L'arsenal nucléaire prêt à l'emploi enfle sur fond de guerre en Ukraine

Des lanceurs de missiles balistiques intercontinentaux russessur la Place Rouge lors du défilé militaire du jour de la victoire dans le centre de Moscou le 9 mai 2022 (Photo, AFP).
Des lanceurs de missiles balistiques intercontinentaux russessur la Place Rouge lors du défilé militaire du jour de la victoire dans le centre de Moscou le 9 mai 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 30 mars 2023

L'arsenal nucléaire prêt à l'emploi enfle sur fond de guerre en Ukraine

  • Le nombre d'ogives opérationnelles dans le monde a augmenté l'an dernier, tiré notamment par la Russie et la Chine
  • Début 2023, les neuf puissances nucléaires officielles et officieuses détenaient 9576 têtes nucléaires prêtes à l'emploi

OSLO: A l'heure où la guerre en Ukraine ravive les peurs liées à l'arme nucléaire, le nombre d'ogives opérationnelles dans le monde a augmenté l'an dernier, tiré notamment par la Russie et la Chine, selon un nouveau rapport.

Début 2023, les neuf puissances nucléaires officielles et officieuses détenaient 9.576 têtes nucléaires prêtes à l'emploi, soit une puissance équivalente "à plus de 135.000 bombes d'Hiroshima", indique le Nuclear Weapons Ban Monitor publié mercredi par l'ONG norvégienne Norsk Folkehjelp.

Cela représente une augmentation de 136 ogives opérationnelles en un an, à mettre sur le compte de la Russie, qui a le plus gros arsenal de la planète (5.889 têtes), ainsi que de la Chine, de l'Inde, de la Corée du Nord et du Pakistan.

"Cette hausse est préoccupante et prolonge une tendance qui a commencé en 2017", a commenté une responsable du rapport, Grethe Lauglo Østern.

Réalisé en collaboration avec la Fédération des scientifiques américains, le rapport émerge à un moment où la Russie agite la menace nucléaire en lien avec son invasion de l'Ukraine et les livraisons d'armes occidentales à Kiev.

Samedi, le président russe Vladimir Poutine a annoncé avoir eu l'accord de Minsk pour déployer des armes nucléaires "tactiques" au Bélarus, un pays situé aux portes de l'Union européenne et dirigé depuis 1994 par Alexandre Loukachenko, son allié le plus proche.

"Il n'y a rien d'inhabituel ici : les États-Unis font cela depuis des décennies. Ils déploient depuis longtemps leurs armes nucléaires tactiques sur le territoire de leurs alliés", a déclaré Vladimir Poutine lors d'une interview diffusée à la télévision russe.

Une centaine d'armes américaines dites "tactiques" du fait de leur portée ou de leur puissance moindre sont déployées depuis des années en Belgique, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas et en Turquie, selon les estimations des différents observateurs indépendants de l'arsenal nucléaire mondial, comme le Sipri en Suède.

Cette annonce a été vertement critiquée par l'Ukraine et ses alliés occidentaux, l'Otan dénonçant une "rhétorique dangereuse et irresponsable" et l'UE menaçant Minsk de nouvelles sanctions si ce déploiement était réalisé.

L'AIEA en quête d'un compromis pour protéger la centrale nucléaire de Zaporijjia

L'idée d'une zone démilitarisée autour de ce site du sud-est de l'Ukraine occupé depuis mars par les Russes semble avoir vécu après des mois d'échanges infructueux.

Rafael Grossi, qui a passé quelques heures sur place avant de retourner dans les territoires sous contrôle ukrainien, veut donc désormais travailler sur des "principes" à même de minimiser le risque de "catastrophe" nucléaire.

"J'essaie de préparer et de proposer des mesures réalistes qui seront approuvées par toutes les parties", a-t-il dit aux journalistes pendant cette visite à laquelle l'AFP a pu participer dans le cadre d'un voyage de presse organisé par les autorités russes.

Diminution du stock total
Dans l'ombre du conflit en Ukraine, la Corée du Nord multiplie de son côté les tirs de missiles balistiques, des tests susceptibles d'accentuer ses capacités à effectuer des frappes nucléaires.

Dans cette situation géopolitique fortement dégradée, les craintes d'un recours à l'emploi de ces armes dévastatrices culminent aujourd'hui à des niveaux record depuis la fin de la Guerre froide il y a trois décennies, montrent des enquêtes d'opinion réalisées dans plusieurs pays.

Le stock total d'armes atomiques, qui inclut aussi celles retirées du service, continue en revanche, quant à lui, de baisser : leur nombre est passé de 12.705 à 12.512 en un an.

"Cela n'est le cas que parce que la Russie et les États-Unis démantèlent chaque année un petit nombre de leurs ogives nucléaires les plus anciennes qui ont été retirées du service", a noté Hans Kristensen, un responsable de la Fédération des scientifiques américains.

À eux deux, la Russie et les États-Unis, deuxième puissance nucléaire avec 5.244 ogives, représentent environ 89% de l'arsenal nucléaire total, précise le rapport.

Si l'introduction de nouvelles ogives ne s'arrête pas, "le nombre total d'armes nucléaires dans le monde repartira aussi bientôt à la hausse pour la première fois depuis la Guerre froide", a renchéri Mme Lauglo Østern.

Les huit puissances nucléaires officielles sont les États-Unis, la Russie, le Royaume-Uni, la France, la Chine, l'Inde, le Pakistan, la Corée du Nord, tandis qu'Israël est dotée de façon officieuse.

Le nombre de têtes nucléaires avait culminé à un record de plus de 70.000 en 1986, selon le Sipri, avant de décliner massivement à partir de la fin de la Guerre froide.


Grèce: deux touristes agressés au couteau à l'entrée de l'Acropole

Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré. (AFP)
Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré. (AFP)
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  • Selon la police grecque, un homme a attaqué au couteau ce couple vers 08h05, blessant légèrement à la main la femme tandis que l’homme a été plus grièvement touché à la jambe
  • Tous deux ont été hospitalisés, rapporte l'agence de presse grecque Ana

ATHENES: Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré.

Selon la police grecque, un homme a attaqué au couteau ce couple vers 08h05, blessant légèrement à la main la femme tandis que l’homme a été plus grièvement touché à la jambe. Tous deux ont été hospitalisés, rapporte l'agence de presse grecque Ana.

Des policiers motorisés sont arrivés rapidement sur les lieux, ont posé un garrot à l'homme pour arrêter l’hémorragie et immobilisé l'attaquant qui a ensuite été arrêté, précise Ana.

D'après les médias grecs, l'auteur de l'agression, un Grec d'une soixantaine d'années, semble avoir des problèmes psychologiques.


Analyse : Que signifie « Rahm Emanuel 2.0 » pour le Moyen-Orient ?

Longtemps considéré comme un critique virulent des dirigeants palestiniens, Rahm Emanuel envisagerait une candidature à la présidence américaine. (AFP)
Longtemps considéré comme un critique virulent des dirigeants palestiniens, Rahm Emanuel envisagerait une candidature à la présidence américaine. (AFP)
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  • L’ancien maire de Chicago a dévoilé une nouvelle vision de la paix au Moyen-Orient alors que les spéculations sur une candidature à la Maison-Blanche en 2028 s’intensifient
  • Autrefois connu comme un soutien indéfectible à Israël, Emanuel affirme désormais que les États-Unis doivent utiliser leur influence pour relancer la diplomatie

CHICAGO : En politique moyen-orientale, la paix ne se construit pas entre amis, mais entre ennemis. Cela signifie que les adversaires les plus acharnés ont parfois davantage de chances de parvenir à un accord que ceux qui se présentent comme des alliés.

Cette réalité a façonné certaines des avancées les plus importantes de la région, du traité de paix israélo-égyptien de 1979 aux accords d’Oslo de 1993, en passant par l’accord de paix entre la Jordanie et Israël en 1994.

Chacun de ces accords était imparfait, chacun a laissé la question centrale palestinienne sans réponse, mais tous reflétaient une même vérité difficile : les progrès n’ont généralement été possibles que lorsque les adversaires ont accepté de s’asseoir à la même table. 

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Une colonne de fumée s’élève après une frappe israélienne contre une zone industrielle de Gaza City. (AFP)

Aujourd’hui, Rahm Emanuel — fin stratège politique, ancien chef de cabinet de la Maison-Blanche et ancien maire de Chicago, ainsi que l’un des alliés américains d’Israël les plus connus — apparaît comme une voix qui estime que le cycle de l’hostilité peut être brisé.

Longtemps considéré comme un opposant farouche aux dirigeants palestiniens, Emanuel envisagerait une candidature présidentielle fondée en partie sur la promesse de restaurer l’influence américaine dans la région et de réengager les deux parties dans un véritable processus de paix.

Fort d’une carrière marquée par plusieurs succès politiques, Emanuel réfléchit à une candidature à la présidence en 2028 sous les couleurs du Parti démocrate, se présentant comme une personnalité capable d’aider Israéliens et Palestiniens à revenir à la table des négociations.


Le nouveau Premier ministre Burnham réunit son gouvernement, sans les proches de Starmer

Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham prononce son premier discours devant le 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 20 juillet 2026, après avoir été chargé par le roi de former le nouveau gouvernement. (Photo : AFP)
Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham prononce son premier discours devant le 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 20 juillet 2026, après avoir été chargé par le roi de former le nouveau gouvernement. (Photo : AFP)
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  • Andy Burnham a pris ses fonctions comme Premier ministre britannique, remaniant profondément son gouvernement et écartant plusieurs proches de Keir Starmer
  • Il doit annoncer ses premières mesures pour le pouvoir d'achat, tout en promettant une réindustrialisation, davantage de logements sociaux et des réformes majeures

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham réunit mardi son gouvernement marqué par le départ de fidèles de son prédécesseur Keir Starmer et doit annoncer des mesures pour le pouvoir d'achat.

A 56 ans, celui qui était maire du Grand Manchester (nord de l'Angleterre) jusqu'au mois dernier est devenu le septième Premier ministre britannique depuis 2016, année du Brexit, en succédant lundi au démissionnaire Keir Starmer et ses deux ans au pouvoir.

Si l'on retrouve dans les rangs du nouveau gouvernement des figures déjà présentes dans l'équipe de Keir Starmer, des fidèles de l'ex-Premier ministre ont été éloignés, le journal The Times titrant même sur une "purge".

Le Financial Times pointe lui une "surprise": l'ancien ministre de la Défense John Healey, qui avait quitté le gouvernement Starmer sur fond de désaccord budgétaire, remplace Rachel Reeves aux Finances - une fidèle de Keir Starmer écartée.

John Healey fait face à une lourde tâche, dans un contexte de croissance atone et de finances contraintes par une dette publique élevée.

Le portefeuille de la Défense revient à Wes Streeting, ambitieux ex-ministre de la Santé qui avait envisagé un temps de défier Keir Starmer à la tête du Labour. Il sera chargé de mettre en œuvre le plan d'investissement sur dix ans pour moderniser l'armée britannique.

"Nous veillerons à ce que nos forces armées disposent des ressources nécessaires", a appuyé Wes Streeting dans une publication sur X suivant sa nomination, revenant sur la question des moyens alloués à la défense qui avait fragilisé en juin le gouvernement Starmer et accéléré sa chute.

Le nouveau ministre a également assuré l'Ukraine de son soutien, après que Andy Burnham a échangé par téléphone avec son dirigeant Volodymyr Zelensky, mais aussi avec Donald Trump ou Emmanuel Macron.

Ed Miliband, ministre de l'Energie sortant, devient chef de la diplomatie britannique. Shabana Mahmood, connue pour sa fermeté sur l'immigration, est elle maintenue à l'Intérieur.

Un autre très proche de Keir Starmer, ex-ministre de la Justice et vice-Premier ministre David Lammy, a lui été mis à l'écart du nouvel exécutif.

- "Changements profonds" -

La figure de l'aile gauche du parti Angela Rayner, qui fut numéro deux de Keir Starmer, retrouve son portefeuille du Logement.

Andy Burnham doit réunir mardi son équipe gouvernementale, et annoncer de premières mesures de lutte contre le coût de la vie.

Il souhaite agir rapidement en accord avec sa première allocution devant Downing Street la veille, où il a promis d'engager "les changements les plus profonds de ces quarante dernières années" au Royaume-Uni, lui faire retrouver sa "stabilité" et "redonner de l'espoir".

S'exprimant sans notes et sans pupitre en présence de son épouse Marie-France van Heel, de ses enfants et de sa mère, le nouveau Premier ministre a dit vouloir réindustrialiser le pays, construire plus de logements sociaux et bâtir une "nouvelle économie" dans laquelle les services essentiels sont davantage contrôlés par l'Etat.

Il a érigé en priorité de "mettre fin au sans-abrisme", après s'être rendu dans un refuge pour personnes sans domicile fixe au matin de sa nomination.

Les travaillistes comptent aussi sur Andy Burnham, surnommé "le roi du Nord", pour stopper l'ascension du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage, en tête des sondages pour les prochaines élections législatives prévues en 2029.

Après deux échecs pour prendre la tête du Labour en 2010 et 2015, Andy Burnham est devenu l'une des personnalités politiques les plus populaires du pays grâce au renouveau connu par l'agglomération de Manchester. Il a dit vouloir décentraliser le pouvoir et créer un "N°10 du Nord" à Manchester.