Face à la sécheresse, Tunis impose des restrictions dans l'utilisation de l'eau

Les autorités tunisiennes ont coupé l'eau potable la nuit dans certains quartiers de la capitale et d'autres villes pour réduire la consommation. (Photo, AFP)
Les autorités tunisiennes ont coupé l'eau potable la nuit dans certains quartiers de la capitale et d'autres villes pour réduire la consommation. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 31 mars 2023

Face à la sécheresse, Tunis impose des restrictions dans l'utilisation de l'eau

  • Avec le déficit de pluviométrie, la trentaine de barrages du pays, qui servent à l'irrigation mais aussi à l'approvisionnement en eau potable, affichent des niveaux de remplissage alarmants
  • Pour la population, déjà éprouvée par une grave crise socio-économique et politique, l'approvisionnement en eau potable sera également rationné sur certaines tranches horaires et selon un système de roulement jusqu'à fin septembre

TUNIS: Les autorités tunisiennes ont annoncé vendredi des restrictions dans l'approvisionnement et l'utilisation de l'eau potable dans le pays, frappé par la sécheresse, pour préserver les faibles réserves de ses barrages.

"Au vu de la fréquence des années de sécheresse, ce qui a eu un impact négatif sur les réserves des barrages au point d'atteindre un niveau (de faiblesse) sans précédent", le ministère de l'Agriculture, des Ressources en eau et de la Pêche a décidé d'interdire l'utilisation d'eau potable dans l'irrigation agricole et les espaces verts, le nettoyage des rues et des espaces publics, selon un communiqué.

Il précise que ces mesures seront "provisoires".

Avec le déficit de pluviométrie, la trentaine de barrages du pays, qui servent à l'irrigation mais aussi à l'approvisionnement en eau potable, affichent des niveaux de remplissage alarmants. Aucun n'atteint le tiers du niveau maximal, selon des chiffres officiels.

La Tunisie subit sa cinquième année consécutive de sécheresse qui frappe encore plus durement que d'habitude des régions semi-arides comme Kasserine (centre-ouest) et Gabès (sud) mais aussi le nord-ouest au climat plus tempéré, considéré comme le grenier à blé du pays.

Pour la population, déjà éprouvée par une grave crise socio-économique et politique, l'approvisionnement en eau potable sera également rationné sur certaines tranches horaires et selon un système de roulement jusqu'à fin septembre.

Depuis une semaine, la Société nationale d'exploitation et de distribution des eaux (Sonede) a commencé à effectuer, sans annonce préalable, des coupures d'eau à Tunis et dans d'autres grandes villes comme Sfax et Hammamet.

"Ces coupures seront généralisées à tout le pays", a indiqué à l'AFP un responsable de la Sonede, sous couverture de l'anonymat.

Cette situation inquiétante aura des conséquences sur l'agriculture, principale ressource économique du pays, représentant environ 10% du PIB.

En Tunisie, la majorité des ressources en eau vont à l'irrigation et à l'exploitation agricoles.

Interrogé par une radio, le porte-parole de l'Union tunisienne de l'Agriculture et de la pêche (Utap), Anis Karbach, a pronostiqué une production "désastreuse" de céréales, réduite à 2 millions de quintaux cette année, soit moins d'un tiers de l'année précédente. Ce qui rendra la Tunisie encore plus dépendante de ses importations.


L'armée jordanienne annonce avoir intercepté cinq drones iraniens

L'armée jordanienne a annoncé mardi dans un communiqué l'interception de cinq drones iraniens qui visaient le royaume. Photo d'illustration. (AFP)
L'armée jordanienne a annoncé mardi dans un communiqué l'interception de cinq drones iraniens qui visaient le royaume. Photo d'illustration. (AFP)
Short Url
  • Les Gardiens de la Révolution ont confirmé sur leur site Sepah News avoir procédé à une attaque
  • Ils ont ciblé selon eux un "complexe abritant des forces terroristes américaines dans la région de Rukban"

AMMAN: L'armée jordanienne a annoncé mardi dans un communiqué l'interception de cinq drones iraniens qui visaient le royaume, dans le cadre des frappes menées par la République islamique en riposte aux bombardements américains.

Les Gardiens de la Révolution ont confirmé sur leur site Sepah News avoir procédé à une attaque, ciblant selon eux un "complexe abritant des forces terroristes américaines dans la région de Rukban".

 

 

 


Liban: l'armée se déploie dans les « zones pilotes » du sud

Des soldats de l'armée libanaise inspectent le lieu d'une explosion qui a visé leur véhicule dans la région d'Al-Mansouri, au sud du Liban, près de Tyr, le 18 juillet 2026. (AFP)
Des soldats de l'armée libanaise inspectent le lieu d'une explosion qui a visé leur véhicule dans la région d'Al-Mansouri, au sud du Liban, près de Tyr, le 18 juillet 2026. (AFP)
Short Url
  • L'établissement de "zones pilotes" confiées à l'armée est prévu par l'accord-cadre signé en juin par les deux pays pour mettre fin à l'état de guerre entre eux
  • Ce déploiement est le premier test de l'accord visant à obtenir le retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban et le désarmement du Hezbollah pro-iranien

BEYROUTH: L'armée libanaise a annoncé mardi avoir entamé son déploiement dans un village du sud du pays dont l'armée israélienne contrôlait les abords, en vertu d'un accord avec Israël sur les "zones pilotes" parrainé par Washington.

Cette mesure intervient alors que le président libanais doit rencontrer mardi Donald Trump à la Maison Blanche.

"Les unités militaires ont commencé ce matin à se déployer à Zawtar al-Gharbiya", une localité de la région de Nabatiyé, a annoncé un communiqué de l'armée.

Des médias libanais ont montré des véhicules de l'armée, l'un d'eux arborant le drapeau libanais, entrant dans la localité située à la lisière de la "zone de sécurité" établie par l'armée israélienne.

L'établissement de "zones pilotes" confiées à l'armée est prévu par l'accord-cadre signé en juin par les deux pays pour mettre fin à l'état de guerre entre eux.

Ce déploiement est le premier test de l'accord visant à obtenir le retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban et le désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Le département d'Etat américain avait annoncé lundi soir que l'armée libanaise avait commencé à assurer la sécurité de trois villages du sud, Zawtar Al-Gharbiya, Froun et Srifa.

Mais l'armée israélienne n'est pas présente dans ces deux dernières localités.

"C'est l'occasion pour l'Etat libanais de commencer à réaffirmer son contrôle de zones historiquement dominées par le Hezbollah", avait réagi un haut responsable de la diplomatie américaine.

L'armée israélienne a pour sa part déclaré qu'elle allait "adapter son dispositif dans l'une des zones pilotes afin de permettre aux Forces armées libanaises de remplir leur mission, tout en garantissant la sécurité des soldats de Tsahal et en préservant son droit à l'autodéfense et à la neutralisation des menaces".

Le Hezbollah pro-iranien est opposé à l'accord avec Israël et refuse d'être désarmé.

Le groupe avait entraîné le pays début mars dans une nouvelle guerre avec Israël, en solidarité avec l'Iran.


Les Houthis annoncent un blocus maritime de l'Arabie saoudite en plein affrontement irano-américain

Short Url
  • Les Houthis "annoncent un blocus maritime contre l'ennemi saoudien criminel, selon le principe +oeil pour oeil+, avec effet immédiat"
  • Riyad a exprimé "la plus ferme condamnation du Royaume d'Arabie saoudite à l'égard des déclarations faites par le soi-disant porte-parole militaire de la milice terroriste houthie (...) imposant un blocus maritime au Royaume"

RIYAD: Les rebelles houthis du Yémen, soutenus par Téhéran, ont annoncé lundi un blocus maritime de l'Arabie saoudite, en pleine intensification de la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran, menaçant la capacité du premier exportateur de pétrole brut au monde à contourner le détroit d'Ormuz.

Intervenant au neuvième jour consécutif d'hostilités entre les Etats-Unis et l'Iran, d'une intensité inédite depuis le cessez-le-feu d'avril, ces menaces "contre la liberté de navigation (...) risquent de mener à une escalade régionale encore plus grande", s'est inquiété le porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Stéphane Dujarric, appelant à une "désescalade immédiate".

Les Houthis "annoncent un blocus maritime contre l'ennemi saoudien criminel, selon le principe +oeil pour oeil+, avec effet immédiat", avait plus tôt déclaré leur porte-parole militaire, Yahya Saree, sans préciser comment la formation comptait mettre en oeuvre cette mesure.

De son côté, le ministère des Affaires étrangères de la monarchie du Golfe a exprimé "la plus ferme condamnation du Royaume d'Arabie saoudite à l'égard des déclarations faites par le soi-disant porte-parole militaire de la milice terroriste houthie (...) imposant un blocus maritime au Royaume". Et de préciser que Riyad "continue de soutenir le peuple yéménite frère et son gouvernement légitime".

L'annonce fait suite à des échanges de tirs entre les deux camps au Yémen la semaine dernière, mettant en péril la trêve négociée en 2022, toujours active malgré son expiration.

Ces hostilités se sont enclenchées après la tentative d'atterrissage à Sanaa d'un avion iranien en provenance de Téhéran, défiant l'hégémonie saoudienne sur l'espace aérien yéménite.

"Même si aucun navire n'est attaqué, l'annonce risque à elle seule de perturber le trafic maritime et de semer le doute dans les ports saoudiens. La question cruciale reste de savoir si les Houthis passeront des menaces à l'action", estime Mohammed al-Basha, du cabinet de conseil en gestion des risques Basha Report.