Algérie: Le patron de presse El Kadi condamné à 3 ans de prison ferme

L'arrestation de M. El Kadi et la mise sous scellés des bureaux des médias qu'il dirige ont suscité une vague de solidarité parmi ses collègues et les militants des droits humains en Algérie et en Europe (Photo, Radio M).
L'arrestation de M. El Kadi et la mise sous scellés des bureaux des médias qu'il dirige ont suscité une vague de solidarité parmi ses collègues et les militants des droits humains en Algérie et en Europe (Photo, Radio M).
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Publié le Lundi 03 avril 2023

Algérie: Le patron de presse El Kadi condamné à 3 ans de prison ferme

  • Le tribunal a également prononcé la dissolution de la société Interface Médias, éditrice des deux médias dirigés par M. El Kadi
  • La société a été condamnée également à dédommager l'Autorité de régulation de l’audiovisuel (ARAV ) à hauteur de un million de dinars

ALGER: Le patron de presse algérien Ihsane El Kadi, poursuivi pour "financement étranger de son entreprise", a été condamné dimanche à cinq années de prison dont trois ferme, a annoncé le tribunal de Sidi M'Hamed à Alger qui a rendu son verdict en présence de l'accusé.

Le parquet avait requis cinq ans de prison ferme, assortis d'une interdiction d'exercer pour la même durée à l'encontre du dirigeant d'un des derniers groupes de presse indépendants d'Algérie, qui comprend Radio M et le site d'information Maghreb Emergent.

Le tribunal a également prononcé la dissolution  de la société Interface Médias, éditrice des deux médias dirigés par M. El Kadi, la confiscation de tous ses biens saisis, et dix millions de dinars d'amende (plus de 68.000 euros) contre son entreprise.

La société a été condamnée également à dédommager l'Autorité de régulation de l'audiovisuel (ARAV) à hauteur de un million de dinars (6.800 euros). A titre personnel, M. El Kadi a en outre écopé d'une amende de 700.000 dinars (environ 4.800 euros).

"Nous allons faire appel de ce jugement dans les délais requis, selon l'accord préalable avec notre client", a indiqué à l'AFP Me Abdelghani Badi, un des avocats de la défense. "Les conditions pour un procès équitable n'étaient pas réunies", a dit cet avocat qui avait boycotté l'audience.

La condamnation du journaliste, âgé de 63 ans, a suscité l'indignation sur les réseaux sociaux et au sein de la société civile. Le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) l'a qualifiée de "verdict de la honte".

"Le pouvoir en Algérie vient d'achever l'un des meilleurs journalistes algériens. (...) C'est un jour triste pour la presse en Algérie, pour la démocratie et pour l'image du pays", a estimé le réalisateur de cinéma Bachir Derrais.

«l'enterrement du journalisme»

"On assiste à l'enterrement du journalisme...RIP. Honte à la justice algérienne", a écrit Lyes Ghezali, un internaute, sur Facebook.

Incarcéré depuis le 29 décembre après quatre jours de garde à vue, M. El Kadi, a comparu sous l'accusation de "financement étranger de son entreprise", au titre de l'article 95 bis du code pénal qui prévoit jusqu'à sept ans de prison.

M. El Kadi était jugé pour "avoir reçu des sommes d'argent et des privilèges de la part de personnes et d'organisations dans le pays et à l'étranger afin de se livrer à des activités susceptibles de porter atteinte à la sûreté de l'Etat et sa stabilité".

Selon l'arrêt de renvoi, les fonds en question sont un montant de "25.000 livres sterling (environ 28.000 euros, ndlr) que le journaliste a reçu, par tranches, de sa fille Tin Hinane, établie à Londres et actionnaire d'Interface médias", avait expliqué début mars l'avocate Zoubida Assoul au cours d'une conférence de presse à Alger, soulignant que cet argent devait servir à régler des arriérés de dettes du groupe.

"Il n'y a aucun document dans le dossier judiciaire attestant que Ihsane El-Kadi ou Interface médias ont reçu des fonds d'organismes étrangers ou d'une personne étrangère", avait-elle ajouté.

Au lendemain de son interpellation, le siège de l'agence Interface Médias avait été mis sous scellés et le matériel saisi.

L'arrestation de M. El Kadi et la mise sous scellés des bureaux des médias qu'il dirige ont suscité une vague de solidarité parmi ses collègues et les militants des droits humains en Algérie et en Europe.

Début janvier, 16 patrons de presse de divers pays, dont le prix Nobel de la paix Dmitri Mouratov, réunis par RSF, avaient appelé à sa libération et à lever les entraves "inadmissibles" visant ses médias.

Une pétition lancée par l'organisation Reporters sans frontières pour obtenir sa libération a recueilli plus de 10.000 signatures.


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.