Les gardes-frontières turcs torturent et tuent des Syriens, accuse HRW

Des ambulances transportant Sham Sheikh Mohammed et son frère Omar arrivent au poste frontière de Bab al-Hawa le 23 février 2023, avant d'entrer en Turquie pour se faire soigner. (Photo d'illustration OMAR HAJ KADOUR / AFP)
Des ambulances transportant Sham Sheikh Mohammed et son frère Omar arrivent au poste frontière de Bab al-Hawa le 23 février 2023, avant d'entrer en Turquie pour se faire soigner. (Photo d'illustration OMAR HAJ KADOUR / AFP)
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Publié le Jeudi 27 avril 2023

Les gardes-frontières turcs torturent et tuent des Syriens, accuse HRW

  • «Les gardes-frontières turcs tirent sans discrimination sur des civils syriens à la frontière avec la Syrie, et torturent, et ont recours à la force excessive contre les demandeurs d'asile et les migrants qui tentent de passer en Turquie»
  • Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), 12 Syriens ont été tués et 20 autres blessés par des tirs de gardes-frontières turcs depuis le début de l'année

BEYROUTH: Des gardes-frontières turcs torturent et ouvrent le feu sur des Syriens qui tentent de passer la frontière, faisant parmi eux des morts, a accusé jeudi l'ONG Human Rights Watch, appelant Ankara à enquêter sur ces abus.

"Les gardes-frontières turcs tirent sans discrimination sur des civils syriens à la frontière avec la Syrie, et torturent, et ont recours à la force excessive contre les demandeurs d'asile et les migrants qui tentent de passer en Turquie", a affirmé Humans Right Watch (HRW) dans un communiqué.

Le gouvernement turc doit "enquêter sur ces graves violations des droits humains" et "demander des comptes" aux gardes-frontières responsables de ces abus, a estimé l'ONG.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), 12 Syriens ont été tués et 20 autres blessés par des tirs de gardes-frontières turcs depuis le début de l'année.

La Turquie, qui accueille près de 3,6 millions de Syriens ayant fui la guerre qui ravage leur pays depuis 2011, garde la frontière fermée entre les deux pays.

Le 11 mars, selon ce communiqué de HRW, des gardes-frontières turcs ont "battu et torturé un groupe de huit Syriens qui tentaient d'entrer illégalement en Turquie", indiquant qu'un homme et un enfant étaient morts en détention tandis que d'autres avaient été gravement blessés.

"Les gendarmes et les forces armées turques chargés du contrôle des frontières maltraitent régulièrement et tirent sans discrimination sur les Syriens le long de la frontière, faisant des centaines de morts et de blessés ces dernières années", a déploré Hugh Williamson, directeur pour l'Europe et l'Asie centrale de l'ONG.

Il a dénoncé la "brutalité systématique de la part des gardes-frontières turcs que le gouvernement n'a pas réussi à enrayer."

"L'accueil généreux par la Turquie d'un grand nombre de Syriens ne la dispense pas de ses obligations de respecter les droits des autres personnes cherchant une protection à ses frontières", a-t-il poursuivi.

Même si la frontière avec la Syrie est fermée, la Turquie accueille des cas humanitaires, notamment des personnes requérant des soins médicaux, et autorise les Syriens résidant en Turquie à rendre visite à leurs familles pendant les fêtes.

Mais depuis le séisme meurtrier ayant frappé le 6 février les deux pays, les autorités turques ont renforcé les restrictions à la frontière.


Syrie: explosion dans un café dans le centre de Damas

(X.com)
(X.com)
  • Une explosion a frappé un café du centre de Damas, près du Palais de justice, sans que l’origine soit encore confirmée
  • Les autorités syriennes enquêtent, tandis que des ambulances ont été déployées sur place

DAMAS: Une explosion s'est produite jeudi dans un café du centre de Damas, près du Palais de justice, a indiqué une source de sécurité syrienne à l'AFP après que la télévision d'Etat a rapporté une déflagration dans la capitale.

Un correspondant de l'AFP a vu des ambulances se diriger, sirènes hurlantes, vers le secteur, au milieu des embouteillages. L'agence officielle Sana a indiqué que les autorités tentaient de déterminer l'origine de l'explosion.


Liban: le chef de la diplomatie syrienne rencontre Berri

Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
  • Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens
  • Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran

BEYROUTH: Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien.

Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens.

Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran.

Mais le président syrien Ahmad al-Chareh, qui a pris le pouvoir en décembre 2024 après la chute de Bachar al-Assad, a assuré qu'il n'avait pas l'intention d'intervenir et de rouvrir les plaies du passé.

Le ministre syrien, dont c'est la deuxième visite au Liban, a été reçu par le président libanais Joseph Aoun dès son arrivée, avant de se rendre auprès de Nabih Berri, président du Parlement et allié du Hezbollah, ont indiqué les médias.

M. Chaibani avait effectué en octobre 2025 la première visite d'un haut responsable syrien depuis l'accession de la coalition islamiste au pouvoir à Damas, qui a permis d'ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux pays.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s'était pour sa part rendu en mai dernier en Syrie.

Les nouvelles autorités syriennes sont hostiles au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad, et ont annoncé l'arrestation ces derniers mois de cellules présumées affiliées au mouvement chiite, qui nie pour sa part toute présence en Syrie.

Depuis fin 2024, les routes d'approvisionnement du Hezbollah ont été coupées et plusieurs tentatives de contrebande d'armes à destination du Liban ont été déjouées selon Damas.

Sous le clan Assad, l'armée syrienne était intervenue au Liban pendant la guerre civile, en 1976, et Damas avait exercé pendant des décennies sa tutelle sur le pays voisin, où il était accusé de l'assassinat de nombreux responsables libanais.

La première visite de M. Chaibani avait permis de débloquer le dossier des prisonniers syriens au Liban, dont plus de 250 ont depuis été transférés en Syrie.

Environ 2.000 Syriens, soit près d'un tiers de la population carcérale du Liban, sont détenus dans les prisons surpeuplées du pays.


Négociations indirectes Iran-Etats-Unis: le porte-parole du Qatar fait état de "progrès positifs"

Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
  • Les négociateurs américains et iraniens ont enregistré des progrès positifs lors de pourparlers indirects à Doha, selon le Qatar
  • Une nouvelle série de discussions est prévue après les funérailles d’Ali Khamenei, avec la poursuite de la médiation qatarie et pakistanaise

DOHA: Les négociateurs américains et iraniens ont réalisé "des progrès positifs" lors de leurs pourparlers indirects à Doha, une prochaine série de discussions étant prévue après les funérailles de l'ex-guide suprême iranien Ali Khamenei, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar.

"Les médiateurs qataris et pakistanais ont achevé aujourd'hui à Doha des réunions séparées avec les négociateurs américains et iraniens, avec des progrès positifs concernant les questions liées au memorandum d'accord d'Islamabad, en s'appuyant sur les résultats du sommet du Lac de Lucerne", a indiqué mercredi sur X le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed al-Ansari.