d’une réponse commune aux situations d'urgence, d’un prépositionnement de fournitures et d’équipements médicaux, d’installations de formation et d’une surveillance des maladies infectieuses. Mais ces pôles d’urgence ne se limitent pas à la prise en charge des maladies. Ils contribuent également à améliorer la qualité de vie, en assurant par exemple un approvisionnement continu en eau potable pour éviter les risques de maladies d’origine hydrique comme le choléra.

L’OMS se tourne toujours vers l’avenir, qu’il s’agisse d'analyser les tendances du changement climatique ou de prévoir les résultats géopolitiques, afin de mieux anticiper les domaines dans lesquels notre soutien sera le plus nécessaire. Nous travaillons également avec les gouvernements et les responsables de la santé pour les aider à surmonter les crises sanitaires que leur pays pourrait un jour connaître.

Concernant l’Arabie saoudite, la vision et la générosité du Royaume et sa collaboration étroite avec les entreprises et ses habitants sont parfaitement adaptées à cela. Dans le contexte de l’initiative Vision 2030 en particulier, l’Arabie saoudite cherche à mettre en lumière l’interdépendance entre notre bien-être, le bien-être des autres et le bien-être de nos voisins. Le terme «Ubuntu», utilisé en Afrique du Sud, signifie «Je suis parce que tu es».

Cela consiste essentiellement à reconnaître l’interdépendance et que la seule façon pour moi de prospérer est de privilégier également vos besoins parce que nous dépendons les uns des autres. Je pense que cela résonne avec le rôle de leader de l’Arabie saoudite dans la région. Ainsi, le soutien aux pays et aux communautés à l’intérieur et à l’extérieur des frontières du Royaume est essentiel au bien-être du peuple saoudien.

Arab News: Que pensez-vous du programme de transformation du secteur de la santé de l’initiative Vision 2030? Pensez-vous que l'accent mis sur des soins de santé équitables et accessibles coïncide avec la mission et les valeurs de la Fondation de l’OMS?

Anil Soni: Tout comme le programme de transformation du secteur de la santé en Arabie saoudite, la Fondation de l’OMS croit en des soins de santé équitables et accessibles. Pour parler de Vision 2030 au sens plus large, l’accent est également mis sur les efforts à but non lucratif et sur une culture de philanthropie stratégique.

Infographie gracieusement fournie par le site Web de l’initiative Vision 2030 de l’Arabie saoudite.
Infographie gracieusement fournie par le site Web de l’initiative Vision 2030 de l’Arabie saoudite.

Même si le gouvernement joue un rôle moteur, le reste de la nation est encouragé à apporter sa contribution, y compris les entreprises et les particuliers, pour relever les défis nationaux et favoriser le développement. Cette idée que chacun joue un rôle dans la réalisation des objectifs est conforme à notre mission au sein de la Fondation de l’OMS.

Nous avons dû réagir à tellement d’événements ces dernières années, comme une pandémie qu’une grande partie du monde n’avait pas prédite, les effets du changement climatique même s’ils se préparent au fil du temps, ainsi que les catastrophes naturelles qui ont une périodicité et une Histoire.

Si nous nous tournons vers le passé, nous constatons que les tremblements de terre et les tsunamis ont causé énormément de dégâts au fil des décennies. La question est la suivante: nous préparons-nous à de tels événements catastrophiques? Si tout ce que nous faisons est réagir et non nous préparer, les effets seront plus importants et les pertes seraient vaines.

Je dis tout cela parce que, lorsqu’un gouvernement comme celui de l’Arabie saoudite travaille à rebours à partir de 2030, de manière proactive et pas seulement réactive, cela nous sert de leçon importante et montre à quel point nous pourrions progresser en étant simplement préparés.

Des Yéménites déplacés reçoivent des soins médicaux dans un dispensaire géré par le Centre d’aide humanitaire et de secours du roi Salmane (KSrelief) dans la province occidentale de Hodeïda, ravagée par la guerre au Yémen, le 24 février 2021. (AFP)
Des Yéménites déplacés reçoivent des soins médicaux dans un dispensaire géré par le Centre d’aide humanitaire et de secours du roi Salmane (KSrelief) dans la province occidentale de Hodeïda, ravagée par la guerre au Yémen, le 24 février 2021. (AFP)

Arab News: Comment la Fondation de l’OMS évalue-t-elle le rôle de l’Arabie saoudite dans le soutien aux nations de la région au sens large, notamment les interventions médicales du KSrelief? Le Royaume a-t-il un plus grand rôle à jouer à l’avenir concernant l’aide humanitaire et les interventions en cas de catastrophes?

Anil Soni: Ce centre est un modèle remarquable et nous avons beaucoup à apprendre de la collaboration existante entre le KSrelief, l’OMS et d’autres partenaires humanitaires internationaux. La générosité du centre saoudien est considérable, mais ce n’est pas seulement une question d’argent. Les responsables sont également attentifs à la qualité de l’aide et aux cadres politiques nécessaires pour garantir les répercussions positives escomptées. Nous voulons construire à partir de ce type de partenariat et d’engagement.

Arab News: Par quels moyens la Fondation de l’OMS souhaite-t-elle mobiliser davantage de capitaux privés et de partenariats public-privé pour renforcer la mission de l’OMS en Arabie saoudite et à l’échelle de la région?

Anil Soni: Une partie de ce que nous essayons de faire à la Fondation de l’OMS est d’aider les parties prenantes en Arabie saoudite et dans d’autres pays de la région à comprendre le rôle essentiel que joue l’OMS. Bien qu’elle ait joué un rôle important tout au long de la pandémie de Covid-19, l’OMS ne se contente pas de faire face à la pandémie. Elle répond à diverses urgences. Elle mène ses activités dans des cadres où d’autres organismes ne sont pas présents; elle pense aux futures urgences et s’y prépare.

Le mois dernier, l’OMS a publié ses appels mondiaux d’urgence sanitaire, améliorant la préparation et la réponse à 54 urgences sanitaires en cours. Et, bien sûr, il y a tout le travail normatif de l’OMS, la mesure dans laquelle elle agit comme la Food and Drug Administration (FDA), les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) et les National Institutes of Health (NIH) à travers le monde.

Des enfants yéménites reçoivent des soins dans un hôpital de la capitale Sanaa, le 11 octobre 2016 lors d’une épidémie de choléra confirmée par l’OMS. (AFP)
Des enfants yéménites reçoivent des soins dans un hôpital de la capitale Sanaa, le 11 octobre 2016 lors d’une épidémie de choléra confirmée par l’OMS. (AFP)

Nous espérons qu’en sensibilisant à l’OMS et à ses initiatives, nous pourrons mobiliser l’immense générosité de la région et les acteurs régionaux pour aider l’OMS à atteindre ses objectifs humanitaires.

Arab News: La philanthropie est un principe essentiel de l’islam. Quel rôle la zakat peut-elle jouer dans le travail de collecte de fonds de la Fondation de l’OMS dans la région?

Anil Soni: J’ai eu la chance de me familiariser avec différentes communautés et religions à travers le monde et d’en être inspiré par plusieurs. La zakat est très inspirante et c’est une pratique courante dans ma vie. Même si je suis hindou et américain, j’alloue chaque année 5% de mon revenu après impôt à des œuvres caritatives et à des causes civiques.

Bien que la zakat et la sadaka soient des éléments particuliers de la foi musulmane, il existe une grande cohérence entre la zakat, la sadaka et la dîme. Cette culture du don est une occasion formidable de combler les lacunes dans les crises sanitaires humanitaires mondiales et de garantir que l’aide soit dirigée là où elle est le plus nécessaire. Je pense que la tradition du don religieux peut inspirer une plus grande philanthropie, générosité et collaboration à l’avenir.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Nouveau comité exécutif du Conseil d'Affaires Franco Saoudien

Le Conseil d’Affaires Saudi-Français (CAFS) œuvre au rapprochement des communautés d’affaires, à la promotion des entreprises et au développement de la coopération bilatérale. (Fournie)
Le Conseil d’Affaires Saudi-Français (CAFS) œuvre au rapprochement des communautés d’affaires, à la promotion des entreprises et au développement de la coopération bilatérale. (Fournie)
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  • Le Conseil d'Affaires Franco Saoudien (CAFS) a annoncé son nouveau comité exécutif pour 2026-2030, avec à sa tête Dr. Mohammed Ben Laden
  • L’équipe rassemble des dirigeants clés d’entreprises saoudiennes et franco-saoudiennes pour renforcer les partenariats économiques bilatéraux

DUBAÏ: Le Conseil d'Affaires Franco Saoudien (CAFS) a annoncé la composition de son nouveau comité exécutif pour la période 2026-2030. Cette équipe de direction, composée de leaders influents du monde des affaires et de l’industrie en Arabie Saoudite et en France, jouera un rôle clé dans le renforcement des relations économiques et commerciales entre les deux pays.

À la présidence du CAFS, Dr. Mohammed Ben Laden, président de BLK Partners, prendra la tête du conseil pour cette nouvelle mandature. Le comité exécutif compte également deux vice-présidents : la Princesse Noura Faisal Al Saud, fondatrice de Culture House et CEO de Jay3lle, et Ing. Faiz Al Elweet, président d’International Aramoon.

Parmi les membres du comité exécutif figurent des dirigeants de premier plan tels que Talal Almarri (CEO, Expo Riyadh 2030), Nadir Al-Koraya (CEO, Riyad Bank), Nabil Al-Nuaim (CEO, Aramco Digital), Ayman Aboabah (CEO, Riyadh Airports), Ing. Walid Abukhaled (CEO, EMIR), Dr. Fahad Aljuwaidi (CEO, First Abu Dhabi Bank Saudi Arabia), Nawaf Al-Sharif (CEO, AlSharif Holding Group), Zaher Al-Munajjed (Chairman, Support Services Network Company), Ing. Soufyan Al Kabbani (CEO, Saudico Electronic Systems) et Mohamed Al-Amoudi (Vice-président du conseil d’administration, Saudi Red Brick Company – Al-Amoudi & Brothers Co).

Créé il y a vingt ans pour renforcer les relations économiques entre l’Arabie Saoudite et la France, le Conseil d'Affaires Franco Saoudien (CAFS) œuvre au rapprochement des communautés d’affaires, à la promotion des entreprises et au développement de la coopération bilatérale.

Cette nouvelle mandature marque une étape stratégique pour le Conseil, qui ambitionne de poursuivre le développement des échanges économiques et des partenariats durables entre les deux pays au cours des prochaines années.


Syrie: deux membres de l'EI arrêtés en lien avec l'attaque d'une mosquée en décembre 

Deux membres du groupe Etat islamique (EI) ont été arrêtés en Syrie en lien avec une attaque en décembre contre une mosquée située dans un secteur alaouite de Homs (centre), a annoncé lundi le ministère de l'Intérieur syrien. (AFP)
Deux membres du groupe Etat islamique (EI) ont été arrêtés en Syrie en lien avec une attaque en décembre contre une mosquée située dans un secteur alaouite de Homs (centre), a annoncé lundi le ministère de l'Intérieur syrien. (AFP)
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  • L'attaque, qui avait fait huit morts, avait été revendiquée par le groupuscule Saraya Ansar al-Sunna, apparu quelques mois plus tôt. Selon des experts, le groupe serait en réalité lié à l'EI - à qui les autorités syriennes avaient imputé l'attentat
  • Dans son communiqué, le ministère annonce l'arrestation "d'Ahmed Attallah al-Diab et d'Anas al-Zarrad, qui appartiennent à l'organisation terroriste Daech (acronyme de l'EI en arabe, NDLR) et sont responsables de l'explosion"

DAMAS: Deux membres du groupe Etat islamique (EI) ont été arrêtés en Syrie en lien avec une attaque en décembre contre une mosquée située dans un secteur alaouite de Homs (centre), a annoncé lundi le ministère de l'Intérieur syrien.

L'attaque, qui avait fait huit morts, avait été revendiquée par le groupuscule Saraya Ansar al-Sunna, apparu quelques mois plus tôt. Selon des experts, le groupe serait en réalité lié à l'EI - à qui les autorités syriennes avaient imputé l'attentat.

Dans son communiqué, le ministère annonce l'arrestation "d'Ahmed Attallah al-Diab et d'Anas al-Zarrad, qui appartiennent à l'organisation terroriste Daech (acronyme de l'EI en arabe, NDLR) et sont responsables de l'explosion ayant visé la mosquée Ali Ben Abi Taleb dans le quartier de Wadi al-Dahab à Homs".

Des explosifs, différentes sortes d'armes et de munitions ainsi que des documents prouvant leur implication dans des attaques, ont également été saisis, selon la même source.

Saraya Ansar al-Sunna avait déjà revendiqué une attaque en juin contre une église de Damas, qui avait tué 25 personnes.

Pendant la guerre civile, déclenchée en 2011 par des manifestations pro-démocratie, l'EI avait contrôlé de vastes territoires avant d'être défait par la coalition internationale en 2019.

Malgré sa défaite, ses combattants repliés dans le vaste désert syrien continuent épisodiquement de mener des attaques.

En décembre, une attaque dans la région de Palmyre avait coûté la vie à trois Américains. Les Etats-Unis ont mené une série de frappes en réponse, et les autorités syriennes une série d'arrestations.

La ville de Homs, à majorité sunnite, compte plusieurs quartiers habités par la minorité alaouite. L'attaque de décembre avait entraîné de larges manifestations de cette communauté.

C'est de cette minorité qu'est issu le président Bachar al-Assad qui a été renversé en décembre 2024 par la coalition dirigée par Ahmad al-Chareh, ancien jihadiste aujourd'hui à la tête de la Syrie.

Depuis, cette communauté a fait l'objet d'attaques et la prise du pouvoir par des islamistes a renforcé les craintes des minorités syriennes.

Les autorités s'efforcent de rassurer sur leur capacité à pacifier et réunifier le pays après une guerre civile de près de 14 ans, et multiplient les gestes pour rassurer les minorités.


La Somalie annule tous ses accords avec les Émirats arabes unis

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  • "Après avoir soigneusement évalué les récents développements et exerçant son autorité constitutionnelle, le Conseil des ministres a annulé tous les accords conclus avec les Émirats arabes unis"
  • Cette décision, qui inclut "les accords bilatéraux de coopération en matière de sécurité et de défense", mais aussi ceux signés avec les administrations régionales, "repose sur des rapports crédibles et des preuves convaincantes"

MOGADISCIO: La Somalie a annulé lundi tous les accords conclus avec les Émirats arabes unis, sur fond de tensions liées à la reconnaissance par Israël du Somaliland et d’informations selon lesquelles les Émiratis auraient utilisé le territoire somalien pour aider un séparatiste yéménite à fuir son pays.

"Après avoir soigneusement évalué les récents développements et exerçant son autorité constitutionnelle, le Conseil des ministres a annulé tous les accords conclus avec les Émirats arabes unis", peut-on lire dans un communiqué gouvernemental reçu par l'AFP.

Cette décision, qui inclut "les accords bilatéraux de coopération en matière de sécurité et de défense", mais aussi ceux signés avec les administrations régionales, "repose sur des rapports crédibles et des preuves convaincantes concernant des actions hostiles sapant la souveraineté nationale, l’unité territoriale et l’indépendance politique du pays", affirme le Conseil des ministres.

Sont également concernés le port de Berbera au Somaliland, propriété d'un groupe émirati, ainsi que ceux de Bosaso (au Puntland, nord-est de la Somalie) et de Kismayo (au Jubaland, sud-ouest), précise le texte.

Situé au nord-ouest de la Somalie, l’État séparatiste du Somaliland représente plus d'un quart de ce que l’État fédéral somalien considère comme étant son territoire.

Quant au Puntland et au Jubaland, ils ont des relations complexes avec le gouvernement fédéral.

Les Émirats sont perçus par de nombreux experts comme étant derrière la reconnaissance récente par Israël de la république autoproclamée du Somaliland, territoire sur lequel Mogadiscio revendique sa souveraineté.

La coalition dirigée par l'Arabie saoudite au Yémen a également affirmé jeudi que le chef des séparatistes yéménites, soutenus par les Émirats arabes unis, avait été exfiltré à Abou Dhabi, la capitale émiratie, via les ports de Berbera et Mogadiscio.

L’agence somalienne de l’immigration a alors déclaré qu’elle enquêtait sur une "utilisation non autorisée présumée de l’espace aérien et des aéroports nationaux de la Somalie".

"Patience" épuisée 

Interrogé par l'AFP sur ce qui motivait la décision somalienne, un haut responsable du palais présidentiel s'est refusé à entrer dans les détails.

"La décision du cabinet aujourd’hui intervient après une longue période de patience de la part de la direction du gouvernement fédéral. Les Émirats ont continué d’interférer dans les affaires intérieures de la Somalie et se sont livrés à des actes de mauvaise conduite et à une politique de double discours en Somalie", a-t-il commenté.

Le 26 décembre, Israël est devenu le premier pays à reconnaître le Somaliland comme "État indépendant et souverain" depuis sa sécession en 1991 de la Somalie.

La république autoproclamée de 176.000 km2 fonctionne depuis en autonomie, avec ses propres monnaie, armée et police, et se distingue par sa relative stabilité par rapport à la Somalie minée par l'insurrection islamiste des shebab et les conflits politiques chroniques.

Sa position sur le détroit de Bab-el-Mandeb, qui relie la mer Rouge au golfe d'Aden, en fait un territoire stratégique.

Les Émirats arabes unis, cas rare dans le monde musulman, n'ont pas condamné Israël pour sa reconnaissance du Somaliland, contrairement à l'Arabie saoudite.

Le président somalien Hassan Sheikh Mohamud avait qualifié la décision israélienne de "menace" pour la sécurité et la stabilité de la Corne de l'Afrique.