Le Royaume-Uni rejoint le partenariat de libre-échange transpacifique

«Cet accord démontre les véritables bénéfices économiques de nos libertés post-Brexit», a déclaré le Premier ministre britannique, Rishi Sunak (Photo, AFP).
«Cet accord démontre les véritables bénéfices économiques de nos libertés post-Brexit», a déclaré le Premier ministre britannique, Rishi Sunak (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 31 mars 2023

Le Royaume-Uni rejoint le partenariat de libre-échange transpacifique

  • Le Royaume-Uni est le premier pays d'Europe à rejoindre le CPTPP, qui comptera ainsi 12 pays pour un PIB de 11 000 milliards de livres sterling
  • Le bloc regroupe 500 millions d'habitants et 15% du PIB mondial avec le Royaume-Uni

LONDRES: Londres a annoncé vendredi la conclusion d'un accord pour rejoindre le partenariat de libre-échange transpacifique CPTPP après 21 mois de négociations, son accord commercial le plus important depuis le Brexit mais relativisé par les économistes.

Le Royaume-Uni est le premier pays d'Europe à rejoindre le CPTPP, qui comptera ainsi 12 pays pour un PIB de 11 000 milliards de livres sterling (12.500 milliards d'euros), souligne Downing Street dans un communiqué.

Le bloc regroupe 500 millions d'habitants et 15% du PIB mondial avec le Royaume-Uni.

Mettant en avant le fait que Londres n'aurait pas pu rejoindre ce partenariat s'il avait toujours été membre de l'Union européenne, Downing Street vante ainsi la manière dont le pays "saisit les opportunités" de ses "nouvelles libertés commerciales post-Brexit", alors que les bénéfices de la sortie du bloc se font toujours attendre.

Plus de 99% des exportations de marchandises britanniques vers les pays du CPTPP sont exonérées de droits de douane, relève Downing Street, qui cite des produits phare comme les fromages, l'automobile, le chocolat et les machines.

Le secteur des services bénéficiera également de formalités administratives réduites.

A terme, l'apport pour l'économie britannique atteindra 1,8 milliard de livres sterling (2,45 milliards d'euros), selon des estimations citées par Londres. Dans un document publié en juin 2021, l'exécutif estimait les retombées à 0,08% de son produit intérieur brut (PIB).

Un impact "faible vu le poids de 3,2% sur l'économie d'ici 2026 du Brexit, selon les estimations de la Banque d'Angleterre", remarque Ashley Webb, de Capital Economics.

"Cela pourrait toutefois contribuer à améliorer les relations internationales britanniques et la perception du Royaume-Uni comme partenaire commercial", ajoute-t-il.

En rejoignant le CPTPP, le Royaume-Uni, qui avait déposé sa candidature en février 2021, se place "au centre d'un groupe d'économies du Pacifique dynamiques et en pleine croissance", a salué le Premier ministre Rishi Sunak, cité dans le communiqué.

"Les entreprises britanniques bénéficieront à présent d'un accès sans égal à des marchés allant de l'Europe au Pacifique Sud", a-t-il ajouté.

La ministre du Commerce, Kemi Badenoch, a quant à elle mis en avant les bénéfices en termes d'emploi et l'accès plus large à la région Indo-Pacifique, d'où est attendue "la majorité de la croissance mondiale".

Le Japon, également membre du partenariat, a salué la nouvelle vendredi, le porte-parole du gouvernement nippon Hirokazu Matsuno qualifiant le Royaume-Uni de "partenaire stratégique mondial".

Le Royaume-Uni et les pays membres du CPTPP doivent désormais finaliser les dernières étapes légales et administratives avant une signature formelle cette année.

Réactions agricoles en demi-teinte

L'adhésion au CPTPP apporte un "coup de pouce massif aux services financiers britanniques", s'est réjoui Chris Hayward, directeur des politiques à la City of London Corporation, porte-voix du puissant secteur financier britannique, qui ajoute que "plus de la moitié des exportations vers les pays membres du CPTPP sont des services".

De son côté, la NFU, principal syndicat agricole britannique y voit la possibilité de "nouvelles opportunités d'exportation", mais a pointé aussi le risque d'"une hausse des importations qui pourrait mettre les secteurs agricoles sensibles du pays encore plus sous pression".

Depuis sa sortie effective de l'UE et du marché unique européen au 1er janvier 2021, le Royaume-Uni cherche à nouer des accords commerciaux tous azimuts pour doper son commerce international.

Londres a notamment conclu des traités commerciaux avec l'UE et d'autres Etats européens, mais aussi avec des pays plus lointains comme l'Australie, la Nouvelle-Zélande ou Singapour. Des discussions sont en cours avec l'Inde ou le Canada.

En revanche, l'accord tant espéré avec les Etats-Unis se fait attendre.

Signé notamment par la Nouvelle-Zélande, l'Australie ou encore le Canada et le Japon, le CPTPP est le plus important pacte de libre-échange de la région.

La Chine a fait acte de candidature en 2021, mais plusieurs pays voient cette demande d'un mauvais oeil.

"Le Royaume-Uni a maintenant (le pouvoir) de voter une telle décision", a indiqué le ministre britannique des Finances Jeremy Hunt, alors que plusieurs parlementaires britanniques ont mis en garde contre Pékin.

L'ex-président américain Donald Trump avait annoncé début 2017 le retrait de son pays de cet accord, auquel son pays était initialement partie, avant même son entrée en vigueur - qui a lieu par étape depuis décembre 2018.


Choose France: le groupe américain Ecolab investit 100 millions d'euros

Une employée travaille au centre de recherche et développement du groupe américain de technologies de l’eau, de l’hygiène et de l’énergie Ecolab, à Sainghin-en-Mélantois, dans le nord de la France, le 11 septembre 2020. (AFP)
Une employée travaille au centre de recherche et développement du groupe américain de technologies de l’eau, de l’hygiène et de l’énergie Ecolab, à Sainghin-en-Mélantois, dans le nord de la France, le 11 septembre 2020. (AFP)
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  • Le groupe américain Ecolab investira 100 M€ en France dans le cadre de Choose France, pour soutenir la décarbonation industrielle et l’électrification
  • Les fonds seront répartis entre les projets GravitHy (fer décarboné) et HoloSolis (panneaux solaires), avec à la clé environ 2.500 emplois

MARSEILLE: Le spécialiste américain du traitement de l'eau Ecolab va investir 100 millions d'euros sur deux sites en France, près de Marseille et en Moselle, a annoncé samedi le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre.

L'annonce se fait dans le cadre des journées de l'investissement Choose France, avant un sommet prévu lundi à Versailles.

"Je suis très heureux de vous annoncer qu'Ecolab confirme son engagement en faveur de la croissance durable de l'économie française avec un investissement de 100 millions d'euros", a déclaré à La Provence le ministre.

"Ces investissements soutiennent la décarbonation industrielle et l'électrification, le développement économique régional et la création d'environ 2.500 emplois qualifiés", a-t-il ajouté.

La somme se répartit entre deux sites industriels.

Le premier est celui où s'implante, à Fos-sur-Mer, l'usine de fer GravitHy, qui réunit, en plus d'Ecolab, le géant des métaux anglo-australien Rio Tinto, le fonds Japan Hydrogen Fund, l'allemand Siemens et le français Engie.

Le premier, GravitHy, promet un fer "décarboné", c'est-à-dire produit sans énergie fossile, à partir d'hydrogène vert. La construction de l'usine doit commencer en 2027, pour un démarrage de la production en 2030.

Le second est une usine de cellules et modules photovoltaïques, HoloSolis, à Hambach (Moselle) près de Sarreguemines. Appartenant au néerlandais InnoEnergy, elle doit être la plus grande d'Europe lorsqu'elle démarrera en 2027.


Al-Nassr entre dans le top 10 mondial des clubs en termes de ventes de maillots

Cristiano Ronaldo fête sa première victoire dans la Saudi Pro League avec Al-Nassr. (X/@AlNassrFC_FR)
Cristiano Ronaldo fête sa première victoire dans la Saudi Pro League avec Al-Nassr. (X/@AlNassrFC_FR)
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  • Une étude souligne l'influence de Cristiano Ronaldo sur les marchés commerciaux
  • Les nouveaux champions saoudiens ont vendu plus de 1,2 million de maillots au cours de la saison 2025-26

RIYAD: Al-Nassr s'est assuré une place parmi les 10 clubs de football les plus vendus au monde en termes de ventes de maillots, ayant vendu plus de 1,2 million de maillots dans le monde entier au cours de la saison actuelle, au cours de laquelle il a remporté le titre de Roshn Saudi League, selon une étude menée par Euromericas Sport Marketing.

L'étude attribue l'ascension du club à l'influence de Cristiano Ronaldo, dont les millions d'adeptes sur les médias sociaux ont contribué à transformer le maillot d'Al-Nassr en une icône marketing mondiale qui s'est étendue au-delà du Moyen-Orient, attirant des milliers de fans et de collectionneurs à travers les Amériques, l'Asie et l'Australie.

Les données publiées par Euromericas Sport Marketing montrent une nette avance pour le Real Madrid d'Espagne, qui a pris la tête du classement mondial avec des ventes dépassant les 3,13 millions de maillots, grâce au pouvoir des stars française Kylian Mbappé et brésilienne Vinicius Junior.

Euromericas Sport Marketing fait partie des agences et des sociétés de conseil spécialisées dans le marketing et la recherche dans le domaine du sport, se classant parmi les cinq premières sociétés dans ce domaine et étant la première de son genre en Amérique latine.

La deuxième place revient au FC Barcelone, avec des ventes atteignant 2,94 millions de maillots, tandis que le Paris Saint-Germain se classe troisième avec 2,54 millions de maillots vendus à la suite de la victoire en Ligue des champions de l'UEFA.

Le Bayern Munich (Allemagne) s'est classé quatrième avec 2,3 millions de maillots vendus, suivi de l'Inter Miami (États-Unis) avec 2,1 millions, du Boca Juniors (Argentine) avec 1,9 million, du Manchester United (Angleterre) avec 1,85 million, du CR Flamengo (Brésil) avec 1,6 million, et du Chelsea (Angleterre) à la neuvième place avec 1,4 million de maillots vendus.

Al-Nassr s'est classé 10e au niveau mondial et 4e parmi les clubs non européens, devenant ainsi le seul club arabe et asiatique à figurer dans le prestigieux classement international, dépassant des géants du football européen établis de longue date.

La liste met également en lumière un phénomène marketing similaire à celui d'Al-Nasser, à savoir la remarquable ascension de l'Inter Miami, qui s'est hissé à la cinquième place mondiale avec 2,16 millions de maillots vendus, grâce à la présence de la star argentine Lionel Messi.

En revanche, les clubs de football historiques italiens sont absents du top 10, ce que le rapport décrit comme une indication du fossé commercial et marketing qui se creuse entre la ligue italienne et les ligues émergentes menées par la ligue saoudienne, qui sont de plus en plus en concurrence pour obtenir des parts importantes dans l'industrie mondiale du sport.


Bercy missionne quatre économistes pour plancher sur les finances publiques

Le ministre français du Budget et des Comptes publics, Laurent Saint-Martin, tient une conférence de presse à l'occasion d'un séminaire interministériel sur la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, au ministère de l'Économie et des Finances (Bercy), à Paris, le 7 octobre 2024.
Le ministre français du Budget et des Comptes publics, Laurent Saint-Martin, tient une conférence de presse à l'occasion d'un séminaire interministériel sur la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, au ministère de l'Économie et des Finances (Bercy), à Paris, le 7 octobre 2024.
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  • "On voit bien la tentation qu'il va y avoir, celle de faire l'autruche devant l'ampleur des efforts budgétaires qui sont devant nous", a déclaré le ministre des Comptes publics David Amiel sur France 5
  • Dans la lettre de mission adressée aux économistes, les ministres soulignent qu'"il apparaît essentiel de disposer d'une analyse prospective des enjeux de finances publiques"

PARIS: Les ministres de l'Economie et des Comptes publics ont confié une mission à quatre économistes pour analyser les enjeux des finances publiques à l'horizon 2030 et plancher sur des scénarios de redressement dès 2027, a annoncé Bercy mardi.

Les économistes Xavier Ragot, Jean-Luc Tavernier, Xavier Jaravel et Natacha Valla mèneront ces travaux avec l'appui de l'Inspection générale des finances (IGF). Les conclusions de leur mission indépendante sont attendues en juillet, a précisé le ministère.

"On voit bien la tentation qu'il va y avoir, celle de faire l'autruche devant l'ampleur des efforts budgétaires qui sont devant nous", a déclaré le ministre des Comptes publics David Amiel sur France 5.

"C'est la raison pour laquelle, parce qu'on ne peut pas se permettre d'aller en somnambules d'abord vers le débat budgétaire pour 2027, ensuite vers l'élection présidentielle, que j'ai décidé, avec mon collègue Roland Lescure, de faire une opération de transparence inédite en confiant à quatre économistes indépendants le soin de faire un état des lieux", a-t-il ajouté.

Dans la lettre de mission adressée aux économistes, les ministres soulignent qu'"il apparaît essentiel de disposer d'une analyse prospective des enjeux de finances publiques".

"Vous vous attacherez à construire l'évolution probable des finances publiques entre 2027 et 2030" et à élaborer "différents scénarios de redressement des finances publiques en 2027, dont des cibles souhaitables de déficit pour 2027", poursuivent-ils.

Ils précisent que ces travaux participeront "au cadrage des réflexions relatives à la construction du projet de loi de finances pour 2027".

Selon Bercy, "cet exercice inédit permet de poser les bases du débat parlementaire avec des données objectives en amont du début de la discussion".

Xavier Ragot est président de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), Natacha Valla doyenne de l'École du management de Sciences Po, Xavier Jaravel président délégué du Conseil d'Analyse Économique (CAE), et Jean-Luc Tavernier inspecteur général des finances et ex-directeur général de l'Insee (de 2012 à 2025).

Le gouvernement, qui travaille à la préparation du projet de loi de finances pour 2027, souhaite éviter les difficiles négociations de l'an dernier. Il a aussi a chargé l'IGF de plancher sur les conséquences économiques d'une reconduction l'an prochain du budget actuel par une loi spéciale.

Le gouvernement vise un déficit public à 5% du PIB cette année, après 5,1% en 2025. Il s'est engagé à faire passer le déficit sous la barre des 3% en 2029, comme demandé par Bruxelles.