«La vision de l’Arabie saoudite et sa générosité sont très adaptées» au travail de l’OMS sur les problèmes mondiaux de santé

Des chirurgiens spécialisés séparent des frères siamois dans un hôpital de Riyad, le 15 mai 2022 (Photo/KSrelief).
Des chirurgiens spécialisés séparent des frères siamois dans un hôpital de Riyad, le 15 mai 2022 (Photo/KSrelief).
Des médecins travaillant pour le Centre d’aide humanitaire et de secours du roi Salmane procèdent à des examens de vue au Bangladesh (Agence de presse saoudienne).
Des médecins travaillant pour le Centre d’aide humanitaire et de secours du roi Salmane procèdent à des examens de vue au Bangladesh (Agence de presse saoudienne).
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Publié le Lundi 27 mars 2023

«La vision de l’Arabie saoudite et sa générosité sont très adaptées» au travail de l’OMS sur les problèmes mondiaux de santé

  • Dans la région Mena, on assiste à un certain nombre de crises humanitaires et sanitaires simultanées qui nécessitent à la fois une aide immédiate et des solutions à long terme
  • Dans le cas de l’initiative Vision 2030, l’accent est mis sur les efforts à but non lucratif et sur une culture de philanthropie stratégique

LONDRES: La Fondation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a été créée en 2020 pendant la pandémie de Covid-19 pour mobiliser de nouvelles ressources de philanthropes, de fondations, d’entreprises et de particuliers afin de soutenir la mission de l’OMS.

L’OMS – un organisme spécialisé de l’Organisation des nations unies (ONU) – et la Fondation de l’OMS sont toutes deux basées à Genève, mais cette dernière est un organisme qui octroie des subventions et qui est juridiquement indépendant de l’OMS.

Anil Soni a rejoint la fondation en tant que PDG. Il dispose d’une expérience de vingt ans en matière d’amélioration des soins de santé dans les pays les plus pauvres et il a pour objectif de lever un milliard de dollars (1 dollar = 0,93 euro). Il déclare, dans un entretien accordé à Arab News, comment sa fondation soutient et complète les efforts de l’OMS tout en respectant son caractère intergouvernemental.

Anil Soni, PDG de la fondation de l’OMS. (Photo fournie)
Anil Soni, PDG de la fondation de l’OMS. (Photo fournie)

Arab News: Pouvez-vous décrire comment la Fondation de l’OMS organise le soutien des donateurs et comment l’argent est dépensé par l’OMS?

Anil Soni: Le but de la Fondation de l’OMS est d’être un pont entre le travail vital de l’OMS et les différentes communautés qui peuvent aider à alimenter ce travail grâce à leur engagement, leur partenariat et, bien sûr, leur générosité.

Nous recueillons des ressources auprès de multiples partenaires du secteur privé et au-delà pour aider l’OMS à fournir des produits et des médicaments vitaux aux personnes dans le besoin.

Les défis mondiaux comme les tremblements de terre en Turquie et en Syrie, la crise alimentaire au Sahel et dans la Corne de l’Afrique et le conflit en Ukraine sont d’excellents exemples de situations où nous sommes confrontés à des crises qui nous affectent tous et où nous devons donc tous nous unir.

De tels défis ne peuvent être combattus par un seul secteur. L’OMS fait partie de plusieurs organisations internationales des Nations unies, mais l’ONU et les gouvernements ne sont pas suffisants. Nous devons faire en sorte de collaborer également avec les particuliers et les entreprises.

Une photo prise le 10 juin 2012 montre le Dr Omar Saleh (deuxième à gauche), coordinateur des urgences de l’OMS en Somalie, prenant soin d’un jeune patient dans un hôpital de la région de Hudur. (AFP)
Une photo prise le 10 juin 2012 montre le Dr Omar Saleh (deuxième à gauche), coordinateur des urgences de l’OMS en Somalie, prenant soin d’un jeune patient dans un hôpital de la région de Hudur. (AFP)

Toutes les contributions sont importantes, même les plus petites, car elles s'additionnent pour favoriser la mise en place d’initiatives qui changent la vie. À titre d’exemple, pendant la pandémie de Covid-19, nous avons initié une campagne appelée «Go Give One». Cinq dollars permettaient d’acheter un vaccin, la même somme d’argent qui pourrait être dépensée pour une tasse de café. Les entreprises et les philanthropes ont donné des millions de dollars, ce qui est considérable, mais chaque contribution compte.

Pour ce qui est des moyens de mobiliser l’argent, nous le faisons de plusieurs façons. Nous offrons des moyens incitatifs et novateurs pour collaborer avec des philanthropes et des entreprises qui cherchent des opportunités de contribuer au changement et de participer à la solution.

Dans le cas des tremblements de terre qui ont affecté des millions de personnes et causé plus de 50 000 morts (le plus grand nombre de morts en plus d’une décennie depuis le tremblement de terre en Haïti), l’OMS continue de livrer rapidement des outils vitaux en Turquie et en Syrie.

L’un de nos partenaires les plus proches est Spotify. La plate-forme a donné à ses auditeurs l’occasion de contribuer aux efforts de secours en Turquie et en Syrie en redirigeant les utilisateurs vers notre page Web de dons.

Chaque don soutient directement les efforts de secours pour les personnes touchées, notamment les services de santé mentale, la réadaptation physique, les médicaments et d’autres outils ou produits nécessaires pour réduire le risque ou répondre aux maladies transmissibles en raison d’un accès insuffisant à l’hygiène, à l’eau potable et aux services de santé.

Arab News: Les organismes d’aide humanitaire ont été critiqués dans la perception de la distribution injuste de l’assistance dans les zones touchées par le tremblement de terre, en particulier en ce qui concerne la Syrie et ses différentes zones de contrôle. Comment rendre l’aide dans ce contexte compliqué plus équitable?

Anil Soni: Souvent, les personnes à risque et dans le besoin se trouvent dans des environnements qui font l’objet d’intenses débats politiques ou littéralement au beau milieu d’un conflit. C’est l’une des raisons pour lesquelles le travail de l’OMS est si important, car l’organisation mène ses activités partout. Il s’agit d’un organisme des Nations unies qui est lui-même le fruit d’une collaboration entre les États membres. Ainsi, tous les gouvernements du monde participent aux opérations et à la gouvernance de l’OMS.

En chiffres

501 000 personnes décédées de la tuberculose en Afrique en 2021.

43 000 décès supplémentaires causés par la faim et la mauvaise santé en Somalie en 2022.

57 300 décès en Turquie et en Syrie causés par les tremblements de terre du 6 février.

De plus, les équipes d’urgence de l’OMS sont présentes dans toutes les régions du monde. Elles ont donc continué d’opérer en Syrie pendant les longues années de conflit et elles font partie des rares entités à l’avoir fait. Il est crucial de ne pas prendre parti contre les besoins des gens en raison de la nature d’une situation politique ou d’un conflit. Bien au contraire, il s’agit de soins de santé, de prestation de services médicaux et de médecins dont le travail n’est pas de s’occuper de politique, mais de veiller à ce que les personnes dans le besoin reçoivent des soins de santé adéquats.

J’ai été vraiment inspiré par le Dr Tedros (Adhanom Ghebreyesus), le directeur général de l’OMS, qui s’est rendu en Syrie le mois dernier. Il a été le premier directeur de l’ONU à entrer dans le nord-ouest de la Syrie depuis plus d’une décennie à cause du conflit. Dans les premières heures qui ont suivi les tremblements de terre, l’OMS a distribué 183 tonnes de fournitures à plus de 200 établissements de santé dans le nord-ouest de la Syrie depuis les entrepôts partenaires d’Azaz et d’Idlib.

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus (au centre), visite un site pour personnes déplacées par la catastrophe, à Kafr Lusin, près de la frontière turque, le 1er mars 2023, lors de sa toute première visite dans les zones contrôlées par les rebelles de la Syrie ravagée par la guerre. (AFP)
Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus (au centre), visite un site pour personnes déplacées par la catastrophe, à Kafr Lusin, près de la frontière turque, le 1er mars 2023, lors de sa toute première visite dans les zones contrôlées par les rebelles de la Syrie ravagée par la guerre. (AFP)

À la suite de cette visite, l’OMS a livré 297 tonnes de fournitures d’urgence et de médicaments essentiels dans les régions du pays touchées par le tremblement de terre, ce qui a permis d’administrer 3 705 000 traitements, notamment pour la prise en charge des traumatismes, du diabète et de la pneumonie.

 Arab News: Quels sont les principaux défis en matière de santé auxquels fait face la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord? Comment la mobilisation de fonds supplémentaires pour l’OMS peut-elle permettre de relever ces défis? Est-ce que cela peut aller au-delà de l’aide financière pour résoudre les problèmes structurels à l’origine des inégalités en matière de santé?

Anil Soni: C'est ce à quoi nous aspirons, faute de quoi nous continuerons à faire face à ces situations d'urgence et à ces besoins inéquitables. Le contexte est particulièrement frappant dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (Mena) en ce moment puisqu’on assiste à un certain nombre de crises humanitaires et sanitaires simultanées qui nécessitent à la fois une aide immédiate et des solutions à long terme.

Des événements tels que les tremblements de terre en Turquie et en Syrie, le conflit en Syrie et les épidémies de choléra au Liban et en Syrie sont particulièrement graves. Ils découlent du changement climatique ou de dynamiques à long terme qui nécessitent une mobilisation et un engagement soutenus.

Aujourd’hui, la région est plus que jamais dans une position unique pour soutenir la prospérité économique naissante des habitants et des secteurs public et privé. Il est essentiel de mobiliser les ressources nécessaires et de faire comprendre à quel point chaque contribution joue un rôle essentiel dans la lutte contre les crises humanitaires, ce que nous faisons à la Fondation de l’OMS.

Un médecin syrien administre le vaccin contre la Covid-19 fourni par l’OMS et le Fonds des nations unies pour l'enfance (Unicef) aux habitants de la ville de Kamichli, dans le nord-est de la Syrie, le 24 mai 2021. (AFP)
Un médecin syrien administre le vaccin contre la Covid-19 fourni par l’OMS et le Fonds des nations unies pour l'enfance (Unicef) aux habitants de la ville de Kamichli, dans le nord-est de la Syrie, le 24 mai 2021. (AFP)

Mais il est tout aussi important de s’attaquer aux problèmes structurels et aux causes systémiques des inégalités et de tirer pleinement parti des ressources de certains de nos partenaires. Nous ne considérons pas seulement nos partenaires comme une source de capital. Nous examinons également comment ils peuvent nous aider à mobiliser les efforts humanitaires grâce à leur plate-forme, leur talent, leurs capacités et leurs propres fournitures.

J’ai précédemment mentionné Spotify qui nous a aidés à mobiliser des millions d’auditeurs pour rassembler des ressources afin de mettre en place des systèmes de santé locaux et de mieux nous préparer aux interventions d’urgence.

Ainsi, une partie de ce que nous essayons de faire en termes de mobilisation de ces ressources et de négociation de ces partenariats n'est pas seulement de répondre à une situation d'urgence, mais également de garantir que les systèmes de santé sous-jacents soient mis en place, en plus de s’assurer qu’il y ait des agents de santé communautaires et des approvisionnements adéquats.

Nous pensons au financement à long terme et à l’établissement de systèmes suffisamment solides pour nous permettre d’intervenir de manière efficace en cas d’urgence ou même de prévoir les crises futures (c’est-à-dire les épidémies potentielles).

Arab News: Comment la Fondation de l’OMS contribue-t-elle à améliorer la préparation à l’échelle mondiale? Cela s’applique-t-il uniquement à la Covid-19 et à la préparation à de futures pandémies ou cela inclut-il d’autres menaces émergentes pour la santé (environnementales, nutritionnelles, etc.)? Comment des pays comme l’Arabie saoudite peuvent-ils se préparer?

Anil Soni: L’OMS et la Fondation de l’OMS collaborent de manière proactive pour améliorer la préparation. À titre d’exemple, nous mettons en place des centres d’urgence au Kenya, au Sénégal et en Afrique du Sud pour renforcer la sécurité sanitaire sur le continent africain. Cela permet de garantir que les fournitures et équipements médicaux vitaux sont expédiés dans les vingt-quatre à quarante-huit heures suivant la déclaration d’une urgence, ce qui réduit jusqu’à soixante jours le temps de déploiement.

Anil Soni, PDG de la Fondation de l’OMS au Kenya. (Photo fournie).
Anil Soni, PDG de la Fondation de l’OMS au Kenya. (Photo fournie).

Ces centres d’urgence régionaux travaillent en étroite collaboration avec les gouvernements en vue d’une réponse commune aux situations d'urgence, d’un prépositionnement de fournitures et d’équipements médicaux, d’installations de formation et d’une surveillance des maladies infectieuses. Mais ces pôles d’urgence ne se limitent pas à la prise en charge des maladies. Ils contribuent également à améliorer la qualité de vie, en assurant par exemple un approvisionnement continu en eau potable pour éviter les risques de maladies d’origine hydrique comme le choléra.

L’OMS se tourne toujours vers l’avenir, qu’il s’agisse d'analyser les tendances du changement climatique ou de prévoir les résultats géopolitiques, afin de mieux anticiper les domaines dans lesquels notre soutien sera le plus nécessaire. Nous travaillons également avec les gouvernements et les responsables de la santé pour les aider à surmonter les crises sanitaires que leur pays pourrait un jour connaître.

Concernant l’Arabie saoudite, la vision et la générosité du Royaume et sa collaboration étroite avec les entreprises et ses habitants sont parfaitement adaptées à cela. Dans le contexte de l’initiative Vision 2030 en particulier, l’Arabie saoudite cherche à mettre en lumière l’interdépendance entre notre bien-être, le bien-être des autres et le bien-être de nos voisins. Le terme «Ubuntu», utilisé en Afrique du Sud, signifie «Je suis parce que tu es».

Cela consiste essentiellement à reconnaître l’interdépendance et que la seule façon pour moi de prospérer est de privilégier également vos besoins parce que nous dépendons les uns des autres. Je pense que cela résonne avec le rôle de leader de l’Arabie saoudite dans la région. Ainsi, le soutien aux pays et aux communautés à l’intérieur et à l’extérieur des frontières du Royaume est essentiel au bien-être du peuple saoudien.

Arab News: Que pensez-vous du programme de transformation du secteur de la santé de l’initiative Vision 2030? Pensez-vous que l'accent mis sur des soins de santé équitables et accessibles coïncide avec la mission et les valeurs de la Fondation de l’OMS?

Anil Soni: Tout comme le programme de transformation du secteur de la santé en Arabie saoudite, la Fondation de l’OMS croit en des soins de santé équitables et accessibles. Pour parler de Vision 2030 au sens plus large, l’accent est également mis sur les efforts à but non lucratif et sur une culture de philanthropie stratégique.

Infographie gracieusement fournie par le site Web de l’initiative Vision 2030 de l’Arabie saoudite.
Infographie gracieusement fournie par le site Web de l’initiative Vision 2030 de l’Arabie saoudite.

Même si le gouvernement joue un rôle moteur, le reste de la nation est encouragé à apporter sa contribution, y compris les entreprises et les particuliers, pour relever les défis nationaux et favoriser le développement. Cette idée que chacun joue un rôle dans la réalisation des objectifs est conforme à notre mission au sein de la Fondation de l’OMS.

Nous avons dû réagir à tellement d’événements ces dernières années, comme une pandémie qu’une grande partie du monde n’avait pas prédite, les effets du changement climatique même s’ils se préparent au fil du temps, ainsi que les catastrophes naturelles qui ont une périodicité et une Histoire.

Si nous nous tournons vers le passé, nous constatons que les tremblements de terre et les tsunamis ont causé énormément de dégâts au fil des décennies. La question est la suivante: nous préparons-nous à de tels événements catastrophiques? Si tout ce que nous faisons est réagir et non nous préparer, les effets seront plus importants et les pertes seraient vaines.

Je dis tout cela parce que, lorsqu’un gouvernement comme celui de l’Arabie saoudite travaille à rebours à partir de 2030, de manière proactive et pas seulement réactive, cela nous sert de leçon importante et montre à quel point nous pourrions progresser en étant simplement préparés.

Des Yéménites déplacés reçoivent des soins médicaux dans un dispensaire géré par le Centre d’aide humanitaire et de secours du roi Salmane (KSrelief) dans la province occidentale de Hodeïda, ravagée par la guerre au Yémen, le 24 février 2021. (AFP)
Des Yéménites déplacés reçoivent des soins médicaux dans un dispensaire géré par le Centre d’aide humanitaire et de secours du roi Salmane (KSrelief) dans la province occidentale de Hodeïda, ravagée par la guerre au Yémen, le 24 février 2021. (AFP)

Arab News: Comment la Fondation de l’OMS évalue-t-elle le rôle de l’Arabie saoudite dans le soutien aux nations de la région au sens large, notamment les interventions médicales du KSrelief? Le Royaume a-t-il un plus grand rôle à jouer à l’avenir concernant l’aide humanitaire et les interventions en cas de catastrophes?

Anil Soni: Ce centre est un modèle remarquable et nous avons beaucoup à apprendre de la collaboration existante entre le KSrelief, l’OMS et d’autres partenaires humanitaires internationaux. La générosité du centre saoudien est considérable, mais ce n’est pas seulement une question d’argent. Les responsables sont également attentifs à la qualité de l’aide et aux cadres politiques nécessaires pour garantir les répercussions positives escomptées. Nous voulons construire à partir de ce type de partenariat et d’engagement.

Arab News: Par quels moyens la Fondation de l’OMS souhaite-t-elle mobiliser davantage de capitaux privés et de partenariats public-privé pour renforcer la mission de l’OMS en Arabie saoudite et à l’échelle de la région?

Anil Soni: Une partie de ce que nous essayons de faire à la Fondation de l’OMS est d’aider les parties prenantes en Arabie saoudite et dans d’autres pays de la région à comprendre le rôle essentiel que joue l’OMS. Bien qu’elle ait joué un rôle important tout au long de la pandémie de Covid-19, l’OMS ne se contente pas de faire face à la pandémie. Elle répond à diverses urgences. Elle mène ses activités dans des cadres où d’autres organismes ne sont pas présents; elle pense aux futures urgences et s’y prépare.

Le mois dernier, l’OMS a publié ses appels mondiaux d’urgence sanitaire, améliorant la préparation et la réponse à 54 urgences sanitaires en cours. Et, bien sûr, il y a tout le travail normatif de l’OMS, la mesure dans laquelle elle agit comme la Food and Drug Administration (FDA), les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) et les National Institutes of Health (NIH) à travers le monde.

Des enfants yéménites reçoivent des soins dans un hôpital de la capitale Sanaa, le 11 octobre 2016 lors d’une épidémie de choléra confirmée par l’OMS. (AFP)
Des enfants yéménites reçoivent des soins dans un hôpital de la capitale Sanaa, le 11 octobre 2016 lors d’une épidémie de choléra confirmée par l’OMS. (AFP)

Nous espérons qu’en sensibilisant à l’OMS et à ses initiatives, nous pourrons mobiliser l’immense générosité de la région et les acteurs régionaux pour aider l’OMS à atteindre ses objectifs humanitaires.

Arab News: La philanthropie est un principe essentiel de l’islam. Quel rôle la zakat peut-elle jouer dans le travail de collecte de fonds de la Fondation de l’OMS dans la région?

Anil Soni: J’ai eu la chance de me familiariser avec différentes communautés et religions à travers le monde et d’en être inspiré par plusieurs. La zakat est très inspirante et c’est une pratique courante dans ma vie. Même si je suis hindou et américain, j’alloue chaque année 5% de mon revenu après impôt à des œuvres caritatives et à des causes civiques.

Bien que la zakat et la sadaka soient des éléments particuliers de la foi musulmane, il existe une grande cohérence entre la zakat, la sadaka et la dîme. Cette culture du don est une occasion formidable de combler les lacunes dans les crises sanitaires humanitaires mondiales et de garantir que l’aide soit dirigée là où elle est le plus nécessaire. Je pense que la tradition du don religieux peut inspirer une plus grande philanthropie, générosité et collaboration à l’avenir.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée israélienne annonce avoir tué plusieurs membres du Hezbollah dans le sud du Liban

L'armée israélienne a annoncé qu'un de ses soldats avait été modérément blessé lors d'un affrontement rapproché avec des combattants du Hezbollah dans le sud du Liban, dans la nuit de samedi, malgré le cessez-le-feu. (Photo d'archive/AFP)
L'armée israélienne a annoncé qu'un de ses soldats avait été modérément blessé lors d'un affrontement rapproché avec des combattants du Hezbollah dans le sud du Liban, dans la nuit de samedi, malgré le cessez-le-feu. (Photo d'archive/AFP)
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  • L'armée israélienne affirme avoir tué plusieurs combattants du Hezbollah dans le sud du Liban, où un soldat israélien a également été blessé
  • Malgré le cessez-le-feu, les tensions persistent, le Hezbollah rejetant l'accord-cadre tandis que Beyrouth dénonce la poursuite des opérations israéliennes

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé samedi avoir tué plusieurs combattants du mouvement pro-iranien Hezbollah dans le sud du Liban et indiqué qu'un soldat israélien avait été blessé malgré le cessez-le-feu.

L'armée a affirmé avoir identifié dans la nuit plusieurs combattants du Hezbollah dans le sud du Liban.

"Après leur identification, les soldats ont frappé les terroristes et les ont éliminés afin d'écarter la menace", a indiqué l'armée dans un communiqué.

Elle avait précédemment annoncé qu'un soldat avait été blessé dans un "affrontement rapproché" avec le Hezbollah, et a confirmé dans son second communiqué que le soldat avait été "modérement" blessé.

Il a été évacué vers un hôpital, selon les communiqués militaires.

Le Hezbollah pro-iranien n'a revendiqué aucune attaque depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu avec Israël le 20 juin.

Contacté par l'AFP à Beyrouth, le mouvement chiite libanais n'a pas fait de commentaire.

Un accord-cadre parrainé par les Etats-Unis, signé fin juin par le Liban et Israël, vise à mettre un terme aux hostilités. Il prévoit le désarmement du Hezbollah par l'armée libanaise ainsi que le retrait de l'armée israélienne de "zones pilotes", où les forces libanaises seront ensuite déployées.

Le Hezbollah a rejeté à plusieurs reprises cet accord et refuse de déposer les armes, tandis qu'aucun calendrier n'a été fixé pour le retrait complet d'Israël.

L'accord est intervenu plus de trois mois après que le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale en tirant des roquettes sur Israël, le 2 mars, en soutien à Téhéran, déclenchant d'importantes frappes aériennes israéliennes et une offensive terrestre.

Si les violences ont diminué depuis la signature, en juin, d'un accord préliminaire entre les Etats-Unis et l'Iran ainsi que de l'accord entre le Liban et Israël, Beyrouth continue de signaler des frappes israéliennes sporadiques et des tirs d'artillerie dans le sud du pays.

L'armée libanaise a récemment condamné la poursuite des activités militaires israéliennes qui, selon elle, empêchent son déploiement complet conformément à l'accord-cadre.


Les Etats-Unis appellent leurs citoyens à "envisager de quitter" le Moyen-Orient

En Jordanie, les ressortissants américains ont été appelés à éviter les bases militaires américaines, récemment ciblées par des missiles iraniens. (Photo d'archive/AFP)
En Jordanie, les ressortissants américains ont été appelés à éviter les bases militaires américaines, récemment ciblées par des missiles iraniens. (Photo d'archive/AFP)
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  • Les ambassades américaines au Moyen-Orient appellent leurs ressortissants à se tenir prêts à quitter la région face au risque d’une nouvelle escalade entre Washington et Téhéran
  • Malgré des discussions sur une désescalade, les tensions restent vives, Donald Trump menaçant de nouvelles frappes contre l’Iran tandis que Téhéran avertit d’une riposte contre tout pays soutenant les États-Unis

DUBAI: Les ambassades américaines dans plusieurs pays du Moyen-Orient ont mis en garde samedi les citoyens américains contre une possible "escalade" du conflit régional et les ont exhortés à se tenir prêts à partir, le président Donald Trump ayant menacé de frapper l'Iran avec force.

L'Iran et les Etats-Unis ont repris cette semaine leurs échanges de frappes nocturnes après plusieurs jours d'accalmie, mais aucune attaque n'a été signalée depuis la nuit de vendredi à samedi.

Selon des médias américains, Washington envisage de nouveaux bombardements massifs ce weekend, notamment contre des infrastructures énergétiques, mais d'après le média américain CBS, qui cite plusieurs sources anonymes, Donald Trump n'aurait toutefois pas encore donné son feu vert.

Le président américain a de nouveau menacé vendredi de frapper "très fort" l'Iran, qui depuis la reprise des hostilités début juillet, a recommencé à viser des pays alliés de Washington et des installations américaines dans la région.

"Les Américains présents dans la région devraient envisager de partir, ou être prêts à partir en cas d'escalade", indique une alerte de sécurité dont des versions ont été publiées samedi sur les réseaux sociaux des ambassades à Amman, Abou Dhabi, Jérusalem, Mascate, Koweït, Bagdad, Ryad, Doha et Beyrouth.

Les messages invitent les ressortissants américains à vérifier les informations relatives à leurs vols et à suivre les consignes de sécurité des autorités locales.

"Les Américains au Moyen-Orient doivent actuellement faire preuve de prudence et d'une vigilance accrue et se préparer à d'éventuelles annulations de vols, à des fermetures périodiques de l'espace aérien et à des perturbations potentielles des déplacements", précise l'alerte.

- "Imprévisible" -

En Jordanie, les citoyens américains ont été appelés à éviter les bases militaires américaines, récemment visées par des missiles iraniens. En Israël, il leur a été recommandé de repérer l'abri antiaérien le plus proche. Au Liban, le personnel non-essentiel de l'ambassade a été relocalisé.

"Le régime iranien est imprévisible, comme l'ont montré ses récentes décisions d'attaquer des zones de la région sans avertissement ni provocation, ainsi que d'étendre ses attaques à des zones qui n'avaient pas été visées auparavant (comme l'Egypte)", indique un message publié sur les sites des ambassades.

Mercredi, un drone a frappé un navire gazier appartenant à une société américaine, amarré dans un port égyptien. L'Egypte mène une enquête mais n'a, à ce stade, accusé aucun groupe d'être à l'origine de l'attaque.

L'armée iranienne a, de son côté, accusé Washington d'"attiser les tensions" dans la région et averti: "Tout pays servant de bouclier défensif à l'Amérique criminelle et agressive sera englouti par les flammes de la guerre".

La guerre au Moyen-Orient a été déclenchée le 28 février par des frappes conjointes des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran, qui a riposté par des attaques de missiles et de drones dans la région.

Jeudi, le Pakistan, pays médiateur, a affirmé que les belligérants négociaient en vue d'une désescalade, en particulier concernant le détroit d'Ormuz, passage stratégique au coeur des tensions et verrouillé par Téhéran.

La reprise des affrontements début juillet a fait dérailler le protocole d'accord signé mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.


Liban: les explosions israéliennes près d'un château menacent l'accord-cadre bilatéral, dit le président

De la poussière recouvre les collines près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, après des détonations israéliennes visant, selon Israël, des tunnels du Hezbollah, le 31 juillet 2026. (AFP)
De la poussière recouvre les collines près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, après des détonations israéliennes visant, selon Israël, des tunnels du Hezbollah, le 31 juillet 2026. (AFP)
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  • Le Liban accuse Israël de menacer l'accord-cadre bilatéral après de puissantes explosions près du château de Beaufort, attribuées à la destruction de tunnels du Hezbollah
  • Israël affirme avoir ciblé des infrastructures du Hezbollah après une violation du cessez-le-feu, tandis que de nouveaux pourparlers sont prévus à Rome

BEYROUTH: Le Liban a jugé vendredi que les explosions massives provoquées par l'armée israélienne, pour selon elle détruire des tunnels du Hezbollah, près du château de Beaufort, dans le sud, menaçaient l'application de l'accord-cadre bilatéral conclu récemment.

"Les forces israéliennes ont provoqué de très puissantes explosions vers minuit", notamment "dans le secteur de la forteresse de Beaufort", classée par l'Unesco, a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Le président libanais, Joseph Aoun, a dénoncé "une escalade extrêmement dangereuse (...) et une menace directe" pour la mise en oeuvre de l'accord-cadre conclu en juin entre le Liban et Israël sous égide américaine.

Cet accord prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël - qui occupe toujours une partie du sud du pays - sous réserve d'un désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Les Etats-Unis ont confirmé lundi la tenue de nouveaux pourparlers entre Israël et le Liban, à Rome du 4 au 6 août, en vue notamment d'étendre ce processus.

"Le timing de ces agressions (...) envoie des messages négatifs et sape les efforts internationaux visant à consolider la stabilité", à quelques jours de ces nouveaux pourparlers, a déploré la présidence dans un communiqué.

Les explosions ont "provoqué des ondes équivalant à celles d'un séisme", a-t-elle pointé.

L'Ani a fait ensuite état dans la soirée de trois nouveaux dynamitages israéliens "violents" dans la région méridionale de Marjeyoun.

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a condamné "les agressions israéliennes continues dans le sud, sous forme d'explosions, bombardements et destructions méthodiques", y compris "les atteintes aux sites archéologiques".

Le château de Beaufort datant de l'époque des Croisés, situé dans la zone du sud occupée par Israël, a été inscrit la semaine dernière sur la liste du patrimoine mondial en péril de l'Unesco.

Selon le ministère libanais de la Culture, les explosions "pourraient avoir causé des dégâts aux abords de la forteresse", dont l'ampleur "ne pourra être évaluée qu'à l'issue d'une inspection sur le terrain", actuellement impossible.

Un correspondant de l'AFP dans un village proche a entendu d'énormes déflagrations et vu la poussière recouvrir de larges zones boisées de la région. Des fenêtres ont été brisées dans des maisons de villages alentour, selon l'Ani.

Dans un communiqué commun, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israël Katz ont annoncé que l'armée avait détruit "les tunnels terroristes dans la région", utilisant quelque 700 tonnes d'explosifs.

Ils ont affirmé que l'opération faisait suite à une  "violation flagrante du cessez-le-feu par le Hezbollah" mercredi.

L'armée israélienne avait accusé le mouvement chiite pro-iranien d'avoir lancé un drone explosif contre un de ses véhicules dans le sud du pays.

Le Hezbollah n'a pas revendiqué d'attaque contre Israël depuis le 20 juin.

Mais il a appelé vendredi le pouvoir libanais à agir "à tous les niveaux politiques et diplomatiques pour la cessation des crimes de destruction commis par l'ennemi".

Le mouvement avait entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, et son armée continue d'occuper des zones du sud du Liban.