Alors que la crise au Soudan s’aggrave, le Soudan du Sud est mal préparé à une marée humaine, selon l'OIM

Beaucoup craignent que la violence qui fait actuellement rage au Soudan ne se propage facilement aux États voisins. (AFP) 
Beaucoup craignent que la violence qui fait actuellement rage au Soudan ne se propage facilement aux États voisins. (AFP) 
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Publié le Mercredi 26 avril 2023

Alors que la crise au Soudan s’aggrave, le Soudan du Sud est mal préparé à une marée humaine, selon l'OIM

  • Beaucoup craignent que la violence qui fait actuellement rage au Soudan puisse se propager facilement aux États voisins, déclenchant une crise régionale à plus grande échelle
  • M. Van der Auweraert espère que la communauté internationale témoignera de «la même solidarité envers le peuple soudanais et les peuples des pays voisins que celle dont elle a fait preuve envers l’Ukraine, en termes de financement et de soutien»

AMMAN (Jordanie): Avant que Khartoum ne sombre dans la violence le 15 avril, la capitale soudanaise avait servi de refuge pour les personnes fuyant le conflit dans les régions éloignées du pays, du Darfour aux monts Nouba, en passant par le Soudan du Sud, avant que ce dernier ne devienne un pays indépendant en 2011. 

Aujourd’hui, alors que les pertes humaines s’alourdissent et que des milliers de Soudanais fuient leurs maisons en emportant avec eux ce qu’il leur est possible de transporter, les pays voisins suivent les événements avec inquiétude, ayant eux-mêmes fait face à des bouleversements politiques, des conflits et des déplacements massifs ces dernières années. 

Beaucoup craignent que la violence qui fait actuellement rage au Soudan puisse se propager facilement aux États voisins, déclenchant une crise régionale à plus grande échelle – une crise qui, selon Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, pourrait «engloutir toute la région». 

Dans une partie du monde déjà fortement dépendante de l’aide étrangère, ravagée par la fragilité économique, les conflits et les phénomènes météorologiques extrêmes, les décideurs politiques et les organismes d’aide craignent qu’une urgence humanitaire bien plus importante ne se présente bientôt si les combats et les déplacements se poursuivent. 

Avant que le dernier conflit n’éclate au Soudan, le bureau de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) de l’ONU, au Soudan du Sud, se préparait pour la saison des pluies imminente – préparant sa réponse aux inondations et prépositionnant les approvisionnements d’aliments et d’autres produits essentiels. 

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Des soldats soudanais fidèles au chef de l’armée Abdel Fattah al-Burhan sont assis au sommet d’un char à Port-Soudan. (AFP) 

Aujourd’hui, le représentant de l’OIM pour le Soudan du Sud et coordinateur humanitaire par intérim, Peter Van der Auweraert, a dû porter l’attention de son équipe sur les milliers de personnes qui traversent actuellement la frontière à partir du Soudan, voisin du nord du pays. 

«Nous essayons de mener un jeu d’équilibre en ne détournant pas notre attention de la préparation de la saison des pluies – ce qui se ferait au détriment des personnes déjà présentes au Soudan du Sud – et en allouant en même temps suffisamment de ressources humaines à la mobilisation à la frontière pour les personnes qui arrivent. Par ailleurs, il ne faut surtout pas faire fi de la forte augmentation du nombre de personnes qui arriveront à l’avenir», explique M. Van der Auweraert, qui a été affecté dans le pays en février 2021, dans un entretien accordé à Arab News. 

Malgré la scission intervenue entre le Soudan et le Soudan du Sud en 2011, les populations des deux pays ont maintenu des liens étroits. Plus de 400 000 réfugiés soudanais vivent dans des camps au Soudan du Sud, tandis qu’un nombre similaire de migrants soudanais vivent et travaillent au sud de la frontière. 

Beaucoup d’entre eux sont arrivés il y a une dizaine d’années, fuyant la violence dans la région troublée du Darfour, et se sont depuis installés au Soudan du Sud. D’autres sont venus pour des raisons économiques. Dans la capitale du pays, Djouba, il est courant de rencontrer des commerçants soudanais. 

«Lorsque les gens sont forcés de fuir un conflit, ils ont tendance à se rendre dans des endroits où ils ont des réseaux et connaissent des gens», indique M. Van der Auweraert. 

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Beaucoup craignent que la violence qui fait actuellement rage au Soudan ne se propage facilement aux États voisins. (AFP) 

De même, le Soudan abrite environ 1,5 million de Sud-Soudanais. Environ 800 000 d’entre eux sont des réfugiés, tandis que les autres sont un mélange de migrants enregistrés et non enregistrés. Maintenant que le Soudan est en crise, ces communautés essaient de rentrer chez elles. 

Un tel retour massif mettrait probablement encore à plus rude épreuve les efforts visant à fournir une aide aux plus de deux millions de personnes déplacées au Soudan du Sud qui ont fui leur foyer en raison des troubles civils. 

Au moment de la rédaction de cet article, un peu plus de 3 000 Sud-Soudanais sont rentrés du Soudan – une indication, selon M. Van der Auweraert, du danger qu’un simple trajet de sept heures entre Khartoum et la ville frontalière de Renk pose pour ceux qui fuient le conflit. 

Quitter Khartoum seul(e) «alors que les balles volent dans tous les sens» est un «défi majeur pour ceux qui tentent de fuir dans les taxis et les bus», ajoute-t-il. Ceux qui ont fait le voyage décrivent des scènes d’anarchie et de criminalité. Beaucoup disent qu’ils ont été dépouillés de leurs biens en cours de route. 

«Ils ont dû distribuer de l’argent à différentes personnes pour pouvoir continuer tranquillement leur voyage», soutient M. Van der Auweraert. 

«Ils se font menacer et voler, sachant que lorsque les gens décident de fuir, ils ont déjà vécu des expériences assez traumatisantes à Khartoum même.» 

«Ils assistent à des combats. Ils voient des cadavres dans la rue et des amis dont les maisons ont été détruites ou des personnes qui ont été abattues. Les gens arrivent donc dans un état d’épuisement mental et physique.» 

«Environ 95% de ceux qui sont arrivés de Khartoum, du Darfour et d’autres régions sont des ressortissants sud-soudanais. Les 5% restants sont des réfugiés soudanais cherchant refuge au Soudan du Sud.» 

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«Environ 95% de ceux qui sont arrivés de Khartoum, du Darfour et d’autres régions sont des ressortissants sud-soudanais. Les 5% restants sont des réfugiés soudanais cherchant refuge au Soudan du Sud», annonce M. Van der Auweraert. (AFP) 

«Et nous avons également constaté une augmentation du nombre de ressortissants de pays tiers – des étudiants kenyans et somaliens – qui essaient d’utiliser le Soudan du Sud comme point d’entrée pour retourner dans leurs pays d’origine.» 

Si M. Van der Auweraert est convaincu que le retour des ressortissants sud-soudanais dans leur pays d’origine sera gérable «d’une manière ou d’une autre», même s’il sera «chaotique et difficile», sa plus grande inquiétude demeure «les répercussions économiques négatives» de la crise sur un pays et des communautés déjà en situation difficile. 

«Le niveau d’extrême pauvreté est très élevé au sein du pays. Ajoutez à cela la crise économique et le fait que le financement humanitaire ne devrait pas augmenter de manière significative dans les mois à venir en raison de la crise mondiale, de la crise en Ukraine et d’autres endroits dans le monde qui auront besoin d’aide. Si nous combinons tout cela à la saison des pluies, je crains vraiment que nous assistions à des souffrances humaines extrêmes dans certaines parties du pays.» 

La crise au Soudan a des conséquences immédiates et tangibles sur l’ensemble de la région. Les régions du nord du Soudan du Sud dépendent fortement des importations de produits alimentaires de base en provenance du Soudan, qui seront perturbées par la crise en cours. 

«Nous assistons à une augmentation rapide des prix dans la partie nord du Soudan du Sud», soutient M. Van der Auweraert. «Dans la zone contestée d’Abiyé, nous avons constaté que les prix ont triplé en une semaine depuis le début de la crise soudanaise. Et nous ne parlons pas de voitures ici. Nous parlons de produits de base.» 

La dévaluation de la livre sud-soudanaise a également contribué à l’inflation et à la hausse des prix dans le sud du pays, qui dépend fortement des importations en provenance d’Ouganda et du Kenya. 

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«Lorsque les gens sont forcés de fuir un conflit, ils ont tendance à se rendre dans des endroits où ils ont des réseaux et connaissent des gens», affirme M. Van der Auweraert. (Photo fournie) 

«C’est problématique», précise M. Van der Auweraert. «Vous êtes dans un environnement où il y a environ 12,5 millions de Sud-Soudanais vivant au Soudan du Sud, sachant que 9,4 millions d’entre eux ont réellement besoin d’aide humanitaire. Il s’agit donc d’une situation où des gens, déjà très vulnérables, subissent un choc économique supplémentaire.» 

«Nous surveillons cela avec beaucoup d’anxiété d’un point de vue humanitaire, puisque nous ne sommes financés qu’à 25% en ce qui concerne notre appel humanitaire en cours. Et c’était avant la crise.» 

L’OIM dispose d'une équipe de 2 700 personnes travaillant au Soudan du Sud, dont 90 font partie du personnel international. Cependant, les travailleurs humanitaires sont devenus des cibles au Soudan. Trois employés du Programme alimentaire mondial ont été tués et de nombreux autres blessés lors des premiers jours de conflit dans le Darfour-Nord, ce qui a incité l’organisme à suspendre ses opérations dans le pays. 

Une mise à jour de l’ONU en date du 22 avril indique que des pillards s’étaient emparés d’au moins dix voitures du PAM et de six camions de stocks alimentaires après avoir pris d’assaut les bureaux et les entrepôts de l’agence à Nyala, dans le Darfour du Sud. 

M. Van der Auweraert déclare que son équipe et lui sont «très préoccupés par le sort de nos collègues». 

Il ajoute: «Beaucoup d’internationaux comme moi connaissent personnellement des gens coincés à Khartoum. Mais en même temps, bien sûr, en tant qu’humanitaires, nous sommes très motivés pour aider les gens. Le moral est donc tout à fait bon parmi les travailleurs de première ligne.» 

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Une femme transporte ses effets personnels alors qu’elle fuit les combats à Khartoum. (AFP) 

Le moral est également bon chez les humanitaires sud-soudanais, «mais ils sont confrontés à un grand défi puisque des membres de leur famille sont coincés à Khartoum», précise M. Van der Auweraert. 

«Nous avons un bon nombre de collègues sud-soudanais dont les femmes, maris, enfants, parents, oncles, tantes, frères et sœurs ne sont jamais partis lorsque le pays est devenu indépendant, ou qui ont fui [le Soudan du Sud] entre 2013 et 2016, quand nous avons assisté à un conflit interne ici, vers le Soudan, et qui ne sont pas revenus depuis.» 

«J’ai un bon ami dont les enfants sont à l’université de Khartoum. Donc, pour notre personnel national, en plus d’avoir à intensifier le travail, il y a aussi l’anxiété personnelle qui entoure le sort de leurs familles à Khartoum. Évidemment, les sentiments sont mitigés.» 

«Je vois beaucoup de visages tristes et inquiets autour de moi, puisque le Soudan du Sud et le Soudan sont des pays indépendants, bien sûr, mais les populations sont intimement liées.» 

«Notre personnel national est conscient que, si des pays comme les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont des difficultés à évacuer leurs ressortissants, le gouvernement sud-soudanais ne sera pas en mesure de rapatrier 1,5 million de Sud-Soudanais. Il ne peut pas le faire. C’est impossible à organiser.» 

«Alors, naturellement, ils sont préoccupés par les membres de leurs familles. J’ai déjà un collègue sud-soudanais dont le frère a été tué dans les tirs croisés à Khartoum. Donc, malheureusement, nous serons probablement témoins de plus de cas semblables. Et cela constitue certes un véritable fardeau pour nos collègues ici.» 

M. Van der Auweraert espère que la communauté internationale témoignera de «la même solidarité envers le peuple soudanais et les peuples des pays voisins que celle dont elle a fait preuve envers l’Ukraine, en termes de financement et de soutien». 

«Et, bien sûr, j’espère que la communauté internationale mettra tout son poids politique dans le rétablissement de la paix au Soudan. C’est le seul moyen de s’en sortir, parce que cette région est déjà compliquée. Et nous n’avons pas besoin qu’un autre grand pays sombre dans une longue guerre.» 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Le Liban lance les travaux de réhabilitation de son second aéroport

Des membres du personnel au sol marchent près d’un avion à l’aéroport René Mouawad, dans la ville de Qlaïat, dans le gouvernorat d’Akkar, à l’extrême nord du Liban, le 6 juin 2026. (AFP)
Des membres du personnel au sol marchent près d’un avion à l’aéroport René Mouawad, dans la ville de Qlaïat, dans le gouvernorat d’Akkar, à l’extrême nord du Liban, le 6 juin 2026. (AFP)
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  • Le Liban a lancé les travaux de réhabilitation de son deuxième aéroport international à Qlaïat, dans le gouvernorat d’Akkar
  • Le projet prévoit une mise en service autour de novembre 2026, avec des vols vers Istanbul et Dubaï, puis vers d’autres destinations régionales, tout en visant la création d’emplois dans le nord du Liban

BEYROUTH: Le Liban a lancé samedi les travaux de réhabilitation de son second aéroport international, situé dans le nord du pays, près de la frontière syrienne, après des années de report.

Le pays ne dispose actuellement que d'un seul aéroport, celui de Beyrouth. Le nouvel aéroport, situé à Qlaïat, dans le gouvernorat d'Akkar, à l'extrême nord du Liban et à proximité de la frontière syrienne, se trouve également près de Tripoli, grande ville à majorité sunnite du nord du pays. 

La mise en service de l'aéroport vise à créer des emplois dans le gouvernorat d'Akkar, l'un des plus pauvres du Liban.

Jusqu'ici, l'aéroport était utilisé à des fins militaires par l'armée libanaise.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam et le ministre des Transports, Fayez Rasamny, ont assisté samedi à l’ouverture de l’aéroport à des fins commerciales. 

"Aujourd'hui on passe de la promesse à la réalisation", a affirmé le ministre libanais, précisant que l'aéroport devrait commencer à être opérationnel "dans quelques semaines" pour desservir Mersin et Istanbul en Turquie mais aussi Dubaï.

Il a également évoqué, à terme, une extension du réseau vers l'Arabie saoudite, Le Caire et Athènes ainsi que des discussions en cours avec les compagnies à bas coût EasyJet, Ryanair et Pegasus, afin qu'elles le desservent.

Les travaux d'aménagement devraient durer au moins trois mois et l'aéroport pourrait être officiellement mis en service en novembre 2026, selon des médias locaux.

La société libanaise Sky Lounge, chargée du projet, a publié samedi une vidéo montrant un vol d'essai entre les aéroports de Beyrouth et de Qlaïat.

Son président-directeur général, Ziad Mnoula, a indiqué que le terminal passagers pourrait être achevé dans les "90 jours" suivant l'obtention des autorisations nécessaires. Selon lui, l'aéroport sera capable d'accueillir 114.000 passagers la première année. 

L’aéroport René Moawad, construit par l’armée française dans les années 1930 et utilisé à des fins civiles dans les années 1960, a été bombardé lors de la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah.

L’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth a continué d’assurer ses opérations sans interruption, malgré les conflits successifs entre Israël et le Hezbollah, notamment en 2023, 2024 et depuis le 2 mars, confirmant son rôle central dans la continuité des liaisons aériennes du pays.


L’Arabie saoudite mène la condamnation arabe des attaques de l’Iran contre Bahreïn et le Koweït

Le ministère a déclaré que l’Arabie saoudite soutient Bahreïn et le Koweït dans les mesures qu’ils prennent pour protéger leur sécurité. (KSAMOFA)
Le ministère a déclaré que l’Arabie saoudite soutient Bahreïn et le Koweït dans les mesures qu’ils prennent pour protéger leur sécurité. (KSAMOFA)
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  • Les deux pays du Golfe ont intercepté sept missiles tirés par l’Iran samedi

RIYAD : Le ministère des Affaires étrangères de l’Saudi Arabia a condamné samedi les attaques de l’Iran contre l’Bahrain et le Kuwait.

Les deux pays du Golfe ont intercepté sept missiles tirés par l’Iran samedi.

Dans une déclaration publiée sur X, le ministère saoudien des Affaires étrangères a affirmé que les agressions iraniennes représentent une menace pour la sécurité régionale et internationale.

« Les attaques continues de l’Iran compromettent les efforts internationaux visant à rétablir la sécurité », indique le communiqué.

Le ministère a également déclaré que l’Arabie saoudite soutient Bahreïn et le Koweït dans les mesures qu’ils prennent pour garantir leur sécurité.

« Les attaques continues de l’Iran signifient une nouvelle escalade », a ajouté le ministère.

L’échange de frappes intervient alors que l’administration Trump accentue la pression sur l’Iran afin de parvenir à un accord pour mettre fin au conflit.

La Jordan a également condamné samedi ces attaques, les qualifiant de violation de la souveraineté des deux pays et de menace pour la sécurité et la stabilité régionales.

Le ministère des Affaires étrangères a réaffirmé la pleine solidarité de la Jordanie avec Bahreïn et le Koweït, ainsi que son soutien aux mesures prises pour protéger leur sécurité et leur intégrité territoriale. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée libanaise annonce la mort de plusieurs militaires dans une frappe israélienne

Des habitants inspectent les dégâts sur le site d’une frappe israélienne survenue la veille dans la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 5 juin 2026. Des frappes israéliennes menées durant la nuit sur la ville de Tyr ont fait sept morts, a indiqué à l’AFP une source de la défense civile libanaise, malgré le cessez-le-feu en vigueur dans la guerre entre Israël et Hezbollah. (Photo : Kawnat HAJU / AFP)
Des habitants inspectent les dégâts sur le site d’une frappe israélienne survenue la veille dans la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 5 juin 2026. Des frappes israéliennes menées durant la nuit sur la ville de Tyr ont fait sept morts, a indiqué à l’AFP une source de la défense civile libanaise, malgré le cessez-le-feu en vigueur dans la guerre entre Israël et Hezbollah. (Photo : Kawnat HAJU / AFP)
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  • L’armée libanaise annonce la mort de plusieurs soldats, dont un officier, dans une frappe israélienne visant un véhicule militaire dans le sud du Liban malgré le cessez-le-feu annoncé cette semaine
  • Les combats se poursuivent entre Israël et le Hezbollah, tandis que l’armée israélienne a appelé à l’évacuation de plusieurs villages du sud et de l’est du Liban avant de nouvelles frappes

BEYROUTH: L'armée libanaise a annoncé samedi la mort de plusieurs de ses membres dans une frappe israélienne dans le sud du pays, malgré le cessez-le-feu théoriquement en vigueur.

"Plusieurs militaires, dont un officier", ont été tués "dans une attaque israélienne brutale" ayant ciblé un véhicule militaire sur la route entre Khardali et Nabatiyé, a indiqué l'armée dans un communiqué.

Sollicitée par l'AFP, l'armée israélienne a indiqué vérifier ces informations.

Mercredi, à l'issue d'une quatrième session de négociations entre le Liban et Israël à Washington, un nouvel accord de cessez-le-feu avait été annoncé, la trêve en vigueur à partir du 17 avril n'ayant jamais été respectée.

L'accord prévoit un cessez-le-feu conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah et un maintien à ce stade des tirs et opérations de l'armée israélienne dans le sud du Liban.

Mais le Hezbollah a rejeté cet accord, comme le précédent.

Sur le terrain, les affrontements se poursuivent.

L'armée israélienne a de nouveau appelé samedi à l'évacuation de cinq villages dans le sud et l'est du Liban en prévision de frappes contre le Hezbollah.

"Vous devez évacuer immédiatement vos domiciles et vous déplacer au nord du fleuve Zahrani", a affirmé Avichay Adraee, un porte-parole militaire arabophone, sur son compte Telegram.

Le Hezbollah a relancé les hostilités avec Israël début mars, en visant le sol israélien pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei dans l'offensive israélo-américaine sur Téhéran.

Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait plus de 3.560 morts depuis le début de la guerre, selon le dernier bilan des autorités. Côté israélien, 27 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban, d'après l'armée.