Série d'échecs en vue pour les députés écolos, face au «mur» macroniste

La cheffe de file des députés EELV, Cyrielle Chatelain (Photo, AFP).
La cheffe de file des députés EELV, Cyrielle Chatelain (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Jeudi 06 avril 2023

Série d'échecs en vue pour les députés écolos, face au «mur» macroniste

  • La quasi-totalité des propositions de loi du groupe ont été soit rejetées, soit vidées de leur substance lors de leur examen en commission
  • «A partir du moment où c'est les écolos qui proposent, ils disent non, on se prend un mur», s'est agacée mercredi la cheffe de file des députés EELV, Cyrielle Chatelain

PARIS: Prime alimentaire, interdiction des jets privés ou RSA dès 18 ans : les députés écologistes ont peu d'espoirs de succès lors de leur journée réservée à l'Assemblée jeudi, preuve, selon eux, du "sectarisme" d'un camp présidentiel réfractaire au compromis.

Hasard du calendrier, la "niche parlementaire" des écologistes a lieu lors de la onzième journée de mobilisation contre la réforme des retraites. Un télescopage qui fait craindre à certains que l'hémicycle soit dégarni côté gauche lors de certains votes.

Quoi qu'il en soit, la quasi-totalité des propositions de loi du groupe ont été soit rejetées, soit vidées de leur substance lors de leur examen en commission, présage d'un sort identique en séance.

"À partir du moment où ce sont les écolos qui proposent, ils disent non, on se prend un mur", s'est agacée mercredi la cheffe de file des députés EELV, Cyrielle Chatelain, visant le camp présidentiel, et en particulier le groupe macroniste Renaissance.

À l'heure où l'exécutif prône une "nouvelle méthode de dialogue", c'est "une démonstration de sectarisme", a tonné son groupe, qui s'est résigné à retirer plusieurs textes, comme celui sur une interdiction des publicités numériques et lumineuses dans l'espace public.

Cinq restent encore au programme, comme l'interdiction des vols en jets privés, de la chasse le dimanche ou un accès au RSA dès 18 ans, mais les écologistes ne se font pas d'illusions sur leurs chances d'être adoptés.

«Combat violent»

Mais ils ont décidé de ferrailler pour leur texte "Mieux Manger", complètement détricoté en commission. "On en a fait notre coeur de niche", lance la députée Francesca Pasquini, porteuse de ce texte à dimensions "sociale, sanitaire et environnementale".

Dans cette proposition de loi, qui doit ouvrir le bal jeudi à 9h00, les écologistes vont défendre une "prime alimentaire" pour aider les plus précaires à faire face à l'inflation, d'au moins 50 euros par mois et par personne.

Un dispositif jugé trop complexe et trop coûteux par le camp macroniste, qui demande de laisser la main à l'exécutif pour mettre en oeuvre une promesse présidentielle tardant à se concrétiser. Le gouvernement assure qu'une "expérimentation" de chèque alimentaire sera lancée "dans les tout prochains mois".

Les écologistes n'ont pas non plus renoncé à mener la bataille contre les nitrites, dans le cadre de ce même texte "Mieux Manger".

"Le groupe écologiste m'aura à ses côtés" sur ce sujet, a annoncé le député Modem Richard Ramos. Mais "le combat est violent, parce que derrière, comme pour le tabac, comme pour l'alcool, il y a l'argent".

«Écologie protectrice»

La principale chance de succès législatif pour les écologistes concerne le deuxième texte au menu jeudi, visant à faciliter l'indemnisation des victimes du "retrait-gonflement des argiles" dans les sols, un phénomène accentué par le réchauffement climatique et qui endommage les habitations.

Il "changerait radicalement le rapport de force entre assureurs et assurés", qui se sentent aujourd'hui démunis et "noyés dans des procédures", plaide Sandrine Rousseau, porteuse de ce texte qui doit montrer "que l'écologie n'est pas que punitive, mais aussi protectrice".

Depuis le début de la législature, les "niches parlementaires" des oppositions ont souvent tourné au vinaigre. Celle des Insoumis s'était notamment achevée dans un climat incandescent, après que le camp présidentiel a joué la montre pour empêcher le vote d'une réintégration des soignants non vaccinés.


Canicule: des températures nettement à la hausse mardi 

Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne. Un tournesol desséché en Italie, photo d'illustration. (AFP)
Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne. Un tournesol desséché en Italie, photo d'illustration. (AFP)
Short Url
  • Mardi à 05H00, Météo-France relevait déjà 27°C au Luc, dans le Var, à Nice et à l'Ile-Rousse (Corse), mais aussi 26°C à Montpellier et 25°C à Clermont-Ferrand et à Orange (Vaucluse)
  • "Les maximales sont en hausse sur l'ensemble du pays et atteignent 35°C à 37°C sur les départements placés en vigilance orange", indique le service météorologique dans son bulletin de 06H00

PARIS: Avec des températures à la hausse, le cinquième épisode caniculaire de l'année s'étend à l'ouest de la France et 43 départements vont être placés mardi à partir de midi en vigilance orange par Météo-France.

Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne.

Mardi à 05H00, Météo-France relevait déjà 27°C au Luc, dans le Var, à Nice et à l'Ile-Rousse (Corse), mais aussi 26°C à Montpellier et 25°C à Clermont-Ferrand et à Orange (Vaucluse).

"Les maximales sont en hausse sur l'ensemble du pays et atteignent 35°C à 37°C sur les départements placés en vigilance orange", indique le service météorologique dans son bulletin de 06H00.

Météo-France prévoit de placer 67 départements, dont Paris et sa petite couronne, en vigilance orange canicule dans la journée de mercredi.

Météo-France table sur un "pic probable de l'épisode vers le milieu de semaine".


A Toulouse, deux policiers municipaux blessés à l'arme blanche

Deux policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche lundi soir dans le centre de Toulouse par un homme qui a été interpellé, a annoncé le maire de la ville Jean-Luc Moudenc. Photo d'illustration. (AFP)
Deux policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche lundi soir dans le centre de Toulouse par un homme qui a été interpellé, a annoncé le maire de la ville Jean-Luc Moudenc. Photo d'illustration. (AFP)
Short Url
  • Des propos à caractère terroriste ont été signalés
  • Les deux policiers ont été pris en charge au CHU de Toulouse-Rangueil, a encore précisé M. Moudenc

TOULOUSE: Deux policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche lundi soir dans le centre de Toulouse par un homme qui a été interpellé, a annoncé le maire de la ville Jean-Luc Moudenc.

Des propos à caractère terroriste ont été signalés, a rapporté l'édile sur Facebook et sur X.

Les deux policiers ont été pris en charge au CHU de Toulouse-Rangueil, a encore précisé M. Moudenc.

Les deux agents, un homme et une femme, effectuaient une patrouille en plein coeur de Toulouse lorsqu'ils ont été agressés par un passant armé de plusieurs couteaux, selon le quotidien la Dépêche du Midi, citant l'adjoint à la Sécurité de Toulouse, Emilion Esnault.

Blessés aux bras durant l'affrontement, ils ont pu finalement maîtriser l'homme à l'aide de gaz lacrymogène, selon la même source.


En France, les canicules à répétition s'invitent dans la recherche de logement

Un piéton passe devant la tour Eiffel et l’herbe desséchée du Champ-de-Mars à Paris, le 15 juillet 2026. (AFP)
Un piéton passe devant la tour Eiffel et l’herbe desséchée du Champ-de-Mars à Paris, le 15 juillet 2026. (AFP)
Short Url
  • La chaleur devient un critère immobilier à part entière : exposition, étage, volets, ventilation, extérieur, arbres et climatisation pèsent davantage dans les choix
  • Face à des canicules plus fréquentes, les acheteurs se projettent sur le confort d’été à long terme et questionnent désormais l’habitabilité réelle des logements

PARIS: Climatisation, volets, arbres: les Français commencent à intégrer les fortes températures dans leurs critères de recherche de nouveau logement, conséquence des vagues de chaleur qui se succèdent et ne sont plus considérées comme des phénomènes isolés.

Exemple de cette évolution des comportements: Christian Tokoto, agent immobilier chez Guy Hoquet, a en vente "un appartement magnifique, avec de grandes vitres" en plein centre de Paris. Malgré "beaucoup de visites, les clients nous disent +trop chaud+, parce qu'il n'est pas traversant. Et donc, pour l'instant, il est toujours sur le marché !"

En France comme dans une grande partie de l'Europe, peu de régions échappent cet été à des températures qui dépassent régulièrement 35 voire 40°C, alors que les logements sont peu adaptés aux canicules et très rarement climatisés.

C'est le cas notamment des immeubles dits haussmanniens emblématiques de Paris, construits au XIXe siècle avec des toits en zinc ravissants sur les cartes postales mais qui chauffent fortement sous l'effet de la chaleur et du soleil.

"Au dernier étage d'un immeuble haussmannien la chaleur à l'intérieur devient vraiment insupportable", observe auprès de l'AFP Joseph Denke, agent immobilier chez FredéLion à Paris.

Il constate une évolution des critères depuis quelques mois, notamment une baisse de la demande pour l'exposition sud synonyme de soleil.

- Horizon "10-15 ans" -

La chaleur ressentie lors de la visite d'un studio de 14 m2 fait d'ailleurs douter un de ses clients, Camille Couturier, 30 ans. "Etre sous les toits c'est quelque chose qui peut être inquiétant, qui pourrait être un point négatif à l'appartement", relève-t-il à côté de la fenêtre ouverte du logement non-traversant.

En achetant un appartement, il se projette "au moins à 10-15 ans" et s'inquiète donc de savoir s'il pourra "utiliser cet appartement de manière vivable" ou "devoir fuir comme tout le monde parce qu'il fait trop chaud".

Alors que l'Europe occidentale a connu son début d'été le plus chaud enregistré selon l'observatoire européen du changement climatique, un logement sur deux en France serait une bouilloire thermique, surnom donné aux habitations qui se réchauffent très vite, estime le cabinet Pouget Consultants et Ignes.

Pour Sophie Bourg, directrice marketing de la plateforme d'annonces leboncoin immobilier, les canicules ne sont plus perçues par les Français "comme des épiphénomènes" mais "sont vraiment intégrées comme étant structurelles dans les choix résidentiels". "La fraîcheur, le confort d'été sont devenus un critère immobilier à part entière", assure-t-elle.

Un tiers des répondants à un sondage mené en ligne par la société en juin disaient ne pas exclure de déménager si les canicules s'intensifient.

- "Plus un tabou" -

Exposition, étage, piscine, volets, possibilité de faire des courants d'air, espaces extérieurs, terrasse ombragée et même présence d'arbres dans le quartier font désormais partie des critères et discussions que les professionnels de l'immobilier interrogés par l'AFP voient émerger.

Quant à la climatisation, sa possible généralisation a fait l'objet d'intenses débats politiques en France en début d'été, car elle est vue par certains comme un simple remède à l'inaction face au changement climatique et provoque des rejets de chaleur à l'extérieur.

Mais lors des recherches de logement, "ce n'est plus du tout un tabou", tranche Yann Jéhanno, président du réseau immobilier Laforêt.

"Les acquéreurs ne regardent plus seulement le logement, mais plutôt son habitabilité. Ils ne vont plus se contenter seulement du diagnostic de performance énergétique, mais interroger les agents immobiliers avec des questions très concrètes sur la température pendant la dernière vague de chaleur, s'il est possible d'aérer la nuit, si on dort bien dans les chambres", détaille-t-il.