Alors que la crise au Soudan s’aggrave, le Soudan du Sud est mal préparé à une marée humaine, selon l'OIM

Beaucoup craignent que la violence qui fait actuellement rage au Soudan ne se propage facilement aux États voisins. (AFP) 
Beaucoup craignent que la violence qui fait actuellement rage au Soudan ne se propage facilement aux États voisins. (AFP) 
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Publié le Mercredi 26 avril 2023

Alors que la crise au Soudan s’aggrave, le Soudan du Sud est mal préparé à une marée humaine, selon l'OIM

  • Beaucoup craignent que la violence qui fait actuellement rage au Soudan puisse se propager facilement aux États voisins, déclenchant une crise régionale à plus grande échelle
  • M. Van der Auweraert espère que la communauté internationale témoignera de «la même solidarité envers le peuple soudanais et les peuples des pays voisins que celle dont elle a fait preuve envers l’Ukraine, en termes de financement et de soutien»

AMMAN (Jordanie): Avant que Khartoum ne sombre dans la violence le 15 avril, la capitale soudanaise avait servi de refuge pour les personnes fuyant le conflit dans les régions éloignées du pays, du Darfour aux monts Nouba, en passant par le Soudan du Sud, avant que ce dernier ne devienne un pays indépendant en 2011. 

Aujourd’hui, alors que les pertes humaines s’alourdissent et que des milliers de Soudanais fuient leurs maisons en emportant avec eux ce qu’il leur est possible de transporter, les pays voisins suivent les événements avec inquiétude, ayant eux-mêmes fait face à des bouleversements politiques, des conflits et des déplacements massifs ces dernières années. 

Beaucoup craignent que la violence qui fait actuellement rage au Soudan puisse se propager facilement aux États voisins, déclenchant une crise régionale à plus grande échelle – une crise qui, selon Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, pourrait «engloutir toute la région». 

Dans une partie du monde déjà fortement dépendante de l’aide étrangère, ravagée par la fragilité économique, les conflits et les phénomènes météorologiques extrêmes, les décideurs politiques et les organismes d’aide craignent qu’une urgence humanitaire bien plus importante ne se présente bientôt si les combats et les déplacements se poursuivent. 

Avant que le dernier conflit n’éclate au Soudan, le bureau de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) de l’ONU, au Soudan du Sud, se préparait pour la saison des pluies imminente – préparant sa réponse aux inondations et prépositionnant les approvisionnements d’aliments et d’autres produits essentiels. 

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Des soldats soudanais fidèles au chef de l’armée Abdel Fattah al-Burhan sont assis au sommet d’un char à Port-Soudan. (AFP) 

Aujourd’hui, le représentant de l’OIM pour le Soudan du Sud et coordinateur humanitaire par intérim, Peter Van der Auweraert, a dû porter l’attention de son équipe sur les milliers de personnes qui traversent actuellement la frontière à partir du Soudan, voisin du nord du pays. 

«Nous essayons de mener un jeu d’équilibre en ne détournant pas notre attention de la préparation de la saison des pluies – ce qui se ferait au détriment des personnes déjà présentes au Soudan du Sud – et en allouant en même temps suffisamment de ressources humaines à la mobilisation à la frontière pour les personnes qui arrivent. Par ailleurs, il ne faut surtout pas faire fi de la forte augmentation du nombre de personnes qui arriveront à l’avenir», explique M. Van der Auweraert, qui a été affecté dans le pays en février 2021, dans un entretien accordé à Arab News. 

Malgré la scission intervenue entre le Soudan et le Soudan du Sud en 2011, les populations des deux pays ont maintenu des liens étroits. Plus de 400 000 réfugiés soudanais vivent dans des camps au Soudan du Sud, tandis qu’un nombre similaire de migrants soudanais vivent et travaillent au sud de la frontière. 

Beaucoup d’entre eux sont arrivés il y a une dizaine d’années, fuyant la violence dans la région troublée du Darfour, et se sont depuis installés au Soudan du Sud. D’autres sont venus pour des raisons économiques. Dans la capitale du pays, Djouba, il est courant de rencontrer des commerçants soudanais. 

«Lorsque les gens sont forcés de fuir un conflit, ils ont tendance à se rendre dans des endroits où ils ont des réseaux et connaissent des gens», indique M. Van der Auweraert. 

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Beaucoup craignent que la violence qui fait actuellement rage au Soudan ne se propage facilement aux États voisins. (AFP) 

De même, le Soudan abrite environ 1,5 million de Sud-Soudanais. Environ 800 000 d’entre eux sont des réfugiés, tandis que les autres sont un mélange de migrants enregistrés et non enregistrés. Maintenant que le Soudan est en crise, ces communautés essaient de rentrer chez elles. 

Un tel retour massif mettrait probablement encore à plus rude épreuve les efforts visant à fournir une aide aux plus de deux millions de personnes déplacées au Soudan du Sud qui ont fui leur foyer en raison des troubles civils. 

Au moment de la rédaction de cet article, un peu plus de 3 000 Sud-Soudanais sont rentrés du Soudan – une indication, selon M. Van der Auweraert, du danger qu’un simple trajet de sept heures entre Khartoum et la ville frontalière de Renk pose pour ceux qui fuient le conflit. 

Quitter Khartoum seul(e) «alors que les balles volent dans tous les sens» est un «défi majeur pour ceux qui tentent de fuir dans les taxis et les bus», ajoute-t-il. Ceux qui ont fait le voyage décrivent des scènes d’anarchie et de criminalité. Beaucoup disent qu’ils ont été dépouillés de leurs biens en cours de route. 

«Ils ont dû distribuer de l’argent à différentes personnes pour pouvoir continuer tranquillement leur voyage», soutient M. Van der Auweraert. 

«Ils se font menacer et voler, sachant que lorsque les gens décident de fuir, ils ont déjà vécu des expériences assez traumatisantes à Khartoum même.» 

«Ils assistent à des combats. Ils voient des cadavres dans la rue et des amis dont les maisons ont été détruites ou des personnes qui ont été abattues. Les gens arrivent donc dans un état d’épuisement mental et physique.» 

«Environ 95% de ceux qui sont arrivés de Khartoum, du Darfour et d’autres régions sont des ressortissants sud-soudanais. Les 5% restants sont des réfugiés soudanais cherchant refuge au Soudan du Sud.» 

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«Environ 95% de ceux qui sont arrivés de Khartoum, du Darfour et d’autres régions sont des ressortissants sud-soudanais. Les 5% restants sont des réfugiés soudanais cherchant refuge au Soudan du Sud», annonce M. Van der Auweraert. (AFP) 

«Et nous avons également constaté une augmentation du nombre de ressortissants de pays tiers – des étudiants kenyans et somaliens – qui essaient d’utiliser le Soudan du Sud comme point d’entrée pour retourner dans leurs pays d’origine.» 

Si M. Van der Auweraert est convaincu que le retour des ressortissants sud-soudanais dans leur pays d’origine sera gérable «d’une manière ou d’une autre», même s’il sera «chaotique et difficile», sa plus grande inquiétude demeure «les répercussions économiques négatives» de la crise sur un pays et des communautés déjà en situation difficile. 

«Le niveau d’extrême pauvreté est très élevé au sein du pays. Ajoutez à cela la crise économique et le fait que le financement humanitaire ne devrait pas augmenter de manière significative dans les mois à venir en raison de la crise mondiale, de la crise en Ukraine et d’autres endroits dans le monde qui auront besoin d’aide. Si nous combinons tout cela à la saison des pluies, je crains vraiment que nous assistions à des souffrances humaines extrêmes dans certaines parties du pays.» 

La crise au Soudan a des conséquences immédiates et tangibles sur l’ensemble de la région. Les régions du nord du Soudan du Sud dépendent fortement des importations de produits alimentaires de base en provenance du Soudan, qui seront perturbées par la crise en cours. 

«Nous assistons à une augmentation rapide des prix dans la partie nord du Soudan du Sud», soutient M. Van der Auweraert. «Dans la zone contestée d’Abiyé, nous avons constaté que les prix ont triplé en une semaine depuis le début de la crise soudanaise. Et nous ne parlons pas de voitures ici. Nous parlons de produits de base.» 

La dévaluation de la livre sud-soudanaise a également contribué à l’inflation et à la hausse des prix dans le sud du pays, qui dépend fortement des importations en provenance d’Ouganda et du Kenya. 

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«Lorsque les gens sont forcés de fuir un conflit, ils ont tendance à se rendre dans des endroits où ils ont des réseaux et connaissent des gens», affirme M. Van der Auweraert. (Photo fournie) 

«C’est problématique», précise M. Van der Auweraert. «Vous êtes dans un environnement où il y a environ 12,5 millions de Sud-Soudanais vivant au Soudan du Sud, sachant que 9,4 millions d’entre eux ont réellement besoin d’aide humanitaire. Il s’agit donc d’une situation où des gens, déjà très vulnérables, subissent un choc économique supplémentaire.» 

«Nous surveillons cela avec beaucoup d’anxiété d’un point de vue humanitaire, puisque nous ne sommes financés qu’à 25% en ce qui concerne notre appel humanitaire en cours. Et c’était avant la crise.» 

L’OIM dispose d'une équipe de 2 700 personnes travaillant au Soudan du Sud, dont 90 font partie du personnel international. Cependant, les travailleurs humanitaires sont devenus des cibles au Soudan. Trois employés du Programme alimentaire mondial ont été tués et de nombreux autres blessés lors des premiers jours de conflit dans le Darfour-Nord, ce qui a incité l’organisme à suspendre ses opérations dans le pays. 

Une mise à jour de l’ONU en date du 22 avril indique que des pillards s’étaient emparés d’au moins dix voitures du PAM et de six camions de stocks alimentaires après avoir pris d’assaut les bureaux et les entrepôts de l’agence à Nyala, dans le Darfour du Sud. 

M. Van der Auweraert déclare que son équipe et lui sont «très préoccupés par le sort de nos collègues». 

Il ajoute: «Beaucoup d’internationaux comme moi connaissent personnellement des gens coincés à Khartoum. Mais en même temps, bien sûr, en tant qu’humanitaires, nous sommes très motivés pour aider les gens. Le moral est donc tout à fait bon parmi les travailleurs de première ligne.» 

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Une femme transporte ses effets personnels alors qu’elle fuit les combats à Khartoum. (AFP) 

Le moral est également bon chez les humanitaires sud-soudanais, «mais ils sont confrontés à un grand défi puisque des membres de leur famille sont coincés à Khartoum», précise M. Van der Auweraert. 

«Nous avons un bon nombre de collègues sud-soudanais dont les femmes, maris, enfants, parents, oncles, tantes, frères et sœurs ne sont jamais partis lorsque le pays est devenu indépendant, ou qui ont fui [le Soudan du Sud] entre 2013 et 2016, quand nous avons assisté à un conflit interne ici, vers le Soudan, et qui ne sont pas revenus depuis.» 

«J’ai un bon ami dont les enfants sont à l’université de Khartoum. Donc, pour notre personnel national, en plus d’avoir à intensifier le travail, il y a aussi l’anxiété personnelle qui entoure le sort de leurs familles à Khartoum. Évidemment, les sentiments sont mitigés.» 

«Je vois beaucoup de visages tristes et inquiets autour de moi, puisque le Soudan du Sud et le Soudan sont des pays indépendants, bien sûr, mais les populations sont intimement liées.» 

«Notre personnel national est conscient que, si des pays comme les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont des difficultés à évacuer leurs ressortissants, le gouvernement sud-soudanais ne sera pas en mesure de rapatrier 1,5 million de Sud-Soudanais. Il ne peut pas le faire. C’est impossible à organiser.» 

«Alors, naturellement, ils sont préoccupés par les membres de leurs familles. J’ai déjà un collègue sud-soudanais dont le frère a été tué dans les tirs croisés à Khartoum. Donc, malheureusement, nous serons probablement témoins de plus de cas semblables. Et cela constitue certes un véritable fardeau pour nos collègues ici.» 

M. Van der Auweraert espère que la communauté internationale témoignera de «la même solidarité envers le peuple soudanais et les peuples des pays voisins que celle dont elle a fait preuve envers l’Ukraine, en termes de financement et de soutien». 

«Et, bien sûr, j’espère que la communauté internationale mettra tout son poids politique dans le rétablissement de la paix au Soudan. C’est le seul moyen de s’en sortir, parce que cette région est déjà compliquée. Et nous n’avons pas besoin qu’un autre grand pays sombre dans une longue guerre.» 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Liban: frappe israélienne contre un groupe islamiste à Saïda

Une frappe israélienne a visé mardi un siège d'une organisation islamiste alliée au Hezbollah libanais et au Hamas palestinien, à Saïda, principale ville du sud du Liban, a rapporté l'agence de presse officielle ANI. (AFP)
Une frappe israélienne a visé mardi un siège d'une organisation islamiste alliée au Hezbollah libanais et au Hamas palestinien, à Saïda, principale ville du sud du Liban, a rapporté l'agence de presse officielle ANI. (AFP)
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  • Saïda a été en grande partie épargnée par les principales attaques israéliennes lors de la dernière guerre entre Israël et le Hezbollah, auxquelles un cessez-le-feu conclu en novembre 2024 visait à mettre fin
  • Mardi, l'immeuble de sept étages visé a été presque entièrement détruit et plusieurs équipes de secours sont mobilisées, selon un photographe de l'AFP présent sur place

BEYROUTH: Une frappe israélienne a visé mardi un siège d'une organisation islamiste alliée au Hezbollah libanais et au Hamas palestinien, à Saïda, principale ville du sud du Liban, a rapporté l'agence de presse officielle ANI.

"L'ennemi israélien a mené un raid sur un siège de la Jamaa islamiya", a précisé l'agence.

Ce mouvement libanais avait revendiqué des attaques contre Israël au début de la guerre avec le Hezbollah en 2023 et avait déjà été visé par des frappes israéliennes.

Dans un communiqué, il a indiqué que la frappe n'avait pas fait de victimes et a dénoncé un "crime de guerre".

Saïda a été en grande partie épargnée par les principales attaques israéliennes lors de la dernière guerre entre Israël et le Hezbollah, auxquelles un cessez-le-feu conclu en novembre 2024 visait à mettre fin.

Mardi, l'immeuble de sept étages visé a été presque entièrement détruit et plusieurs équipes de secours sont mobilisées, selon un photographe de l'AFP présent sur place.

Le souffle de l'explosion a provoqué des dégâts dans les bâtiments avoisinants, l'immeuble étant situé dans un quartier populaire animé de la ville côtière, selon des images diffusées par des médias locaux.

Peu après la frappe, l'armée israélienne a publié un avis d'évacuation pour un autre immeuble de la ville, prévenant qu'elle allait attaquer "une infrastructure militaire du Hezbollah".

Le groupe libanais Jamaa islamiya est étroitement lié au Hamas palestinien. En février, l'armée israélienne avait enlevé l'un de ses responsables lors d'une incursion dans un village frontalier du sud du pays.

Elle avait dit avoir "appréhendé un terroriste majeur" et l'avoir "transféré vers le sol israélien pour être interrogé".

 


L'armée libanaise met en place des check-points, met en oeuvre l'interdiction des activités militaires du Hezbollah

Les habitants du village de Kfarkila, dans le sud du Liban, se rassemblent à un point de contrôle de l'armée libanaise à Burj Al-Muluk, à la périphérie de leur village. (File/AFP)
Les habitants du village de Kfarkila, dans le sud du Liban, se rassemblent à un point de contrôle de l'armée libanaise à Burj Al-Muluk, à la périphérie de leur village. (File/AFP)
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  • Le ministre de la Justice à Arab News : L'État n'appartient pas à un groupe plutôt qu'à un autre ; nous corrigeons le tir
  • M. Nassar a évoqué les efforts déployés par le gouvernement pour limiter les armes au contrôle de l'État au cours de l'année qui a suivi l'accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024 entre le Liban et Israël.

BEYROUTH : L'armée libanaise a mis en place mardi des points de contrôle sur l'autoroute menant de Beyrouth au sud du Liban, en particulier dans la région de Zahrani vers Nabatieh et Tyr, en application des récentes décisions du gouvernement d'interdire les activités militaires du Hezbollah.

Les points de contrôle militaires se sont concentrés sur les véhicules circulant vers le sud, ce qui est inhabituel puisque des dizaines de milliers d'habitants fuyaient simultanément dans la direction opposée, vers Beyrouth, après que l'armée israélienne a émis des avertissements d'évacuation aux civils dans des dizaines de villages au sud et au nord du fleuve Litani.

Sur les positions de l'armée, le personnel de sécurité a vérifié les documents d'identité, fouillé les véhicules à la recherche d'armes et interrogé les conducteurs sur l'objet de leur voyage vers le sud.

Ces mesures constituent un événement sans précédent au Liban au cours des quatre dernières décennies. Depuis la fin de la guerre civile, le Hezbollah a conservé son arsenal sous la bannière de la "résistance", contrairement aux autres milices qui ont désarmé en vertu de l'accord de Taëf de 1989 et des résolutions internationales ultérieures.

Une source judiciaire a déclaré à Arab News que les points de contrôle de l'armée libanaise sont chargés de rechercher les personnes portant des armes et lançant des roquettes, et d'arrêter tous les individus armés, mais a noté que "jusqu'à présent, personne n'a été arrêté".

Le ministre de la justice, Adel Nassar, a déclaré à Arab News : "Le gouvernement a été clair dans ses décisions et dans leur mise en œuvre à l'encontre de ceux qui violent la loi. Le Hezbollah est le produit de 40 ans d'accumulation, et aujourd'hui nous corrigeons le tir."

M. Nassar a évoqué les efforts déployés par le gouvernement pour limiter les armes au contrôle de l'État au cours de l'année qui a suivi l'accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024 entre le Liban et Israël.

"Nous attendions une réponse de l'État, qui n'est pas au service d'un groupe au détriment d'un autre, mais qui est plutôt le gardien de tous les peuples. Des tentatives ont été faites pour favoriser l'engagement dans le projet de l'État au lieu de l'engagement avec des parties extérieures, et nous en sommes maintenant arrivés à ce point", a-t-il déclaré à Arab News.

Le Hezbollah a réagi aux décisions du gouvernement lundi soir en publiant une déclaration signée par le député Mohammad Raad, dont la mort lors d'une frappe israélienne à l'aube lundi avait fait l'objet de rumeurs, les qualifiant de "décisions contre les Libanais".

Après avoir rejeté ces décisions, le Hezbollah a lancé d'autres roquettes sur la Haute Galilée, revendiquant la responsabilité de ces tirs dans des déclarations publiées sous la bannière de la défense du sud.

Le groupe militant a accusé le gouvernement d'avoir été "incapable de prendre des décisions sur la guerre et la paix et de les imposer à l'ennemi qui viole la paix nationale et persiste dans sa guerre agressive contre le Liban et son peuple".

M. Nassar a réaffirmé que les mandats d'arrêt contre les auteurs des tirs de roquettes étaient entrés en vigueur et que des enquêtes étaient en cours.

"Il y a plus d'une affaire en cours pour identifier les responsables", a-t-il ajouté, refusant de divulguer des détails.

Mardi, le président Joseph Aoun a déclaré aux membres du comité du Quintet au palais présidentiel que la décision de réserver au seul État libanais l'autorité exclusive sur la guerre et la paix, et d'interdire toute activité militaire et de sécurité illégale en dehors de son autorité, "est une décision souveraine et irréversible".

Il a ajouté : "Le Cabinet a chargé l'armée et les forces de sécurité d'appliquer cette décision sur l'ensemble du territoire libanais, soulignant que l'État est le seul à avoir le droit de décider de la guerre et de la paix".

Une source officielle a déclaré à Arab News que le président et le premier ministre restaient en contact avec les dirigeants mondiaux et les principales parties prenantes, les exhortant à mettre fin à la guerre israélienne contre le Liban.

Selon le bureau des médias de la présidence libanaise, le président français Emmanuel Macron a réaffirmé le "soutien indéfectible de son pays au Liban", notant que les décisions du cabinet renforcent la souveraineté de l'État libanais sur l'ensemble de son territoire et affirment sa seule autorité sur les armes.

Le Premier ministre Nawaf Salam a reçu un appel du secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, qui a réaffirmé le soutien de la Ligue aux décisions du gouvernement.

Mardi, l'armée libanaise s'est redéployée à partir de positions nouvellement établies le long de la ligne bleue vers ses bases principales dans les villages de la ligne de front, alors qu'Israël a déclaré vouloir créer une nouvelle zone tampon dans le sud du Liban.

Dans le même temps, la FINUL a annoncé le retrait de tout le personnel civil de son quartier général de Naqoura. Dans le même temps, les frappes aériennes israéliennes se sont intensifiées dans la banlieue sud de Beyrouth et au Sud-Liban, ciblant ce qu'Israël affirme être des réunions de dirigeants du Hezbollah.

Le chef de la communication et des médias des Forces libanaises, Charles Jabbour, a appelé à "une séparation claire entre la dimension politique et la dimension de terrain dans l'évaluation des développements de ces dernières 48 heures au Liban".

S'adressant à Arab News, il a déclaré que pour la première fois, l'État libanais avait pris des décisions qui ont effectivement démantelé l'aile militaire du Hezbollah, "ce qui signifie qu'il n'y a plus de soi-disant 'résistance' ou d'armes échappant à l'autorité de l'État".

Il a qualifié cette décision d'"historique et sans précédent", tout en soulignant que sa mise en œuvre prendrait du temps.

M. Jabbour a souligné qu'aucun parti ou force politique ne s'opposait à la décision du gouvernement contre le Hezbollah, y compris les plus proches alliés du groupe. "Des personnalités que le parti a soutenues pendant des années sont restées silencieuses et ont déclaré qu'il n'avait pas le droit d'entraîner le Liban dans un conflit.

Il a souligné que les autorités doivent disposer de suffisamment de temps, mais qu'en contrepartie, elles doivent rapidement mettre en œuvre les décisions qu'elles ont prises. "Je pense que le projet iranien et ses mandataires touchent à leur fin".

En revanche, Mahmoud Qamati, chef adjoint du conseil politique du Hezbollah, a déclaré que l'escalade militaire du parti contre Israël découlait de ce qu'il a décrit comme une incapacité à continuer de tolérer "le meurtre de nos citoyens, la destruction des maisons de notre peuple et les accusations de faiblesse", alors que le gouvernement, a-t-il affirmé, continuait à faire des "concessions gratuites" à l'ennemi et à poursuivre une politique d'"étranglement".

Dans un discours adressé à la base de soutien du Hezbollah dans le Sud, il a déclaré que "la période de patience est terminée, ce qui ne nous laisse d'autre choix que de revenir à la résistance, même si cela signifie une guerre ouverte avec l'ennemi".

Les Nations unies ont estimé qu'au moins 30 000 personnes avaient été déplacées au Liban au cours des deux derniers jours à la suite des raids israéliens, mais aucun chiffre officiel n'a été publié par les ministères libanais de l'intérieur et des affaires sociales.


Les ambassades américaines au Moyen-Orient ferment alors que la guerre avec l’Iran s’intensifie

Des ambassades américaines ont été fermées à travers le Golfe. (AFP)
Des ambassades américaines ont été fermées à travers le Golfe. (AFP)
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  • Des alertes de sécurité ont été émises à l’attention des citoyens américains, leur conseillant de quitter les lieux lorsque cela est possible

Alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran s’intensifie, les ambassades américaines à travers le Moyen-Orient sont passées en mode d’urgence, multipliant les alertes de sécurité, suspendant leurs services et appelant les ressortissants américains à prendre des précautions immédiates.

En Arabie saoudite, l’Ambassade des États-Unis à Riyad a fermé ses portes après que des drones iraniens ont frappé le complexe, provoquant des dégâts mineurs et un petit incendie. La mission a annulé tous les rendez-vous consulaires, qu’ils soient de routine ou d’urgence, et conseillé aux Américains à Riyad, Djeddah et Dhahran de rester confinés chez eux. Il leur a également été demandé d’éviter les abords de l’ambassade jusqu’à nouvel ordre.

Au Koweït, l’Ambassade des États-Unis à Koweït City a demandé à son personnel ainsi qu’aux citoyens américains présents dans le pays de rester à l’intérieur face à la menace persistante de missiles et de drones. L’ambassade a averti la population de ne pas s’approcher du complexe, de rester loin des fenêtres et de suivre les alertes officielles.

L’Ambassade des États-Unis à Bahreïn a également suspendu ses opérations normales. Les avis de sécurité invitent les personnes à se mettre à l’abri à l’intérieur et à faire preuve de vigilance, avertissant que des zones civiles pourraient être exposées au risque à mesure que les tensions régionales s’aggravent.

Au Qatar, qui abrite la grande base militaire américaine d’Al Udeid, l’Ambassade des États-Unis au Qatar a diffusé des consignes similaires, demandant aux Américains de rester confinés et de se préparer à d’éventuelles perturbations. L’alerte insiste sur la nécessité de demeurer dans des lieux sécurisés et de disposer de provisions essentielles.

En Jordanie, l’Ambassade des États-Unis en Jordanie a averti que des missiles, roquettes ou drones pourraient pénétrer l’espace aérien jordanien à mesure que le conflit évolue. Les citoyens américains ont été encouragés à rester vigilants et prêts à se mettre à l’abri en cas de sirènes ou d’alertes officielles.

En Israël, où les hostilités sont directement liées à la confrontation plus large avec l’Iran, l’Ambassade des États-Unis en Israël a recommandé aux Américains de revoir leurs plans de sécurité personnels. Elle a indiqué que sa capacité à faciliter les départs pourrait être limitée dans les conditions actuelles et a exhorté les citoyens à suivre attentivement les directives officielles.

Au-delà des alertes nationales, le Département d’État des États-Unis a élargi ses avis régionaux, appelant les Américains présents dans plusieurs pays du Moyen-Orient à envisager un départ en raison de la dégradation de la situation sécuritaire. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com