L'ONU réduit ses aides à des milliers de Yéménites et de migrants

Des travailleurs de la santé yéménites rendent visite aux habitants lors d'une campagne de vaccination contre la polio dans la capitale Sanaa, le 28 novembre 2020 (Photo, AFP/Archives)
Des travailleurs de la santé yéménites rendent visite aux habitants lors d'une campagne de vaccination contre la polio dans la capitale Sanaa, le 28 novembre 2020 (Photo, AFP/Archives)
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Publié le Mercredi 02 décembre 2020

L'ONU réduit ses aides à des milliers de Yéménites et de migrants

  • L’Organisation mondiale de la santé a annoncé samedi une réduction de l’aide destinée à des milliers de travailleurs de la santé
  • Des dizaines de professionnels de la santé dans des établissements financés par l'ONU ont été licenciés, ce qui oblige de nombreux patients à parcourir des centaines de kilomètres pour se faire soigner

AL-MUKALLA: Des milliers de Yéménites, de migrants africains et de déplacés internes sont privés de services de la santé essentiels depuis que les organisations des Nations Unies ont interrompu leurs programmes dans le pays déchiré par la guerre, en raison d'un manque de fonds, ont affirmé des responsables locaux à Arab News.

L’Organisation mondiale de la santé a annoncé samedi une réduction de l’aide destinée à des milliers de travailleurs de la santé ainsi qu’à des centres de santé à travers le pays, ce qui accentue la crise. «En raison d'un déficit financier sans précédent, l’OMS et les partenaires de la santé n'ont pas été en mesure de poursuivre leur soutien financier aux personnels de la santé au Yémen. Environ 10 000 professionnels de la santé sont touchés. Plus de fonds sont nécessaires que jamais pour permettre la poursuite de ce soutien», a déclaré le bureau de l'OMS au Yémen sur Twitter.

Le bureau de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) au Yémen a fait une annonce similaire concernant la réduction de ses opérations sur le terrain, y compris la surveillance des flux de migrants africains, en raison d'un manque de fonds et d'une chute brutale du nombre de migrants africains dans le pays cette année.

«L'OIM adapte ses programmes aux réalités existantes et aux financements disponibles. En raison de la pandémie de la Covid-19, la migration vers le Yémen a considérablement diminué depuis le mois de mars», a révélé Olivia Headon, porte-parole de l'OIM au Yémen. Elle ajoute que le nombre de migrants africains a chuté de 90% au cours des derniers mois par rapport à l’année dernière, ce qui constitue une raison supplémentaire de limiter les activités de l’organisation aux points d’entrée des migrants dans les provinces du sud du Yémen.

«L’aide sanitaire de l’OIM au Yémen est énormément sous-financée et, face à ces contraintes financières, nous avons dû réadapter nos programmes. Cela affecte concrètement l'assistance aux migrants et aux personnes déplacées, malheureusement», avoue Headon.

Les Yéménites ressentent déjà les effets des réductions de l'aide humanitaire de l'ONU. Des responsables yéménites ont affirmé à Arab News que des dizaines de professionnels de la santé dans des établissements financés par l'ONU ont été licenciés. Cette situation oblige de nombreux patients à parcourir des centaines de kilomètres pour se faire soigner.

Dans la province centrale et densément peuplée de Marib, les responsables de la santé ont signalé que la réduction de l'assistance sanitaire de l'OMS au Yémen a eu un cruel impact sur leur capacité à fournir des services aux milliers de déplacés à l'intérieur du pays et aux blessés de la guerre.

Le Dr Abdul Aziz Al-Shadadi, directeur du bureau du ministère de la Santé de Marib, a déclaré mardi qu’au moins une douzaine de médecins spécialistes ont été licenciés, entraînant la fermeture de nombreux départements des trois établissements de la province. «La réduction du maigre soutien des Nations Unies exerce une pression sans précédent sur nous», a déclaré Al-Shadadi, ajoutant que les services de chirurgie et de soins materno-infantiles des régions de Marib et Harib avaient été fermés faute de financement.

«Nous faison face à une énorme pression. Nous recevons actuellement des milliers de patients d'Al-Bayda et de Jouf, maintenant que les Houthis ont pris le contrôle des centres de santé dans ces villes », a affirmé Al-Shadadi, exhortant l'OMS à reprendre ses activités et son soutien financier,  surtout aux médecins spécialistes.

Les employés de l'OIM ont déclaré à Arab News que leurs contrats avec l'organisation viendraient à terme avant la fin du mois, au moment où le pays se prépare à une nouvelle vague de migrants en provenance de l’Éthiopie fuyant la violence chez eux.

La porte-parole de l'OIM a signalé que l'organisation compte réduire ses équipes de trois employés pour n’en garder qu’un dans la province méridionale de Shabwa, point d’entrée important, à cause de la forte diminution du nombre de migrants africains et du financements. D’après les chiffres de l'OIM, le nombre total de migrants arrivés au Yémen en août, septembre et octobre de cette année est de 1 703, contre 27 260 migrants au cours des trois derniers mois de l'année dernière.

Cependant, les habitants de Shabwa parlent d'un flux continu de migrants vers les côtes de la province. Un habitant affirme même avoir appris des migrants qu'un grand nombre d'Éthiopiens fuyant les combats se rassemblent à Bosaso en Somalie afin de prendre le large vers le Yémen.

Les responsables locaux de Shabwa avouent être laissés à eux-mêmes pour confronter l'afflux de migrants, alors que l'OIM réduisait d’une manière flagrante ses opérations dans la province. «Le flux de migrants africains ne s'est jamais arrêté au cours des 20 dernières années. Nous voulons que les Nations Unies construisent des camps pour les migrants, les nourrissent et organisent des voyages de rapatriement», a confie un haut responsable du gouvernement.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël sous le feu des critiques pour ses mesures visant à contrôler davantage la Cisjordanie

Le cabinet de sécurité israélien a approuvé dimanche une série de règles qui doivent permettre à Israël d'étendre son contrôle dans des zones qui sont administrées par l'Autorité palestinienne, en vertu des accords d'Oslo des années 1990. (AFP)
Le cabinet de sécurité israélien a approuvé dimanche une série de règles qui doivent permettre à Israël d'étendre son contrôle dans des zones qui sont administrées par l'Autorité palestinienne, en vertu des accords d'Oslo des années 1990. (AFP)
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  • Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, est "gravement préoccupé", a indiqué lundi son porte-parole, Stéphane Dujarric
  • "Il met en garde contre le fait que la trajectoire actuelle sur le terrain, y compris cette décision, compromet la perspective d'une solution à deux Etats"

NATIONS-UNIES: Les critiques contre Israël se multiplient à l'international lundi, après les annonces la veille de mesures renforçant considérablement son contrôle sur la Cisjordanie, faisant craindre une annexion du territoire palestinien occupé depuis 1967.

Le cabinet de sécurité israélien a approuvé dimanche une série de règles qui doivent permettre à Israël d'étendre son contrôle dans des zones qui sont administrées par l'Autorité palestinienne, en vertu des accords d'Oslo des années 1990.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, est "gravement préoccupé", a indiqué lundi son porte-parole, Stéphane Dujarric.

"Il met en garde contre le fait que la trajectoire actuelle sur le terrain, y compris cette décision, compromet la perspective d'une solution à deux Etats".

Plus tôt dans la journée, l'Union européenne avait également condamné "un nouveau pas dans la mauvaise direction".

"Conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies, nous rappelons que l'annexion est illégale en droit international", a déclaré devant la presse Anouar El Anouni, un porte-parole.

Par conséquent, "toute mesure concrète prise en ce sens serait considérée comme une violation du droit international", a-t-il poursuivi.

Les ministres des Affaires étrangères d'Arabie saoudite, d'Egypte, de Turquie, du Qatar, de la Jordanie, des Emirats arabes unis, d'Indonésie et du Pakistan ont eux dénoncé l'imposition "d'une nouvelle réalité juridique et administrative en Cisjordanie occupée, accélérant ainsi les tentatives de son annexion illégale et le déplacement du peuple palestinien".

"Enterrer l'idée d'un Etat palestinien" 

Les Etats-Unis n'ont pas commenté dans l'immédiat, alors que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est attendu à Washington mercredi.

Le président Donald Trump, pourtant soutien indéfectible d'Israël, a averti plusieurs fois par le passé qu'il ne lui "permettrait pas d'annexer la Cisjordanie".

Dimanche, le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich, figure de l'extrême droite, lui-même colon et partisan d'une annexion de la Cisjordanie, avait applaudi des mesures permettant "d'enterrer l'idée d'un Etat palestinien".

"Nous approfondissons nos racines dans toutes les régions de la Terre d'Israël", s'était-il félicité, quand son confrère à la Défense, Israël Katz, soulignait l'intérêt "sécuritaire, national et sioniste de premier ordre" des nouvelles règles.

Les autorités israéliennes n'ont pas précisé quand elles entreraient en vigueur. Elles ne requièrent cependant pas d'être approuvées par un autre organe que le cabinet de sécurité.

Le texte complet n'a pas été rendu public, mais les mesures dévoilées facilitent l'achat de terres pour les colons israéliens, avec notamment l'abrogation d'une loi datant de plusieurs décennies qui interdisait aux juifs d'acheter directement des terres en Cisjordanie.

Elles permettent aussi aux autorités israéliennes d'administrer certains sites religieux, même lorsqu'ils sont situés dans des zones placées sous le contrôle de l'Autorité palestinienne.

L'obtention de permis de construire pour les colons israéliens à Hébron, dans le sud de la Cisjordanie occupée, est aussi facilité.

"Israël fait avancer l'annexion, c'est quelque chose que nous observons depuis trois ans, mais ce qui est également significatif dans ce cas, c'est qu'Israël a aussi décidé d'affaiblir l'Autorité palestinienne", affirme Yonatan Mizrachi, de l'organisation israélienne anticolonisation La Paix maintenant.

La présidence palestinienne à Ramallah avait fustigé dès dimanche soir des décisions visant à "approfondir les tentatives d'annexion de la Cisjordanie occupée".

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales au regard du droit international.

La croissance des colonies israéliennes en Cisjordanie a atteint en 2025 un niveau record depuis le début du suivi de l'ONU en 2017, selon un rapport du secrétaire général des Nations unies.

"Nous parlions jusque là d'une annexion rampante, à présent c'est une course à toute allure", a déclaré à l'AFP un expert du groupe de réflexion palestinien Al-Shakaba, Fathi Nimer.


Effondrement d'un immeuble au Liban: le bilan s'alourdit à 14 morts

Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023.  Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement. (AFP)
Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023. Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement. (AFP)
Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023.  Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement. (AFP)
Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023. Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement. (AFP)
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  • "Les recherches et les opérations de secours sont terminées dans l'immédiat", a déclaré à la presse le chef de la Défense civile, Imad Khreish
  • Huit résidents ont été secourus mais "malheureusement 14 personnes sont décédées", a-t-il précisé, en révisant à la hausse un bilan précédent de neuf morts

BEYROUTH: Quatorze personnes sont décédées dans l'effondrement dimanche d'un immeuble à Tripoli, dans le nord du Liban, où les opérations de recherche sont terminées, a annoncé lundi le chef de la Défense civile.

Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023.

Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement.

"Les recherches et les opérations de secours sont terminées dans l'immédiat", a déclaré à la presse le chef de la Défense civile, Imad Khreish.

Huit résidents ont été secourus mais "malheureusement 14 personnes sont décédées", a-t-il précisé, en révisant à la hausse un bilan précédent de neuf morts.

Le maire de Tripoli, Abdel Hamid Karimeh, a déclaré dimanche la "ville sinistrée" en raison de l'insécurité de ses bâtiments.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a lui dénoncé une "catastrophe", attribuée à "de longues années de négligence accumulée".

Le Liban compte de nombreux bâtiments délabrés. Beaucoup d'immeubles ont été construits illégalement, notamment pendant la guerre civile de 1975-1990, tandis que certains propriétaires ont ajouté des étages à des bâtiments sans autorisation.

En 2024, l'organisation de défense des droits humains Amnesty International estimait que "des milliers de personnes" vivaient encore dans des bâtiments à risque à Tripoli, plus d'un an après un puissant séisme ayant surtout frappé la Turquie et la Syrie.


Liban: un chef islamiste capturé par Israël, quatre morts dans des attaques

Des attaques israéliennes au Liban ont tué lundi quatre personnes dont un membre des forces de sécurité et son enfant, selon les autorités libanaises, quelques heures après la capture d'un cadre du groupe islamiste libanais Jamaa islamiya. (AFP)
Des attaques israéliennes au Liban ont tué lundi quatre personnes dont un membre des forces de sécurité et son enfant, selon les autorités libanaises, quelques heures après la capture d'un cadre du groupe islamiste libanais Jamaa islamiya. (AFP)
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  • Israël mène régulièrement des opérations militaires dans le sud du Liban, malgré la trêve conclue en novembre 2024, censée mettre fin à plus d'un an d'hostilités avec le mouvement pro-iranien Hezbollah
  • Lundi, le ministre libanais de la Santé a indiqué qu'une frappe israélienne sur le village de Yanouh (sud) avait tué trois personnes

BEYROUTH: Des attaques israéliennes au Liban ont tué lundi quatre personnes dont un membre des forces de sécurité et son enfant, selon les autorités libanaises, quelques heures après la capture d'un cadre du groupe islamiste libanais Jamaa islamiya.

Israël mène régulièrement des opérations militaires dans le sud du Liban, malgré la trêve conclue en novembre 2024, censée mettre fin à plus d'un an d'hostilités avec le mouvement pro-iranien Hezbollah.

Lundi, le ministre libanais de la Santé a indiqué qu'une frappe israélienne sur le village de Yanouh (sud) avait tué trois personnes.

L'armée israélienne a dit avoir ciblé Ahmad Ali Salameh, le présentant comme un responsable de l'artillerie du Hezbollah, qu'elle accuse de chercher à se réarmer.

La frappe a aussi tué un membre des forces libanaises de sécurité intérieure et son enfant de trois ans qui passaient par là, selon l'Agence de presse officielle du Liban Ani.

Plus tard lundi, le ministère de la Santé a également annoncé qu'une personne avait été tuée par des tirs israéliens dans le village frontalier d'Aïta al-Chaab. L'armée israélienne a déclaré qu'il s'agissait également d'un membre du Hezbollah.

Un peu plus tôt, l'organisation Jamaa islamiya - qui a revendiqué de nombreuses attaques contre Israël pendant la guerre - a condamné lundi "l'infiltration des forces d'occupation israéliennes" et "l'enlèvement à son domicile du responsable du groupe dans la région de Hasbaya et Marjayoun, Atwi Atwi".

L'armée israélienne a déclaré dans un communiqué avoir mené un "raid ciblé" durant la nuit de dimanche à lundi et "appréhendé un haut responsable terroriste" du groupe, qui a été "transféré sur le territoire israélien" pour y être interrogé.

Ce raid est intervenu quelques heures après la fin de la visite de deux jours du Premier ministre libanais Nawaf Salam dans le sud, où de larges secteurs proches de la frontière avec Israël restent désertés et en ruines.

Dans un communiqué, Nawaf Salam a condamné l'enlèvement d'Atwi Atwi, parlant d'"attaque flagrante contre la souveraineté libanaise, de violation de l'accord de cessez-le-feu et du droit international".

Le Hezbollah a, quant à lui, appelé l'État à "prendre des mesures dissuasives et claires, à agir immédiatement à tous les niveaux politique, diplomatique et juridique, et à œuvrer sérieusement pour la protection des citoyens".

Le député du Hezbollah Hussein al-Haj Hassan a accusé le mois dernier Israël de détenir "20 prisonniers libanais", affirmant que 10 d'entre eux ont été enlevés "sur le territoire libanais après le cessez-le-feu".

Aux termes de l'accord de trêve de novembre 2024, le gouvernement libanais s'est engagé à désarmer le Hezbollah. L'armée a déclaré le mois dernier avoir terminé cette opération dans une première zone du pays, située entre le fleuve Litani et la frontière israélienne, à une trentaine de kilomètres plus au sud.